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Écoles, voirie, vélo : ce que les chantiers de l’été changent à Blois

Entre rénovation énergétique, entretien des chaussées et sécurisation des déplacements cyclables, la Ville de Blois a profité de l’été 2026 pour intervenir sur plusieurs équipements et axes structurants. Quatre opérations concentrent à elles seules près de 690 000 euros d’investissements : l’école Jules-Ferry, la rue de Villebrême, le pont François-Mitterrand et la rue d’Angleterre. Derrière cette addition se dessinent cependant des enjeux très différents. À l’école, il s’agit de réduire les déperditions thermiques sans perdre de vue le confort d’été. Dans les rues, la collectivité expérimente ou remet au goût du jour des techniques moins gourmandes en énergie. Sur le pont François-Mitterrand, elle cherche à rendre possible un véritable report de la voiture vers le vélo tout en maintenant les quatre voies de circulation automobile.

école Jules-Ferry
L’école Jules-Ferry

À Jules-Ferry, 117 fenêtres remplacées

À l’école élémentaire Jules-Ferry, 117 fenêtres de la façade nord-ouest ont été remplacées pendant les vacances scolaires. Le chantier est d’un montant de 150 000 euros TTC. Les anciennes menuiseries ont laissé place à des structures en aluminium à rupture de pont thermique, équipées d’un double vitrage à isolation renforcée. L’intervention doit limiter les pertes de chaleur en hiver, mais aussi améliorer le confort acoustique des salles de classe. Des vitrages feuilletés, des poignées sécurisées et des systèmes anti-dégondage ont également été installés. Une partie des ouvrants a été conservée afin de permettre la ventilation naturelle des locaux.

Pour Marc Gricourt, cette rénovation s’inscrit dans un effort engagé depuis plusieurs années sur le patrimoine municipal. Le maire rappelle que la Ville consacre, depuis 2009, « au moins 600 000 euros par an » à l’amélioration énergétique de ses bâtiments. L’école Jules-Ferry bénéficie en outre du réseau de chauffage urbain nord. Le choix de l’aluminium répond également à un objectif de longévité (une cinquantaine d’années) et de recyclabilité. La durée de vie effective de l’ensemble dépendra toutefois moins des cadres que des vitrages et de leurs joints, susceptibles d’être remplacés plus tôt, notamment au gré des progrès techniques.

Au-delà du bâtiment, Marc Gricourt présente la commande publique comme un levier économique. Les entreprises retenues pour ce type d’opérations sont locales. Dans ce cas le chantier a été confié à l’entreprise DMS, installée à Suèvres.

Marc Gricourt à l’école élémentaire Jules-Ferry
Marc Gricourt à l’école élémentaire Jules-Ferry

Le confort d’hiver ne suffit plus

La rénovation énergétique des écoles ne peut cependant plus être pensée seulement à partir des besoins de chauffage. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes caniculaires oblige désormais les collectivités à s’intéresser tout autant au confort d’été. Nicolas Orgelet, adjoint à la ville durable, indique que la température a atteint jusqu’à 36 °C dans l’école Jules-Ferry au cours de l’été. Il espère qu’avec les nouvelles fenêtres et l’amélioration de l’étanchéité du bâtiment, la température pourra rester à 30 °C ou moins lors d’un épisode comparable. Ce résultat demeure toutefois un objectif.

La Ville travaille parallèlement à la création, à terme, d’une « pièce fraîche » dans l’établissement. Le principe serait de disposer d’un local capable d’accueillir les occupants de l’école, mais aussi éventuellement des habitants du quartier lors des épisodes caniculaires.

L’enjeu est également social. Tous les logements n’offrent pas les mêmes protections face à la chaleur, et les ménages les plus modestes vivent plus souvent dans des habitations difficiles à rafraîchir. Dans ce secteur de Blois, la mise à disposition d’un lieu tempéré pourrait ainsi répondre à un besoin dépassant le seul cadre scolaire.

Rue de Villebrême, le retour de l’enrobé coulé à froid

La rue de Villebrême a bénéficié d’une réfection utilisant la technique de l’enrobé coulé à froid, ou ECF. Marc Gricourt explique avoir souhaité relancer un procédé qu’il se souvenait avoir vu employer durant son enfance. Contrairement aux enrobés classiques, le matériau n’a pas besoin d’être chauffé avant sa mise en œuvre. Il est appliqué en couche de surface afin d’imperméabiliser la chaussée, de restaurer son adhérence et de prolonger sa durée d’utilisation. Cette méthode limite la consommation d’énergie et les travaux préparatoires lourds, notamment le fraisage complet de l’ancien revêtement. Elle réduit par conséquent la quantité de déchets produite par le chantier.

rue de Villebrême
Rue de Villebrême

L’ECF ne constitue pas pour autant une réponse universelle. Les agents le présentent comme un ouvrage durable lorsqu’il est posé sur une chaussée adaptée et suffisamment saine. Il convient en revanche moins aux axes soumis à un trafic important de poids lourds ou à certaines zones de virage, où les contraintes mécaniques sont plus fortes. Le chantier de la rue de Villebrême représente un coût de 70 000 euros. Il s’inscrit dans un programme plus large d’enrobés coulés à froid, doté d’un budget total de 150 000 euros TTC et concernant plusieurs secteurs de Blois, notamment les rues Étienne-Baudet, Léon-Fournier, Marcel-Doret et l’ancienne rue des Hautes-Granges.

Une piste cyclable bidirectionnelle sur le pont François-Mitterrand

Le chantier le plus important financièrement est celui du pont François-Mitterrand, avec un budget de 330 000 euros. La Ville a créé une piste cyclable bidirectionnelle sur le trottoir ouest de l’ouvrage, côté Tours. Le nouvel espace mesure 3,20 mètres de largeur et se trouve physiquement séparé de la circulation automobile. Les quatre voies destinées aux véhicules motorisés sont maintenues. Sur l’autre côté du pont, en amont et face au centre-ville, le trottoir reste réservé aux personnes à pied.

piste cyclable bidirectionnelle sur le pont François-Mitterrand
La piste cyclable bidirectionnelle sur le pont François-Mitterrand

Cette configuration succède à une première expérimentation menée en 2025, au cours de laquelle une voie automobile avait été neutralisée. L’essai, qui avait provoqué d’importantes difficultés de circulation et beaucoup de protestations, n’avait pas été jugé concluant. Le projet a donc été entièrement repensé afin de conserver la capacité routière du pont tout en aménageant une liaison cyclable protégée.

Le choix de réserver le côté amont aux piétons repose aussi sur l’observation des usages : c’est de là que l’on regarde le plus volontiers la Loire et la ville. Le côté aval offrait, pour sa part, de meilleures possibilités de raccordement avec les itinéraires cyclables existants et futurs.

Avant le lancement des travaux, le conseil départemental de Loir-et-Cher, propriétaire de l’ouvrage, a fait réaliser une étude de portance. Il fallait vérifier que le pont pouvait supporter les matériaux supplémentaires et le poids ajouté par l’élargissement du trottoir. Cette expertise a retardé le calendrier de plusieurs mois, mais elle a permis aux deux collectivités de valider techniquement l’aménagement. Au 24 août, il restait à poser le marquage et les éléments de jalonnement. La mise en service est annoncée pour la fin du mois, sous réserve de conditions météorologiques favorables. Un marquage phosphorescent doit également être testé afin d’améliorer la lisibilité nocturne de la piste sans multiplier immédiatement les équipements lumineux.

Sécuriser le vélo pour élargir ses usages

Cette piste ne vise pas seulement les cyclistes de loisir. Elle doit renforcer les déplacements entre le sud de la Loire et Blois pour les trajets quotidiens, notamment entre le domicile et le travail. Pour les élus, le développement de l’usage du vélo passe nécessairement par la création d’itinéraires continus et protégés. Une bande simplement tracée ne suffit pas à rassurer au milieu d’un trafic rapide.

Le pont François-Mitterrand constituait précisément un point difficile. La vitesse des véhicules et l’étroitesse des espaces disponibles rendaient la traversée inconfortable, voire dissuasive. La nouvelle piste doit permettre de relier plus facilement le lycée horticole, les équipements sportifs comme l’Agl’eau, la Loire à Vélo et, à terme, la future ligne du réseau express vélo REV4 entre Les Montils et La Chaussée-Saint-Victor.

Une continuité cyclable existe déjà entre le lycée horticole et Agl’eau. Il reste désormais à traiter la liaison entre la sortie du pont et le lycée, sur un axe en dénivelé où se concentrent des flux automobiles importants. Cette section, située sur l’une des entrées majeures de Blois, sera plus complexe à réaménager.

L’objectif affiché est double. Il s’agit de faciliter les trajets quotidiens sans voiture, mais aussi de conforter l’attractivité touristique de Blois. La Loire à Vélo attire chaque année un nombre considérable de voyageurs, dont certains séjournent plusieurs jours dans les villes traversées. Mieux relier l’itinéraire, la gare et les principaux équipements peut donc produire des effets économiques autant qu’écologiques.

Rue d’Angleterre, une chaussée reprise pour 140 000 euros

Rue d’Angleterre et aux abords de la place de la République, la Ville a engagé la réfection des parties les plus dégradées de la chaussée ainsi que la reprise de la couche de roulement. L’opération doit rétablir un revêtement uniforme, améliorer la sécurité des déplacements et réduire les irrégularités ressenties par les cyclistes comme par les passagers des transports en commun. Le chantier – qui prend fin ce lundi – représente un investissement de 140 000 euros TTC.

Rue d’Angleterre
Rue d’Angleterre

D’autres travaux ont été conduits dans les établissements scolaires pendant l’été : mise en conformité du système de sécurité incendie de l’école maternelle Jean-Perrin, réfection de la couverture de l’école élémentaire Jean-Baptiste-Charcot, isolation et remplacement du parquet de la salle Beauce à l’ALCV. Leur budget cumulé atteint 325 000 euros. À ces opérations s’ajoutent plusieurs interventions sur les réseaux d’eau potable, le marquage routier, l’éclairage public et les chaussées, dont la réfection des trottoirs et de la couche de roulement rue Anatole-France.


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