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Aux Lobis, Jarmusch, Ma frère et La Jetée : une semaine de cinéma des liens

Cette semaine, aux Lobis, la programmation fait la part belle aux petits gestes, aux silences, aux liens, aux récits qui se disent parfois sans mots. Une semaine traversée par une question : qu’est-ce que le cinéma nous permet de regarder, chez les autres, mais aussi en nous-mêmes ?

Father, Mother, Sister, Brother

Dans cette idée, la première sortie est Father, Mother, Sister, Brother, le nouveau film de Jim Jarmusch, déjà présenté en avant-première. Un film qui, avec le recul, continue de travailler Laëtitia Scherier. « Plus je le laisse mûrir, plus je le trouve intéressant », confie-t-elle. Ce qui la frappe aujourd’hui, ce n’est pas tant ce qui est dit que ce qui reste en suspens : les silences, les postures, les situations gênantes, cette culpabilité diffuse de ne pas toujours avoir grand-chose à se dire, tout en voulant quand même être là.

Certaines séquences, volontairement contemplatives, pourront dérouter. Mais pour la directrice des Lobis, c’est précisément ce temps laissé au spectateur qui fait la force du film. Les relations montrées à l’écran dépassent d’ailleurs le strict cadre familial : elles parlent plus largement de ces liens humains où l’on tient aux autres sans toujours savoir comment s’en approcher, ni si l’effort sera partagé. Un film qui ne s’impose pas immédiatement, mais qui continue de résonner après son visionnage.

Ma frère

La deuxième sortie de la semaine change radicalement d’énergie. Ma frère, de Lise Akoka et Romane Gueret, prolonge le travail amorcé avec Les Pires, film largement salué par la critique. Les deux réalisatrices retrouvent ici une majorité d’interprètes non professionnels pour raconter un été charnière dans la vie de deux amies d’enfance devenues animatrices de colonies de vacances. L’une s’engage par nécessité financière, l’autre par conviction.

Après un départ en région parisienne, le film s’ouvre sur la vie collective en colonie : enfants de tous âges, équipes d’encadrement, fatigue, solidarité, tensions, éclats de rire. Les références à Nos jours heureux de Toledano et Nakache sont assumées — au point que Laëtitia Scherier, après avoir découvert Ma frère à Cannes, a ressenti le besoin de revoir le film de 2006. La filiation est évidente, mais le regard est ici résolument contemporain.

Ma frère est avant tout un film sur la sororité, l’émancipation, le passage à l’âge adulte. Il donne à voir une jeunesse issue de quartiers populaires de la région parisienne, rarement représentée avec autant de justesse à l’écran. « Sans stéréotypes, mais avec beaucoup de franchise », insiste-t-elle. Le film aborde les grandes questions d’aujourd’hui — identité, politique, genre, sens de la vie — à travers un microcosme qui reflète fidèlement la société actuelle.

Pour Laëtitia Scherier, c’est « un petit bonbon de bonheur », une véritable bouffée d’air. Une comédie pleine d’énergie, traversée d’émotions sincères, capable de faire rire autant que de tirer une larme. L’arrivée d’Amel Bent au cinéma y est d’ailleurs saluée comme une belle surprise. Un film idéal pour commencer l’année avec légèreté, sans renoncer à la profondeur.

La troisième proposition de la semaine s’inscrit dans le cadre d’une séance Ciné’fil, lundi à 20h30. Elle réunit La Jetée de Chris Marker (1962) et Le Cinquième Plan de La Jetée, documentaire de Dominique Cabrera, qui sera présente pour accompagner la séance.

Tout part d’un court-métrage de Chris Marker, composé presque exclusivement de photographies, une œuvre fondatrice du cinéma expérimental, étudiée dans toutes les écoles de cinéma. Le documentaire de Dominique Cabrera prend appui sur une hypothèse intime : son cousin pense se reconnaître, enfant, de dos, dans le cinquième plan du film, tourné sur la terrasse de l’aéroport d’Orly. À partir de cette intuition, la réalisatrice mène une enquête minutieuse sur les conditions de tournage, les images, le montage.

Mais l’enjeu dépasse largement la simple identification. « C’est avant tout un film sur la mémoire et le temps », explique Laëtitia Scherier. Sur la capacité du cinéma à fixer des instants, à laisser des traces, et à faire surgir, des décennies plus tard, des questions vertigineuses sur ce que les images conservent de nous. Un film profondément intime, émouvant, qui interroge ce que le cinéma laisse derrière lui — et ce que nous y projetons.

Enfin, la directrice des Lobis souligne la très belle dynamique autour du film Le Chant des forêts, toujours en programmation, porté par un bouche-à-oreille enthousiaste et des critiques unanimes. « C’est un film qui fait du bien », confient certains spectateurs, parfois éloignés du documentaire animalier, mais touchés par la beauté et la douceur du film. Il continue cette semaine d’être largement programmé, notamment dans la grande salle.

Informations, réservations et horaires : blois-les-lobis.cap-cine.fr

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