Génération Climat #5 fait du « vivant » un enjeu partagé

À la Halle aux Grains, Génération Climat #5 s’est ouvert mercredi soir devant un public nombreux, mêlant étudiants, artistes, représentants institutionnels et visiteurs. Pendant dix jours, la Scène nationale de Blois offre un temps singulier : un moment où la création artistique devient un espace de réflexion collective autour des transitions climatiques, du vivre-ensemble et de la notion de « vivant », fil conducteur de cette cinquième édition. Durant l’événement, la grande halle se transforme en un espace de déambulation continue. Expositions, installations plastiques, ateliers et temps de parole y cohabitent dans une scénographie fluide, pensée comme un parcours.
Un redémarrage culturel pensé autrement
Pour Frédéric Maragnani, directeur de la Halle aux grains – Scène nationale de Blois, Génération Climat occupe une place particulière dans le calendrier culturel local. « Janvier, c’est un temps de redémarrage des activités. C’est bien que ça se fasse aussi par une réflexion sur l’environnement, sur la transition écologique, sur le vivre-ensemble. » Le festival se veut donc une reprise « un peu particulière » pour la Scène nationale, qui choisit d’ouvrir l’année par un projet transversal, associant expositions, conférences, spectacles et travaux d’élèves, plutôt que par une programmation strictement spectaculaire.
Un « hub » éco-sociétal au cœur de la Halle
Frédéric Maragnani décrit Génération Climat comme une sorte de « hub éco-sociétal », où se croisent disciplines artistiques, générations et regards. Le lancement en offre une illustration concrète : les œuvres dialoguent entre elles, les publics se mélangent, et la circulation entre les propositions est pensée pour favoriser la curiosité et l’échange.

Cette année, le directeur se dit particulièrement satisfait du travail mené avec les écoles et établissements partenaires. La cinquième édition marque, selon lui, un aboutissement. « Je vois vraiment comment le travail avec les écoles se construit au fur et à mesure, avec un vrai suivi et un vrai plaisir de travail. » La scénographie, qu’il qualifie de « très belle », n’a « jamais été aussi bien travaillée ». « Elle est extrêmement fluide, et c’est très agréable de circuler parmi ces différentes expositions », ajoute le directeur.

De la « génération » au « vivant »
Pour Frédéric Maragnani, la notion de « génération » ne renvoie plus seulement à une question d’âge. À travers le thème du vivant, il s’agit plutôt d’interroger ce qui nous relie tous : la manière dont chacun, quel que soit son parcours, continue à se sentir vivant et à s’engager, dans sa vie comme dans son travail. Cette approche irrigue l’ensemble de la programmation.

La culture comme expérience et comme moteur d’engagement
Présent et attentif, Christophe Degruelle, président d’Agglopolys, s’est réjoui de cette installation dans la grande halle, pour le festival, qu’il juge « sans doute la plus aboutie dans son expression plastique et graphique ». Le brassage des publics, très visible lors du lancement, lui apparaît comme l’un de ses marqueurs forts, confirmant selon lui la nécessité d’aborder les transitions climatiques à travers des récits culturels. « Si on a simplement un discours rationnel, scientifique, il y a des tas de gens qui restent à côté. La question des récits est fondamentale. »

Cette idée de récit et d’expérience résonne chez Nicolas Orgelet, élu écologiste et tête de liste de Blois en Commun. « Le fait de faire rentrer les questions de climat dans la culture, c’est très récent. Et en ça, la Scène nationale de Blois est plutôt novatrice. Les données chiffrées, ça ne mobilise pas. Ce qui permet aux gens de s’impliquer, c’est l’expérience. » Selon lui, Génération Climat permet précisément aux jeunes de passer de la conscience à l’action. « Il y a une très forte conscience du changement climatique, mais aussi un effet de défaitisme. Là, par ce que fait la Scène nationale à Blois, on met les jeunes en action. »
Nicolas Orgelet insiste enfin sur le rôle social de la culture : « Chacun a un droit fondamental de pouvoir exprimer son identité par la culture. » Dans ce cadre, Génération Climat apparaît comme un outil de décloisonnement. « La Scène nationale sort des murs, va chercher des publics différents et les mélange. On crée du vivre-ensemble. » Dans un contexte de tensions sociales et politiques, il voit dans ce type de démarche un enjeu majeur. « Je crois que l’intelligence se construit par le faire. »
Avec cette cinquième édition, Génération Climat confirme sa place singulière dans le paysage culturel blésois : un festival ancré dans son territoire, attentif aux jeunes générations, et convaincu que la culture peut être un levier puissant pour penser le vivant, recréer du lien et ouvrir des chemins d’engagement.


