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Comment Mathilde Sénéchal et Steven Huet font revivre la vaisselle de nos grands-mères

Championne de France de marathon en 2025, Mathilde Sénéchal vient de remporter le semi-marathon de Lille en pulvérisant son record personnel. À 28 ans, la Blésoise poursuit ses ambitions sportives tout en menant plusieurs activités professionnelles. Avec son compagnon Steven Huet, préparateur physique, elle vient aussi de créer La Vaisselle de Mauricette, une entreprise de location de vaisselle ancienne née des préparatifs de leur mariage. Derrière ce projet inattendu se cache une histoire de famille, de transmission et d’attachement aux objets qui ont déjà vécu.

Mathilde Sénéchal, une championne qui n’a pas fini de progresser

Quelques jours avant le semi-marathon de Lille, Mathilde Sénéchal nous confiait son ambition de descendre sous les 1 h 11. Elle avait alors un record personnel de 1 h 11 min 38 s, établi en avril dernier à Nice. Elle savait avoir progressé, mais restait prudente. En course à pied, expliquait-elle, une préparation réussie ne garantit jamais le résultat espéré. Le dimanche 25 octobre 2026, la Blésoise a pourtant fait mieux que prévu : elle s’est imposée à Lille en 1 h 10 min 13 s, améliorant son record de 1 minute et 25 secondes. Sur Instagram, elle a exprimé sa satisfaction : « Il y a tellement d’années de travail derrière ce chrono. Ça paye enfin. »

Née à Blois en 1998, Mathilde Sénéchal a découvert la course à pied vers six ou sept ans, avant de rejoindre un club quelques années plus tard. Licenciée à l’AJ Blois-Onzain depuis 2012, elle a connu sa première sélection en équipe de France en 2016. L’année suivante, elle décrochait une médaille d’argent sur 3 000 mètres aux championnats d’Europe juniors, à Grosseto, en Italie. Plusieurs titres nationaux ont suivi, sur piste et en cross-country, avant qu’elle ne privilégie progressivement les longues distances sur route. Le 30 mars 2025, à Sainte-Maxime, elle devenait championne de France de marathon en 2 h 37 min 52 s. Une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie, mais certainement pas un aboutissement. En 2026, elle a encore amélioré ses performances, notamment sur 10 kilomètres, avec un record à 32 min 17 s en janvier, avant de devenir vice-championne de France de cette distance en mai, à Troyes.


Des titres nationaux qui ne font pas tout

Au-delà de la victoire, le chrono réalisé à Lille a toute son importance. Dans le contrat qui la lie à Puma, son principal sponsor, Mathilde Sénéchal peut toucher des primes en fonction de ses performances. Un excellent temps peut ainsi lui rapporter davantage qu’un titre de championne de France. « Moi, je gagne ma vie en faisant des chronos », confie l’athlète. Pour l’équipementier, comme pour les instances sportives qui établissent les sélections internationales, le temps réalisé constitue une référence essentielle. Son prochain grand rendez-vous est fixé au dimanche 6 décembre 2026, au marathon de Valence, en Espagne. C’est dans cette ville qu’elle avait établi son record personnel sur la distance, en 2 h 32 min 42 s, en décembre 2024. Cette fois, elle espère descendre à 2 h 28, voire moins. Mathilde espère ainsi se rapprocher des meilleures et prétendre à de nouvelles sélections internationales.

Encore faut-il progresser plus vite que ses concurrentes. Le niveau français s’est considérablement élevé ces dernières années, et les performances autrefois suffisantes pour figurer parmi les meilleures ne garantissent plus nécessairement une place en équipe de France. « Non seulement il faut que je batte mes propres [records], mais aussi que je sois suffisamment forte pour battre les chronos des autres. » Pour atteindre ses objectifs, Mathilde Sénéchal organise une grande partie de son quotidien autour de l’entraînement.

Jusqu’à 170 kilomètres de course par semaine

Lorsqu’elle prépare un marathon, Mathilde parcourt entre 120 et 170 kilomètres par semaine. Certaines journées comportent deux entraînements, tandis que les sorties longues du dimanche peuvent atteindre 30 à 32 kilomètres. La course ne représente pourtant qu’une partie du travail. S’y ajoutent deux séances hebdomadaires de musculation, des soins de kinésithérapie, parfois du vélo ou de la natation, et une attention permanente portée à l’alimentation, au sommeil et à la récupération. « C’est vraiment le quotidien qui est orienté et organisé pour ça et pour être performante tous les jours », assure l’athlète.

Mathilde Sénéchal s’entraîne le plus souvent seule, à partir des programmes que lui transmet à distance Sophie Duarte, son entraîneuse. Son compagnon, Steven Huet, préparateur physique indépendant, l’accompagne notamment dans son travail de renforcement musculaire. Elle tient à ce que la planification de ses entraînements reste entre les mains d’une personne extérieure. Même si elle serait capable de s’en charger, elle reconnaît qu’elle aurait tendance à vouloir toujours en faire davantage, au risque de compromettre sa progression. Avec les années, elle a aussi appris à bien connaître son corps et à repérer les premiers signes de fatigue : une respiration plus difficile, des jambes qui s’alourdissent ou une fréquence cardiaque qui augmente.

D’ailleurs, sur un marathon, les sensations peuvent changer du tout au tout en quelques kilomètres. On peut se sentir parfaitement à l’aise, puis se demander, un peu plus loin, comment on va réussir à terminer. « On a l’impression d’avoir vécu trois vies en 42 kilomètres », raconte Mathilde. Si elle apprécie aussi les 10 kilomètres et les semi-marathons, le marathon lui procure des émotions bien particulières.

« Je ne suis pas un robot »

À Blois, Mathilde Sénéchal varie les parcours entre les bords de Loire, le stade des Allées, la forêt et les chemins du côté de Molineuf. Elle garde une préférence pour les footings en forêt, surtout lorsque le soleil est au rendez-vous. Elle y trouve ce qu’elle appelle une « méditation active ». « C’est mon travail, mais en même temps, je prends soin de moi, je prends soin de ma tête. Je sais que même si ce n’était pas mon travail, je le ferais quand même. » Les sorties sont moins réjouissantes lorsque la pluie s’invite ou qu’il faut s’entraîner à la nuit tombée, particulièrement en hiver. Il lui arrive aussi de manquer d’entrain. Elle l’admet volontiers : « Il y a des moments où j’ai pas envie, je suis pas un robot. Mais par contre, je suis disciplinée et je sais pourquoi je le fais. »

À ce niveau, la carrière sportive se gère aussi en dehors des entraînements. Mathilde Sénéchal s’occupe elle-même de ses contrats, de ses relations avec les sponsors, de son budget et de sa communication. Puma, la Ville de Blois et plusieurs entreprises locales lui apportent un soutien financier, parfois depuis de nombreuses années. Une aide précieuse qui lui permet de consacrer une grande partie de son temps à la course, sans avoir à occuper un emploi à temps plein. Car Mathilde est aussi juriste. Diplômée en droit, elle travaille à distance pour un cabinet parisien.

Son mémoire universitaire portait sur le statut juridique des sportifs de haut niveau. Une spécialité vers laquelle elle pourrait revenir un jour, en accompagnant notamment des athlètes dans leur carrière. Pour l’heure, elle intervient aussi en entreprise, à l’occasion de conférences où elle s’appuie sur son expérience sportive pour aborder les questions de performance et d’organisation du travail. Elle rencontre également des élèves dans les établissements scolaires de Blois. Elle y raconte son parcours, ses années d’études menées parallèlement à l’athlétisme, et encourage les jeunes à ne pas renoncer à leurs ambitions sportives.

La famille et Blois, ses points d’ancrage

Dans sa manière d’aborder la réussite sportive, Mathilde Sénéchal accorde une grande importance aux émotions partagées avec ses proches. Elle en parle notamment lorsqu’elle évoque ses meilleurs souvenirs de compétition. Parmi eux, un titre de championne de France de cross-country, remporté sous les encouragements de ses parents. Elle garde surtout en mémoire leur bonheur lorsqu’elle les a retrouvés à l’arrivée. « Si je faisais ces chronos-là mais que je n’avais personne avec qui les partager et avec qui vivre ces émotions, ça n’aurait aucun intérêt clairement. » La famille occupe une place essentielle dans sa vie, au point d’avoir pesé dans son choix de revenir s’installer à Blois après plusieurs années d’études à Lyon. La proximité de ses proches lui manquait, tout comme la forêt, le calme et la possibilité de retrouver facilement la nature. Elle apprécie particulièrement cette sensation de « cocon » que lui procure sa ville natale : « Oui, je suis très famille, et je suis très ancrée à ma ville. »

La vaisselle de Mauricette
La vaisselle de Mauricette

La Vaisselle de Mauricette, une entreprise née des préparatifs du mariage

Mathilde Sénéchal et Steven Huet se marieront à l’été 2027. En préparant leur réception, ils se sont mis à chercher de la vaisselle ancienne, fleurie et colorée, qui s’accorderait avec le caractère de leur lieu de mariage. Les services blancs habituellement proposés à la location ne les intéressaient guère. « On voulait quelque chose d’authentique, qui corresponde au caractère de notre lieu de mariage. Pour nous, chaque choix doit avoir du sens. » Leur préférence allait aux assiettes d’autrefois, avec leurs motifs, leurs couleurs et leurs différences, plutôt qu’à des modèles neufs reproduisant un style ancien. Ils ont d’abord regardé ce que possédaient leurs grands-parents respectifs et récupéré quelques pièces, dont certaines avaient une valeur sentimentale. Pour réunir suffisamment d’assiettes, ils ont ensuite commencé à fréquenter les brocantes et les vide-greniers.

Au fil des découvertes, les modèles s’accumulent. Une dizaine d’assiettes d’un service, une vingtaine d’un autre, parfois seulement trois ou quatre exemplaires. Rien n’est vraiment assorti, mais les couleurs et les motifs permettent de composer des ensembles harmonieux. « Notre idée, c’est vraiment que ce soit dépareillé, mais que finalement l’ensemble reste très cohérent et homogène. » Entre-temps, une autre idée a fait son chemin : puisqu’ils ont dû réunir eux-mêmes toute cette vaisselle, pourquoi ne pas en faire profiter d’autres personnes ?

Un prénom chargé de souvenirs

Mauricette, c’était la grand-mère de Mathilde. Lorsque le couple a lancé son projet, en août, elle était encore là et l’idée de voir son prénom donné à une entreprise de location de vaisselle ancienne la faisait beaucoup rire. Mathilde s’émeut en évoquant sa disparition, puis reprend : « Ça reste un très bel hommage et comme ça elle est toujours avec nous. »

Ce prénom correspond aussi à l’esprit que Mathilde et Steven souhaitent donner à leur activité. Les assiettes qu’ils ont chinées ont, pour beaucoup, déjà servi lors de repas de famille. Certaines ont traversé plusieurs décennies, conservées dans des placards avant de se retrouver sur les étals des brocantes. Mathilde aime cette idée de prolonger leur histoire en les faisant circuler d’une table à l’autre. Elle y retrouve les valeurs de partage et de rassemblement auxquelles elle est attachée, mais aussi le goût des objets solides, fabriqués pour durer. La démarche répond également à une préoccupation écologique. Plutôt que d’acheter des assiettes neuves, le couple préfère utiliser celles qui existent déjà.

Reste la question du prix. En préparant leur mariage, Mathilde et Steven ont constaté que la location de vaisselle pouvait représenter une dépense importante. Ils ont donc comparé les tarifs avant de définir les leurs, avec la volonté de proposer un service financièrement accessible. L’objectif est de permettre à d’autres organisateurs de réceptions de choisir de la vaisselle ancienne sans pour autant alourdir considérablement leur budget.

La vaisselle de Mauricette
La vaisselle de Mauricette

La Vaisselle de Mauricette propose ses services pour toutes les réceptions

Depuis septembre 2026, La Vaisselle de Mauricette dispose de son propre site internet, sur lequel Mathilde et Steven présentent leur collection d’assiettes anciennes, de verres, de couverts et de quelques objets de décoration. Ils souhaitent s’adresser à une clientèle large : particuliers organisant un anniversaire, un baptême ou un repas de famille, mais aussi entreprises et professionnels de l’événementiel.

Le catalogue permet de découvrir les différents modèles disponibles, avec les quantités correspondantes. Les clients peuvent sélectionner leurs assiettes une à une ou choisir parmi plusieurs formules préétablies. Dans ce second cas, Mathilde et Steven composent eux-mêmes les ensembles en tenant compte du nombre d’invités, des couleurs souhaitées et de l’ambiance de la réception. Ils peuvent actuellement fournir de la vaisselle pour une dizaine de personnes comme pour une réception d’environ 120 convives, voire davantage selon les besoins.

Le couple a choisi de se concentrer sur la location, sans proposer de décoration complète ni d’organisation de mariage. Une fois le catalogue consulté, les personnes intéressées prennent contact par courriel. Elles reçoivent un bon de commande permettant de préciser les pièces et les quantités souhaitées, puis un devis. La livraison et le lavage peuvent être pris en charge, selon les modalités convenues. Une caution est également prévue. Mais Mathilde tient à ce que les échanges ne se limitent pas à un formulaire rempli sur Internet. « L’idée c’est vraiment qu’on puisse discuter, échanger, qu’on s’adapte au mieux. »

Faire ce que l’on aime

Mathilde Sénéchal accorde beaucoup d’importance au plaisir qu’elle trouve dans ses différentes activités. C’est d’ailleurs un sujet qu’elle aborde régulièrement avec les jeunes lorsqu’elle intervient dans les écoles. Elle les encourage à cultiver leurs passions, à poursuivre leurs ambitions et à choisir, autant que possible, une voie qui leur plaît. « La performance, ce n’est pas un gros mot, c’est juste essayer d’aller là où ça a du sens pour nous. » La Vaisselle de Mauricette lui permet, avec Steven, de développer une activité différente, née d’une envie personnelle et de leur goût commun pour les objets anciens. Les premiers mois permettront de mesurer l’intérêt des clients et les possibilités de développement. Pour l’heure, ils prennent plaisir à faire connaître leur collection, avec l’idée que ces assiettes, qui ont déjà accompagné tant de repas de famille, puissent encore servir longtemps.


Pratique : La Vaisselle de Mauricette — Location de vaisselle et décoration ancienne à Blois, pour les particuliers et les professionnels. Catalogue, formules et demandes de devis sur lavaisselledemauricette.fr.


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