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	<title>Archives des Cinéma - Blois Capitale Agglopolys</title>
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		<title>Parents, conjoints, frères et sœurs : donner une place aux aidants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 10:07:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 2 octobre, APF France handicap et l’Udaf de Loir-et-Cher proposent aux Lobis une soirée autour de Qui brille au combat, de Joséphine Japy. L’occasion de parler de la place des aidants dans les familles et de présenter les soutiens accessibles dans le département, y compris aux enfants et adolescents. Car beaucoup accompagnent un proche &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph" id="h-"><strong>Vendredi 2 octobre, APF France handicap et l’Udaf de Loir-et-Cher </strong><a href="https://bloiscapitale.com/aux-lobis-notre-salut-regarde-vichy-a-hauteur-dhomme" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>proposent aux Lobis une soirée autour de</strong> <em><strong>Qui brille au combat</strong></em><strong>, de Joséphine Japy.</strong></a> <strong>L’occasion de parler de la place des aidants dans les familles et de présenter les soutiens accessibles dans le département, y compris aux enfants et adolescents. Car beaucoup accompagnent un proche sans penser qu’ils pourraient, eux aussi, être aidés.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On est d’abord le conjoint, la mère, le père, le frère ou la sœur. On accompagne, on organise, on veille. <strong>Le mot <em>« aidant »</em></strong> vient rarement en premier pour décrire ce que l’on fait pour quelqu’un que l’on aime. <strong>Cathrine Wirbelauer,</strong> directrice de territoire des actions associatives d’APF France handicap pour l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, le constate auprès des familles : même si le sujet est davantage abordé publiquement, <strong>se reconnaître dans ce rôle reste difficile.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>C’est normal d’aider, c’est normal de se dévouer pour le proche, sauf que quand on est aidant H24 ou presque, […] </em><strong><em>on s’oublie</em> »,</strong> observe Cathrine Wirbelauer. Le soutien finit parfois par occuper toute la place. <strong>Accepter de consacrer quelques heures à ses propres besoins n&rsquo;est finalement pas si évident. </strong>Le ciné-débat organisé vendredi aux Lobis cherche à ouvrir cette porte.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36773" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48.png 1773w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h3 id="h-une-famille-a-l-ecran-des-questions-a-partager" class="wp-block-heading"><strong>Une famille à l’écran, des questions à partager</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Premier long métrage réalisé par Joséphine Japy, présenté en séance spéciale au Festival de Cannes en 2025, <em>Qui brille au combat</em> suit <strong>la famille Roussier. Autour de Bertille,</strong> atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain, ses parents et sa sœur aînée, Marion, composent avec les exigences du quotidien et l’inquiétude. Le récit interroge aussi l’avenir du couple et celui d’une adolescente que ses responsabilités ont fait grandir trop vite. Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Angelina Woreth et Sarah Pachoud incarnent cette famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette place donnée à chacun rejoint la question retenue pour le débat : <strong><em>« Accompagner et aider sans se perdre »</em></strong>. Comment préserver une existence personnelle lorsque les besoins d’un proche rythment les journées ? Comment s’autoriser une pause ? Cathrine Wirbelauer invite d’abord à venir voir un film, puis à prendre part aux échanges si on le souhaite. Les associations présenteront leurs propositions et répondront aux questions. Elles espèrent aussi entendre des besoins qu’elles n’auraient pas encore repérés.</p>



<h3 id="h-intervenir-avant-l-epuisement" class="wp-block-heading"><strong>Intervenir avant l’épuisement</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les situations qu’elle rencontre, <strong>les premiers renoncements peuvent passer inaperçus.</strong> Une personne accompagne son proche à tous ses rendez-vous médicaux, mais reporte les siens. Elle abandonne une activité physique, voit moins ses amis, réduit son temps de travail. Pour certains, l’emploi disparaît lui aussi, avec les fragilités financières que cela entraîne. « <em>Ils s’oublient complètement</em> », résume Cathrine Wirbelauer. Elle décrit <strong>des personnes qui sollicitent une association ou un médecin lorsque leurs forces sont déjà épuisées. « <em>Notre idée, c’est plutôt d’anticiper ça et de prévenir.</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet <strong><em>« Au fil de l’aidance »</em></strong>, piloté par APF France handicap, prévoit notamment des entretiens individuels pour <strong>comprendre ce que vit l’aidant, sa charge mentale, les difficultés physiques éventuelles et ses besoins.</strong> Les réponses peuvent prendre différentes formes : intervention d’un psychologue, temps de bien-être à domicile, aide pour comprendre des démarches administratives ou rencontres collectives entre aidants. Encore faut-il accepter la proposition. La confiance se construit souvent au fil des contacts. Cathrine Wirbelauer souligne le rôle des animateurs et des intervenants qui savent <strong>trouver « <em>les bons mots pour la personne</em> »</strong>, « <em>les bons gestes au bon moment</em> ». Rappeler qu’<strong>un soutien existe</strong> permet parfois de franchir un pas longtemps différé.</p>



<h3 id="h-pouvoir-souffler-suppose-un-relais" class="wp-block-heading"><strong>Pouvoir souffler suppose un relais</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">S’accorder du temps ne dépend pas seulement de la volonté. Qui reste auprès du proche ? Comment partir sans craindre de le laisser en difficulté ? La culpabilité se mêle à des obstacles très concrets. Pour certains temps collectifs, APF travaille avec le <strong><a href="https://gemen-avant.wixsite.com/monsite-1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">GEM En Avant !</a></strong>, groupe d’entraide mutuelle, afin que des activités soient proposées aux personnes aidées pendant que leurs proches participent à un rendez-vous de bien-être. Le projet peut également financer <strong>une partie d’une suppléance à domicile</strong>. Il devient alors possible de prendre « <em>une heure ou deux sans se sentir coupable de délaisser ou d’abandonner son proche</em> », explique Cathrine Wirbelauer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’association ne prétend pas répondre à toutes les situations. Interrogée sur sa capacité à soutenir tous les aidants, sa réponse est claire : « <em>Pas tous, mais </em><strong><em>on a des projets qui soutiennent les aidants et donc il faut s’en saisir.</em> » </strong>La rencontre doit permettre de comprendre les possibilités existantes et de voir lesquelles correspondent à chaque situation.</p>



<h3 id="h-des-enfants-qui-ne-se-pensent-pas-aidants" class="wp-block-heading"><strong>Des enfants qui ne se pensent pas aidants</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le ciné-débat permettra également de présenter les actions destinées aux plus jeunes. Pour eux, la reconnaissance du rôle d’aidant est encore moins évidente. Il faut pouvoir échanger avec les parents et trouver une manière de s’adresser aux enfants qui corresponde à leur âge. <strong>« <em>Les enfants, ils ne se voient pas du tout aidants</em> »</strong>, observe Cathrine Wirbelauer. <strong>Leur proposer une activité à laquelle ils ont envie de participer constitue une première approche.</strong> C’est le principe de l’<strong>atelier graffiti-répit</strong>, organisé en février 2026 à la Maison des Provinces, par l’Udaf de Loir-et-Cher avec APF France handicap 41. Gratuit et labellisé par l’association nationale <strong>Jeunes AiDants Ensemble, JADE</strong>, il associait <strong>création artistique et temps de répit.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sept jeunes de 8 à 14 ans y ont participé</strong>. Accompagnés notamment par le graffeur Pierre Bovio et l’art-thérapeute Lisa Caratis, ils ont imaginé puis réalisé une fresque dans le quartier des Cornillettes. Imaginer une œuvre ensemble, découvrir des techniques, chercher comment les mettre en pratique leur offrait une autre occupation, un autre rythme. La semaine comprenait aussi un accompagnement psychologique, de la médiation animale, de la sophrologie et de la réflexologie.  L’objectif était de leur permettre de <strong>parler de leur quotidien, mais aussi,</strong> insiste-t-elle, de <strong>s’en évader</strong>. Une nouvelle semaine est envisagée au second semestre 2027.</p>



<h3 id="h-aller-aussi-vers-ceux-qui-ne-viendront-pas" class="wp-block-heading"><strong>Aller aussi vers ceux qui ne viendront pas</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les aidants ne seront pas aux Lobis. APF prévoit donc également, la semaine suivante, <strong>130 visites auprès de familles repérées dans le Loir-et-Cher</strong>. Certaines ne bénéficient pas des projets de l’association. Une plante sera apportée, avec le temps de discuter pendant une demi-heure ou une heure. Ces visites, engagées depuis la période du Covid, permettent de <strong>garder le contact avec des personnes qui restent parfois éloignées des soutiens disponibles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, le ciné-débat de vendredi s’adresse à eux autant qu’aux familles et à <strong>leur entourage.</strong> Un premier échange sera possible dès 19h30, autour d’un accueil convivial avec APF et l’Udaf. La projection commencera à 20h30, suivie du débat. Pour Cathrine Wirbelauer, l’invitation tient finalement en quelques mots : <strong>« <em>Venez nombreux voir un film qui est vraiment sympa, et ensuite, plus si affinités.</em> »</strong></p>



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<h3 id="h-informations-pratiques" class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color">Informations pratiques</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color"><strong>Ciné-débat « Accompagner et aider sans se perdre »</strong> autour de <em>Qui brille au combat</em>, de Joséphine Japy.<br><strong>Date :</strong> vendredi 2 octobre 2026.<br><strong>Accueil :</strong> dès 19 h 30, avec APF France handicap et l’Udaf 41.<br><strong>Projection :</strong> à 20 h 30, suivie d’un débat.<br><strong>Lieu :</strong> cinéma Les Lobis, 12 avenue du Maréchal-Maunoury, Blois.<br><strong>Participation :</strong> 1 €. Sans inscription, billetterie sur place.</mark></p>



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<h3 class="wp-block-heading">« Ça fait vingt ans qu’on se bat pour les mêmes choses »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les Jeux paralympiques Paris 2024 devaient marquer un tournant… Cathrine Wirbelauer n’en retrouve guère les effets dans le quotidien des personnes qu’elle accompagne. Après dix-huit ans dans le secteur du handicap, elle voit des progrès, mais s’impatiente :<strong> « <em>Il y a des choses qui évoluent, c’est trop lent, c’est vraiment trop lent.</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine précédente, une discussion avec <em>Keolis</em> portait justement sur <strong>les transports en commun</strong>. Les bus et les arrêts sont accessibles, explique-t-elle, mais encore faut-il que les personnes concernées le sachent et <strong>puissent envisager leur trajet sans redouter un obstacle</strong>. Monter dans le bus ne suffit pas si l’on ignore comment on pourra en descendre et poursuivre son chemin. Elle a demandé à l’opérateur de mettre davantage en avant cette accessibilité. <strong>« <em>Si elles ont trop de craintes, c’est qu’on n’a pas fait les efforts nécessaires pour que les craintes soient levées.</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces <strong>incertitudes</strong> pèsent. Dans une association qui s’appuie sur la parole et l’expérience des personnes handicapées elles-mêmes, Cathrine Wirbelauer entend revenir cette phrase : <strong>« <em>Ça fait vingt ans qu’on se bat pour les mêmes choses, on n’en peut plus.</em> »</strong> Elle les encourage à poursuivre, tout en comprenant leur lassitude devant <strong>des combats qui semblent toujours à recommencer.</strong> Ce qu’elle voudrait voir changer tient à la manière même de concevoir les réponses : penser des solutions utilisables par tous <strong>dès le départ,</strong> au lieu de traiter séparément les besoins des personnes handicapées. Elle estime que d’autres pays européens y parviennent mieux. <strong>« <em>On ne leur permet pas, en tout cas, d’être citoyens à part entière. Aujourd’hui encore, on en est très, très loin.</em> »</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Aux Lobis, Notre Salut regarde Vichy à hauteur d’homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Blois Capitale]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 07:44:44 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À quelques jours des Rendez-vous de l’histoire, le cinéma Les Lobis entre de plain-pied dans l’Histoire avec <em>Notre Salut</em>, le nouveau film d’Emmanuel Marre, récompensé à Cannes. Pour sa carte blanche de la semaine, Laetitia Scherier revient aussi sur <em>Primetime</em>, son pari de la semaine dernière devenu un véritable coup de cœur (« <em>Il y a de fortes chances qu’il se retrouve dans mon top 10</em> »), avant un ciné-débat consacré aux aidants avec <em>Qui brille au combat</em>, une séance familiale autour du <em>Cirque</em> de Chaplin et un documentaire qui reprend l’histoire du Che là où les récits habituels l’abandonnent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine dernière, Laetitia Scherier avait pris un risque inhabituel en programmant <em>Primetime</em> sans avoir pu le voir. Cette fois, aucun pari à l’aveugle pour la principale sortie de la semaine aux Lobis. La directrice du cinéma blésois a vu <strong><em>Notre Salut</em></strong>. Et elle ne cache pas son <strong>enthousiasme.</strong> Le film d’<strong>Emmanuel Marre</strong> sort ce mercredi 30 septembre, après un passage remarqué par le <strong>Festival de Cannes</strong> où il a obtenu le <strong>Prix du scénario</strong>. Son chef monteur, Nicolas Rumpl, y a également reçu le Prix CST de l’Artiste-Technicien. Quelques jours plus tard, <em>Notre Salut</em> était distingué par le <strong>Prix des Cinémas Art et Essai</strong> décerné par l’AFCAE. À Blois, le film connaîtra une seconde vie très rapidement : <a href="https://bloiscapitale.com/de-la-gradiva-a-rebecca-zlotowski-le-cinema-au-coeur-des-rendez-vous-de-lhistoire"><strong>Emmanuel Marre sera aux Lobis jeudi 8 octobre à 20 heures</strong>, dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, aux côtés de Christian Delage et Jean-Marie Génard. [Lire ici]</a></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-47-768x1024-1.png" alt="" class="wp-image-36767" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-47-768x1024-1.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-47-225x300.png 225w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-47.png 800w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


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<h3 id="h-notre-salut-ou-la-collaboration-vue-d-en-bas" class="wp-block-heading"><em>Notre Salut</em>, ou la collaboration vue d’en bas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ du film est familial. Emmanuel Marre a découvert une correspondance échangée pendant la guerre entre ses arrière-grands-parents. <strong>Son arrière-grand-père avait été fonctionnaire à Vichy</strong> et avait publié à compte d’auteur <strong>un traité politique intitulé <em>Notre Salut</em>.</strong> Le cinéaste s’est emparé de ces lettres — dont certains passages nourrissent presque directement les voix off du film — pour déplacer le regard vers ceux qui n’étaient ni les grandes figures du régime ni de simples spectateurs de l’époque : <strong>les hommes ordinaires qui ont contribué à faire fonctionner l’administration de Vichy.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Swann Arlaud</strong> incarne Henri Marre. En septembre 1940, cet homme de 49 ans arrive à Vichy sans argent ni relations, loin de sa femme et de ses enfants. Le nouveau régime lui offre soudain la possibilité de retrouver une position, peut-être même une importance qu’il estime n’avoir jamais obtenue jusque-là. C’est ce qui a particulièrement intéressé Laetitia Scherier : « <em>Pour moi, le cœur du film, ce n’est pas simplement : comment des Français ont-ils pu collaborer avec Vichy ? C’est plutôt : </em><strong><em>comment est-ce qu’un individu ordinaire va progressivement transformer ses intérêts personnels en convictions politiques ?</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film suit un rouage. <strong>Un homme qui avance par petites décisions,</strong> dont chacune peut encore lui sembler acceptable, jusqu’à participer à un système dont la violence se révèle progressivement. Emmanuel Marre explique lui-même avoir voulu regarder ce cheminement <em><strong>« marche après marche ».</strong></em> Son personnage travaille notamment à la lutte contre le chômage : classement des travailleurs étrangers, organisation administrative, décisions qui prennent l’apparence de procédures ordinaires mais contribuent peu à peu au fonctionnement du régime. « <em>On se dit toujours que, si on avait vécu à cette époque-là, bien évidemment, on sait de quel côté on aurait été. Sauf que malheureusement, c’est toujours plus compliqué que ça</em> », observe la directrice des Lobis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film s’intéresse à <strong>la manière dont les responsabilités se construisent, progressivement, à travers des choix, des ambitions personnelles et des compromis successifs.</strong> Le désir de reconnaissance, une carrière décevante ou le sentiment de ne pas avoir obtenu la place espérée deviennent autant de prises auxquelles un régime autoritaire peut s’accrocher. Ou <strong>comment un régime fasciste peut ouvrir un espace dans lequel viennent s’engouffrer des fragilités individuelles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence de <strong>Swann Arlaud</strong> compte beaucoup dans cette construction. <strong>« <em>C’est un acteur français qu’en général on aime beaucoup, qui nous est très sympathique. Ça nous pousse à vouloir essayer de comprendre la psychologie du personnage,</em></strong><em> mais sans jamais évidemment excuser ce qu’il a pu faire.</em> » Emmanuel Marre revendique d’ailleurs cette distinction entre empathie et sympathie. La forme accompagne ce choix. Laetitia insiste sur une caméra mobile, une image parfois proche du documentaire.<strong> « <em>On a vraiment la sensation de participer avec le personnage aux réunions, à son quotidien,</em></strong><em> comme si on le découvrait en même temps que lui.</em> » Une manière de faire entrer le spectateur dans les bureaux, les discussions et la <strong>banalité administrative</strong> au sein desquels se construit progressivement quelque chose de beaucoup moins banal. <strong>« <em>Je n’ai vraiment pas vu le temps passer</em> »</strong>, confie l&rsquo;experte cinéma.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36773" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-48.png 1773w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h3 id="h-qui-brille-au-combat-ce-que-vivent-ceux-qui-restent-autour" class="wp-block-heading"><em>Qui brille au combat</em> : ce que vivent ceux qui restent autour</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Autre rendez-vous, dans un registre très différent : <strong>vendredi 2 octobre à 20h30</strong>, Les Lobis accueilleront un <strong>ciné-débat</strong> autour de <strong><em>Qui brille au combat</em></strong>, premier long métrage réalisé par <strong>Joséphine Japy</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée est organisée par la délégation <strong>APF France handicap du Loir-et-Cher</strong>, en partenariat avec l’<strong>UDAF 41</strong>, dans le cadre du projet <em>« Au fil de l’aidance »</em>. <strong>Un accueil est prévu dès 19h30</strong> avant la projection. La participation demandée est d’<strong>un euro</strong>, le reste du prix de la place étant pris en charge par les organisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film possède une dimension très personnelle. Joséphine Japy s’est inspirée de sa propre famille et de sa sœur, atteinte du syndrome de Phelan-McDermid. Mais <strong>Laetitia Scherier préfère ne pas résumer <em>Qui brille au combat</em> à un <em>« film sur le handicap »</em>.</strong> Car « <em>il s’intéresse surtout à la manière dont la maladie impacte toute une famille et comment elle la réorganise totalement.</em> » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mélanie Laurent</strong> interprète une mère qui assume une part immense du quotidien. Le père paraît davantage dépassé et se réfugie dans le travail. Une grande place est également accordée à la sœur aînée, adolescente qui a dû grandir rapidement dans une existence nécessairement organisée en partie autour des besoins de sa sœur. Ce que Laetitia trouve particulièrement juste tient à l’ambivalence de ces sentiments.<strong> « <em>On peut aimer profondément quelqu’un mais, en même temps, éprouver beaucoup de fatigue, beaucoup de colère, de la culpabilité, vouloir s’échapper de la situation.</em> »</strong> Le film autorise ces émotions à coexister sans les transformer en condamnation morale. <strong>Il montre les repas, les crises, les disputes, l’épuisement, mais aussi les gestes de tendresse </strong>et ces moments où la relation reprend toute sa place. L’échange qui suivra la projection portera précisément sur cette question : <em><strong>« Accompagner et aider sans se perdre »</strong>.</em></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36774" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-49.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h3 id="h-charlot-entre-sous-le-chapiteau" class="wp-block-heading">Charlot entre sous le chapiteau</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation change complètement de ton <strong>dimanche à 14 heures</strong> avec <strong><em>Le Cirque</em></strong> de Charlie Chaplin, proposé dans le cadre de <strong>Passerelles</strong>, le dispositif construit entre Les Lobis et la Halle aux grains. Le choix fait directement écho au cycle <strong><em>Circ &amp; Plus</em></strong>. La séance rejoint également Ciné-Marmots : le film est accessible dès 6 ans et proposé au tarif de 5 euros pour tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sorti en 1928</strong>, <em>Le Cirque</em> commence par une mécanique typiquement chaplinienne. Charlot, pris par erreur pour un pickpocket, fuit la police et déboule dans un cirque. Sa maladresse déclenche l’hilarité du public. Le directeur comprend immédiatement l’intérêt commercial de cet homme qui fait rire précisément lorsqu’il n’essaie pas d’être drôle. <strong>Le corps de Chaplin règle chaque mouvement.</strong> Les courses, chutes et catastrophes deviennent <strong>presque des chorégraphies</strong>. « <em>Parfois, on croirait vraiment de la danse.</em> » Elle aime aussi l’idée de remettre en avant un film parfois moins cité que <em>Le Kid</em>, <em>La Ruée vers l’or</em> ou <em>Les Temps modernes</em>. <strong>« <em>Pour moi, c’est précisément le moment où il est vraiment au sommet de son art. C’est extrêmement drôle et, peu importe l’âge qu’on a, ça fonctionne toujours.</em> »</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="900" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-50.png" alt="" class="wp-image-36775" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-50.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-50-200x300.png 200w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h3 id="h-apres-la-mort-du-che-une-histoire-presque-inconnue" class="wp-block-heading">Après la mort du Che, une histoire presque inconnue</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, <strong><a href="https://bloiscapitale.com/cinefil-une-association-qui-fait-vivre-le-cinema-dauteur-a-blois" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ciné’fil</a></strong> présentera <strong>lundi 5 octobre à 20h45</strong> <strong><em>Les Survivants du Che</em></strong>, premier documentaire de <strong>Christophe Dimitri Réveille</strong>. Le point de départ est presque un contrechamp de l’Histoire. Le film ne raconte pas une nouvelle fois la mort de Che Guevara en Bolivie. Il demande <strong>ce qui est arrivé à ceux qui étaient encore vivants</strong> après elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire, présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes, est le résultat de <strong>22 années de recherches, de rencontres et de voyages</strong>. Christophe Dimitri Réveille y mêle les témoignages des survivants, des archives et des séquences animées destinées notamment à représenter ce qu’aucune caméra n’a enregistré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’exécution du Che en octobre 1967, les guérilleros survivants entament une fuite qui les conduit à parcourir quelque <strong>2 400 kilomètres en cinq mois</strong>, poursuivis par plusieurs milliers de soldats boliviens. C’est cette matière historique qui donne paradoxalement au documentaire les ressorts d’un thriller. <strong>« <em>Même si on connaît l’issue historique, on ne sait pas comment les survivants ont réussi à franchir chaque étape.</em> »</strong> Les déplacements nocturnes, les blessures, la faim, les embuscades et la fatigue font progressivement basculer le récit vers le film de survie. La voix de <strong>Vincent Lindon</strong> accompagne cette traversée.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">>> Pour en savoir plus : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/">blois-les-lobis.cap-cine.fr</a></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>De La Gradiva à Rebecca Zlotowski : le cinéma au cœur des Rendez-vous de l’histoire</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 06:54:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À côté des conférences et du Salon du livre, les Rendez-vous de l’histoire abritent presque un autre festival. Pour l’édition 2026 consacrée aux « Marchands », le cycle cinéma réunit un peu plus de cinquante films et environ soixante-dix rendez-vous, entre projections, avant-premières, ciné-conférences, prix et rencontres. À sa tête, Jean-Marie Génard construit une programmation &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À côté des conférences et du Salon du livre, les Rendez-vous de l’histoire abritent presque un autre festival. Pour l’édition 2026 consacrée aux « Marchands », le cycle cinéma réunit un peu plus de cinquante films et environ soixante-dix rendez-vous, entre projections, avant-premières, ciné-conférences, prix et rencontres. À sa tête, Jean-Marie Génard construit une programmation qui interroge aussi le cinéma comme industrie, comme source historique et comme manière de raconter le passé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« <strong>C’est un festival inséré dans <a href="https://bloiscapitale.com/de-cro-magnon-a-trump-francis-chevrier-raconte-les-rendez-vous-de-lhistoire-2026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le très grand festival</a> des Rendez-vous de l’histoire</strong> »</em>, résume Jean-Marie Génard. Et c’est le moins que l’on puisse dire. <strong>Entre le mercredi 7 et le dimanche 11 octobre</strong>, il sera possible de passer pratiquement toute son édition dans les salles obscures, sans jamais suivre le même fil : commerce et économie, Seconde Guerre mondiale, Ukraine, films de patrimoine, documentaires, fictions historiques, archives, avant-premières ou réflexion sur le cinéma lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le responsable du cycle lui assigne trois fonctions. La première reste fidèle au principe des Rendez-vous de l’histoire : <strong>faire résonner le thème annuel à travers les images</strong>, qu’elles soient documentaires ou de fiction. La deuxième consiste à regarder le cinéma comme un objet historique et économique. La troisième s’affranchit du thème des <em>« Marchands »</em> pour suivre <strong>l’actualité du film d’histoire</strong>, ses formes et ses manières de travailler le réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Jean-Marie Génard, le cycle rassemble habituellement <strong>5 000 à 6 000 spectateurs en audience cumulée</strong>. Les capacités des salles imposent leurs propres limites, mais un public s’est installé au fil des éditions. <strong>« <em>On a un public cinéma, ça, c’est clair</em> »</strong>, souffle le responsable.</p>



<h2 id="h-du-sel-du-sahara-aux-centrales-d-achat" class="wp-block-heading">Du sel du Sahara aux centrales d’achat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <em>« Les Marchands »</em>, la programmation voyage dans le temps, les métiers et les rapports sociaux. Avec <em><strong>Caravan to the Future</strong></em>, Alissa Descotes-Toyosaki suit <strong>une caravane du sel</strong> depuis l’Aïr, au Niger, à travers le Ténéré jusqu’à Bilma puis Kano, au Nigeria. Le documentaire s’intéresse à un commerce caravanier millénaire, à sa rentabilité, à son rôle social et même à cette question très concrète : que peut encore le chameau face au camion ? <a href="https://rdv-histoire.com/programme/caravan-future-de-alissa-descotes-toyosaki?show_session=38961&amp;utm_source=chatgpt.com">Deux projections sont prévues le vendredi 9 octobre, au Centre de la Résistance, de la Déportation et de la Mémoire (CRDM) puis à la Maison de Bégon, en présence de la réalisatrice.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre bout du spectre, <em><strong>La Guerre des prix</strong></em> d’Anthony Dechaux, avec Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans <strong>les rapports de force de la grande distribution.</strong> Une fille d’agriculteurs entre dans une centrale d’achat avec l’ambition de défendre le bio et les producteurs locaux avant de découvrir les méthodes d’un univers économique autrement plus rude. Le film sera accompagné par le réalisateur et <strong>Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le samedi matin, <strong><em>« Paris-commerce : tout se vend, tout s’achète »</em></strong> remontera le temps à partir de <strong>quatre films des collections du CNC, de 1927 à 1966,</strong> complétés par des publicités commerciales. Quelques heures plus tôt, <strong><em><a href="https://rdv-histoire.com/programme/marchander-son-corps?show_session=38939&amp;utm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Marchander son corps »</a></em></strong> rapprochera deux réalités que tout semble d’abord séparer : les prostituées lyonnaises mobilisées en 1975 et les nourrices du Morvan. Les historiennes Anne Jusseaume, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust utiliseront ces films pour regarder ce que l’échange économique fait au corps et au travail des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patrimoine complète cette traversée. <em><strong>La Trace</strong></em> de Bernard Favre suit, en 1859, un colporteur savoyard parti vendre coton, fils, dentelles et colifichets dans le nord de l’Italie. <em><strong>Durand contre Durand</strong></em>, film franco-allemand de 1931 restauré avec l’aide du CNC, joue au contraire la carte de la comédie et des quiproquos entre représentants de commerce. Jean-Marie Génard revendique cette respiration. Dans une programmation qui peut conduire de Vichy au Donbass ou à la Shoah, <em>« <strong>il faut aussi respirer, il faut de la comédie</strong> ».</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est également dans cet esprit que <em><strong><a href="https://rdv-histoire.com/programme/laile-ou-la-cuisse-de-claude-zidi?show_session=39360" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Aile ou la Cuisse</a></strong></em> reviendra sur grand écran le dimanche après-midi : derrière Louis de Funès, Coluche et Tricatel, la confrontation entre gastronomie et alimentation industrielle reste parfaitement raccord avec les <em>« Marchands »</em>. La séance sera précédée du documentaire <strong><em>Le Ventre du magasin</em>, tourné en 1930 dans les cuisines de la Samaritaine.</strong></p>



<h2 id="h-le-cinema-marchandise-pas-tout-a-fait-comme-les-autres" class="wp-block-heading">Le cinéma, marchandise pas tout à fait comme les autres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le thème 2026 permet surtout au cycle de retourner la caméra vers lui-même. <strong>Un film est une œuvre, mais aussi un produit qui doit être financé, vendu, distribué, exporté et trouver son public.</strong> « <em>Le cinéma participe de l’économie marchande, mais d’une façon très originale, avec des concurrences nationales, internationales, avec la place des télés, la place des plateformes</em> », observe Jean-Marie Génard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://rdv-histoire.com/programme/le-cinema-une-marchandise-mais-pas-comme-les-autres-0?show_session=40717&amp;utm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vendredi 9 octobre</a></strong>, le documentaire de Marie-Laurence Rincé <em><strong>Exception culturelle, la bataille qui a sauvé le cinéma français</strong></em> ouvrira un ensemble intitulé <strong><em>« Le cinéma, une marchandise mais pas comme les autres »</em></strong>. René Bonnell, ancien dirigeant de Canal+, Jérôme Clément, ancien président d’Arte, Jérémie Kessler, directeur des affaires européennes et internationales du CNC, la vendeuse internationale Anne-Sophie Martel, la productrice Juliette Schrameck et Marie-Laurence Rincé doivent notamment participer aux échanges. Le débat portera sur l’exception culturelle, la circulation internationale des œuvres et cette particularité du film, à la fois objet économique et bien culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet se prolongera le samedi avec les <strong>80 ans du Centre national du cinéma et de l’image animée</strong>. À 14 heures aux Lobis, son président <strong>Gaëtan Bruel</strong> dialoguera avec <strong>Rebecca Zlotowski</strong>, sous la conduite de l’historien Dimitri Vezyroglou, autour des réussites et des défis de cette politique publique créée en 1946. La réalisatrice constituera l’un des fils rouges de cette journée. À 16 heures sera projeté <em><strong>Planetarium</strong></em>, son film de 2016 situé dans le monde du cinéma des années 1930. À 18 h 30, elle retrouvera <strong>Antoine de Baecque</strong> pour une leçon de cinéma consacrée à son rapport aux images, à l’histoire et à son travail de réalisatrice.</p>



<h2 id="h-vichy-le-donbass-et-la-clandestinite" class="wp-block-heading">Vichy, le Donbass et la clandestinité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le cycle ne cherche pourtant pas à rentrer de force sous la bannière des <em>« Marchands »</em>. C’est même l’un de ses principes : <strong>continuer à regarder ce que le cinéma dit de l’histoire aujourd’hui.</strong> La <strong>soirée d’ouverture du jeudi 8 octobre</strong> donnera ainsi une place centrale à <em><strong>Notre Salut</strong></em> d’<strong>Emmanuel Marre</strong>. Le film, récompensé du <strong>Prix du scénario au Festival de Cannes 2026</strong>, suit Henri Marre, fonctionnaire arrivé à Vichy en septembre 1940. À travers ce personnage ambitieux, convaincu de pouvoir se faire une place dans le nouveau régime, le réalisateur observe la mécanique de l’accommodement puis de la compromission. <strong><a href="https://rdv-histoire.com/programme/notre-salut-demmanuel-marre?show_session=40684&amp;utm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Emmanuel Marre sera présent à Blois.</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’actualité la plus brûlante entre également dans les salles avec l’Ukraine. Dans <em><strong>Vesna</strong></em> de Rostislav Kirpicenko, présenté en séance spéciale à Cannes en 2026, un prêtre orthodoxe tente de restituer clandestinement aux familles les corps de civils ukrainiens exécutés dans une zone occupée. Le film sera projeté vendredi 9 octobre. Le lendemain, <em><strong>La Paix pour Nina</strong></em> de Jeanne Maksymenko-Dovhych prolongera ce regard par le documentaire et le combat d’une mère pour faire reconnaître le crime de guerre dont son fils a été victime. Une rencontre intitulée <strong><em>« Filmer et archiver la guerre en Ukraine »</em></strong> réunira ensuite la réalisatrice, Taisiia Turchyn, Christian Delage et Laurent Veyssière au CRDM.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://rdv-histoire.com/programme/clandestins-1940-1944-de-jerome-prieur?utm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Avec <em><strong>Clandestins 1940-1944</strong></em></a>, Jérôme Prieur travaille de son côté à partir de témoignages audiovisuels recueillis entre les années 1960 et 2000 pour <strong>restituer la vie quotidienne de celles et ceux qui entrèrent dans la clandestinité pendant l’Occupation.</strong> Jean-Marie Génard raconte avoir découvert le film alors qu’il était encore en cours de montage.</p>



<h2 id="h-la-gradiva-le-coup-de-coeur" class="wp-block-heading"><em>La Gradiva</em>, le coup de cœur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on lui demande ce qu’il conseillerait à un ami de ne surtout pas manquer, Jean-Marie Génard ne tergiverse guère : <em>« <strong>Pour moi, il ne faut absolument pas rater La Gradiva. C’est vraiment mon coup de cœur</strong> ! »</em> Le premier long métrage de <strong>Marine Atlan</strong>, Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes 2026, accompagne un groupe de lycéens français en voyage scolaire à Naples et à Pompéi. Ce qui commence comme une confrontation avec les ruines et les corps figés par le Vésuve glisse vers autre chose : l’adolescence, le désir, la colère, le groupe, l’intime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ancien professeur lui-même, Génard y retrouve une situation familière : des adolescents placés face à un passé que quelqu’un tente de leur transmettre. « <em>Ça n’a pas de rapport avec le sujet, puisque ce n’est pas sur les marchands, mais ça a un rapport avec la manière dont l’histoire peut être traitée par le cinéma, peut dire des choses aussi sur la vie des jeunes.</em> » <em><strong>La Gradiva</strong></em> sera projeté en avant-première vendredi 9 octobre à 20 h 30 aux Lobis, en présence de la coscénariste <strong>Anne Brouillet</strong> et d’Émilie Parey, de Ciclic Centre-Val de Loire.</p>



<h2 id="h-des-prix-pour-juger-a-la-fois-l-histoire-et-le-cinema" class="wp-block-heading">Des prix pour juger à la fois l’histoire et le cinéma</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les prix occupent désormais une place importante dans le dispositif. Celui consacré au <strong>film de fiction historique</strong> repose sur une idée assez simple : ne choisir ni uniquement le <em>« meilleur film »</em>, ni celui qui semblerait le plus historique. Jean-Marie Génard parle d’<strong>un équilibre entre « <em>l’apport historiographique, la manière dont le réel historique est restitué</em> » et « <em>l’originalité de l’écriture filmique, le montage, les décors, les prises de vue, la photographie</em> ».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sept films sont en compétition cette année : <em><strong>L’Engloutie</strong></em> de Louise Hémon, <em><strong>Le Gâteau du président</strong></em> de Hasan Hadi, <em><strong>The Mastermind</strong></em> de Kelly Reichardt, <em><strong>Le Temps des moissons</strong></em> de Huo Meng, <em><strong>Hamnet</strong></em> de Chloé Zhao, <em><strong>L’Agent secret</strong></em> de Kleber Mendonça Filho et <em><strong>Deux Procureurs</strong></em> de Sergueï Loznitsa. <strong>Un jury de dix spectateurs</strong> recrutés sur lettre de motivation, âgés de 19 à 68 ans et venus de Blois, Montrichard, Angoulême, Lausanne ou encore Rabat, doit départager les œuvres. Il est coprésidé par les historiens <strong>Olivier Loubes et Antoine de Baecque</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://rdv-histoire.com/programme/remise-des-prix-et-mention-pour-le-documentaire-historique?utm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Du côté du documentaire, le palmarès est déjà établi.</a> Le Grand Prix 2026 a été attribué ex æquo à <em><strong>Haute solitude, Jean Zay, prisonnier politique</strong></em> de Laurent Véray et <em><strong>Je n’avais que le néant. Shoah par Lanzmann</strong></em> de Guillaume Ribot. <em><strong>Les Soldats français du Reich</strong></em> de Jean Bulot reçoit le Prix Georges-Duby et <em><strong>L’Évangile de la révolution</strong></em> de François-Xavier Drouet la mention spéciale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute le <strong>Prix du projet de documentaire historique</strong>, qui intervient bien avant la projection en salle. Il récompense des films encore à construire et leur apporte des moyens de développement. Cette année, le Grand Prix revient à <em><strong>524 grammes</strong></em> de Ben Salama, tandis que <em><strong>Nous sommes là</strong></em> de Léa Veinstein reçoit une mention.</p>



<h2 id="h-je-fais-aussi-mon-marche" class="wp-block-heading">« Je fais aussi mon marché »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette profusion, il y a un travail de sélection largement invisible pour le public. Jean-Marie Génard reçoit les propositions de producteurs et de réalisateurs, visionne des films envoyés par lien, s’appuie sur le CNC et ses autres partenaires, échange avec <strong>Laëtitia Scherier</strong>, directrice et programmatrice des Lobis, et arpente les festivals. À Cannes, raconte-t-il, il lui arrive de voir <strong>17 films en six jours</strong>. Tous ne finissent évidemment pas à Blois. Certains arrivent trop tard. D’autres ne convainquent tout simplement pas. <strong>« <em>Ça m’arrive de dire non aussi.</em> »</strong> Puis vient une formule qui, cette année, semble écrite pour le thème : <em>« <strong>Je fais aussi mon marché parmi les propositions qui me sont faites.</strong> »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques jours du festival, les copies arrivent, sont testées, les invités confirment leur présence. Mais Jean-Marie Génard ne cache pas l’inquiétude qui accompagne les dernières semaines. Il pense aux annulations possibles, au public, à ce qui pourrait encore manquer. <em>« <strong>Ce sont des excitations qui, finalement, débouchent sur de grands bonheurs.</strong> »</em></p>



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<h3 id="h-informations-pratiques" class="wp-block-heading">Informations pratiques</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les <strong>Rendez-vous de l’histoire</strong> se dérouleront à Blois du <strong>7 au 11 octobre 2026</strong>. Pour les séances payantes des Lobis, les billets seront disponibles à la caisse et sur le site du cinéma <strong>à partir du 26 septembre</strong>. Pour les séances gratuites aux Lobis, les billets seront distribués le jour même dès 9 heures. Quatre rendez-vous cinéma passent par la réservation générale des RVH : Notre Salut, « Le cinéma, une marchandise mais pas comme les autres », le grand entretien des 80 ans du CNC et la leçon de cinéma de Rebecca Zlotowski. Les réservations ouvriront <strong>lundi 28 septembre à 10 heures</strong>.</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cette semaine aux Lobis : un coup de poker, quelques vertiges et beaucoup de cinéma</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Blois Capitale]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 16:41:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il lui arrive une ou deux fois par an de programmer un film sans l’avoir vu. Cette semaine, Laëtitia Scherier prend ce risque avec Primetime, premier long métrage de fiction de Lance Oppenheim, porté par Robert Pattinson. Aux Lobis, les nouveautés conduisent aussi vers l’alcoolisme avec Garance, la place de la satire politique avec le &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/cette-semaine-aux-lobis-un-coup-de-poker-quelques-vertiges-et-beaucoup-de-cinema">Cette semaine aux Lobis : un coup de poker, quelques vertiges et beaucoup de cinéma</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il lui arrive une ou deux fois par an de programmer un film sans l’avoir vu. Cette semaine, Laëtitia Scherier prend ce risque avec <em>Primetime</em>, premier long métrage de fiction de Lance Oppenheim, porté par Robert Pattinson. Aux Lobis, les nouveautés conduisent aussi vers l’alcoolisme avec <em>Garance</em>, la place de la satire politique avec le documentaire <em>Fini de rire !</em>, tandis qu’une avant-première de <em>Mémoire de fille</em>, adaptée d’Annie Ernaux par Judith Godrèche, viendra ponctuer une semaine particulièrement dense.</strong></p>



<h3 id="h-primetime-le-coup-de-poker-de-la-semaine" class="wp-block-heading"><em>Primetime</em>, le « coup de poker » de la semaine</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier ne l’a pas encore vu. Et c’est assez rare&#8230; <em>« Ça doit arriver une ou deux fois dans l’année que je décide quand même de programmer un film que je n’ai pas vu. »</em> Cette fois, elle a choisi de prendre le risque avec <em><strong>Primetime</strong></em>, premier long métrage de fiction de l’Américain <strong>Lance Oppenheim</strong>. Le réalisateur s’est jusqu’ici fait connaître par le documentaire, notamment avec <em>Some Kind of Heaven</em> et <em>Spermworld</em>. Présenté en compétition à la Mostra de Venise, son nouveau film confie à <strong>Robert Pattinson</strong> le rôle de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Hansen" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Chris Hansen</a>. Le nom parlera surtout au public américain. <strong>Dans les années 2000, le journaliste devient une figure de NBC</strong> avec <em><strong>To Catch a Predator</strong></em>. Le principe de l’émission consistait à tendre des pièges à des hommes soupçonnés de vouloir avoir des relations sexuelles avec des mineures, puis à les confronter devant les caméras, parfois avant l’intervention de la police.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="801" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-34.png" alt="" class="wp-image-36590" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-34.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-34-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier se souvient avoir découvert certains épisodes avec un sentiment mêlé. <em><strong>« J’étais à la fois très gênée et fascinée. »</strong></em> C’est cette zone trouble que semble vouloir explorer Lance Oppenheim : le moment où une démarche présentée comme journalistique rencontre les mécanismes du spectacle télévisé, où la confrontation devient un programme destiné à retenir des millions de téléspectateurs. <em>« Ce qui est montré aussi, et ce que le film semble vouloir interroger, c’est que <strong>la justice devient quelque part une affaire d’audience »</strong></em><strong>,</strong> résume Laetitia.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la directrice des Lobis n&rsquo;a pas vu ce long métrage, elle disposait malgré tout de quelques repères avant de le programmer : des personnes ayant assisté aux projections de presse parisiennes lui en ont parlé avec <strong>beaucoup d’enthousiasme</strong>. Et le parcours de Lance Oppenheim, comme les premiers échos autour de Robert Pattinson, ont fini de la convaincre. <em><strong>« Ça fait partie des un ou deux coups de poker que je fais dans l’année. »</strong></em></p>



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<h3 id="h-avec-garance-l-alcoolisme-loin-des-cliches" class="wp-block-heading">Avec <em>Garance</em>, l’alcoolisme loin des clichés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième film de la semaine, Laetitia Scherier l’a en revanche <strong>vu. Et aimé.</strong> Avec <em><strong>Garance</strong></em>, <strong>Jeanne Herry</strong> suit pendant huit années <strong>une jeune actrice dont la consommation d’alcool devient progressivement une addiction</strong>. <strong>Adèle Exarchopoulos</strong> tient le rôle principal, aux côtés notamment de <strong>Sara Giraudeau</strong>. Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes au printemps dernier. Pour l’écrire, Jeanne Herry s’est notamment appuyée sur de longs entretiens avec une jeune femme alcoolique qui lui a raconté son parcours jusqu’au sevrage, en y mêlant quelque chose de sa propre expérience passée de comédienne.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="815" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-35.png" alt="" class="wp-image-36593" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-35.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-35-221x300.png 221w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est d’abord la représentation de l’alcoolisme qui a retenu l&rsquo;attention de Laetitia Scherier. Pas de personnage isolé buvant seul du matin au soir, pas de trajectoire immédiatement spectaculaire ou marginale. <strong>Chez Garance, l’alcool est d’abord mêlé aux choses ordinaires</strong> : les soirées, le travail, les rencontres, les histoires d’amour, les frustrations, la solitude. <em>« Ça représente, à mon avis, une bonne partie des personnes qui souffrent d’alcoolisme et qui se retrouvent dans <strong>des situations beaucoup plus insidieuses et moins visibles</strong> que ce qu’on représente habituellement dans les films. »</em> L’alcool reste longtemps compatible avec la vie sociale. Il accompagne les moments agréables comme les mauvais. <em><strong>« L’alcool est absolument partout. C’est à la fois une tentation constante et quelque chose qui finit par devenir une prison. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le métier de Garance ajoute une tension supplémentaire. Elle doit attendre d’être choisie, se confronter aux refus, au jugement, au désir des autres. <strong>Or cette dépendance au regard extérieur nourrit en partie l’angoisse qu’elle tente précisément d’étouffer en buvant.</strong> La spirale est silencieuse avant même de devenir violente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier retient aussi la manière dont <strong>Jeanne Herry fait entrer une histoire d’amour</strong> dans ce parcours <strong>sans transformer l’autre personnage en sauveuse providentielle.</strong> <em><strong>« Les personnages ne sont pas vraiment là où on les attend.</strong> J’ai été agréablement surprise. La mise en scène est plutôt classique, mais elle reste toujours très proche des émotions. Et, à cet égard, je trouve le film vraiment convaincant. »</em></p>



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<h3 id="h-fini-de-rire-que-reste-t-il-de-la-satire-politique" class="wp-block-heading"><em>Fini de rire !</em> : que reste-t-il de la satire politique ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième nouveauté est arrivée plus tard dans la programmation. Laetitia Scherier lui a finalement réservé six séances, notamment parce que plusieurs spectateurs des Lobis avaient spontanément demandé si le cinéma allait le proposer. <em><strong>Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous ?</strong></em> ouvre une série documentaire produite par <strong>Off Investigation</strong>. Ce premier film est réalisé par <strong>Mateo Larroque, Clara Menais et Mila Branco</strong>, à partir d’une enquête de Jean-Baptiste Rivoire. Il revient sur plusieurs décennies d’humour politique dans les médias français, depuis l’époque des <em>Guignols de l’info</em> jusqu’aux controverses plus récentes concernant France Inter ou France Télévisions.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="900" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-36.png" alt="" class="wp-image-36598" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-36.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-36-200x300.png 200w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le documentaire défend une thèse : le recul de certains espaces consacrés à la satire</strong> ne relève pas seulement de l’évolution des goûts ou des formats télévisuels mais pose, selon ses auteurs, une question plus large sur <strong>le pluralisme, les rapports de pouvoir et la liberté d’expression.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia a particulièrement apprécié le travail sur les archives. Beaucoup d’images sont familières. Certaines ont accompagné des années de télévision et permettent, par accumulation, de <strong>mesurer à quel point la satire politique pouvait autrefois occuper une place importante dans les programmes généralistes.</strong> <em>« Le film ne raconte pas seulement des annulations, des déprogrammations ou des licenciements. Il raconte aussi la transformation de tout un système médiatique. »</em> Elle ne cache pas davantage la position du documentaire. <em><strong>« Évidemment, c’est un documentaire engagé. »</strong></em> Mais le sujet l’intéresse aussi depuis la salle de cinéma où elle travaille. Les interrogations sur la concentration des médias et sur l’indépendance de la création ont directement traversé le monde du septième art ces derniers mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s’est notamment cristallisé autour de <strong>Canal+</strong>, premier partenaire historique du cinéma français, qui a acquis <strong>34 % d’UGC en novembre 2025</strong>, avec une possibilité de prise de contrôle à partir de 2028. Au Festival de Cannes 2026, environ 600 professionnels ont par ailleurs signé une tribune critiquant <strong>l’influence de Vincent Bolloré dans le secteur.</strong> Maxime Saada, président du directoire de Canal+, avait alors déclaré ne plus souhaiter que le groupe travaille avec ses signataires, provoquant de très fortes réactions dans la profession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la directrice du cinéma blésois, ces tensions prolongent certaines <strong>des interrogations soulevées par <em>Fini de rire !</em>.</strong> <em>« À un moment donné, est-ce qu’on a vraiment une liberté de création et d’expression quand on sait que, si on donne un avis contraire à celui de celui qui nous finance, le financement risque de ne pas arriver ? »</em> Une question qu’elle rattache moins à un camp politique qu’aux conditions dans lesquelles peuvent encore être produits, montrés et discutés des films qui dérangent leurs financeurs.</p>



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<h3 id="h-memoire-de-fille-annie-ernaux-regardee-par-judith-godreche" class="wp-block-heading"><em>Mémoire de fille</em>, Annie Ernaux regardée par Judith Godrèche</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Autre temps fort, <strong>mardi 29 septembre à 20 h 30</strong> : Les Lobis proposeront en avant-première <em><strong>Mémoire de fille</strong></em>, réalisé par <strong>Judith Godrèche</strong> d’après le livre autobiographique d’<strong>Annie Ernaux</strong>. Avant la projection, <strong>Annie Huet</strong>, animatrice littéraire et lectrice, en lira les premières pages.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36601" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-38.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Publié en 2016, <em>Mémoire de fille</em> ramène Annie Ernaux vers l’été <strong>1958</strong>. Elle est alors une très jeune femme qui quitte pour la première fois le cadre familial afin de devenir monitrice dans une colonie de vacances. Elle veut découvrir d’autres personnes, d’autres milieux, le désir, la liberté. <strong>Une relation profondément déséquilibrée avec un homme plus âgé marquera durablement son existence.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Judith Godrèche ne transpose pas simplement le livre. Elle en propose une adaptation qui rencontre directement les questions qu’elle travaille elle-même depuis plusieurs années : <strong>les violences sexuelles, les rapports de domination, le consentement et la difficulté à comprendre,</strong> au moment où elles surviennent, certaines expériences dont la violence ne pourra parfois être nommée que bien plus tard. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Présenté à Cannes dans la section <strong>Un Certain Regard</strong>, le film confie la jeune Annie à <strong>Tess Barthélemy</strong>, fille de Judith Godrèche. <em>« Je peux être assez craintive quand les filles ou les fils de jouent au cinéma, de surcroît quand ils sont mis en scène par leurs parents. On se demande toujours s’il y a une légitimité »</em>, confie la directrice des Lobis.<em> « Mais, je trouve le casting absolument incroyable. <strong>Je ne vois pas comment elle aurait pu trouver mieux comme jeune actrice. »</strong></em> Laëtitia Scherier est particulièrement sensible à la manière dont Judith Godrèche filme le visage de Tess Barthélemy, souvent de très près.<strong> Cette proximité permet au film de rester du côté de la jeune femme et de ce qu’elle éprouve,</strong> sans déplacer le regard vers l’homme qui exerce sur elle son pouvoir. Judith Godrèche a d’ailleurs expliqué à Cannes avoir précisément travaillé son découpage pour <strong>que le personnage d’Annie ne soit jamais perçu à travers le regard masculin et pour éviter toute érotisation de ce qu’elle traverse.</strong> « Quand on a 17 ans, on n’a pas encore forcément les mots pour analyser ce qu’on vit lorsqu’une chose pareille nous arrive », commente Laëtitia Scherier.</p>



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<h3 id="h-courts-metrages-aidants-et-la-frappe" class="wp-block-heading">Courts métrages, aidants et <em>La Frappe</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine ne s’arrête pas aux sorties nationales. <strong>Jeudi 24 septembre</strong>, Les Lobis accueillent une soirée organisée avec <strong>la Vitrine itinérante et l’École de la nature et du paysage de Blois</strong>. Le bar ouvrira dès <strong>19 h 30</strong>, en même temps qu’une exposition consacrée au processus de création des films. À <strong>20 h 30</strong>, une sélection de courts métrages d’animation issus de l’atelier de représentation graphique de l’école sera projetée. <strong>L’entrée est libre.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36600" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-37.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, <strong>vendredi 25 septembre à 20 h 30</strong>, place à <em><strong>Les aidants : tout un programme !</strong></em>, en partenariat avec le <strong>CIAS du Blaisois</strong>. Cette séance gratuite s’inscrit dans la programmation organisée autour des proches aidants.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-39.png" alt="" class="wp-image-36602" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-39.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-39-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">La semaine verra également arriver aux Lobis <em><strong>La Frappe</strong></em>, premier long métrage de <strong>Julien Gaspar-Oliveri</strong>, proposé avec <strong>Ciné’fil</strong>. Le film suit Enzo, 19 ans, et sa sœur Carla, 20 ans, au moment où leur père sort de prison et revient dans leur vie. L’un espère encore pouvoir retrouver quelque chose d’une famille ; l’autre refuse cette possibilité. <strong>Peu à peu resurgissent les violences incestueuses et l’emprise dont ils ont été victimes enfants.</strong> Ce qui intéresse la directrice du cinéma est moins la révélation des faits que <strong>leur persistance des années plus tard</strong> : deux jeunes adultes ont subi la même violence mais n’ont ni les mêmes mécanismes de défense ni le même rapport à leur père. Elle émet cependant <strong>une réserve sur ce premier film,</strong> qu’elle trouve parfois trop prudent. <em>« Ce n’est pas du tout un mauvais film, loin de là. Mais j’aurais aimé qu’il aille davantage au bout de certaines choses, surtout que les acteurs sont vraiment très bien. »</em> Elle retient notamment <strong>Diego Murgia</strong>, qui interprète Enzo. Le jeune acteur a d’ailleurs reçu début septembre le <strong>Valois de l’acteur au Festival du film francophone d’Angoulême</strong>, où Julien Gaspar-Oliveri a également obtenu le Valois de la mise en scène.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>>> Plus d&rsquo;informations sur : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blois-les-lobis.cap-cine.fr</a></em></strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Carte blanche aux Lobis : du thriller japonais à Cinéma Paradiso</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 07:31:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le bon accueil réservé à La Vie d’une femme la semaine dernière, le cinéma Les Lobis, à Blois, a enchaîné mardi soir avec l’avant-première d’Histoires de la nuit, de Léa Mysius. Pour cette nouvelle semaine, Laëtitia Scherier met également en avant Sham, le nouveau film de Takashi Miike, un programme destiné aux enfants dès &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/carte-blanche-aux-lobis-du-thriller-japonais-a-cinema-paradiso">Carte blanche aux Lobis : du thriller japonais à Cinéma Paradiso</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après le bon accueil réservé à <em>La Vie d’une femme</em> la semaine dernière, le <strong>cinéma Les Lobis</strong>, à Blois, a enchaîné mardi soir avec l’avant-première d’<a href="https://bloiscapitale.com/carte-blanche-aux-lobis-rose-arrietty-histoires-de-la-nuit-et-amour-au-programme"><em><strong>Histoires de la nuit</strong></em></a>, de Léa Mysius. Pour cette nouvelle semaine, Laëtitia Scherier met également en avant <em><strong>Sham</strong></em>, le nouveau film de Takashi Miike, un programme destiné aux enfants dès 3 ans, <em>La Fille Condor</em> et une séance de <em>Cinéma Paradiso</em> particulièrement bien choisie pour les Journées européennes du patrimoine.</p>



<h2 id="h-sham-quand-deux-versions-paraissent-egalement-vraies" class="wp-block-heading"><em>Sham</em> : quand deux versions paraissent également vraies</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Sham</em>, <strong>Takashi Miike</strong> s’éloigne en partie du cinéma violent et parfois extravagant auquel son nom reste souvent associé. Le réalisateur japonais, à la filmographie particulièrement prolifique, signe ici <strong>un thriller psychologique et judiciaire</strong> <strong>inspiré d’un fait divers et du travail d’enquête</strong> qui lui a été consacré. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre du récit, <strong>un instituteur est accusé par la mère d’un élève de harcèlement, d’humiliations et de propos xénophobes envers son fils. Le professeur nie tout.</strong> L’établissement scolaire, lui, cherche surtout à empêcher l’affaire de prendre de l’ampleur. Mais l’intérêt du film tient moins à l’accusation elle-même qu’à sa construction. <strong>Takashi Miike divise son récit en deux grands mouvements.</strong> Le premier épouse le point de vue de la mère. L’instituteur y apparaît comme un homme cruel, presque sadique. Puis le film reprend les événements du côté du professeur. Cette fois, il se présente comme un homme intègre, injustement accusé, qui ne comprend pas comment une telle mécanique a pu se retourner contre lui. <em><strong>« Quand on regarde la version de la mère, on est de son côté. Et quand on regarde la version du professeur, on est de son côté »</strong></em>, résume Laëtitia Scherier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="999" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-26.png" alt="" class="wp-image-36356" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-26.png 800w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-26-240x300.png 240w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-26-768x959.png 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que <em>Sham</em> devient réellement troublant. Le film ne se contente pas de demander qui dit vrai. Il montre <strong>comment une version des faits acquiert sa cohérence</strong>, comment des gestes, des regards ou des paroles prennent un sens différent selon celui ou celle qui les raconte. Le spectateur expérimente directement cette fragilité. <strong>Avec pratiquement les mêmes éléments, deux récits peuvent sembler parfaitement convaincants.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film s’intéresse ainsi à la construction collective d’une culpabilité, à l’emballement médiatique, à la réputation et au poids du groupe. Le contexte japonais donne une importance particulière au rapport aux institutions et à la crainte du scandale, mais la question posée dépasse évidemment ce cadre. <strong>Que savons-nous réellement lorsque nous n’avons accès qu’à des témoignages ?</strong> À quel moment une accumulation de récits devient-elle une certitude ?<strong> Et comment distinguer des faits rapportés de faits établis ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier préfère évidemment ne pas révéler ce que les dernières minutes permettent de comprendre. Elle souligne simplement que le film laisse encore certaines zones ouvertes, tout en donnant suffisamment d’éléments pour reconsidérer ce que l’on vient de voir. <em><strong>« Il faut faire une différence entre les faits rapportés et les preuves »</strong></em>, retient-elle.</p>



<h2 id="h-l-ecole-des-loisirs-entre-dans-la-salle-de-cinema" class="wp-block-heading">L’école des loisirs entre dans la salle de cinéma</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Changement radical d’univers avec <strong><em>Chien bleu et autres belles histoires de l’école des loisirs</em>,</strong> un programme destiné aux enfants <strong>à partir de 3 ans</strong>. En 33 minutes, cinq albums sont portés à l’écran : <em>La Chaussette verte de Lisette</em>, <em>Chien bleu</em>, <em>Un ours à l’école</em>, <em>La Brouille</em> et <em>Clarissa et Septimus</em>. La proposition se situe volontairement entre le livre et le cinéma. Il ne s’agit pas de transformer ces albums en dessins animés traditionnels. Les illustrations originales demeurent largement fixes. Le mouvement vient principalement de la caméra, qui se déplace dans les images, s&rsquo;approche d&rsquo;un personnage, change d’échelle ou attire l’attention sur un détail tandis que les histoires sont racontées.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="754" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-27-754x1024.png" alt="" class="wp-image-36360" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-27-754x1024.png 754w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-27-221x300.png 221w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-27-768x1043.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-27.png 800w" sizes="auto, (max-width: 754px) 100vw, 754px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une manière douce d’accompagner les très jeunes enfants vers le cinéma sans les éloigner complètement de l’expérience du livre qu’ils connaissent déjà.</strong> Les cinq récits parlent d’amitié, de différence, de solidarité et de rencontre avec l’autre. <strong><em>« Un très joli programme pour les tout-petits »</em></strong>, résume Laëtitia Scherier.</p>



<h2 id="h-la-fille-condor-partir-sans-forcement-renier-ce-que-l-on-quitte" class="wp-block-heading"><em>La Fille Condor</em> : partir sans forcément renier ce que l’on quitte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre proposition de la semaine, programmée par <strong><a href="https://bloiscapitale.com/cinefil-une-association-qui-fait-vivre-le-cinema-dauteur-a-blois" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ciné&rsquo;fil</a></strong>, <em><strong>La Fille Condor</strong></em> conduit cette fois le spectateur <strong>en Bolivie.</strong> Ce deuxième long métrage d’<strong>Álvaro Olmos Torrico</strong> prend place dans une <strong>communauté quechua</strong> des hauts plateaux boliviens, un environnement <strong>rarement montré au cinéma.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-28-768x1024.png" alt="" class="wp-image-36362" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-28-768x1024-1.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-28-225x300.png 225w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-28.png 800w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Clara accompagne sa mère Ana, sage-femme, et grandit au contact d’un savoir transmis entre femmes. Mais une autre existence l’attire. La ville représente la possibilité de s’éloigner de la communauté, de ses attentes et du rôle auquel elle semble destinée. <strong>L’opposition entre monde rural traditionnel et espace urbain moderne</strong> pourrait sembler connue. Laëtitia Scherier retient pourtant la délicatesse avec laquelle le film aborde <strong>cette tension.</strong> Il ne s’agit pas simplement de choisir entre tradition et modernité. <em>La Fille Condor</em> parle de <strong>transmission sans soumission</strong>, du droit à choisir ce que l’on souhaite conserver de son héritage et de ce dont on veut s’émanciper.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La relation entre la mère et la fille porte une grande partie du film.</strong> Le départ de Clara ne signifie pas que les savoirs transmis n’ont plus de valeur. Rester, inversement, ne saurait être la seule façon de les respecter. Le récit rejoint ainsi la question plus large de l’exode rural, de l&rsquo;attraction des villes et des <strong>possibilités offertes — ou refusées — aux jeunes femmes selon l’endroit où elles vivent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier souligne aussi <em>« une grande fragilité et une belle sincérité »</em> dans le jeu des actrices. À ses yeux, <em>La Fille Condor</em> est également un film <strong>profondément féministe</strong>, précisément parce qu’il place au centre la possibilité pour une femme de décider elle-même de la vie qu’elle souhaite mener.</p>



<h2 id="h-journees-du-patrimoine-derriere-la-porte-de-la-cabine-des-lobis" class="wp-block-heading">Journées du patrimoine : derrière la porte de la cabine des Lobis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rendez-vous le plus symbolique de la semaine aura lieu <strong>dimanche matin</strong>, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Les Lobis ont choisi d’ouvrir un espace que le public ne voit pratiquement jamais : <strong>la cabine de projection</strong>. Deux visites sont prévues, à 10h et 10h30, en compagnie de <strong>Guillaume Legret</strong>, projectionniste du cinéma. Les places se sont remplies très rapidement et <strong>les deux visites sont désormais complète</strong>s. Laëtitia Scherier estime avoir dû refuser une trentaine de demandes supplémentaires. L’expérience devrait donc être renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les visiteurs pourront découvrir le fonctionnement de la projection numérique, mais aussi les anciens projecteurs 35 mm conservés dans la cabine. Ils ne sont plus utilisés, mais Les Lobis ont choisi de les garder : ils appartiennent désormais à l’histoire technique du lieu. Le cinéma prolonge cette visite par une séance de <em><strong>Cinéma Paradiso</strong></em> à <strong>11 heures</strong>. La projection, elle, reste accessible au public, indépendamment des visites de cabine. Difficile d’imaginer film plus approprié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réalisé par <strong>Giuseppe Tornatore</strong>, <em>Cinéma Paradiso</em> est sorti en Italie en 1988 puis en France l’année suivante. Présenté à Cannes en 1989, il y reçoit le Grand Prix spécial du Jury ex æquo. <strong>Philippe Noiret</strong> y incarne Alfredo, projectionniste d’un petit cinéma paroissial sicilien. Au début du film, Salvatore est devenu un cinéaste reconnu. Lorsqu’il apprend la mort d’Alfredo, les souvenirs remontent. Enfant, il passait une grande partie de son temps au Cinema Paradiso de son village. La cabine de projection le fascinait. Alfredo en était le gardien, mais il deviendra progressivement un ami, une figure paternelle et surtout celui qui transmettra au garçon sa passion du cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film raconte aussi <strong>ce qu’une salle de cinéma représente dans une ville ou un village</strong>. Un lieu où l’on regarde des films, certes, mais où l’on se retrouve, où différentes générations se croisent, où des habitudes se construisent et où une communauté partage les mêmes images. <strong><em>« Quand on est cinéphile, c’est extrêmement touchant. Et encore plus, évidemment, quand on est dans une salle de cinéma. »</em></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&gt;&gt; Pour en savoir plus : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Carte blanche aux Lobis : Rose, Arrietty, Histoires de la nuit et Amour au programme</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 14:22:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La fréquentation repart à la hausse au cinéma Les Lobis. Après un ciné-débat autour de Soudain qui a réuni 108 personnes, alors que le film en était déjà à sa troisième semaine d’exploitation, Laëtitia Scherier observe avec satisfaction le retour du public. Les entrées se rapprochent désormais des chiffres enregistrés à la même période l’an &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La fréquentation repart à la hausse au <a href="https://bloiscapitale.com/category/cinema">cinéma Les Lobis</a>. Après un ciné-débat autour de <em>Soudain</em> qui a réuni 108 personnes, alors que le film en était déjà à sa troisième semaine d’exploitation, <strong>Laëtitia Scherier observe avec satisfaction le retour du public.</strong> Les entrées se rapprochent désormais des chiffres enregistrés à la même période l’an dernier. Cette semaine mêle sortie nationale, avant-premières, dernier rendez-vous du cycle Ghibli, patrimoine et reprise des rendez-vous réguliers du cinéma blésois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Vie d’une femme</em>,</strong> de <strong>Charline Bourgeois-Tacquet</strong>, dont Laëtitia Scherier présentait les enjeux la semaine dernière <a href="https://bloiscapitale.com/aux-lobis-des-recits-de-femmes-de-soin-et-de-reconstruction" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(lire ici)</a>, arrive donc aux Lobis avec une avant-première ce mardi soir. Porté notamment par <strong>Léa Drucker</strong> et <strong>Mélanie Thierry</strong>, le film poursuit les interrogations de la réalisatrice sur le désir, l’émancipation et<a href="https://bloiscapitale.com/carole-sicard-cest-reposant-detre-soi"> la place des femmes dans leur vie professionnelle comme intime.</a> Mais l’une des découvertes que la directrice des Lobis tient particulièrement à défendre cette semaine est <em><strong>Rose</strong></em>, de <strong>Markus Schleinzer</strong>.</p>



<h2 id="h-rose-vivre-sous-une-autre-identite-pour-acceder-a-la-liberte" class="wp-block-heading"><em>Rose</em> : vivre sous une autre identité pour accéder à la liberté</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Une splendeur esthétique, il n’y a pas d’autre mot. »</strong></em> Laëtitia Scherier ne cache pas son enthousiasme pour <em>Rose</em>, troisième long métrage du cinéaste autrichien <strong>Markus Schleinzer</strong>. Le film plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. <strong>Sandra Hüller</strong>, notamment connue du grand public français pour <em>Anatomie d’une chute</em>, y interprète Rose, une femme qui a vécu durant plusieurs années <strong>sous une identité masculine et revient de la guerre.</strong> Elle arrive dans un village protestant isolé en affirmant être l’héritier d’une ferme abandonnée. Elle dispose de documents qui semblent attester cette identité et entreprend de s’installer dans cette communauté.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-8-768x1024-1.png" alt="" class="wp-image-36151" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-8-768x1024-1.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-8-225x300.png 225w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-8.png 960w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Markus Schleinzer a travaillé à partir de nombreuses trajectoires historiques de femmes ayant, temporairement ou durablement, vécu sous une identité masculine.</strong> Les motivations étaient multiples. Certaines situations peuvent aujourd’hui être relues à travers les questions d’identité de genre ou d’orientation sexuelle. Pour d’autres femmes, il s’agissait très concrètement d’échapper aux limites que leur imposait leur sexe : accéder à un métier, bénéficier d’un statut social ou encore éviter un mariage forcé. Le personnage de Rose naît ainsi de cette multitude de destins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film interroge naturellement le patriarcat, mais aussi la peur de l’étranger, l’exclusion et, plus largement, la rigidité des rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes. Car <strong>vivre comme un homme ne signifie pas échapper à toutes les normes</strong>. Dans le village, Rose finit elle aussi par subir les attentes associées à son identité masculine. Pour ne pas éveiller les soupçons, la pression sociale l’oblige notamment à envisager le mariage. Peu à peu, des doutes commencent à peser sur elle. Laëtitia Scherier préfère ne pas dévoiler davantage la suite du récit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui la frappe surtout, c’est <strong>la manière dont un film situé au XVIIe siècle peut continuer à faire écho au présent.</strong> Bien sûr, les droits et les conditions de vie des femmes ont considérablement évolué. Mais les débats contemporains sur leurs libertés, leur corps ou leur place dans la société donnent au film une résonance qui dépasse largement la reconstitution historique. <em>« Je trouve toujours à la fois terrifiant et intéressant que des films qui se passent au XVIIe siècle fassent encore écho à notre époque »,</em> résume-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son propos politique répond un parti pris esthétique particulièrement fort. <strong><em>Rose</em> est tourné dans un noir et blanc profond.</strong> Markus Schleinzer et son équipe ont puisé dans les peintures des XVIe et XVIIe siècles, tout en empruntant également certains codes visuels du western. Pour Laëtitia Scherier, le résultat est l’une des grandes forces du film. <em><strong>« Chaque visage est filmé comme si c’était un paysage, presque comme une fenêtre sur l’âme des personnages. »</strong></em> La caméra bouge peu, prend le temps d’observer les corps, les regards, les silences. Les visages racontent souvent davantage que les dialogues. Cette immobilité participe aussi de la tension. <strong>Rose a réussi à conquérir une forme de liberté en adoptant une autre identité, mais cette liberté dépend d’un secret qui peut à tout instant la condamner.</strong> Le film, relativement court (94′), touche précisément par ce paradoxe : devoir mentir sur ce que l’on est pour obtenir des libertés auxquelles on n’aurait autrement jamais eu accès.</p>



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<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-18-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-1024x341.png" alt="" class="wp-image-36162" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-1536x512.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/ban-mag-2048x683.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
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<h2 id="h-arrietty-le-petit-monde-des-chapardeurs-le-quotidien-vu-depuis-quelques-centimetres-de-hauteur" class="wp-block-heading"><em>Arrietty, le petit monde des chapardeurs</em> : le quotidien vu depuis quelques centimètres de hauteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycle estival consacré au Studio Ghibli touche à sa fin cette semaine (déjà 750 entrées). <em>« Je commence déjà à réfléchir à ce que je pourrais faire comme cycle l’année prochaine, mais je ne sais pas si j’en trouverai un qui enthousiasmera autant les gens que Ghibli. »</em> Pour refermer cette programmation, Les Lobis proposent <strong><em>Arrietty, le petit monde des chapardeurs</em></strong>, sorti en 2010, le premier long métrage réalisé par <strong>Hiromasa Yonebayashi</strong>. Le scénario est signé <strong>Hayao Miyazaki</strong> et <strong>Keiko Niwa</strong>, d’après l’univers littéraire de <strong>Mary Norton</strong>. Yonebayashi poursuivra ensuite sa carrière avec notamment <em>Souvenirs de Marnie</em>, avant de réaliser <em>Mary et la Fleur de la sorcière</em> après son départ du Studio Ghibli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrietty est une adolescente minuscule qui vit avec ses parents sous le plancher d’une maison occupée par des humains. Sa famille appartient au peuple des <em>« chapardeurs »</em> : ils récupèrent discrètement de petites quantités de nourriture ou des objets dont les humains ne remarqueront pas l’absence. Une règle est cependant absolue : ne jamais être vus. Arrietty va pourtant rencontrer un jeune garçon et nouer avec lui une relation d’amitié.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-9.png" alt="" class="wp-image-36153" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-9.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-9-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour Laëtitia Scherier, la réussite du film tient évidemment à cette relation, mais surtout au formidable travail réalisé autour de l’échelle. <em>« Il ne se contente pas de nous montrer de petits personnages. Il transforme intégralement notre perception du monde. »</em> Une cuisine, un jardin ou une chambre deviennent soudain des territoires gigantesques. Un objet banal peut devenir un obstacle, un outil ou un moyen de transport. Tout ce que le spectateur connaît est réinventé parce qu’il est désormais observé depuis quelques centimètres de hauteur. Cette perspective impose un travail d’animation extrêmement minutieux. <strong>Les détails du quotidien prennent une importance nouvelle et permettent au film de créer un univers entier à l’intérieur même du nôtre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme souvent chez Ghibli, cette idée conduit également à <strong>une réflexion écologique.</strong> Les chapardeurs incarnent une forme de vie presque invisible aux yeux des humains. Leur existence dépend pourtant d’un équilibre très fragile. <strong>Le film rappelle ainsi qu’un écosystème peut être essentiel même lorsque nous ne le voyons pas, et qu’une espèce peut disparaître sans que ceux qui l’entourent prennent immédiatement conscience de ce qui est perdu.</strong> Laëtitia Scherier recommande <em>Arrietty, le petit monde des chapardeurs</em> à partir de <strong>5 ou 6 ans</strong>. Il compte parmi les films du studio les plus accessibles aux jeunes spectateurs.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10-1024x379.png" alt="" class="wp-image-36155" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-10.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-histoires-de-la-nuit-quand-la-maison-familiale-devient-une-prison" class="wp-block-heading"><em>Histoires de la nuit</em> : quand la maison familiale devient une prison</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine est également marquée par l’avant-première d’<em><strong>Histoires de la nuit</strong></em>, troisième long métrage de <strong>Léa Mysius</strong>, après <em>Ava</em> et <em>Les Cinq Diables</em>. Le film adapte le roman de <strong>Laurent Mauvignier</strong>, paru en 2020, et réunit notamment <strong>Hafsia Herzi</strong>, <strong>Bastien Bouillon</strong>, <strong>Monica Bellucci</strong> et <strong>Benoît Magimel</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, tout ressemble presque à un récit familial ordinaire. Un couple vit avec sa fille dans une ferme isolée à la campagne. Le mari prépare une fête surprise pour l’anniversaire de sa femme. Leur voisine, une peintre très proche de la famille, participe aux préparatifs. Puis la nuit tombe. Des hommes font irruption dans la maison et la fête bascule en prise d’otages. Laëtitia Scherier ne souhaite pas en dire davantage, notamment pour celles et ceux qui n’ont pas lu le roman. Une grande partie de la puissance du récit repose précisément sur <strong>la découverte progressive de ce qui se joue.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le film fonctionne largement comme un huis clos</strong>. Mais son intérêt tient moins au lieu lui-même qu’à sa transformation. La maison reste matériellement identique. Les pièces, les meubles, les portes ne bougent pas. <strong>Pourtant, le regard porté sur cet espace change totalement.</strong> <em>« Elle arrive à transformer un espace domestique rassurant en un espace de menace totale »,</em> observe Laëtitia Scherier. Le lieu familial, associé quelques instants auparavant à l’intimité et à la sécurité, devient une prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de concentrer l’action sur une seule nuit renforce cette sensation. La structure prend presque une dimension théâtrale, avec une unité de lieu et de temps très forte, tandis que Léa Mysius exploite pleinement les codes du thriller. <strong>La tension s’installe progressivement puis ne relâche pratiquement plus le spectateur.</strong> « On est vraiment pris à la gorge », résume Laëtitia Scherier. L’avant-première est programmée <strong>mardi prochain à 20h30</strong>.</p>



<h2 id="h-amour-retrouver-le-choc-de-michael-haneke" class="wp-block-heading"><em>Amour</em> : retrouver le choc de Michael Haneke</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Lobis proposent également de revoir <em>Amour</em>, de <strong>Michael Haneke</strong>, Palme d’or au Festival de Cannes en 2012. Porté par <strong>Jean-Louis Trintignant</strong>, <strong>Emmanuelle Riva</strong> et <strong>Isabelle Huppert</strong>, le film avait ensuite connu un parcours exceptionnel dans les cérémonies de récompenses, remportant notamment plusieurs César majeurs ainsi que l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit repose pourtant sur une situation d’une grande simplicité. Georges et Anne forment un couple âgé, uni depuis des décennies. Après un accident cérébral, Anne voit progressivement son autonomie diminuer. Georges décide de rester auprès d’elle et de prendre soin d’elle. À partir de cette situation intime, Michael Haneke construit <strong>une réflexion particulièrement exigeante sur l’amour, la vieillesse, la dépendance et la dignité.</strong> Qu’est-ce qu’aimer lorsque le corps de l’autre décline ? Jusqu’où peut-on accompagner ? Que reste-t-il de l’autonomie lorsque l’on dépend entièrement de quelqu’un d’autre ? Et que signifie respecter la dignité d’une personne que l’on aime ? Laëtitia Scherier se souvient encore de sa découverte du film en salle en 2012. <strong><em>« J’avais été complètement bouleversée. »</em></strong> Elle présentera elle-même cette nouvelle projection aux spectateurs dans le cadre de <strong>Dimanche à 14 heures</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reprise d’<em>Amour</em> s’inscrit également dans <strong>Passerelle</strong>, le dispositif <strong>développé avec la Halle aux grains – Scène nationale de Blois.</strong> Le principe est de faire régulièrement dialoguer la programmation cinématographique des Lobis avec celle du spectacle vivant. Ici, le lien passe notamment par la musique, très présente dans <em>Amour</em>. Georges et Anne sont d’anciens professeurs de musique et l’univers de <strong>Franz Schubert</strong> traverse le film. Plus tard dans la saison, ce même dispositif permettra notamment de proposer <em>Le Cirque</em> de <strong>Charlie Chaplin</strong> en écho à <strong>Circ &amp; Plus</strong>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-11.png" alt="" class="wp-image-36156" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-11.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-11-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h2 id="h-le-triangle-d-or-le-luxe-comme-cage" class="wp-block-heading"><em>Le Triangle d’or</em> : le luxe comme cage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, <strong>Ciné&rsquo;fil</strong> reprend son rendez-vous du lundi soir, à <strong>20h45</strong>, avec <em>Le Triangle d’or</em>, premier long métrage d’<strong>Hélène Rosselet-Ruiz</strong>. Le titre désigne ce secteur particulièrement luxueux du 8e arrondissement de Paris, autour des Champs-Élysées, de l’avenue Montaigne et de l’avenue George-V. <strong>Le film suit Laura, une jeune femme qui a besoin d’argent et accepte un poste d’assistante</strong> auprès de Souria, une jeune Saoudienne installée dans un somptueux hôtel particulier parisien par son amant, un prince saoudien. <strong>Le salaire est très élevé. Mais les contreparties le sont aussi.</strong> Laura doit s’installer sur place et se rendre <strong>disponible pratiquement en permanence</strong>. Elle comprend surtout progressivement que sa mission dépasse largement celle d’une simple assistante. <strong>Elle doit aussi participer à la surveillance de Souria</strong> : contrôler ses déplacements, ses relations, les personnes qu’elle rencontre ou avec lesquelles elle communique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le luxe devient une forme d’enfermement.</strong> Les deux femmes semblent pourtant se trouver aux extrémités opposées de l’échelle sociale. Laura est contrainte d’accepter ce travail parce qu’elle a besoin d’argent. Souria vit dans une richesse extrême. Mais l’une comme l’autre découvrent qu’elles ne disposent pas pleinement de leur liberté. <strong>Le film fait ainsi se croiser plusieurs formes de domination : économique, sociale, de classe et de genre.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/#home">blois-les-lobis.cap-cine.fr/</a></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Aux Lobis, des récits de femmes, de soin et de reconstruction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 07:43:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, dans le cadre de la traditionnelle carte blanche, Laëtitia Scherier, directrice du cinéma Les Lobis, nous présente deux nouveautés, La Dernière patiente et Trois adieux, la poursuite du cycle Ghibli avec Ponyo sur la falaise, ainsi qu’une avant-première de La Vie d’une femme, nouveau film de Charline Bourgeois-Tacquet. La Dernière patiente : un &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette semaine, dans le cadre de la traditionnelle carte blanche, <strong>Laëtitia Scherier</strong>, directrice du <strong><a href="https://bloiscapitale.com/category/cinema" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinéma Les Lobis</a></strong>, nous présente deux nouveautés, <em><strong>La Dernière patiente</strong></em> et <em><strong>Trois adieux</strong></em>, la poursuite du cycle Ghibli avec <em><strong>Ponyo sur la falaise</strong></em>, ainsi qu’une <strong>avant-première de <em>La Vie d’une femme</em></strong>, nouveau film de Charline Bourgeois-Tacquet.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1-1024x379.png" alt="" class="wp-image-35983" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-la-derniere-patiente-un-premier-film-sur-la-medecine-de-proximite-et-la-fin-d-un-monde" class="wp-block-heading"><em>La Dernière patiente</em> : un premier film sur la médecine de proximité et la fin d’un monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Première nouveauté de la semaine : <strong><em>La Dernière patiente</em>, premier long métrage de Rémi Bassaler.</strong> Le film suit <strong>une médecin dans les dernières heures, ou les derniers jours, de son activité professionnelle avant la retraite.</strong> Elle doit quitter son cabinet, qui est aussi son appartement, car le HLM dans lequel elle a travaillé et vécu toute sa vie doit être démoli. Ce point de départ donne immédiatement au film une <strong>dimension sociale.</strong> Le départ de cette médecin ne marque pas seulement la fin d’une carrière individuelle. Il accompagne la disparition d’un lieu, d’une façon d’exercer, d’un lien de proximité entre un médecin et un quartier. L’immeuble voué à la démolition devient le symbole d’<strong>un monde qui s’efface.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le film prend un autre tournant lorsque cette médecin rencontre une jeune femme enceinte de huit mois, en rupture de soins, qui n’a pas été suivie pendant sa grossesse.</strong> La jeune femme vit aussi une relation toxique avec son compagnon, père de l’enfant à naître, possessif et violent. La médecin décide alors de l’aider et de l’accompagner. À partir de cette rencontre, une suite d’événements va bouleverser leurs vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier souligne les qualités du film, tout en rappelant qu’il s’agit d’un premier long métrage. La forme reste encore assez classique par endroits, mais <strong>le récit porte une vraie tension</strong>. <strong>Le dénouement, dit-elle, ne se laisse pas deviner facilement, et les quinze dernières minutes tiennent leurs promesses.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Dernière patiente</em> aborde plusieurs sujets contemporains. Le premier est évidemment <strong>l’état du système de santé.</strong> À travers le personnage de cette médecin, le film regarde toute une génération de praticiens qui partent aujourd’hui à la retraite après avoir consacré leur vie aux autres, souvent sans frontière nette entre leur travail et leur vie personnelle. Le film ne dit pas que ce modèle était souhaitable. Il constate plutôt ce qu’il a produit, ce qu’il a permis, mais aussi ce qu’il laisse derrière lui. <strong>La disparition de ces médecins de proximité</strong> rejoint la question des déserts médicaux, de l’attractivité des territoires et de la difficulté à faire venir de jeunes praticiens dans certaines zones.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’autre grand axe du film tient à la relation entre les deux femmes</strong>. La jeune patiente pourrait avoir l’âge d’être la fille de la médecin. Leur lien place la <strong>solidarité féminine</strong> au cœur du récit. Face à la violence conjugale, à la solitude, à la rupture de soins, le film montre un geste d’attention, une décision d’aider, une présence qui peut devenir décisive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier salue aussi l’interprétation d’<strong>Anouk Grinberg,</strong> qui incarne cette médecin. Elle voit dans ce rôle l’une des grandes forces du film. Sa présence donne au personnage une densité, une fatigue, une humanité qui portent le récit. Pour la directrice des Lobis, <em>La Dernière patiente</em> est un premier film avec ses forces et ses fragilités, mais surtout <strong>un film touchant, porté par une vraie envie de raconter quelque chose de la société actuelle.</strong></p>



<h2 id="h-trois-adieux-parler-de-la-mort-pour-revenir-a-la-vie" class="wp-block-heading"><em>Trois adieux</em> : parler de la mort pour revenir à la vie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième nouveauté de la semaine : <strong><em>Trois adieux</em>, d’Isabel Coixet.</strong> La cinéaste espagnole adapte <em>Tre ciotole</em>, livre de l’autrice italienne <strong>Michela Murgia,</strong> publié en 2023 et nourri par son expérience personnelle. Michela Murgia est morte peu de temps après la parution du livre, <strong>des suites d’un cancer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film porte donc en lui une matière douloureuse. <strong>Il parle de maladie, de finitude, de mort possible</strong>. Pourtant, c’est précisément ce paradoxe qui intéresse Laëtitia Scherier : <em>Trois adieux</em> parle de la mort, mais traite surtout de la vie. Il le fait <strong>avec douceur, poésie et délicatesse.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit suit une femme qui se sépare de son compagnon après des années de vie commune. <strong>La rupture naît d’une dispute banale,</strong> presque ordinaire. Très vite, <strong>elle découvre que sa perte d’appétit ne vient pas seulement du chagrin amoureux. Elle est malade.</strong> Mais cette révélation ne fait pas basculer le film dans le pathos. Au contraire, elle ouvre chez le personnage <strong>une envie nouvelle de savourer le présent,</strong> de réapprendre à manger, de sentir, d’habiter sa propre existence. Confrontée à la possibilité de la mort, elle comprend que <strong>la vie est trop courte pour être toujours repoussée à plus tard.</strong> Jusque-là, elle s’est projetée dans l’avenir, dans son travail, dans son couple, dans ce qu’il fallait faire ou devenir. La maladie, aussi violente soit-elle, agit comme une rupture de rythme. Elle ramène le corps, les sensations, les gestes simples, les plaisirs minuscules <strong>du quotidien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier insiste sur la manière dont Isabel Coixet évite le pathos. La réalisatrice procède par déplacements, par pas de côté. Elle s’attarde sur les sensations de son personnage : le bruit des objets, la nourriture, la lumière du soleil, les textures, les silences, le montage. Le film cherche moins à raconter la maladie comme un parcours médical qu’à transmettre <strong>une expérience intime.</strong> Il y a bien des rendez-vous médicaux, mais <strong>l’hôpital n’est pas le cœur du film</strong>. Le centre du récit se situe ailleurs : dans la question de <strong>savoir ce que l’on fait de sa vie lorsqu’on comprend qu’elle peut s’interrompre.</strong> Faut-il attendre d’être confronté à la mort pour apprécier pleinement l’existence ? Faut-il attendre la menace de la fin pour retrouver le goût du présent ? C’est ce que Laëtitia Scherier retient du film. <em>Trois adieux</em> invite à <strong>ne pas remettre la vie à plus tard</strong>. À ne pas attendre une crise, une rupture ou une maladie pour regarder autrement les petits bonheurs du quotidien. C’est <strong>un film doux sur une thématique violente.</strong> Et cette douceur, précisément, n’a rien d’évident.</p>



<h2 id="h-ponyo-sur-la-falaise-miyazaki-l-enfance-et-l-acceptation-de-l-autre" class="wp-block-heading"><em>Ponyo sur la falaise</em> : Miyazaki, l’enfance et l’acceptation de l’autre</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cycle Ghibli se poursuit avec <em>Ponyo sur la falaise</em>, neuvième rendez-vous</strong> de cette programmation estivale. Le cycle approche de sa fin et continue de trouver son public. Cette fois, Les Lobis proposent l’un des films les plus connus de Hayao Miyazaki, sorti en 2008. Le film raconte l’histoire de Ponyo, petite créature marine que l’on découvre d’abord sous la forme d’un poisson rouge. Elle rencontre Sosuke, un petit garçon qui vit avec sa mère dans une maison située au sommet d’une falaise. Pour rejoindre l’enfant, <strong>Ponyo veut devenir humaine. Mais son père, sorcier des fonds marins, voit dans cette transformation un bouleversement de l’équilibre naturel.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La filiation avec <em>La Petite Sirène</em>, le conte de Hans Christian Andersen, apparaît immédiatement. Mais Miyazaki ne se contente pas d’en proposer une variation. Il en fait <strong>un conte de fées moderne</strong>, traversé par ses obsessions les plus profondes : <strong>l’enfance, la nature, l’amour, la transformation, l’équilibre du monde.</strong>Comme souvent chez lui, le point fort du film tient au regard porté sur les enfants. Miyazaki ne considère jamais l’enfance comme une période d’incompétence. <strong>Les enfants apprennent, bien sûr, mais ils possèdent aussi une forme de compréhension du monde que les adultes ont souvent perdue.</strong> Leur spontanéité, leur confiance, leur capacité à accepter l’étrange permettent d’accéder à une vérité simple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La relation entre Ponyo et Sosuke repose ainsi sur l’acceptation totale de l’autre</strong>. Pour eux, aimer quelqu’un, c’est accepter son identité sans chercher à le transformer. Cette idée est présentée avec une grande pureté, mais sans naïveté. Le film sait que les désirs individuels peuvent avoir des conséquences. Vouloir rejoindre l’autre, vouloir modifier sa condition, <strong>vouloir façonner le monde selon son propre bonheur n’est jamais sans effet.</strong>C’est là qu’intervient la dimension écologique du film. Le choix de Ponyo bouleverse l’ordre naturel et provoque une montée des eaux. Chez Miyazaki, cette catastrophe rappelle que <strong>l’être humain ne peut pas modeler le monde selon ses désirs sans en assumer les conséquences.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ponyo sur la falaise</em> est sans doute l’un des films les plus accessibles de Miyazaki pour les jeunes spectateurs. Laëtitia Scherier le recommande toutefois plutôt <strong>à partir de 5 ou 6 ans.</strong> Le film dure près d’1 h 40, son rythme est soutenu, et certaines séquences peuvent impressionner les plus petits. Il n’y a rien de choquant, mais il vaut mieux ne pas précipiter la découverte. Les enfants auront largement le temps de rencontrer Ponyo sur grand écran ou plus tard.</p>



<h2 id="h-la-vie-d-une-femme-ou-la-reconstruction-de-soi" class="wp-block-heading"><em>La Vie d’une femme</em> ou la reconstruction de soi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière proposition importante de la semaine est une avant-première : <strong><em>La Vie d’une femme</em>, nouveau film de Charline Bourgeois-Tacquet,</strong> présenté en Compétition au Festival de Cannes. La cinéaste signe ici son deuxième long métrage, après <em>Les Amours d’Anaïs</em>, qui avait révélé son goût pour les personnages féminins en mouvement, les élans amoureux et les zones de trouble du désir.Cinq ans se sont écoulés entre les deux films. <em>Les Amours d’Anaïs</em>, porté notamment par Anaïs Demoustier, Valeria Bruni Tedeschi et Denis Podalydès, avait été présenté à la Semaine de la Critique. Avec <em>La Vie d’une femme</em>, Charline Bourgeois-Tacquet franchit une autre étape en rejoignant la Compétition officielle.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1024x379.png" alt="" class="wp-image-35982" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1024x379.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-300x111.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-768x284.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image-1536x568.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/09/image.png 1773w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Le film est porté par <strong>Léa Drucker et Mélanie Thierry.</strong> La première incarne une <strong>chirurgienne</strong>, cheffe de service dans un hôpital public. Elle consacre énormément de temps à son métier, tout en s’occupant de sa mère, atteinte par les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, et en tentant de préserver sa vie de couple. Son équilibre est bouleversé par l’arrivée d’<strong>une écrivaine,</strong> interprétée par Mélanie Thierry, venue observer le fonctionnement de son service pour préparer un livre dont l’intrigue se déroule dans le milieu hospitalier. <strong>Entre les deux femmes naît une histoire d’amour.</strong> Mais le film ne se réduit pas à cette relation. Il regarde plus largement la place d’une femme dans le monde professionnel, dans le couple, dans la famille et face aux attentes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier relève la richesse des thèmes abordés : <strong>la charge mentale, l’usure du couple, les familles recomposées, l’injonction à la maternité, le désir féminin, mais aussi le sous-effectif à l’hôpital.</strong> Cette dernière question reste en arrière-plan, sans devenir le sujet principal, mais elle participe du contexte dans lequel évolue le personnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des éléments les plus intéressants tient au métier de cette femme. Elle est chirurgienne spécialisée dans la reconstruction faciale. <strong>Elle reconstruit les autres, répare des visages, accompagne des corps transformés. Pourtant, alors qu’elle a dépassé les 50 ans, elle n’a pas encore vraiment reconstruit sa propre vie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parallèle est clair, mais efficace. Le film montre une femme qui a longtemps tenu, travaillé, répondu aux attentes, avancé dans une existence très remplie, <strong>sans toujours se demander ce qui la rendait heureuse.</strong> La rencontre avec l’écrivaine l’oblige à déplacer son regard. Elle doit accepter ses fragilités, interroger son désir, et peut-être admettre qu’elle aussi peut être réparée, ou du moins rejointe, par quelqu’un d’autre. Pour Laëtitia Scherier, le film est également important sur le plan de la représentation. <strong>Le cinéma continue trop souvent d’invisibiliser le désir féminin, en particulier celui des femmes de plus de 45 ans, et plus encore de plus de 50 ans. </strong>Les rôles complexes offerts à ces personnages restent rares, alors même que les actrices qui les incarnent ont une puissance de jeu considérable.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>>> Plus d&rsquo;informations ici : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/#home" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blois-les-lobis.cap-cine.fr</a></em></strong></p>



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		<title>Carte blanche aux Lobis : L’Inconnue, Miyazaki, Fassbinder et Jane Campion pour une semaine dense</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 08:24:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, le cinéma Les Lobis propose une programmation plus resserrée, marquée par L’Inconnue, d’Arthur Harari, la poursuite du cycle Ghibli avec Le Château ambulant, puis la dernière étape du cycle rétro de l’été, consacrée au film historique avec Lili Marleen et La Leçon de piano. L’Inconnue : Arthur Harari et le corps comme vertige &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/carte-blanche-aux-lobis-linconnue-miyazaki-fassbinder-et-jane-campion-pour-une-semaine-dense">Carte blanche aux Lobis : L’Inconnue, Miyazaki, Fassbinder et Jane Campion pour une semaine dense</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette semaine, le <a href="https://bloiscapitale.com/category/cinema" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinéma</a> Les Lobis</strong> propose une programmation plus resserrée, marquée par <em>L’Inconnue</em>, d’Arthur Harari, la poursuite du cycle Ghibli avec <em>Le Château ambulant</em>, puis la dernière étape du cycle rétro de l’été, consacrée au film historique avec <em>Lili Marleen</em> et <em>La Leçon de piano</em>.</p>



<h2 id="h-l-inconnue-arthur-harari-et-le-corps-comme-vertige" class="wp-block-heading"><em>L’Inconnue</em> : Arthur Harari et le corps comme vertige</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La sortie nationale de la semaine est <em>L’Inconnue</em>, d’Arthur Harari</strong>, un film était présenté en Compétition au Festival de Cannes. Arthur Harari signe ici son troisième long métrage après <em>Diamant noir</em> et <em>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</em>. <strong>Le cinéaste est aussi connu pour avoir coécrit <em>Anatomie d’une chute</em></strong> avec Justine Triet. Avec <em>L’Inconnue</em>, il adapte librement <em><strong>Le Cas David Zimmerman</strong></em>, roman graphique conçu avec son frère Lucas Harari.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png" alt="" class="wp-image-35692" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Le récit suit David Zimmerman, un photographe discret, peu sociable, <strong>qui observe davantage le monde qu’il n’y participe.</strong> Lors d’une soirée, il remarque une femme. Il la croise, la suit, se laisse happer par sa présence. Quelques heures plus tard, il se réveille <strong>dans le corps de cette inconnue.</strong> Le dispositif fantastique sert de point d’entrée à<strong> une réflexion sur l’identité</strong>. Que reste-t-il de soi lorsque le corps ne correspond plus à ce que l’on ressent ? Que devient l’identité lorsque l’apparence sociale, le regard des autres et l’image de soi se dissocient brutalement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix d’un photographe comme personnage principal n’a rien d’anodin. David est d’abord celui qui regarde. Il observe, cadre, <strong>tient le monde à distance</strong>. Le basculement du film inverse cette position : <strong>celui qui regardait devient celui qui est regardé.</strong> Le corps devient alors un lieu d’épreuve, de trouble, mais aussi de révélation. Laëtitia Scherier y voit un film singulier, capable de parler du genre, du corps, du regard et de l’identité sans se réduire à une seule lecture. Le fantastique n’y est pas une fin en soi, mais un outil. Il permet de rendre concrète une question intime : comment continuer à être soi lorsqu’on ne se reconnaît plus dans ce que les autres voient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Léa Seydoux et Niels Schneider, <em>L’Inconnue</em> propose donc une expérience de déplacement. Un film qui peut intéresser les amateurs de fantastique, mais aussi les spectateurs sensibles aux récits sur l’altérité, le désir, l’image et la place que chacun occupe dans le monde.</p>



<h2 id="h-le-chateau-ambulant-miyazaki-la-beaute-l-age-et-la-guerre" class="wp-block-heading"><em>Le Château ambulant</em> : Miyazaki, la beauté, l’âge et la guerre</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cycle Ghibli continue de très bien fonctionner aux Lobis.</strong> Il devrait dépasser les 600 entrées cette semaine. Huitième film du cycle : <strong><em>Le Château ambulant</em>, de Hayao Miyazaki,</strong> sorti en 2004. Laëtitia Scherier le recommande à partir de 7 ou 8 ans. Le film peut être reçu par les enfants comme un récit initiatique, fantastique, traversé par la magie, l’aventure et l’émerveillement. Mais il contient aussi une seconde lecture particulièrement forte pour les adultes. Certaines séquences peuvent impressionner les plus jeunes : ce n’est donc pas un film destiné aux tout-petits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Librement inspiré du roman <em>Le Château de Hurle</em></strong>, de Diana Wynne Jones, le film suit Sophie, une jeune fille qui travaille dans la boutique familiale de chapeaux. Sa rencontre avec Hauru, mystérieux magicien, attire la colère de la Sorcière des Landes. Celle-ci lui jette un sort et la transforme en vieille femme. Sophie quitte alors sa ville et trouve refuge dans le château ambulant du magicien. <strong>Comme souvent chez Miyazaki, le merveilleux permet de parler de sujets profondément humains</strong>. Le film aborde la romance, avec une grande pudeur, mais aussi l’aventure, la transformation, la peur de vieillir, la construction de soi. <strong>L’un de ses nœuds tient à l’importance accordée à l’apparence physique et à l’obsession de rester jeune.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-16.png" alt="" class="wp-image-35851" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-16.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-16-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Château ambulant</em> est aussi un film politique. <strong>Deux royaumes y entrent en guerre, et cette guerre contamine les paysages, les corps, les machines, les imaginaires.</strong> Laëtitia Scherier rappelle que Miyazaki, cinéaste profondément marqué par l’histoire du Japon et par les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, avait aussi pris position contre l’intervention américaine en Irak. À la sortie du film, beaucoup ont vu dans <em>Le Château ambulant</em> une œuvre traversée par ce contexte. <strong>Le pacifisme de Miyazaki</strong> se déploie dans les images : les machines volantes, les villes attaquées, les corps transformés, les magiciens épuisés par la guerre, les puissances absurdes qui s’affrontent. <strong>Le film dit la dégradation de l’humain lorsqu’il se laisse absorber par la violence.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Visuellement, <em>Le Château ambulant</em> est l’un des films les plus foisonnants de Miyazaki. Le château lui-même fourmille de détails, d’objets, de mécanismes, d’éléments de décor. Chaque image semble habitée. <strong>Laëtitia Scherier le décrit comme l’un de ses films les plus impressionnants en matière de minutie et de délicatesse dans les décors.</strong></p>



<h2 id="h-derniere-semaine-du-cycle-retro-deux-films-historiques-deux-figures-feminines" class="wp-block-heading">Dernière semaine du cycle rétro : deux films historiques, deux figures féminines</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cycle rétro de l’été arrive à sa dernière semaine</strong>. Après les road movies, les drames intemporels, les comédies romantiques et les films policiers, Les Lobis terminent avec <strong>le film historique.</strong> Laëtitia Scherier a choisi deux œuvres très différentes : <strong><em>Lili Marleen</em>, de Rainer Werner Fassbinder, et <em>La Leçon de piano</em>, de Jane Campion.</strong> Elles sont séparées par un peu plus d’une décennie, mais dialoguent <strong>autour de figures féminines confrontées à des systèmes qui cherchent à les enfermer.</strong> <em>Lili Marleen</em> est réalisé par un homme, mais repose sur un personnage féminin central, sur ses choix, ses ambiguïtés, sa place dans un système politique criminel. <em>La Leçon de piano</em>, lui, est un film majeur signé par Jane Campion, première réalisatrice à avoir obtenu la Palme d’or.</p>



<h2 id="h-lili-marleen-chanson-spectacle-et-compromission" class="wp-block-heading"><em>Lili Marleen</em> : chanson, spectacle et compromission</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sorti en 1981, <em>Lili Marleen</em> est réalisé par Rainer Werner Fassbinder, l’un des grands représentants du nouveau cinéma allemand. Le film se déroule majoritairement pendant la Seconde Guerre mondiale, dans l’Allemagne nazie, et prend la forme d’un drame historique et romantique. <strong>Il raconte l’histoire d’une chanteuse allemande, incarnée par Hanna Schygulla, qui connaît un immense succès grâce à la chanson <em>Lili Marleen</em>. Le morceau devient progressivement un hymne repris par les soldats allemands.</strong> La chanteuse, elle, se retrouve portée par une célébrité qui la rapproche du pouvoir nazi, alors même qu’elle ne se confond pas entièrement avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En parallèle, elle tombe amoureuse d’un musicien juif issu d’une famille engagée dans la résistance au nazisme.</strong> Cette relation rend leur existence extrêmement dangereuse dans l’Allemagne d’Hitler. Le film parle d’amour, mais aussi de propagande, de spectacle, de représentation et de manipulation politique. Il interroge <strong>la manière dont une œuvre artistique peut être récupérée par un régime.</strong> Une chanson peut-elle rester une chanson lorsqu’elle devient un outil d’adhésion collective ? Une artiste peut-elle prétendre à la neutralité lorsqu’elle bénéficie d’un système politique dont elle ne partage pas nécessairement les valeurs ? C’est l’un des points qui intéressent particulièrement Laëtitia Scherier. <strong>Le personnage cherche d’abord à faire carrière. Son succès lui ouvre des portes, mais ces portes sont celles d’un pouvoir criminel.</strong> Elle ne soutient pas frontalement le régime, mais <strong>elle en profite</strong>. Le film pose alors une question morale difficile : <strong>peut-on rester neutre dans une dictature lorsqu’on bénéficie de son système ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ambiguïté donne au film sa force. Fassbinder ne filme pas seulement une histoire d’amour impossible. Il filme <strong>la zone grise de la compromission,</strong> la manière dont le spectacle peut être intégré à la propagande, la difficulté de rester à distance quand le pouvoir vous utilise. L’esthétique du film accompagne cette réflexion. Fassbinder ne cherche pas le réalisme sec du film de guerre. Il adopte une forme très travaillée, presque théâtrale, qui correspond à son sujet : le spectacle, la scène, l’image de soi, la fabrication d’une icône. Beaucoup connaissent sans doute la chanson <em>Lili Marleen</em>. Beaucoup ont peut-être entendu parler du film sans l’avoir vu.</p>



<h2 id="h-la-lecon-de-piano-silence-desir-et-emancipation" class="wp-block-heading"><em>La Leçon de piano</em> : silence, désir et émancipation</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Autre grand classique de la semaine</strong> : <em>La Leçon de piano</em>, de Jane Campion. Le film a reçu la <strong>Palme d’or en 1993</strong>, ex æquo avec <em>Adieu ma concubine</em>, et Jane Campion est devenue la première réalisatrice à obtenir cette récompense. <strong>Holly Hunter, qui interprète le rôle principal, a également reçu le Prix d’interprétation féminine à Cannes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film raconte l’histoire d’Ada, une jeune femme écossaise, muette depuis l’enfance, qui arrive en Nouvelle-Zélande avec sa fille. <strong>Elle doit y épouser un homme qu’elle ne connaît pas.</strong> Ce mariage lui est imposé par les conventions sociales d’une époque où une femme seule avec un enfant ne dispose pratiquement d’aucune liberté. Ada communique grâce à sa fille, qui traduit pour elle, et surtout grâce à son piano. <strong>L’instrument n’est pas un simple objet. Il est sa voix, son langage, son espace intérieur.</strong> Par lui, elle exprime ses émotions, ses désirs, sa colère, ce que les mots ne peuvent pas ou ne veulent pas dire. Lorsque son nouveau mari refuse de transporter le piano, il ne lui retire pas seulement un instrument. Il lui confisque une part essentielle d’elle-même. Ada va chercher un autre moyen de jouer, et cette quête l’entraîne vers une relation amoureuse aussi intense que tumultueuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier insiste sur <strong>la dimension féministe du film</strong>. <em>La Leçon de piano</em> met en scène <strong>une femme enfermée dans une société où les hommes disposent du pouvoir</strong> : pouvoir de décider de son mariage, de son lieu de vie, de ses déplacements, de son corps, de ses biens, de sa parole. Le mutisme d’Ada n’est évidemment pas un détail. Il renforce le sentiment d’enfermement, mais il peut aussi être lu comme un refus. <strong>À quoi bon parler dans une société qui ne vous écoute pas ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film devient alors <strong>une réflexion sur l’émancipation féminine.</strong> Ada ne se libère pas par un grand discours. Elle le fait par ses gestes, sa musique, son désir, sa manière de résister aux contraintes qui lui sont imposées. Jane Campion filme le corps, le silence, le regard, la sensualité et la violence des rapports sociaux sans réduire son personnage à une victime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Leçon de piano</em> est un film historique, mais il reste <strong>profondément contemporain dans ce qu’il raconte</strong> : la domination masculine, la confiscation de la parole, le désir d’exister par soi-même, la difficulté pour une femme de reprendre possession de son existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Laëtitia Scherier, c’est un film <strong><em>« totalement culte »</em></strong>. Un film dont beaucoup connaissent la réputation, parfois sans l’avoir vu. Le cycle rétro permet justement cela : remettre les grands films dans la salle, là où leur puissance visuelle, sonore et émotionnelle peut se déployer pleinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>>> Pour en savoir plus : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/">blois-les-lobis.cap-cine.fr</a></em></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/carte-blanche-aux-lobis-linconnue-miyazaki-fassbinder-et-jane-campion-pour-une-semaine-dense">Carte blanche aux Lobis : L’Inconnue, Miyazaki, Fassbinder et Jane Campion pour une semaine dense</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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		<title>Fjord, Soudain, L’Odyssée, Ghibli et grands policiers pour la réouverture des Lobis</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 14:55:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la fermeture estivale, le cinéma Les Lobis rouvre ses portes avec une semaine particulièrement dense. Laëtitia Scherier, directrice du cinéma blésois, présente une programmation de reprise qui réunit Fjord, Palme d’or 2026 de Cristian Mungiu, Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, quelques séances de L’Odyssée de Christopher Nolan, la suite du cycle Ghibli avec Le Royaume &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/fjord-soudain-nolan-ghibli-et-grands-policiers-pour-la-reouverture-des-lobis">Fjord, Soudain, L’Odyssée, Ghibli et grands policiers pour la réouverture des Lobis</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après la fermeture estivale, le <a href="https://bloiscapitale.com/category/cinema" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinéma</a> Les Lobis rouvre ses portes avec une semaine particulièrement dense. Laëtitia Scherier, directrice du cinéma blésois, présente une programmation de reprise qui réunit <strong><em>Fjord</em>, Palme d’or 2026</strong> de Cristian Mungiu, <strong><em>Soudain</em> de Ryūsuke Hamaguchi,</strong> quelques séances de <strong><em>L’Odyssée</em> de Christopher Nolan</strong>, la suite du <strong>cycle Ghibli</strong> avec <em>Le Royaume des chats</em>, l’avant-première de <strong><em>L’Inconnue</em> d’Arthur Harari,</strong> deux classiques policiers et le retour du <em>Salon qui bouge*.</em></p>



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<h2 id="h-fjord-famille-religion-et-autorite-parentale" class="wp-block-heading"><em>Fjord</em> : famille, religion et autorité parentale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Lobis reprennent au moment de la sortie de la Palme d’or. Pour Laëtitia Scherier, il n’était <em>« évidemment pas une option »</em> de rester fermé au moment où arrive en salle le film couronné à Cannes.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="815" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png" alt="" class="wp-image-35672" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-10.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-10-221x300.png 221w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette Palme d’or, c’est <em>Fjord</em>, nouveau film de Cristian Mungiu. Le cinéaste roumain connaît très bien Cannes : il avait déjà remporté la Palme d’or en 2007 pour <em>4 mois, 3 semaines, 2 jours</em>, film consacré à la question de l’avortement et du droit à l’avortement. <em>Au-delà des collines</em> avait ensuite obtenu le Prix du scénario et un double Prix d’interprétation féminine, avant que <em>Baccalauréat</em> ne soit récompensé par le Prix de la mise en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour Laëtitia Scherier, cette nouvelle Palme d’or est <em>« plus que méritée »</em>.</strong> <em>Fjord</em> raconte l’histoire d’<strong>une famille roumano-norvégienne.</strong> Le père est roumain, la mère norvégienne. Ensemble, ils reviennent s’installer en Norvège, dans un petit village isolé au bord d’un fjord. C’est une famille profondément traditionnelle et religieuse. <strong>Très vite, une suspicion de maltraitance envers les enfants pèse sur eux.</strong> À la suite d’un signalement, les services sociaux interviennent et retirent temporairement les enfants, le temps qu’une enquête soit menée. Le film met alors en scène une confrontation entre deux conceptions de la famille, de l’éducation et de l’autorité parentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier insiste sur la force du dispositif moral choisi par Cristian Mungiu. Le cinéaste n’impose pas de jugement immédiat. <em><strong>« Il expose les faits, mais il ne prend pas parti »</strong></em>, souligne-t-elle. <strong>Le spectateur doit tirer ses propres conclusions,</strong> à partir de ses valeurs, de son regard et de ce que le film accepte de lui montrer. La question centrale n’est pas simplement de savoir qui a raison. Le film laisse assez vite percevoir que l’éducation imposée aux enfants est extrêmement rigoureuse, jusqu’à interroger le rapport des parents au corps de leurs enfants. <strong>Mais <em>Fjord</em> va plus loin. Il demande comment des systèmes de valeurs incompatibles peuvent encore dialoguer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Laëtitia Scherier, c’est ce qui rend le film passionnant et dérangeant. Certaines pratiques ne peuvent évidemment pas être cautionnées. Mais si elles existent, il faut aussi être capable de comprendre d’où elles viennent, comment elles se construisent et pourquoi elles perdurent. <strong><em>« Si on ne comprend pas les origines d’un problème, comment est-ce qu’on peut le traiter ? Et surtout, comment est-ce qu’on peut s’assurer que ça ne se reproduise pas ? »</em></strong>, interroge-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette famille, <strong>le film regarde aussi notre époque.</strong> Il interroge la tendance contemporaine à refuser la nuance et la complexité, la manière dont les institutions, les communautés religieuses, les médias et chacun d’entre nous interprètent les faits à partir de convictions déjà présentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix d’une famille religieuse n’est donc pas anodin. <strong>Il oblige le spectateur à examiner ses propres réflexes. </strong>Comment juge-t-on des parents lorsque leur autorité excessive se fonde sur une lecture religieuse du monde ? Comment un regard extérieur, athée ou croyant autrement, reçoit-il cette situation ? À quel moment l’autorité parentale cesse-t-elle d’être un cadre éducatif pour devenir une atteinte au bien-être physique ou psychique de l’enfant ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène, elle, épouse pleinement le sujet. Cristian Mungiu travaille avec de longs plans, beaucoup de lumière naturelle et très peu de musique. <strong>Les paysages des fjords, leur beauté froide, l’immensité de l’eau et des montagnes contrastent avec l’enfermement des personnages.</strong> Ils sont isolés géographiquement, mais aussi psychologiquement. Le monde semble immense autour d’eux, tandis que leur situation se resserre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film dure environ deux heures et demie, mais Laëtitia Scherier estime qu’il tient l’attention jusqu’au bout. <strong><em>« C’est une très belle Palme d’or »,</em></strong> résume-t-elle. Une œuvre inconfortable, dense, qui ne cherche pas à rassurer, mais qui laisse le spectateur travailler longtemps après la projection.</p>



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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="816" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-11.png" alt="" class="wp-image-35677" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-11.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-11-221x300.png 221w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h2 id="h-soudain-ryusuke-hamaguchi-et-la-politique-du-soin" class="wp-block-heading"><em>Soudain</em> : Ryūsuke Hamaguchi et la politique du soin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Lobis proposent également <strong><em>Soudain</em>, de Ryūsuke Hamaguchi</strong>, en deuxième semaine. Le film franco-japonais était lui aussi en compétition au Festival de Cannes et a valu le <strong>Prix d’interprétation féminine à Virginie Efira et Tao Okamoto.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier dit avoir abordé le film avec une légère inquiétude. Elle aime beaucoup le travail du réalisateur japonais, notamment <em>Drive My Car</em>, <em>Le Mal n’existe pas</em> ou <em>Contes du hasard et autres fantaisies</em>, qu’elle décrit comme des œuvres à la mise en scène millimétrée. Mais <em>Soudain</em> est majoritairement tourné en France, en langue française, avec un scénario coécrit avec une Française. <em>« J’avais un peu peur de ne pas retrouver sa patte de mise en scène »</em>, confie-t-elle. Cette crainte s’est dissipée au bout d’une demi-heure. Malgré sa durée — près de trois heures —, <strong>le film retrouve, selon elle, la précision, la patience et la profondeur du cinéma de Hamaguchi.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Soudain</em> s’inspire d’<strong>une correspondance réelle entre une philosophe atteinte d’un cancer et une anthropologue.</strong> À partir de cette matière, le cinéaste construit <strong>une fiction centrée sur l’amitié entre deux femmes et sur la question du soin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Virginie Efira y incarne la directrice d’un EHPAD. Elle tente d’introduire dans son établissement une nouvelle méthode qui fait du soin un acte profondément politique. <strong>Soigner ne signifie pas seulement accomplir des gestes techniques.</strong> Cela devient une éthique de l’écoute, du toucher, de la présence et de l’attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film confronte évidemment cette ambition aux impératifs de rentabilité, au manque de moyens et à l’épuisement des soignants. Mais il ne s’enferme pas dans le constat noir. Il montre aussi <strong>la possibilité d’une transformation</strong>. Pour Laëtitia Scherier, c’est un film dur, mais lumineux. <em>« On ne pleure pas pendant trois heures »</em>, insiste-t-elle. <strong>Il y a des moments difficiles, mais aussi des moments de rire, de douceur et d’espoir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La durée du film lui paraît indispensable. Puisque le sujet est précisément le temps à accorder aux personnes âgées, le film devait, lui aussi, prendre son temps. <strong>Cette temporalité permet de partager réellement un moment avec les personnages et avec les résidents de l’EHPAD.</strong> Une version plus courte aurait, selon elle, appauvri le propos. Laëtitia Scherier voit dans <em>Soudain</em> <strong>un film nécessaire</strong>. Le film rappelle que l’attention portée aux autres n’est pas un supplément d’âme, mais une <strong>condition du vivre ensemble.</strong> Accompagner les jeunes au début de leur vie, accompagner les personnes âgées à la fin de la leur : c’est, dit-elle en substance, ce à quoi il faut se raccrocher.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un ciné-débat sera organisé le 4 septembre</strong>, sur la troisième semaine d’exploitation du film, avec la Fédération de soins palliatifs du Loir-et-Cher et notamment l’équipe du centre hospitalier Simone-Veil. L’accueil aura lieu à partir de 18h30, avant la <strong>projection à 19h,</strong> puis <strong>un échange avec les équipes</strong> et un <strong>temps convivial après la séance.</strong></p>



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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="750" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-12.png" alt="" class="wp-image-35686" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-12.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-12-240x300.png 240w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h2 id="h-l-odyssee-christopher-nolan-blockbuster-et-cinema-d-auteur" class="wp-block-heading"><em>L’Odyssée</em> : Christopher Nolan, blockbuster et cinéma d’auteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre choix de cette réouverture : quelques séances de <strong><em>L’Odyssée</em>, de Christopher Nolan.</strong> Le film est sorti le 15 juillet et a déjà très bien marché à <em>Cap Ciné</em>. Mais certains spectateurs ne sont pas véhiculés, d’autres ne souhaitent pas forcément aller au multiplexe. Or, pour elle, il serait dommage qu’ils passent à côté de ce film. Elle défend clairement la place de <em>L’Odyssée</em> aux Lobis. <em><strong>« Pour moi, Nolan fait des films d’auteur »</strong></em>, affirme-t-elle. À ses yeux, il s’agit d’un cinéaste avec une vision du cinéma, de la mise en scène et du médium. <strong>Un artiste populaire, certes, mais un artiste quand même.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film adapte <em>L’Odyssée</em> d’Homère, non comme une restitution exhaustive, mais comme <strong>la vision personnelle d’un réalisateur. </strong>Le projet est immense : près de trois heures, un budget colossal, un tournage pensé pour l’IMAX 70 mm, un casting qui réunit notamment Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Zendaya et Charlize Theron. Très peu de salles peuvent projeter le film dans les conditions idéales voulues par Nolan. Mais même sur un écran standard, Laëtitia Scherier dit avoir été frappée par l’ampleur de la mise en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paysages, batailles, créatures mythologiques, tempêtes en mer : <em>L’Odyssée</em> transforme le voyage d’Ulysse en expérience physique de cinéma. Il ne s’agit pas seulement d’impressionner, mais de donner la sensation d’un voyage hors norme, presque démesuré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laëtitia Scherier relève aussi la dimension artisanale du projet</strong>. Nolan cherche à limiter autant que possible le recours aux effets numériques. Animatronics, marionnettes géantes, décors concrets : le film porte une forme d’amour très visible pour la technique du cinéma. <em><strong>« Il faut être un réalisateur très cinéphile et amoureux de la technique pour faire une chose pareille »</strong></em>, observe-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le film ne se résume pas à son ampleur visuelle. Derrière les monstres, les dieux et les épreuves mythologiques, Laëtitia Scherier voit surtout le récit d’un homme marqué par la guerre, hanté par ce qu’il a vécu, confronté aux conséquences de ses décisions. Ulysse tente de retrouver sa famille, mais il n’est plus celui qu’il était lorsqu’il est parti. C’est là que le film rejoint les obsessions de Nolan : <strong>le temps, la mémoire, la culpabilité, la quête de soi, la croyance en une destinée</strong>. Pour Laëtitia Scherier, <em>L’Odyssée</em> est donc plus qu’un blockbuster : <em><strong>« une sacrée claque de cinéma ».</strong></em></p>



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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png" alt="" class="wp-image-35688" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-13.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-13-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h2 id="h-le-royaume-des-chats-ghibli-fantaisie-et-affirmation-de-soi" class="wp-block-heading"><em>Le Royaume des chats</em> : Ghibli, fantaisie et affirmation de soi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycle Ghibli se poursuit lui aussi. Il a déjà dépassé les 500 entrées, ce dont Laëtitia Scherier se réjouit. Cette semaine, le septième film proposé est <strong><em>Le Royaume des chats</em>, réalisé par Hiroyuki Morita.</strong> Sorti en 2002, le film est le premier long métrage de cinéma de Morita comme réalisateur. Il n’arrive pas pour autant sans expérience : il avait déjà travaillé dans l’animation, notamment au sein de productions liées à Ghibli, avant de signer <strong>cette œuvre très vive, colorée et accessible.</strong> Le récit suit Haru, une adolescente qui sauve la vie d’un chat mystérieux. Elle découvre ensuite qu’il s’agit du fils du roi des chats. Pour la remercier, les chats l’entraînent dans leur monde, où elle risque peu à peu d’être transformée en chat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la fantaisie, les chats anthropomorphes, le rythme et l’humour, Laëtitia Scherier y voit un véritable récit d’apprentissage. <strong>Haru doit apprendre à s’affirmer dans un monde qui veut lui imposer une identité.</strong> Le film pose alors une question simple et forte : <strong>vaut-il mieux être accepté par les autres en devenant quelqu’un d’autre, ou rester soi-même au risque de se sentir rejeté ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice des Lobis y voit des échos très actuels, notamment avec la pression qui pèse sur les jeunes et particulièrement sur les femmes. Le film parle de la difficulté de décider pour soi, d’arrêter de laisser les autres choisir à sa place. Sur le plan visuel, <em>Le Royaume des chats</em> associe animation traditionnelle et outils numériques. Les dessins restent réalisés à la main, puis numérisés et colorisés par ordinateur. Laëtitia Scherier décrit <strong>un film <em>« très pêchu »</em>, très coloré, avec beaucoup de rythme.</strong> Elle le recommande <strong>à partir de 6 ans,</strong> pas avant, car le personnage est régulièrement mis en danger.</p>



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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png" alt="" class="wp-image-35692" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/image-14-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<h2 id="h-avant-premiere-l-inconnue-d-arthur-harari" class="wp-block-heading">Avant-première : <em>L’Inconnue</em>, d’Arthur Harari</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine comprendra aussi une avant-première : <strong><em>L’Inconnue</em>, d’Arthur Harari, mardi 25 août à 20h15. </strong>Le film étant assez long, la séance commencera un peu plus tôt. Il s’agit du troisième long métrage du réalisateur, après <em>Diamant noir</em> et <em><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=259606.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</a></em>. Arthur Harari est aussi connu pour avoir <strong>coécrit <em>Anatomie d’une chute</em> avec Justine Triet</strong>. <em>L’Inconnue</em> était présenté en compétition officielle à Cannes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film est une adaptation libre du roman graphique <em>Le Cas David Zimmerman</em>, coécrit avec son frère Lucas Harari, également coscénariste du film. Le récit suit David Zimmerman, photographe timide, peu sociable, entraîné par des amis à une fête. Il est interprété par Niels Schneider, que Laëtitia Scherier dit avoir trouvé méconnaissable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>David remarque une femme,</strong> la croise à plusieurs reprises et, comme envoûté, se met à la suivre. Quelques heures plus tard, il se retrouve <strong>dans le corps de cette inconnue</strong>, interprétée par Léa Seydoux. <strong>Le cœur du film est la question de l’identité</strong>. Que reste-t-il de soi lorsque le corps, l’apparence et l’identité sociale ne correspondent plus à ce que l’on ressent intérieurement ? Le dispositif fantastique rend cette question très concrète : <strong>un homme devient littéralement étranger à son propre corps.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier souligne aussi l’intelligence du choix du personnage principal. <strong>David est photographe. Il observe davantage qu’il ne participe à sa propre vie.</strong> Il regarde les autres en gardant une distance avec le monde. Le basculement fantastique inverse la situation : <strong>celui qui regardait devient celui qui est regardé.</strong> Le film ouvre des pistes sur le corps, le regard, l’identité, l’identité de genre, mais sans se réduire à une seule lecture. Pour Laëtitia Scherier, cette <strong>singularité</strong> peut séduire au-delà du public amateur de fantastique.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-1024x341.png" alt="" class="wp-image-35729" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400.png 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
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<h2 id="h-cycle-retro-kurosawa-et-hitchcock-cote-policier" class="wp-block-heading">Cycle rétro : Kurosawa et Hitchcock côté policier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycle rétro continue et approche lui les 400 entrées. Laëtitia Scherier se dit particulièrement heureuse de l’accueil réservé à <em>Vol au-dessus d’un nid de coucou</em>, de Miloš Forman. Cette semaine, le cycle se tourne vers le genre policier. Premier titre : <strong><em>Chien enragé</em>, d’Akira Kurosawa</strong>. Réalisé en 1949, quelques années seulement après la Seconde Guerre mondiale, le film prend la forme d’une enquête policière mais dresse surtout<strong> un portrait du Japon d’après-guerre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un jeune policier se fait voler son arme.</strong> Il apprend ensuite que <strong>celle-ci a servi à commettre un crime contre un innocent.</strong> Rongé par la culpabilité, il part à la recherche du revolver et du voleur. À travers cette intrigue, Kurosawa montre une société marquée par la pauvreté, les traumatismes de la guerre et les fractures d’une génération. Le titre japonais signifie littéralement <em>« chien errant </em>», mais le titre français, <em>Chien enragé</em>, conserve une force très juste. Il désigne à la fois le policier et le criminel : deux hommes issus du même monde, du même traumatisme collectif, mais ayant emprunté des chemins radicalement différents. Le film pose ainsi une question morale et sociale : <strong>qu’est-ce qui sépare un homme honnête d’un criminel lorsque tous deux sont le produit de la même société blessée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième film policier : <strong><em>Jeune et innocent</em>, d’Alfred Hitchcock, sorti en 1937.</strong> Un homme est accusé du meurtre d’une actrice. Tout semble jouer contre lui. Il prend la fuite et, avec l’aide de la fille du commissaire chargé de l’enquête, <strong>tente de retrouver le véritable assassin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On retrouve déjà les grands motifs hitchcockiens : l’innocent accusé à tort,</strong> <strong>la fuite</strong>, le personnage pris dans une situation qui le dépasse, le couple contraint de collaborer, les jeux de regard et les détails qui prennent soudain une importance décisive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier rappelle que le suspense, chez Hitchcock, ne consiste pas seulement à cacher l’identité du coupable. <strong>Le cinéaste donne souvent au spectateur des informations que les personnages ne possèdent pas.</strong> Le spectateur sait, attend, anticipe, redoute. La pression se déplace alors vers lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jeune et innocent</em> marque aussi une transition entre la période britannique d’Hitchcock et son futur cinéma hollywoodien.</strong> Le film contient déjà plusieurs éléments qui deviendront caractéristiques de son œuvre. La révélation finale, amenée par un mouvement de caméra très visuel, annonce cette manière hitchcockienne de guider l’œil du spectateur plutôt que de simplement lui donner une information. Et, comme souvent, le cinéaste apparaît dans un caméo…</p>



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<p class="wp-block-paragraph" id="h-le-salon-qui-bouge-reprend-aux-lobis"><strong><em>*<a href="https://bloiscapitale.com/stephanie-boireau-le-salon-qui-bouge-parmi-les-101-femmes-entrepreneures-2025" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Salon qui bouge (coiffure)</a> reprend ses permanences aux Lobis, cette fois un jeudi : jeudi 20 août, de 14h à 19h.</em></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">&gt;&gt; Pour en savoir plus : <strong><em><a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/#home" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blois-les-lobis.cap-cine.fr</a></em></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/fjord-soudain-nolan-ghibli-et-grands-policiers-pour-la-reouverture-des-lobis">Fjord, Soudain, L’Odyssée, Ghibli et grands policiers pour la réouverture des Lobis</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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		<title>Cette semaine aux Lobis : L’Aventure rêvée, Comète, The Last Viking, Chihiro et deux comédies cultes</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 09:53:21 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/cette-semaine-aux-lobis-laventure-revee-comete-the-last-viking-chihiro-et-deux-comedies-cultes">Cette semaine aux Lobis : L’Aventure rêvée, Comète, The Last Viking, Chihiro et deux comédies cultes</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dernière semaine avant la fermeture annuelle du <a href="https://bloiscapitale.com/category/cinema" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinéma</a> Les Lobis. <strong>Avant la pause estivale, du 22 juillet au 18 août inclus,</strong> Laëtitia Scherier, directrice du cinéma blésois, présente une programmation particulièrement variée : trois sorties nationales, la suite du cycle Ghibli avec <em>Le Voyage de Chihiro</em>, et deux comédies romantiques devenues cultes dans le cadre du cycle rétro. <strong><em>« Il y en a vraiment pour tout le monde »,</em></strong> résume Laëtitia. Thriller politique aux frontières de l’Europe, fresque chorale parisienne, comédie noire danoise, grand classique de Miyazaki et comédies romantiques patrimoniales : <strong>la semaine joue pleinement la diversité.</strong></p>



<h2 id="h-l-aventure-revee-aux-marges-de-l-europe" class="wp-block-heading"><em>L’Aventure rêvée</em> : aux marges de l’Europe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Première sortie nationale de la semaine : <em>L’Aventure rêvée</em>, troisième long métrage de <strong>Valeska Grisebach.</strong> La réalisatrice allemande reste encore peu connue du grand public, mais elle est déjà bien identifiée par les cinéphiles. Son précédent film, <em>Western</em>, abordait déjà la question des frontières et avait été sélectionné à Cannes dans la section Un Certain Regard. Avec <em>L’Aventure rêvée</em>, la cinéaste a franchi un nouveau cap : le film était présenté cette année en compétition officielle et en est reparti avec <strong>le Prix du Jury.</strong> <strong>Pour Laëtitia Scherier, cette récompense est méritée,</strong> même si le film demeure <em>« un objet assez singulier »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le point de départ peut évoquer un thriller.</strong> Une archéologue mène des fouilles avec son équipe lorsqu’elle renoue avec un ami d’enfance. Elle se retrouve peu à peu entraînée dans un univers de contrebande et confrontée à un réseau mafieux. <strong>Mais le film dépasse rapidement la simple mécanique du suspense.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="817" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-9.png" alt="" class="wp-image-34976" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-9.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-9-220x300.png 220w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Le récit se déploie dans une région frontalière <strong>entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.</strong> Un territoire de circulation, parfois <strong>proche du no man’s land,</strong> où transitent des marchandises, mais aussi des personnes migrantes. Le film aborde donc également la question migratoire et <strong>la manière dont les personnes exilées sont considérées ou traitées dans ces espaces de marge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Valeska Grisebach laisse au spectateur le temps de recomposer peu à peu les liens entre les personnages, les rapports de force, les enjeux politiques et les tensions historiques qui traversent le territoire. Le film dure 2h40, et cette durée participe de son geste : <strong>faire sentir un monde</strong>, ses strates, ses silences, ses violences. <em>« Elle n’est pas du tout didactique pour autant »</em>, souligne Laëtitia Scherier. <strong>La réalisatrice ne mâche pas le travail du spectateur. Elle donne à voir, puis laisse chacun comprendre ce qui se joue.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’archéologie occupe une place centrale dans le film.</strong> Le personnage principal déterre réellement des objets, mais ce geste devient aussi une métaphore. Fouiller le sol, c’est <strong>faire remonter une mémoire enfouie</strong> : anciens réseaux de contrebande, guerres passées, héritages du communisme, blessures historiques jamais refermées. <strong>Tout cela continue d’agir sur les personnes qui vivent aujourd’hui dans cette région.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension historique se double d’un regard sociologique. Le film décrit <strong>un territoire marqué par des rapports sociaux très patriarcaux.</strong> La violence irrigue les relations, les échanges, les silences, les corps. Laëtitia Scherier insiste sur le fait que Valeska Grisebach ne transforme pas son héroïne en figure spectaculaire venue résoudre les conflits. Elle préfère montrer que <strong>le courage peut prendre d’autres formes : la patience, la persévérance, la capacité à tenir, à rester, à regarder.</strong> <em>L’Aventure rêvée</em> devient ainsi une fresque sur les marges de l’Europe contemporaine. Un film exigeant, parfois déroutant, mais fascinant par sa manière de <strong>révéler ce qui, dans un territoire, continue de modeler le présent.</strong></p>



<h2 id="h-comete-une-nuit-dans-paris-des-vies-qui-se-croisent" class="wp-block-heading"><em>Comète</em> : une nuit dans Paris, des vies qui se croisent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième sortie nationale : <strong><em>Comète</em>, nouveau film d’Élie Wajeman</strong>. Le cinéaste, connu notamment du grand public pour <em>Médecin de nuit</em>, retrouve ici Vincent Macaigne dans <strong>un film construit comme une fresque chorale.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-10.png" alt="" class="wp-image-34981" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-10.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-10-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le récit se déroule durant une nuit particulière : une comète traverse le ciel de Paris.</strong> Elle devient un fil invisible, un événement qui relie plusieurs destins et donne aux personnages l’occasion de se regarder autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laëtitia Scherier décrit le film comme <strong>une déambulation dans Paris</strong>. <strong>Les personnages sont d’abord suivis séparément, puis leurs histoires se rapprochent, se croisent, glissent les unes vers les autres.</strong> Peu à peu, les liens se révèlent : liens entre générations, entre manières d’habiter la ville, entre solitudes, désirs, blessures ou inquiétudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La comète agit comme un révélateur.</strong> Elle rappelle aux personnages l’immensité du monde, la fragilité des existences individuelles, <strong>la petitesse de certaines préoccupations face à ce qui nous dépasse.</strong> Le film prend alors une dimension plus philosophique : quelle est la place de l’être humain dans le monde ? <strong>Que deviennent nos peurs, nos amours, nos angoisses, lorsqu’un événement cosmique vient tout remettre à l’échelle ?</strong> Mais <em>Comète</em> ne se limite pas à cette idée. <strong>Les histoires séparées demeurent très humaines.</strong> Le film aborde la romance, la santé mentale, les relations familiales, les rencontres et les solitudes urbaines. Pour Laëtitia Scherier, c’est avant tout <strong>une fresque humaine</strong>, où Paris devient un espace traversé par <strong>des vies qui finissent par se répondre.</strong></p>



<h2 id="h-the-last-viking-le-coup-de-coeur-dejante-de-la-semaine" class="wp-block-heading"><em>The Last Viking</em> : le coup de cœur déjanté de la semaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième sortie nationale, et <strong>coup de cœur de Laëtitia Scherier</strong> : <strong><em>The Last Viking</em>, d’Anders Thomas Jensen.</strong> Le film, interdit aux moins de 12 ans, n’est pas un film d’horreur, mais il relève clairement d’<strong>une forme de cinéma de genre.</strong> Le réalisateur danois signe ici son sixième long métrage et retrouve pour la sixième fois <strong>Mads Mikkelsen</strong>. L’acteur, désormais bien connu du grand public, a beaucoup tourné à l’international, mais il reste aussi associé au cinéma danois, notamment à Thomas Vinterberg, avec <em>La Chasse</em> et <em>Drunk</em>.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-11.png" alt="" class="wp-image-34982" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-11.png 600w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/image-11-225x300.png 225w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>The Last Viking</em>, un homme sort de prison après quinze ans de détention pour un braquage qui a mal tourné. Il n’a qu’une idée en tête : récupérer son butin. <strong>Le problème, c’est que la seule personne qui connaît la cachette est son frère.</strong> Or l’état psychique de celui-ci s’est profondément dégradé pendant ces quinze années. <strong>Il est désormais convaincu d’être la réincarnation de John Lennon.</strong> À partir de cette situation, le film entraîne les deux frères dans une quête rocambolesque, une sorte de <strong>road trip absurde et tragique</strong>. <em>« C’est un mélange d’humour noir et de tragédie »</em>, résume Laëtitia Scherier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film pourrait se contenter de son étrangeté. Il va plus loin. Derrière la comédie noire, Anders Thomas Jensen propose <strong>une réflexion sur la différence, la santé mentale, l’identité et le besoin fondamental d’être accepté tel que l’on est.</strong> Il interroge aussi la notion de normalité : qui décide de ce qui est normal ? Comment les personnes exclues peuvent-elles construire leur propre communauté ? Laëtitia Scherier insiste sur le fait que <strong>le film ne juge jamais ses personnages</strong>. Il les montre dans leurs failles, leurs bizarreries, leurs excès, sans les réduire à cela. Plus le récit avance, plus il va loin, sans pour autant se disperser. <em><strong>« C’est un film complètement déjanté »</strong></em>, dit-elle, mais un film <strong>dont la fin lui paraît particulièrement intelligente,</strong> parce qu’elle donne une profondeur nouvelle à tout ce qui précède.</p>



<h2 id="h-le-voyage-de-chihiro-miyazaki-au-sommet" class="wp-block-heading"><em>Le Voyage de Chihiro</em> : Miyazaki au sommet</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cycle Ghibli continue de très bien fonctionner aux Lobis.</strong> Cette semaine, place au sixième titre du cycle : <strong><em>Le Voyage de Chihiro</em>, de Hayao Miyazaki.</strong> Réalisé en 2001 et sorti en France en 2002, le film est devenu <strong>l’un des grands phénomènes culturels du cinéma d’animation.</strong> À l’époque, Miyazaki est déjà considéré comme l’un des plus grands cinéastes d’animation, mais <em>Le Voyage de Chihiro</em> franchit un seuil supplémentaire. Le film reçoit <strong>l’Ours d’or à Berlin</strong> en 2002, puis <strong>l’Oscar du meilleur film d’animation</strong> en 2003. Pour Laëtitia Scherier, le film fait partie de ces œuvres qui rappellent qu’un film d’animation, et a fortiori un dessin animé, n’est <strong>pas réservé au jeune public.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit suit Chihiro, une petite fille de 10 ans qui déménage avec ses parents. En traversant un tunnel, la famille bascule dans un monde peuplé d’esprits, de divinités et de créatures fantastiques inspirées du folklore japonais. Très vite, Chihiro se retrouve séparée de ses parents et doit apprendre à survivre dans cet univers étranger. Comme souvent chez Miyazaki, l’aventure n’est pas une fin en soi. Le merveilleux permet de parler du monde, des peurs, des désirs, du passage de l’enfance vers l’adolescence, puis vers l’âge adulte. Le film contient aussi une critique très nette de la société de consommation et de la mauvaise répartition des richesses. <strong>Mais il reste avant tout un récit d’initiation</strong>. Chihiro apparaît d’abord comme une enfant craintive, parfois capricieuse. <strong>Peu à peu, elle apprend à faire confiance à ses propres ressources.</strong> Elle découvre sa capacité à agir, à comprendre, à aider, à tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le film sera proposé en VF et en VO</strong>. Pour une première découverte, la directrice des Lobis le recommande plutôt à partir de 10 ou 11 ans. Certaines séquences peuvent impressionner les plus jeunes, notamment la disparition momentanée des parents de Chihiro, qui peut réveiller des peurs très fortes chez les enfants.</p>



<h2 id="h-quand-harry-rencontre-sally-la-comedie-romantique-americaine-par-excellence" class="wp-block-heading"><em>Quand Harry rencontre Sally</em> : la comédie romantique américaine par excellence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cycle rétro se poursuit également. Après une belle fréquentation autour de <em>Stand by Me</em> et <em>Vol au-dessus d’un nid de coucou</em>, Les Lobis passent à une semaine plus légère, consacrée aux <strong>comédies romantiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Premier film : <em>Quand Harry rencontre Sally</em>, de Rob Reiner, sorti en 1989.</strong> Le film est souvent présenté comme la comédie romantique américaine par excellence. Mais derrière sa légèreté apparente, Laëtitia Scherier y voit une réflexion très fine sur le temps qui passe, l’amitié, les relations entre les hommes et les femmes, et la manière dont les sentiments évoluent. À la fin des années 1980, le film participe aussi au renouvellement de la comédie romantique hollywoodienne. Cette réussite doit beaucoup au scénario de Nora Ephron, qui réalisera ensuite <em>Nuits blanches à Seattle</em> et <em>Vous avez un mess@ge</em>, deux autres films importants du genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence de <em>Quand Harry rencontre Sally</em> tient à sa manière de regarder les hésitations, les rendez-vous manqués, les maladresses des débuts amoureux. <strong>Les personnages ne tombent pas amoureux au premier regard. Ils apprennent d’abord à se connaître, à s’agacer, à se manquer, à revenir l’un vers l’autre. Leur histoire se construit avec le temps et la patience.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le duo formé par Billy Crystal et Meg Ryan participe largement à la magie du film. Lui incarne un homme cynique, terrorisé par l’échec sentimental et protégé par son humour. Elle joue une femme organisée, perfectionniste, très précise dans sa manière d’être au monde. <strong>Leur opposition nourrit la comédie, mais aussi la justesse du récit.</strong> Plus de trente-cinq ans après sa sortie, le film reste d’une grande modernité dans son observation des comportements amoureux. Certains spectateurs des Lobis ont déjà confié qu’ils l’attendaient avec impatience, parfois pour le revoir vingt ans après une première découverte.</p>



<h2 id="h-le-fabuleux-destin-d-amelie-poulain-paris-solitude-et-petits-gestes" class="wp-block-heading"><em>Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain</em> : Paris, solitude et petits gestes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour accompagner <em>Quand Harry rencontre Sally</em>, Les Lobis proposent aussi <strong><em>Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain</em>, de Jean-Pierre Jeunet.</strong> Laëtitia Scherier le présente comme <strong>l’une des grandes comédies romantiques françaises.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sorti en 2001, le film a été un immense phénomène, avec plus de 8 millions d’entrées en France. Il est devenu l’un des plus grands succès internationaux du cinéma français de cette décennie. Au-delà des chiffres, il a réussi à réunir un public très large autour d’une proposition visuellement forte, populaire et singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Pierre Jeunet avait déjà réalisé <em>Delicatessen</em>, <em>La Cité des enfants perdus</em> et <em>Alien, la résurrection</em>. Fort de cette expérience, notamment technique, il revient avec un film plus intime, centré sur <strong>une jeune femme solitaire qui décide, discrètement et de manière altruiste, d’améliorer la vie des personnes qui l’entourent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film parle de la peur d’aimer, de la solitude, mais aussi <strong>du pouvoir des petits gestes.</strong> Chez Amélie, une attention, une idée, une action presque minuscule peut transformer une existence. Le film repose sur cette croyance dans les détails du quotidien, dans les liens indirects, dans <strong>ce que chacun peut provoquer sans forcément se mettre en avant.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Audrey Tautou, encore peu connue du grand public à l’époque, devient avec ce rôle une figure emblématique du cinéma français. Le personnage d’Amélie s’impose rapidement dans l’imaginaire collectif, en France comme à l’étranger. <strong>Le film a aussi transformé l’image de Montmartre dans le monde entier.</strong> On lui a parfois reproché de montrer un Paris idéalisé, sublimé. Laëtitia Scherier rappelle toutefois qu’il s’agit de cinéma, et que <strong>le cinéma peut aussi faire rêver</strong>. Jean-Pierre Jeunet transforme Paris en décor de conte, avec des plans pensés presque comme des illustrations. <strong>La musique de Yann Tiersen</strong> participe pleinement à cette identité. L’accordéon, le piano, les motifs mélodiques : impossible de penser au film sans entendre cette bande originale devenue elle aussi très célèbre. Plus de vingt ans après sa sortie, <em>Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain</em> reste un film qui fait du bien à revoir. <strong>Ce qu’il raconte de la solitude demeure très actuel, tandis que sa foi dans les petits gestes garde une portée intemporelle.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">>> Pour en savoir plus : <a href="https://blois-les-lobis.cap-cine.fr/#home" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>blois-les-lobis.cap-cine.fr</em></a></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Comme chaque été, Les Lobis fermeront pendant un mois à compter du 22 juillet. Cette coupure permettra de faire du rangement, d’envisager quelques aménagements dans le cinéma et, bien sûr, de prendre un peu de repos. <strong>La réouverture est prévue le 19 août, avec la sortie de la Palme d’or.</strong> Le cinéma proposera également <strong><em>Soudain</em>, de Ryūsuke Hamaguchi, </strong>sorti la semaine précédente.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/cette-semaine-aux-lobis-laventure-revee-comete-the-last-viking-chihiro-et-deux-comedies-cultes">Cette semaine aux Lobis : L’Aventure rêvée, Comète, The Last Viking, Chihiro et deux comédies cultes</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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