À Blois, la Dictée du Rotary a trouvé son élan du côté des collèges

Organisée avant tout comme une collecte de fonds au profit de la lutte contre l’illettrisme, la Dictée du Rotary tenait cette année sa dixième édition à Blois, à l’INSA Centre-Val de Loire. Si samedi dernier la participation grand public a légèrement reculé, l’opération a en revanche particulièrement bien fonctionné auprès des collégiens, avec 825 copies dans huit établissements.
À Blois, la Dictée du Rotary n’est pas organisée pour le seul plaisir de départager des amoureux du participe passé ou des fidèles de la virgule. Derrière l’exercice, il y a une finalité précise : recueillir des fonds pour la lutte contre l’illettrisme. Cette dixième édition prolonge pleinement cette vocation. Les recettes doivent soutenir des structures engagées dans ce combat, comme le CRIA 41 et ALIRE Formation, rappelle Maryse Cherière, responsable de la commission d’organisation pour les deux clubs Rotary mobilisés, Blois Sologne et Blois Loire et Châteaux. L’action s’inscrit d’ailleurs dans l’un des grands axes du Rotary, celui de l’alphabétisation. À l’échelle locale, la dictée en offre une traduction directe, concrète et immédiatement lisible.

La grande réussite de l’édition 2026 s’est jouée dans les collèges
C’est sans doute le fait majeur de cette année : 825 copies issues de huit établissements. L’opération s’est en outre ouverte au privé. Pour Maryse Cherrière, il s’agit clairement d’un cap franchi. « On a battu des records », dit-elle. Tout le travail de correction sur les collégiens a déjà été effectué. Reste la remise des récompenses.
Ce succès dans les collèges n’est pas un détail. Car c’est précisément dans cet espace que la question de l’écrit, de la lecture et de l’aisance avec la langue prend un relief particulier (lire ici). Que la dictée y trouve un tel écho donne à l’événement une portée plus forte.

Une organisation lancée dès septembre
Derrière une manifestation qui, vue de l’extérieur, peut paraître légère, presque évidente, il y a en réalité de longs mois de préparation. La dictée 2026 a été travaillée depuis septembre par les deux clubs Rotary, avec une équipe de sept à huit personnes mobilisées sur le dossier. Maryse Cherrière le dit : cela demande « beaucoup d’implication » et « beaucoup d’énergie ». Il faut coordonner les établissements, anticiper la communication, organiser les inscriptions, les corrections, les récompenses, les partenariats, le déroulé de la journée. Au final, la dictée à l’INSA a réuni 81 participants.
« 2001, l’odyssée de l’orthographe »
Le texte retenu pour cette dixième édition portait un titre qui annonçait assez bien le programme : 2001, l’odyssée de l’orthographe. Une dictée assez exigeante. Le déroulé, lui, reposait sur une mécanique désormais bien installée. Bertrand Renard anime la séance, lit le texte et conduit la correction. Celle-ci se fait sous la forme d’une auto-correction. Les niveaux de fautes sont ensuite appelées progressivement, et l’on remonte ainsi vers les meilleures copies.

Récompenser la performance, sans oublier l’effort
Le palmarès est bien là, et il donne son ossature à l’événement : les meilleurs sont distingués dans trois catégories, les 8-14 ans, les 15-24 ans et les plus de 25 ans. Mais la Dictée du Rotary ne se résume pas à une remise de prix réservée aux plus aguerris en orthographe. Du côté des collégiens, tous recevront au moins un livre et un stylo. Quant aux élèves récompensés, ils se verront remettre un stylo gravé à leur nom.
Plus significative encore est peut-être la nouveauté introduite cette année : la volonté de distinguer aussi un élève en difficulté. En lien avec les enseignants, les organisateurs ont fait le choix de ne pas s’en tenir au seul classement, mais de reconnaître également l’effort fourni, même lorsque les résultats ne les conduisent pas aux premières places. C’est sans doute, au fond, ce qui relie le plus directement l’événement à sa raison d’être. Lutter contre l’illettrisme, ce n’est pas seulement recueillir des fonds pour des structures spécialisées. C’est aussi, à l’échelle d’un rendez-vous local, prendre garde à ne pas humilier, choisir d’encourager.
Un palmarès qui dit aussi la fidélité au rendez-vous
Les résultats dessinent, à leur manière, un portrait assez parlant de cette édition. Dans la catégorie 8-14 ans, Louise Garnier et Carmen Lopez, deux élèves de 3e du collège des Provinces, ont été récompensées. Dans la catégorie 15-24 ans, les lauréats sont Cyrielle Maubert et Noé Fortineau. Chez les plus de 25 ans, ont été distinguées Eugénie Berchon, avec 2,5 fautes à la dictée, Michèle Brullez, Annie Arnaud, Martine Le Gal et Nelly Ganancia Fossiez. Souvent des fidèles de cet événement qui conserve une dimension profondément intergénérationnelle. La benjamine récompensée a 8 ans. La doyenne, Michèle Brullez, fidèle participante venue de Saint-Jean-le-Blanc, dans la banlieue d’Orléans, a 87 ans.
Les lots remis aux participants n’ont rien de spectaculaire, et c’est sans doute ce qui leur convient le mieux. Restauration, entrées à l’ADA, cadeaux offerts par les partenaires, goodies : l’ensemble reste à l’échelle de la ville, de ses réseaux, de ses fidélités concrètes. Ici, la logique n’est pas celle du prestige. Elle est celle de la participation, du soutien, du lien. On vient pour se mesurer au texte, pour contribuer à une cause, pour prendre part à un moment partagé, et l’on repart avec une trace de cette journée.
Au moment d’en dresser le bilan, Maryse Cherrière ne cache pas son soulagement. Elle est « heureuse », notamment parce que le versant collégien de la dictée a pris une ampleur nouvelle. Et déjà, presque naturellement, son regard se porte plus loin. Avec de nouvelles idées pour 2027.


