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ADA Blois : 120 ans, une équipe remaniée et ce rêve de ne plus perdre au Jeu de Paume

L’ADA Blois a officiellement lancé jeudi soir sa saison 2026-2027 devant un Jeu de Paume largement garni. Celle de ses 120 ans, mais aussi celle d’un effectif profondément renouvelé et d’un contexte économique que ses dirigeants ne cherchent pas à éluder. Paul Seignolle a défendu un club qui refuse la fuite en avant financière ; Julien Monclar a rappelé ce qui demeure lorsque joueurs et dirigeants passent : le public. Avec, au bout de son discours, un rêve formulé sans détour : « Pourquoi on perdrait ici ? »


Jeudi soir, le terrain du Jeu de Paume n’avait pas encore retrouvé son usage habituel. Pas de match, mais des joueurs alignés au centre du parquet, un pupitre, le grand écran suspendu au-dessus de la salle et une tribune déjà bien remplie. Supporters, partenaires, bénévoles et représentants des collectivités avaient été conviés à découvrir le visage de l’ADA Blois 2026-2027.

Le championnat attendra encore quelques jours. Le Tournoi de la Ville de Blois, lui, commence dès aujourd’hui avec Nantes, Vichy et La Rochelle*. Mais avant ce rendez-vous, l’ADA avait quelque chose à raconter : une saison qui la conduira en 2027 à son 120e anniversaire. « 120 ans de passion, 120 ans de combats, de joies, de doutes, de victoires, de générations qui ont construit ce club, pierre par pierre, valeur après valeur. 120 ans et toujours la même flamme! » a lancé Paul Seignolle.

Fondée en 1907, l’ADA arrive à cet anniversaire avec une place désormais bien installée dans le basket professionnel : 2026-2027 sera sa onzième saison consécutive en LNB et sa dixième au Jeu de Paume. La précédente s’est terminée à la troisième place de la saison régulière d’Élite 2, avant une élimination en quarts de finale des playoffs face à Nantes. Blois avait également atteint les quarts de finale de la Coupe de France.

ADA Blois

Ne pas dépenser ce que l’on n’a pas

Paul Seignolle a rapidement ramené la soirée à une réalité moins festive : celle de l’économie des clubs professionnels. « L’année sera difficile, pour toutes les raisons que nous connaissons. Nos charges augmentent, nos budgets se tendent. » Il est allé plus loin, visant sans les nommer les clubs ayant choisi selon lui d’accroître fortement leurs moyens, au risque de fragiliser leur équilibre financier. « Très bien pour eux, mais l’ADA ne joue pas ce jeu-là et ne peut pas jouer à ce jeu-là. Nous avons toujours refusé les dérives, les excès, les illusions, et nous continuerons. » Mais l’ADA veut rester ambitieuse. « Nous ne voulons pas être le club qui dépense plus que ce qu’il peut. Nous voulons être le club qui fait plus que ce qu’on attend de lui. Nous sommes un club qui ne s’achète pas une ambition, mais qui la construit. » L’ADA a obtenu cet été, pour la deuxième année consécutive, le Label Club LNB Argent. Elle se classe notamment deuxième parmi les 36 clubs de la Ligue nationale sur le volet consacré à la politique sportive et à la formation, la LNB soulignant en particulier l’apport du Centre VSF Sports.

ADA BLOIS 26-27

Une équipe largement reconstruite

Côté terrain, sept joueurs de l’effectif de la saison passée sont partis : Timothé Vergiat, Talis Soulhac, Maxime Sconard, Lucas Ugolin, Fabien Damase, Jacques Alingue et Jonas Boulefaa. L’ADA repart avec un groupe de dix professionnels où les nouveaux visages et les retours occupent une place importante.

David Coit arrive de Maryland pour sa première expérience professionnelle hors des États-Unis. Le petit meneur américain de 25 ans sort d’une dernière saison universitaire à 13,5 points et 2,8 passes de moyenne et apporte un profil de scoreur que l’ADA devra désormais traduire dans les exigences de l’Élite 2.

Arthur Bouba, recruté à Rouen, vient renforcer le secteur intérieur. Tidjan Keita retrouve Blois après une saison complète avec Champagne Basket. Loïs Grasshoff, sous contrat avec Le Mans, arrive en prêt après avoir évolué à Aix-Maurienne. Deux autres mouvements ont une saveur particulière. Lucas Demahis-Ballou revient après son prêt à Aix-Maurienne, où il s’est affirmé au niveau professionnel, tandis qu’Hugo Béquignon, formé à Blois, retrouve le maillot de l’ADA quatre ans après ses dernières apparitions avec l’équipe première. Autour d’eux, Quinton Rose, Yasmin Mambo et Romuald Morency assurent une partie de la continuité. Ce dernier a été désigné capitaine. Sacha Defoundoux, issu du centre de formation, a de son côté signé cet été son premier contrat professionnel.

ADA BLOIS 26-27

Paul Seignolle ne cache rien de ce que suppose un tel renouvellement : « Une équipe qui se construit, c’est une équipe qui n’a pas de certitudes, pas de confort, pas de routine. » Mais le président préfère regarder l’autre face de cette incertitude : « Une équipe qui doit se battre pour tout devient une équipe qui peut tout renverser. » Pas de promesse de montée, donc. Pas davantage de classement annoncé comme objectif officiel jeudi soir. La troisième place de la saison dernière appartient déjà au passé et personne au club ne semble vouloir la transformer en droit acquis.


magazine papier Blois Capitale

Faire du Jeu de Paume un endroit imprenable

Julien Monclar a abordé cette rentrée par une autre porte. Le directeur des opérations connaît suffisamment la maison pour mesurer le temps écoulé : il y entame sa dix-huitième saison. Le Jeu de Paume, a-t-il fait remarquer, n’est plus un équipement flambant neuf ; l’ADA n’est plus un jeune club de LNB ; le Centre VSF Sports n’est plus la friche industrielle qu’il était avant sa transformation… « Ici, peut-être un peu plus qu’ailleurs, c’est vraiment l’union qui fait la force. Et vous êtes tous importants », a lancé le dirigeant. « Moi, j’ai un rêve. Ce n’est pas un objectif parce que c’est un peu trop ambitieux pour être vrai. » Il regarde alors le public : « Mais pourquoi on perdrait ici ? Pourquoi on perdrait ici ? »

Le directeur des opérations ne prétend évidemment pas promettre une saison entière sans défaite à domicile. Mais il exprime un désir : que recevoir à Blois procure un véritable avantage et que l’adversaire ne considère jamais le déplacement comme un match ordinaire. Paul Seignolle avait utilisé une image plus volcanique quelques minutes auparavant : « Faites comprendre à chaque équipe que venir ici, c’est entrer dans un volcan. »


*Le 7e Tournoi de la Ville de Blois réunit au Jeu de Paume quatre équipes d’Élite 2 : Blois, Nantes, Vichy et La Rochelle. Nantes et Vichy ouvriront le tournoi à 17h30, avant ADA Blois – La Rochelle à 19h30.


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