1.2.3... Les informationsFrance

Pouvoir de vivre : un Français sur deux estime avoir des difficultés à vivre dignement

Un Français sur deux déclare avoir du mal à vivre correctement et dignement avec les ressources de son foyer. Un sur cinq a déjà renoncé à des repas pour des raisons financières. Plus d’un tiers estime ne pas pouvoir compter sur suffisamment de personnes en cas de difficulté. Publié ce mercredi 4 novembre 2026, le premier Baromètre du pouvoir de vivre, réalisé par la Fondation Jean-Jaurès et le Pacte du pouvoir de vivre, révèle l’ampleur des contraintes qui pèsent sur le quotidien des Français. Au-delà des revenus, l’étude examine les possibilités réelles de se nourrir, se loger, se soigner, se déplacer ou construire son avenir. Des préoccupations qui trouvent également un écho à Blois et dans le Loir-et-Cher.

Que reste-t-il d’un salaire une fois le logement, les factures, les courses et les déplacements payés ? Peut-on encore choisir ce que l’on mange, financer une formation, partir en vacances ou disposer de quelques heures pour soi ? Et que se passe-t-il lorsqu’une difficulté survient, sans économies suffisantes ni proches sur lesquels s’appuyer ?

Ces questions sont au cœur du premier Baromètre du pouvoir de vivre, intitulé « Ce que les chiffres disent, ce que les gens vivent ». Réalisée à partir de statistiques publiques et d’une enquête conduite par Ipsos-BVA du 3 au 10 septembre 2026 auprès de 12 000 personnes représentatives de la population française, cette étude examine quatorze dimensions de la vie quotidienne.

Son ambition est de dépasser la mesure habituelle du pouvoir d’achat. Le montant des revenus constitue évidemment un élément déterminant des conditions d’existence, mais il renseigne imparfaitement sur les possibilités dont disposent réellement les individus. Deux personnes gagnant la même somme peuvent connaître des situations très différentes selon leur logement, leur état de santé, leur lieu de résidence, leurs charges familiales ou les solidarités dont elles bénéficient.

Le principal résultat du baromètre est que 50 % des répondants déclarent s’en sortir difficilement pour vivre correctement et dignement. Cette proportion dépasse largement celle de la population vivant sous le seuil de pauvreté monétaire, établie à 15,4 % en France métropolitaine en 2024, selon l’Insee. On peut donc en déduire que les difficultés concernent une population bien plus large que les seuls ménages officiellement considérés comme pauvres.

Des difficultés qui touchent particulièrement les catégories populaires

Derrière la moyenne nationale, les différences sociales sont considérables. 65 % des ouvriers et 63 % des employés déclarent avoir des difficultés à vivre correctement avec les ressources de leur foyer, contre 34 % des cadres supérieurs. La fragilité financière ressentie concerne également une majorité de personnes au milieu de leur vie active. Elle atteint 57 % chez les 35-49 ans et 55 % chez les 50-59 ans. Dans les communes de moins de 2 000 habitants, 55 % des répondants estiment rencontrer ces difficultés.

L’enquête invite ainsi à regarder au-delà des situations de pauvreté les plus visibles. L’exercice d’une activité professionnelle ne garantit pas nécessairement une sécurité financière. Selon les données de l’Insee, 6,9 % des salariés vivent d’ailleurs sous le seuil de pauvreté.

Le quotidien est aussi marqué par l’inquiétude de ne plus pouvoir assumer certaines dépenses essentielles. 59 % des personnes interrogées redoutent que le coût de l’énergie dégrade leur niveau de vie dans les prochaines années. Les dépenses de mobilité préoccupent 45 % des répondants, celles d’alimentation 44 % et celles de santé 38 %.

Au cours des six mois précédant l’enquête, 50 % des Français déclarent avoir parfois ou régulièrement renoncé, pour des raisons financières, à la qualité des aliments qu’ils auraient souhaité acheter. Cette proportion atteint 67 % chez les 18-24 ans, 64 % chez les employés et 61 % chez les ouvriers. Le renoncement concerne parfois les repas eux-mêmes. Près d’un répondant sur cinq, soit 19 %, affirme avoir déjà dû se priver de certains repas durant cette période pour des raisons financières. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint 29 %, contre 28 % chez les 25-34 ans.

Logement, santé, mobilité : des contraintes très inégalement réparties

Le logement constitue une autre source importante d’inquiétude, particulièrement pour les locataires. À l’échelle nationale, 21 % des répondants craignent que leurs dépenses de logement dégradent leur niveau de vie dans les prochaines années. Mais cette inquiétude concerne 42 % des locataires, contre seulement 9 % des propriétaires. La différence entre locataires et propriétaires apparaît aussi dans la qualité de l’habitat. Alors que 37 % des Français considèrent leur logement insuffisamment adapté aux périodes de grand froid ou de forte chaleur.

La mobilité fait apparaître une autre ligne de fracture, cette fois essentiellement territoriale. 69 % des Français se déclarent très ou assez dépendants de leur voiture pour leurs déplacements quotidiens. Cette proportion atteint 93 % dans les communes de moins de 2 000 habitants. Dans les petites communes, posséder et entretenir une voiture répond à une nécessité. Les dépenses de carburant, d’assurance ou de réparation peuvent difficilement être évitées lorsque les alternatives sont insuffisantes. Cette dépendance influence également les possibilités de travailler, d’accéder aux soins ou de maintenir une vie sociale.

Les préoccupations concernant la santé sont tout aussi marquées. 54 % des répondants s’inquiètent de la dégradation de l’hôpital public et 51 % des délais nécessaires pour obtenir un rendez-vous médical ou un soin.

Le baromètre relève par ailleurs un malaise concernant les conditions de travail. Parmi les actifs travaillant depuis au moins cinq ans, 44 % estiment qu’elles se sont dégradées, contre seulement 11 % qui considèrent qu’elles se sont améliorées.


mag 1 Blois

Quand les contraintes financières limitent aussi les projets

Les difficultés matérielles influencent également les choix que les individus peuvent envisager pour eux-mêmes et leur famille. L’enquête révèle que 20 % des parents ayant des enfants âgés de 12 à 30 ans déclarent avoir déjà renoncé à un souhait de scolarité ou de formation pour leur enfant. Parmi les parents concernés, 55 % invoquent le manque de moyens pour financer directement la formation. Le coût du logement est cité par 30 % d’entre eux et celui des transports par 19 %. Au total, 81 % des parents ayant renoncé à un projet de formation évoquent au moins un obstacle financier. L’accès à l’éducation ne dépend donc pas exclusivement de l’existence d’établissements ou de formations. La possibilité de financer un logement étudiant, de se déplacer ou de supporter certains frais peut déterminer les choix d’orientation.

Les inégalités apparaissent également dans la disponibilité du temps personnel. 19 % des Français déclarent disposer rarement ou jamais de temps pour eux-mêmes, une fois leurs obligations professionnelles, familiales et personnelles prises en compte.

Plus d’un tiers des Français estiment manquer de soutien en cas de difficulté

Le baromètre accorde une place importante aux relations sociales, rarement prises en compte dans les indicateurs économiques traditionnels. 35 % des personnes interrogées considèrent ne pas pouvoir compter sur suffisamment de proches pour recevoir une aide financière, matérielle ou morale en cas de difficulté. À cette question s’ajoute celle des ressources patrimoniales. 38 % des Français estiment ne pas pouvoir compter sur un héritage familial.

En outre, 95 % des sondés considèrent vivre dans une société conflictuelle. Parmi les principales sources de tensions, ils citent l’insécurité et les incivilités (59 %), les inégalités économiques et sociales (42 %) et le sentiment d’injustice (32 %). Pourtant, 84 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de leur propre lieu de vie en matière de cadre de vie et de sécurité. Le contraste est important. L’appréciation du pays dans son ensemble apparaît nettement plus négative que celle de l’environnement quotidien. Les représentations de la société et l’expérience personnelle de son territoire ne coïncident pas nécessairement…

À Blois, une pauvreté deux fois plus élevée que dans le Loir-et-Cher

Ces résultats nationaux invitent à examiner la situation du territoire blaisois. Les dernières statistiques territoriales de l’Insee, portant sur les revenus de 2023 et publiées en 2026, montrent d’importantes disparités locales. À Blois, le taux de pauvreté monétaire atteint 28 %, contre 14 % dans l’ensemble du Loir-et-Cher. À l’échelle d’Agglopolys, il s’établit à 16,4 %. La pauvreté concerne ainsi plus d’un quart de la population blésoise. Le logement présente lui aussi des caractéristiques très différentes selon les territoires. Seuls 37,5 % des ménages blésois sont propriétaires de leur résidence principale, contre 68,5 % dans l’ensemble du département.


Source principale : Baromètre du pouvoir de vivre 2026, « Ce que les chiffres disent, ce que les gens vivent », Fondation Jean-Jaurès et Pacte du pouvoir de vivre, publié le 4 novembre 2026. Enquête Ipsos-BVA réalisée du 3 au 10 septembre 2026 auprès de 12 000 personnes. Données locales : Insee, revenus et pauvreté 2023, comparateur de territoires publié en août 2026.


Votre annonce sur Blois Capitale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
✕
Blois Capitale

GRATUIT
VOIR