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	Commentaires sur : La Villa « Le Cavalier » hantée par les années Gestapo	</title>
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	<description>Le Webmag de Blois</description>
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		<title>
		Par : POHL Rainer		</title>
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		<dc:creator><![CDATA[POHL Rainer]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Oct 2023 10:18:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Bonjour,
Depuis quelques mois, je travaille aux archives (départementales, municipales) pour un projet de recherche (personnelle) sur la &quot;Vie à Blois sous l&#039;Occupation&quot;. Je pense évoquer plutôt les aspects de la vie quotidienne (école, travail, circulation, loisirs, logement des officiers et des troupes d&#039;occupation, alimentation etc). 
Vous avez bien fait de rappeler la villa &quot;Le Cavalier&quot; et les brutalités ignobles de la Gestapo (annexe de la Gestapo d&#039;Orléans).  Mais &quot;le diable est dans le détail&quot;: quelques petites erreurs se sont glissées dans votre texte. La &quot;Sicherheitspolizei&quot; (&quot;Police de Sûreté&quot;) disposait de deux bâtiments dans la rue Augustin-Thierry, la villa &quot;Le Cavalier&quot; mais aussi la villa &quot;Les Tilleuls&quot; au 30 de la même rue. Une arrestation par la Gestapo n&#039;a besoin d&#039;aucun jugement, ni d&#039;aucun mandat d&#039;un procureur, souvent ce sont des &quot;indicateurs&quot; qui dénoncent tel ou tel. Il ne faut donc pas confondre cette police secrète avec le fonctionnement du tribunal militaire, celui relève de l&#039;armée et s&#039;est trouvé d&#039;abord avenue Maunoury (près de la caserne), puis au 2e étage de l&#039;Hôtel du Château (rue Porte-Côté). 
Tom Felde (&quot;Capitaine - &quot;Hauptmann&quot;) doit, comme tous les officiers supérieurs, appliquer les ordres venant du MBF (&quot;Militärbefehlshaber in Frankreich&quot;: Commandement militaire en France), mais l&#039;associer personnellement aux agissements de la Gestapo me paraît une erreur. Il rencontre en 1943-44 presque quotidiennement le maire Henri Drussy (ou son adjoint: René Calenge) pour gérer les problèmes les plus urgents et se montre souvent sceptique par  rapport aux décisions des &quot;Feldkommandanten&quot;.  Mais Felde comme les autres commandants militaires n&#039;a plus aucune autorité sur les questions du maintien de l&#039;ordre qui passe en mai 1943 du MBF à Carl Oberg, nommé par Hitler &quot;Chef supérieur de la police et de la SS en France&quot;. Il y a désormais deux pouvoirs dans ce qu&#039;on appelle les &quot;forces d&#039;occupation&quot;, et c&#039;est Oberg qui va accentuer la répression contre les Juifs (rafles) et contre les résistants, entre autres avec l&#039;installation d&#039;une annexe de la Gestapo d&#039;Orléans à Blois, près de la gare. Comme la Gestapo doit gérer l&#039;ordre public en 1943-44, elle peut intervenir dans beaucoup d&#039;affaires et contrôle de facto la police blésoise.
Si le maire Drussy est arrêté par la Gestapo en avril 1944, ce n&#039;est pas sur dénonciation de Tom Felde. Les raisons restent obscures, mêmes si des hypothèses ont été évoquées : en tant qu&#039;historien j&#039;ai pris l&#039;habitude de vérifier et de ne pas me contenter des &quot;on dit&quot;...
Quant aux &quot;soirées mondaines&quot; chez Marie Delphine Reimeringer (&quot;Mona la Blonde&quot;) au 2 bl Daniel Dupuy, j&#039;attends de voir ce que  je vais pouvoir trouver aux archives départementales.  J&#039;aimerais un jour consacrer un chapitre spécifique aux traducteurs. L&#039;Occupation est une grande affaire pour ces traducteurs : il y en a plusieurs à la Préfecture, deux à la Mairie et plusieurs &quot;lieutenants-interprètes&quot; à la Feldkommandantur, mais tous ne sont pas des professionnels. Hélène Kreis par exemple, épouse d&#039;un électricien à Blois, joue un rôle assez ambigu : toujours de bonne volonté et prête à aider, bilingue (famille en Suisse alémanique), elle apporte son aide à l&#039;armée jusqu’au moment où celle-ci décide de ne plus recourir à des traducteurs locaux. La quasi-totalité des traductions sont de bonne qualité (Mairie, Préfecture, Kommandantur), mais le rôle de Reimeringer ne se limite pas à la traduction : &quot;Mona&quot; vise l&#039;influence, le pouvoir, l&#039;argent, - coûte que coûte.
&quot;Le temps de l&#039;héroïsme et de la trahison&quot; : dans beaucoup de publications on trouve cette idée manichéenne comme dans &quot;Résistance et Collaboration&quot;. Mais un regard plus attentif me paraît nécessaire pour comprendre ce qu&#039;il s&#039;est passé dans la vie des Blésois pendant ces 4 années de l&#039;Occupation. La (grande) majorité n&#039;étaient ni Résistants, ni Collaborateurs.
Pour finir : pourquoi aucune plaque sur l&#039;une des deux villas de la Gestapo ne rappelle cette sombre histoire? Certes, ça peut gêner les propriétaires actuels, mais il me paraîtrait très utile signaler ce lieu de la terreur. 

Bien cordialement - Rainer Pohl
66 Levée des Tuileries, Blois]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,<br />
Depuis quelques mois, je travaille aux archives (départementales, municipales) pour un projet de recherche (personnelle) sur la « Vie à Blois sous l&rsquo;Occupation ». Je pense évoquer plutôt les aspects de la vie quotidienne (école, travail, circulation, loisirs, logement des officiers et des troupes d&rsquo;occupation, alimentation etc).<br />
Vous avez bien fait de rappeler la villa « Le Cavalier » et les brutalités ignobles de la Gestapo (annexe de la Gestapo d&rsquo;Orléans).  Mais « le diable est dans le détail »: quelques petites erreurs se sont glissées dans votre texte. La « Sicherheitspolizei » (« Police de Sûreté ») disposait de deux bâtiments dans la rue Augustin-Thierry, la villa « Le Cavalier » mais aussi la villa « Les Tilleuls » au 30 de la même rue. Une arrestation par la Gestapo n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucun jugement, ni d&rsquo;aucun mandat d&rsquo;un procureur, souvent ce sont des « indicateurs » qui dénoncent tel ou tel. Il ne faut donc pas confondre cette police secrète avec le fonctionnement du tribunal militaire, celui relève de l&rsquo;armée et s&rsquo;est trouvé d&rsquo;abord avenue Maunoury (près de la caserne), puis au 2e étage de l&rsquo;Hôtel du Château (rue Porte-Côté).<br />
Tom Felde (« Capitaine &#8211; « Hauptmann ») doit, comme tous les officiers supérieurs, appliquer les ordres venant du MBF (« Militärbefehlshaber in Frankreich »: Commandement militaire en France), mais l&rsquo;associer personnellement aux agissements de la Gestapo me paraît une erreur. Il rencontre en 1943-44 presque quotidiennement le maire Henri Drussy (ou son adjoint: René Calenge) pour gérer les problèmes les plus urgents et se montre souvent sceptique par  rapport aux décisions des « Feldkommandanten ».  Mais Felde comme les autres commandants militaires n&rsquo;a plus aucune autorité sur les questions du maintien de l&rsquo;ordre qui passe en mai 1943 du MBF à Carl Oberg, nommé par Hitler « Chef supérieur de la police et de la SS en France ». Il y a désormais deux pouvoirs dans ce qu&rsquo;on appelle les « forces d&rsquo;occupation », et c&rsquo;est Oberg qui va accentuer la répression contre les Juifs (rafles) et contre les résistants, entre autres avec l&rsquo;installation d&rsquo;une annexe de la Gestapo d&rsquo;Orléans à Blois, près de la gare. Comme la Gestapo doit gérer l&rsquo;ordre public en 1943-44, elle peut intervenir dans beaucoup d&rsquo;affaires et contrôle de facto la police blésoise.<br />
Si le maire Drussy est arrêté par la Gestapo en avril 1944, ce n&rsquo;est pas sur dénonciation de Tom Felde. Les raisons restent obscures, mêmes si des hypothèses ont été évoquées : en tant qu&rsquo;historien j&rsquo;ai pris l&rsquo;habitude de vérifier et de ne pas me contenter des « on dit »&#8230;<br />
Quant aux « soirées mondaines » chez Marie Delphine Reimeringer (« Mona la Blonde ») au 2 bl Daniel Dupuy, j&rsquo;attends de voir ce que  je vais pouvoir trouver aux archives départementales.  J&rsquo;aimerais un jour consacrer un chapitre spécifique aux traducteurs. L&rsquo;Occupation est une grande affaire pour ces traducteurs : il y en a plusieurs à la Préfecture, deux à la Mairie et plusieurs « lieutenants-interprètes » à la Feldkommandantur, mais tous ne sont pas des professionnels. Hélène Kreis par exemple, épouse d&rsquo;un électricien à Blois, joue un rôle assez ambigu : toujours de bonne volonté et prête à aider, bilingue (famille en Suisse alémanique), elle apporte son aide à l&rsquo;armée jusqu’au moment où celle-ci décide de ne plus recourir à des traducteurs locaux. La quasi-totalité des traductions sont de bonne qualité (Mairie, Préfecture, Kommandantur), mais le rôle de Reimeringer ne se limite pas à la traduction : « Mona » vise l&rsquo;influence, le pouvoir, l&rsquo;argent, &#8211; coûte que coûte.<br />
« Le temps de l&rsquo;héroïsme et de la trahison » : dans beaucoup de publications on trouve cette idée manichéenne comme dans « Résistance et Collaboration ». Mais un regard plus attentif me paraît nécessaire pour comprendre ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé dans la vie des Blésois pendant ces 4 années de l&rsquo;Occupation. La (grande) majorité n&rsquo;étaient ni Résistants, ni Collaborateurs.<br />
Pour finir : pourquoi aucune plaque sur l&rsquo;une des deux villas de la Gestapo ne rappelle cette sombre histoire? Certes, ça peut gêner les propriétaires actuels, mais il me paraîtrait très utile signaler ce lieu de la terreur. </p>
<p>Bien cordialement &#8211; Rainer Pohl<br />
66 Levée des Tuileries, Blois</p>
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