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	<title>Archives des CPMRC - Blois Capitale Agglopolys</title>
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		<title>La République en question : regards croisés de Nathalie Zenou et Philippe Foussier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 11:04:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre des Rendez-vous de l’Histoire 2025 et ses 700 événements, à l&#8217;initiative de CPMRC une question s&#8217;est posée comme une interpellation : « France, qu’as-tu fait de ton idéal républicain ? ». Une question posée à Philippe Foussier, journaliste, essayiste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, et Nathalie Zenou, consultante consacrant &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/la-republique-en-question-regards-croises-de-nathalie-zenou-et-philippe-foussier">La République en question : regards croisés de Nathalie Zenou et Philippe Foussier</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre des <em>Rendez-vous de l’Histoire 2025 </em>et ses 700 événements, à l&rsquo;initiative de <strong><a href="https://www.helloasso.com/associations/culture-et-patrimoine-maconnique-en-region-centre-cpmrc" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CPMRC</a></strong> une question s&rsquo;est posée comme une interpellation : <em><strong>« France, qu’as-tu fait de ton idéal républicain ? »</strong></em>. Une question posée à <strong>Philippe Foussier</strong>, journaliste, essayiste, ancien <a href="https://bloiscapitale.com/philippe-foussier-la-franc-maconnerie-permet-de-reflechir-autrement" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grand Maître du Grand Orient de France</a>, et <strong>Nathalie Zenou</strong>, consultante consacrant une part importante de ses travaux à la réflexion sur la laïcité et les valeurs républicaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-cap-republicain-remis-en-question">Un cap républicain remis en question</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question posée par la Carte Blanche engage d’abord une mise à nu : où en est l’idéal républicain aujourd’hui ? <strong>Nathalie Zenou</strong> choisit d’entrer <em>« par le sujet lui-même »</em> pour <em>« interroger cet idéal républicain »</em>. Elle prend appui sur les <strong>quatre piliers</strong> qui structurent la définition juridique et politique de la République — <em><strong><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000571356/#:~:text=La%20France%20est%20une%20R%C3%A9publique,Son%20organisation%20est%20d%C3%A9centralis%C3%A9e." target="_blank" rel="noreferrer noopener">« indivisible, laïque, démocratique et sociale »</a></strong></em> — pour établir un <strong>état des lieux</strong> sans complaisance. <em>« La France, ce sont ses citoyens. Nous sommes toutes et tous comptables de ce qui s’y passe. »</em> Ce déplacement — du pays à ses citoyen·nes — dessine la responsabilité commune : <strong>un idéal ne se conserve pas par inertie mais par effort et exigence.</strong> À rebours des euphémismes, Nathalie Zenou <em>« met les pieds dans le plat »</em> : les <strong>fondements</strong> sont <strong>attaqués</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-points-de-rupture">Les points de rupture</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Indivisibilité.</strong> Elle est <em>« au centre de tout »</em> parce qu’elle garantit <em>« l’égalité en droit sur l’ensemble du territoire national »</em>. Or, <em>« elle est battue en brèche »</em>, notamment par des <strong>poussées régionalistes</strong> perçues comme <em>« un autre séparatisme »</em>, juge Nathalie Zenou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Démocratie.</strong> La plainte rituelle sur l’abstention dit peu, selon la consultante en communication, de la vie démocratique <strong>au quotidien</strong> : syndicats, associations, participation réelle. <em><strong>« La démocratie, ce n’est pas que le vote. »</strong></em> Là, son alerte ne porte pas que sur l’urne, mais sur la <strong>texture civique</strong> qui se défait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laïcité.</strong> Réduite ou <em>« instrumentalisée »</em>, <em>« dévoyée »</em>, tantôt au service d’idéologies politiques, tantôt ramenée à une <strong>simple liberté religieuse</strong>, elle perd son sens <strong>émancipateur</strong>. Nathalie Zenou rappelle qu’elle est d’abord un <strong>idéal philosophique</strong>, avant de devenir <strong>principe juridique</strong> : une logique d’égalité entre citoyen·nes, pensée <em>« dès 1795 »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Social.</strong> Le diagnostic est tranchant : malgré un haut niveau de <strong>prélèvements</strong> et de <strong>redistribution</strong>, une part significative de la population demeure <strong>sous le seuil de pauvreté</strong>, peinant <em>« à se nourrir, à se loger »</em>. Et puis, <strong>l’école</strong> : <em>« le creuset de la République »</em> où se forment les <strong>futurs citoyen·nes</strong>. Selon elle, le <strong>brassage social est affaibli</strong>, la <strong>transmission</strong> en peine, le <strong>rôle émancipateur</strong> entravé. L’alerte est claire : si l’école chancelle, l’idéal chancelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-affaissement-defiance-autorite-contestee-le-constat-de-philippe-foussier">« Affaissement », « défiance », « autorité contestée » : le constat de Philippe Foussier</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Foussier</strong> s’inscrit dans la même <strong>grammaire d’urgence</strong>. Si ses travaux récents portent sur <strong>Marianne</strong> (<a href="https://www.dervy-almora.fr/marianne-p-11829.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">livre aux éditions Dervy</a>) et sur le <strong>drapeau tricolore</strong> (ouvrage en cours), il refuse de réduire la réflexion à la seule <strong>symbolique</strong>. Les emblèmes <strong>orientent</strong>, mais ne <strong>suffisent</strong> pas ; il s’agit d’aller au <strong>cœur</strong> de l’idéal. <em>« On constate un affaissement de l’idéal républicain, de la foi laïque dans la République, un délitement du lien social. <strong>Ce qui faisait les caractéristiques de la République est au mieux affadi, au pire affaissé. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet affaissement s’ajoute la <strong>montée</strong> de <strong>courants adverses</strong> : on voit des modèles <strong>moins respectueux</strong> de la <strong>séparation des pouvoirs</strong> et de l’<strong>État de droit</strong>, des <strong>logiques autoritaires</strong> qui gagnent du terrain. Sur l’<strong>échiquier politique</strong>, il pointe <strong>deux polarités qui fragilisent le rassemblement républicain :</strong> <em>« À l’extrême droite — dont la matrice n’est pas républicaine —, et du côté d’une gauche radicale qui, sur un autre registre, s’oppose frontalement au projet de rassembler. <strong>Ces deux courants insistent sur ce qui nous différencie, plutôt que de rassembler. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette <strong>polarisation</strong> s’ajoutent des <strong>offensives réactionnaires religieuses</strong> dans les <strong>monothéismes</strong>, avec un <strong>raidissement</strong> général. Ainsi, Philippe Foussier distingue un <strong>cas particulier</strong> : l’<strong>islamisme</strong>, dans ses déclinaisons <strong>fréristes</strong> ou <strong>salafistes</strong>, qui <em>« affirme très clairement »</em> vouloir un <strong>régime théocratique</strong>, <strong>où Dieu détermine le destin collectif.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-pourquoi-cela-prend-il">Pourquoi cela prend-il ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <strong>globalisation</strong> expose la société française à des <strong>logiques mondiales</strong>. Des nationalismes, des populismes prospèrent. Et <em>« nous ne sommes pas à l’abri »</em> de ces influences. Mais, selon l&rsquo;ancien Grand Maître du GO, <strong>un autre mouvement notable agit de l’intérieur : un affaiblissement de la foi dans l’idéal républicain</strong> au sein même du peuple français. La <strong>convergence</strong> de ces deux dynamiques <strong>fragilise</strong> l’édifice : <em><strong>« La République est davantage sur la défensive que dans une posture d’affirmation. »</strong></em> Les symptômes, un <strong>ordre républicain contesté</strong>, une <strong>autorité publique</strong> remise en cause. Pompiers, maires, élus locaux. la <strong>légitimité</strong> ne s’exerce plus comme avant. <em>« C&rsquo;est la faillite, d’une certaine manière, des politiques incapables d’avoir une prise sur la réalité […] Ceci nourrit la défiance. Des gouvernements se succèdent, mais donnent le sentiment de ne plus être connectés aux préoccupations des citoyens. »</em> Les <strong>phénomènes s’auto-alimentent</strong> et conduisent au paysage que nous observons.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-bataille-culturelle">La bataille culturelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>Nathalie Zenou</strong>, la <strong>jeunesse</strong> s’éloigne <em>« de la laïcité »</em> et, plus largement, de la <strong>République</strong>. Elle cite l’analyse de l&rsquo;historien <strong>Iannis Roder</strong> : si la République n’apparaît plus comme un <strong>bouclier</strong> — notamment <strong>social</strong> —, <strong>comment adhérer à des principes dont on ne voit plus l’incarnation dans le quotidien ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux influences pèsent : un modèle anglo-saxon d’un côté, et une instrumentalisation politique ou religieuse via les réseaux sociaux de l’autre. <em>« Si on mettait les mêmes moyens pour la promotion de la laïcité et des valeurs de la République que pour la lutte contre le harcèlement scolaire, il n’y aurait pas de sujet. On a vu ce qu’on a su faire en deux ou trois ans »</em>, observe Nathalie Zenou. La <strong>bataille</strong> est <strong>culturelle</strong> et <strong>pédagogique</strong>. Elle se mène à <strong>l’école</strong> — <strong>enseignement du français</strong>, <strong>transmission</strong> des <strong>valeurs</strong> —, dans la <strong>clarification</strong> de la <strong>laïcité</strong>, dans la <strong>justice sociale</strong>, et dans la <strong>préservation</strong> de l’<strong>indivisibilité</strong> (<em>« je pense à la Corse, territoire auquel je suis très attachée »</em>). À l’arrière-plan : <strong>réassurance</strong>, <strong>cap</strong>, <strong>destin commun</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <strong>emblèmes</strong> (Marianne, drapeau) <strong>orientent</strong> l’imaginaire et <strong>rappellent</strong> l’<strong>histoire</strong>, mais l’<strong>idéal</strong> exige des <strong>institutions</strong> qui <strong>tiennent</strong> et des <strong>pratiques</strong> qui <strong>vivent</strong>. <strong>Nathalie Zenou</strong> et <strong>Philippe Foussier</strong> replacent l’<strong>interrogation</strong> au niveau de la <strong>responsabilité</strong> : <strong>citoyenne</strong>, <strong>politique</strong>, <strong>collective</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <strong>défi</strong> tient en quelques verbes : regarder la situation en face, se retrousser les manches, clarifier les principes, assurer la transmission, redonner foi en un avenir commun. L’idéal républicain n’est ni une <strong>icône figée</strong> ni une <strong>rhétorique</strong> : c’est un <strong>travail</strong> — un <strong>combat</strong>, dit Nathalie Zenou — dont l’<strong>école</strong> est la <strong>pierre d’angle</strong> et dont <strong>l’exemplarité publique demeure la condition.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Réflexions maçonniques sur la ville et ses transformations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Blois Capitale]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 06:37:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« La ville et les francs-maçons : des hommes et des lieux »… Lors d&#8217;une conférence organisée par « Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre » (CPMRC) ce dimanche 13 octobre 2024, les architectes et chercheurs Nicolas Balmy et Xavier Malverti ont livré une réflexion sur la ville et ses transformations. Cet événement, modéré par la &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/reflexions-maconniques-sur-la-ville-et-ses-transformations">Réflexions maçonniques sur la ville et ses transformations</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>« La ville et les <a href="https://bloiscapitale.com/philippe-foussier-la-franc-maconnerie-permet-de-reflechir-autrement" target="_blank" rel="noreferrer noopener">francs-maçons</a> : des hommes et des lieux »</em>… Lors d&rsquo;une conférence organisée par <em>« Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre »</em> (<a href="https://www.helloasso.com/associations/culture-et-patrimoine-maconnique-en-region-centre-cpmrc" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CPMRC</a>) ce dimanche 13 octobre 2024, les architectes et chercheurs <strong>Nicolas Balmy</strong> et <strong>Xavier Malverti</strong> ont livré une réflexion sur la ville et ses transformations. Cet événement, modéré par la journaliste Corinne Prezelj, s’inscrivait dans le cadre des <strong>Rendez-vous de l’Histoire</strong>, dont le thème 2024 était la <strong>ville</strong>. À travers une perspective maçonnique, les intervenants ont analysé <strong>la manière dont la ville se construit, non seulement physiquement, mais aussi symboliquement,</strong> tout en questionnant les principes de <strong>liberté</strong>, <strong>égalité</strong> et <strong>fraternité</strong> qui devraient être au cœur de toute conception urbaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-ville-vecteur-de-symboles">La ville, vecteur de symboles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le début de la conférence, Nicolas Balmy souligne donc un aspect fondamental : la ville est un <strong>vecteur de symboles</strong>. En conséquence, pour les francs-maçons, la ville représente bien plus qu’un agencement de bâtiments et d’infrastructures. Elle est le reflet des idées, des valeurs et des aspirations des sociétés qui l’ont bâtie. La ville, selon Balmy, doit incarner des <strong>principes universels</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-notion-de-temps-long-une-demarche-maconnique">La notion de temps long : une démarche maçonnique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, la ville doit être pensée sur un<strong> temps long</strong>, une façon de procéder qui s’apparente à une démarche maçonnique. Construire une ville ne peut se faire dans l’urgence ou la précipitation. Cette réflexion s’inscrit dans une tradition maçonnique où <strong>chaque pierre posée est pensée</strong> dans une perspective de <strong>durabilité</strong> et de <strong>soutien au bien commun</strong>. Il s’agit d’un processus évolutif qui prend en compte les leçons du passé et anticipe les besoins du futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette vision, la ville n’est <strong>pas simplement un produit de son époque, mais un organisme vivant qui se transforme au fil des siècles.</strong> Cette transformation doit se faire de manière réfléchie, en respectant les cycles naturels et sociaux. La <strong>planification</strong> urbaine, bien que nécessaire, doit laisser de la place à <strong>l’évolution spontanée</strong> et aux adaptations que les habitant.es apportent par leurs usages et leur créativité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ordo-ab-chao">Ordo ab Chao</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, les conférenciers ont observé l&rsquo;existence d’un <strong>balancier constant entre la planification et le développement organique spontané</strong>. Nicolas Balmy a expliqué que la ville, lorsqu&rsquo;elle est planifiée dans les moindres détails, peut perdre son dynamisme et sa capacité à répondre aux besoins des habitants. À l’inverse, une ville qui se développe sans aucune organisation peut sombrer dans le chaos. L’équilibre réside dans une <strong>coexistence</strong> entre ces deux pôles pour tendre vers ce mantra : <strong>Ordo ab Chao.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce balancier est également visible dans l’histoire urbaine, comme l’a rappelé Xavier Malverti. Il a illustré ce phénomène à travers des exemples de villes médiévales, où des développements spontanés ont été suivis de grandes périodes de <strong>planification structurée</strong>. Ces phases alternées de croissance organique et de régulation permettent à la ville de <strong>rester un espace vivant, capable d’intégrer à la fois des innovations architecturales et des usages quotidiens diversifiés.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Xavier Malverti a insisté sur l&rsquo;idée qu&rsquo;une ville est en permanence <strong>un bricolage d’éléments disparates, où le chaos apparent peut parfois engendrer un ordre inattendu.</strong> Il a donné l’exemple des bidonvilles qui, laissés à eux-mêmes, peuvent se transformer en véritables villes à part entière, pour peu que quelques infrastructures de base soient mises en place. Ce processus montre que l’ordre peut émerger sans qu’une autorité centrale ne doive tout réguler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision rejoint l’idée que la ville est avant tout une <strong>construction collective</strong>. Chacun y apporte sa contribution, que ce soit par la manière dont il utilise les espaces ou par les interactions qu’il crée avec les autres habitant.es. En ce sens, la ville n’a pas besoin d’une organisation rigide pour fonctionner. Elle doit plutôt permettre à ses habitants d&rsquo;<strong>agir librement</strong>, de <strong>se réapproprier l’espace public</strong>, et de <strong>participer activement à la construction de leur environnement.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-sens-perdu-de-l-espace-public">Le sens perdu de l&rsquo;espace public</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des concepts les plus importants évoqués durant la conférence concerne la relation entre le <strong>bâti</strong> et le <strong>vide</strong> dans la ville. Pour Balmy, <em><strong>« le bâti génère du vide, et ce vide, c’est l’espace public »</strong></em>. Ce vide, loin d’être un simple espace interstitiel, est le <strong>cœur de la ville</strong>. C’est là que se tissent les relations sociales, que se déploient les échanges économiques et culturels, et que se vit la <strong>citoyenneté</strong>. Il a souligné que l’espace public est essentiel à la <strong>liberté</strong>, à l’<strong>égalité</strong> et à la <strong>fraternité</strong> : ces valeurs fondatrices doivent trouver leur expression dans des lieux ouverts, partagés par toutes et tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, <strong>dans la ville contemporaine, cet espace public semble avoir perdu son sens</strong>. <strong>Souvent accaparé par les voitures, les flux marchands ou des intérêts privés, il n&rsquo;est plus le lieu de rencontre, de débat et de solidarité qu’il devrait être.</strong> Selon les intervenants, la ville d’aujourd&rsquo;hui a parfois oublié le rôle fondamental de ses espaces publics. Ces lieux ne devraient pas être perçus comme de simples passages fonctionnels, mais comme le <strong>ferment de la liberté, de l’égalité et de la fraternité</strong>. C’est dans ces espaces que se créent les conditions d’une ville <strong>inclusive</strong>, où chaque habitant.e peut trouver sa place.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-dense-mais-durable-et-desirable">Dense mais durable et désirable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La conférence s’est conclue sur un appel à <strong>réenchanter l’espace public</strong>. Pour cela, il est nécessaire de repenser la ville, non pas uniquement comme un ensemble de bâtiments, mais comme un <strong>organisme vivant</strong>, en perpétuelle évolution, où le dialogue entre planification et développement spontané permet à chacun de trouver sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dialogue est au cœur de la démarche maçonnique, qui prône la <strong>liberté d’agir</strong>, l’<strong>égalité des acteurs</strong>, et la <strong>fraternité</strong> dans l’action collective. La ville, dans cette perspective, n’est pas seulement un lieu de vie, mais un <strong>espace symbolique</strong> où s’incarnent les idéaux humanistes qui traversent l’histoire.</p>
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		<title>Le Grand Orient, la vie, la mort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Oct 2023 13:49:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Rendez-vous de l&#8217;Histoire permettent d&#8217;aller sur tous les terrains. Et en 2023, la vie et la mort s&#8217;étaient invitées au programme. Dans cette veine, Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre (CPMRC), qui cherche à faire connaître la Franc-maçonnerie dans toute sa diversité au travers de manifestations culturelles et patrimoniales, proposait un rendez-vous intitulé &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les <strong>Rendez-vous de l&rsquo;Histoire</strong> permettent d&rsquo;aller sur tous les terrains. Et en 2023, la vie et la mort s&rsquo;étaient invitées au programme. Dans cette veine, Culture et Patrimoine Maçonnique en Région Centre (<strong><a href="https://www.helloasso.com/associations/culture-et-patrimoine-maconnique-en-region-centre-cpmrc">CPMRC</a></strong>), qui cherche à faire connaître la Franc-maçonnerie dans toute sa diversité au travers de manifestations culturelles et patrimoniales, proposait un rendez-vous intitulé <em>« Vivre et mourir en franc-maçon »</em>. Et l&rsquo;amphithéâtre rouge du Campus CCI, à <a href="https://bloiscapitale.com/category/vie-locale">Blois</a>, était copieusement garni pour écouter les conférenciers, <strong>Christophe Devillers et Mireille Quivy, </strong>deux membres du<strong> Grand Orient de France.</strong> En marge de cette présentation orchestrée par la journaliste Corinne Prezelj, nous avons pu poser quelques questions aux intervenants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que la maçonnerie permet de dépasser l&rsquo;angoisse de sa mortalité ? <em>« J&rsquo;aimerais bien, mais je suis franc maçon depuis 30 ans, <strong>j&rsquo;ai toujours aussi peur de la mort</strong>. Bon pour autant, il y a quand même une réalité, c&rsquo;est d&rsquo;essayer de l&rsquo;apprivoiser, et de l&rsquo;apprivoiser par une évidence : nous sommes des membres, <strong>des maillons d&rsquo;une grande chaîne</strong> <strong>qui nous vient du passé, qui tend vers l&rsquo;avenir</strong>. On ne peut pas résister à cela, mais ce qui est passionnant, c&rsquo;est justement d&rsquo;être intimement accroché au passé et intimement lié au futur »,</em> répond Christophe Devillers. <strong><em>« On essaie de penser à la mort, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;on en fait un sujet de réflexion,</em></strong> rebondit Mireille Quivy. <em>Même si c&rsquo;est impensable, car on n&rsquo;en fera l&rsquo;expérience qu&rsquo;au moment de passer le seuil. Il est intéressant de s&rsquo;interroger sur ce qu&rsquo;en pensaient nos prédécesseurs. Assister aux cérémonies en mémoire des frères et sœurs disparus récemment nous offre également l&rsquo;opportunité de remplir ce dernier engagement d&rsquo;espérer. <strong>Gémir, c&rsquo;est pleurer la perte d&rsquo;un être cher, un être en chair et en os. Mais en tant que franc-maçon, nous devons aussi embrasser la dimension de la transmission</strong>. Il est essentiel de conserver ce que cette personne nous a légué et de réfléchir à ce que nous pourrions transmettre à notre tour, renforçant ainsi ce <strong>lien intemporel qui nous unit tous. </strong>Ce n&rsquo;est donc pas seulement un mot, c&rsquo;est aussi un acte. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut penser qu&rsquo;entrer en franc-maçonnerie correspond a un âge, un stade de la vie durant lequel une quête de sens surgit, et possiblement que la question de la mort se pose&#8230; <strong><em>« Je ne suis pas sûr que l&rsquo;on entre en franc-maçonnerie pour ces raisons précises,</em> </strong>corrige Christophe Devillers. <em><strong>Je crois qu&rsquo;on se tourne vers la franc-maçonnerie parce qu&rsquo;on est mû par une très forte envie de vivre</strong>, une puissante aspiration à la rencontre et à la sociabilité. On a une immense envie de discuter avec les autres, d&rsquo;apprendre et d&rsquo;échanger. C&rsquo;est une fois à l&rsquo;intérieur qu&rsquo;on réalise à quel point elle influence notre réflexion et notre philosophie. On comprend alors combien il est nécessaire de la considérer comme une amie et d&rsquo;y réfléchir régulièrement.</em> » Mireille Quivy valide cette affirmation, et ajoute : <em>« Personnellement, cela fait 40 ans que je suis en franc-maçonnerie, et <strong>la mort ne m&rsquo;a jamais hanté en tant que franc-maçon.</strong> Elle est devenue un élément de mon quotidien. C&rsquo;est-à-dire que lorsqu&rsquo;elle se manifeste lors d&rsquo;un rituel, je la ressens désormais comme quelque chose que j&rsquo;ai assimilé. <strong>En y réfléchissant constamment, on finit par l&rsquo;apprivoiser, et une fois apprivoisée, elle ne nous effraie plus.</strong> J&rsquo;espère donc qu&rsquo;au moment ultime, cette absence de peur se confirmera. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En franc-maçonnerie, il y a une affaire de <strong>testament philosophique</strong>. Quel est le votre aujourd&rsquo;hui ? <em>« En une minute de réponse, il est impossible d&rsquo;appréhender le sujet pleinement,</em> objecte Christophe Devillers. <em>Ce n&rsquo;est pas seulement une question philosophique : elle intègre la projection sur notre propre devenir, le devenir de notre corps, ce qu&rsquo;il en restera, ainsi que la projection sur ceux qui nous survivront et qui nous sont chers. Et enfin, la projection pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;humanité. Ces trois niveaux de réflexion rendent ma réponse rapide compliquée. <strong>Quelle serait ma trace ? Personnellement, je suis un brin cynique à ce sujet.</strong> En observant nos propres familles, on réalise que si se souvenir de nos arrière-grands-parents est déjà un défi, au-delà de cinq générations, presque tout est effacé. Peut-être subsiste-t-il une trace dans ce que l&rsquo;on appelle la sociogénéalogie, mais elle est difficile à identifier. Les noms, les personnes, les visages finissent par disparaître. <strong>Gardons une certaine humilité. Vanitas vanitatis. »</strong></em> De son côté, Mireille Quivy s&rsquo;est souvenue de ce qu&rsquo;elle avait écrit dans son testament philosophique avant l&rsquo;initiation : <em>« J&rsquo;avais inscrit : <strong>« Je souhaiterais avoir été, durant ma vie, comme la flamme d&rsquo;une bougie éclairant le chemin d&rsquo;un enfant dans la nuit. »</strong> Aujourd&rsquo;hui, je maintiens cette pensée. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société où le tabou de la mort persiste, ces discussions rappellent l&rsquo;importance de l&rsquo;aborder, de la comprendre et, finalement, de l&rsquo;accepter.</p>
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