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De Goldorak à Kerascoët, Blois se prépare à vivre au rythme de bd BOUM

Du 20 au 22 novembre, la 43e édition de bd BOUM réunira 220 auteurs et autrices à Blois. Autour du duo Kerascoët et du Kosovo, pays invité, le festival déploiera ses expositions, rencontres et ateliers dans toute la ville. Un rendez-vous gratuit qui revendique aussi son rôle auprès des jeunes lecteurs et des professionnels du livre.

Goldorak a déjà ses visiteurs. Sur l’escalier Denis-Papin, le robot géant et Actarus attirent les regards et les viseurs des smartphones. Lors de la présentation de bd BOUM, son directeur, Bruno Genini, s’est réjoui de l’accueil réservé à cette installation, réalisée avec la Ville de Blois et les éditions Kana à partir du dessin de Denis Bajram. Il y voit une manière de rappeler que « le centre-ville n’est pas mort » et que le patrimoine peut aussi devenir le support d’animations populaires. L’opération se prolonge dans les commerces avec « L’album de tes héros ! », un album offert par la Ville à compléter avec trente autocollants consacrés à Lupin, Capitaine Flam, Albator, Goldorak et Saint Seiya. Entre 60 et 80 albums sont distribués chaque jour depuis le lancement. La collecte se poursuivra jusqu’au 22 novembre, dernier jour du festival.

Car le grand rendez-vous approche. Du vendredi 20 au dimanche 22 novembre, bd BOUM accueillera 220 auteurs et autrices et environ 70 exposants. La Halle aux grains et le chapiteau formeront le cœur du salon du livre, sur un espace de 2 000 m². Mais une large part du programme se déroulera ailleurs : à la Maison de la bd, à la bibliothèque Abbé-Grégoire, aux Lobis, à la Fondation du doute, à La Fabrique ou encore au théâtre Nicolas-Peskine.

Une fête du livre qui défend l’accès à la culture

Derrière les chiffres et le programme, les organisateurs défendent une certaine idée du festival. Le président de bd BOUM, Jean-Charles Enriquez, souhaite une édition à l’image de l’association : « accueillante, conviviale et engagée ». Encore plus avec un monde du livre sous tension, entre petites maisons d’édition fragilisées et auteurs confrontés à la précarité.

Fabienne Quinet à la Maison de la BD
Fabienne Quinet à la Maison de la BD

Pour Fabienne Quinet, maire adjointe chargée de la culture, ces trois journées prolongent un travail moins visible, mené toute l’année à la Maison de la bd. « Un lieu où l’on apprend, où l’on échange, où l’on regarde les choses autrement, où chacun a une place », a-t-elle décrit. L’élue a insisté sur la dimension collective de cet engagement : « La culture, c’est aussi ce qui nous permet de partager quelque chose ensemble, de créer du lien entre les personnes. » Au nom de la Région Centre-Val de Loire, Delphine Benassy a souligné l’accompagnement des auteurs et des acteurs de la filière, notamment à travers les journées professionnelles organisées avec Ciclic. Elle a également défendu la place donnée aux jeunes dans le prix des lycéennes et lycéens de la BD à portée citoyenne. Face aux sujets abordés par les ouvrages sélectionnés, « avoir leur point de vue, leur regard sur ces sujets-là, c’est vraiment essentiel », a-t-elle affirmé. « On a besoin de construire avec eux notre avenir. »


Kerascoët, deux artistes derrière une même signature

Récompensés l’an dernier par le Grand BOUM – Ville de Blois, Marie Pommepuy et Sébastien Cosset reviennent sous leur signature commune, Kerascoët. Le duo a dessiné l’affiche de cette édition : les personnages de Foudroyants, leur série réalisée avec le scénariste Mathieu Burniat, illuminent les jardins de l’Évêché.

L’exposition Kerascoët sera présentée du 20 novembre au 20 mars 2027 à la Maison de la bd. Bruno Genini annonce une bonne centaine d’originaux et un parcours en trois parties, allant de la jeunesse aux récits adultes, avant d’explorer la méthode de travail du couple. De Miss Pas Touche à Beauté, de Jolies Ténèbres à Foudroyants, l’exposition permettra de mesurer la diversité de leurs univers et de comprendre comment se construit un dessin à deux. Les artistes rencontreront également des scolaires. Le samedi 21 novembre à 15 heures, ils participeront à « Génération animation », avec Virginie Augustin et Nicolas Kéramidas, à l’auditorium Samuel-Paty. La discussion portera sur les passages entre bande dessinée, animation et autres métiers de l’image.

Le Kosovo, une jeune scène à découvrir

L’invitation du Kosovo s’inscrit dans un partenariat avec le Gran Fest de Pristina, autour de l’auteur Gani Jakupi. À ses côtés, quatre jeunes artistes feront découvrir leurs travaux : Liza Dervishaj, Deniza Gafuri, Rina Krasniqi et Adrián Jakupi. Bruno Genini insiste sur la volonté d’accompagner cette génération, qui développe ses projets avec l’ambition de publier. Certaines de ces artistes ont déjà été accueillies en résidence à Blois. Leurs approches vont du manga à l’illustration, avec des univers personnels que le public pourra découvrir dans « Kosovo : l’éclosion des talents », du 3 novembre au 9 janvier 2027 à la bibliothèque Abbé-Grégoire. Une compilation de récits traduits en français accompagnera l’exposition. Une table ronde réunira les cinq artistes le samedi 21 novembre à 11 heures, dans l’espace adultes de la bibliothèque, sous la conduite de Laurent Melikian. Un café historique proposé par les Rendez-vous de l’histoire et Europe Ensemble prolongera cette découverte à 15 heures au Centre de la Résistance, de la Déportation et de la mémoire.

De New York aux mondes d’Orbital, des expositions très différentes

À la Maison de la bd, François Boucq et Jerome Charyn entraîneront les visiteurs dans leur New York avec La ville aux mille visages. Une quarantaine de planches et d’aquarelles reviendront sur leur collaboration, à l’occasion de Resurrection Hill, qui achève la trilogie commencée avec Little Tulip et New York Cannibals. L’exposition restera visible jusqu’au 27 février 2027.

À la Halle aux grains, Tébo réunira Captain Biceps, Raowl, Mickey et les Schtroumpfs. Une proposition familiale dont Bruno Genini souligne aussi l’intérêt pour les amateurs de technique, impressionné par la qualité des encrages originaux. La science-fiction aura sa place avec Serge Pellé et les vingt ans d’Orbital, série créée avec Sylvain Runberg. Au premier étage de la Halle, les visiteurs retrouveront également « Signé Coco », consacré à la dessinatrice de presse. Dessins d’actualité, travaux pour la télévision et bandes dessinées permettront d’aborder plusieurs facettes de son œuvre.

À la bibliothèque Abbé-Grégoire, Zelba présentera Mise à nu – L’expo d’une sale conne, du 3 novembre au 9 janvier 2027. Le parcours abordera notamment la représentation du corps féminin dans l’art et les thèmes de son album Légère comme une enclume. Le programme fera aussi une place à Pauline Torregrossa, autrice blésoise de Cabane, exposée à l’hôtel de ville et au Crédit Mutuel, ainsi qu’à Iason Saïtas, dont Miki et les colonels évoque l’enfance de son père sous la dictature grecque. Pour les jeunes lecteurs, Lina et le secret de la passerelle, de Julien Frey et Mathilde Domecq, est déjà présenté à la bibliothèque Abbé-Grégoire, jusqu’au 5 décembre.

Des rencontres pour parler des œuvres et du monde

Le programme permettra de prolonger la lecture par la discussion. François Boucq rencontrera le public le samedi à 11 heures à l’auditorium Samuel-Paty. Benoît Peeters, scénariste des Cités obscures, y donnera une conférence à 17 heures autour de son Dictionnaire amoureux de la bande dessinée.

Le dimanche à 11 heures, Jérôme Alquié, Denis Bajram, Xavier Dorison et José Luis Munuera reviendront sur la collection Classics de Kana et la reprise de héros du manga et de l’animation. À 15 heures, Gaspard Koenig et Étienne Appert présenteront La Désobéissance du radis, un essai graphique où se croisent philosophie, liberté et écologie.

D’autres rencontres prendront appui sur des expériences intimes ou des questions sociales. Terreur Graphique parlera de son rapport à l’alcool avec L’Addiction, s’il vous plaît, le vendredi à 17 heures. Le samedi à 15 h 30, Ulysse Gry sera accueilli à La Fabrique autour de Nanterre avant l’orage. La modération sera assurée par le conseil des jeunes de Blois.

À la Maison de la bd, les petits déjeuners et apéros de Zoo le Mag, limités à vingt personnes, proposeront des échanges avec Gaston autour de Rapologie, Vanyda pour La Passe-miroir, Anlor pour Ladies with Guns et Fred Duval autour de Mille ans.

Dessiner, écouter, regarder

Les enfants pourront découvrir la pratique de la BD avec Ida ou participer à une fresque collective de super-héros avec Solène Appéré. Un atelier fantasy avec Mohamed Reda Diassem s’adressera aux adolescents dès 12 ans. Betty Bone accueillera, sur réservation, des binômes adulte-enfant dès 3 ans, le dimanche à 16 heures. Son univers graphique se retrouvera aussi dans Immobile et Rebondi #1, spectacle mêlant danse et cirque, proposé par la scène nationale au théâtre Nicolas-Peskine : vendredi à 18 heures et samedi à 17 heures.

Aux Lobis, le concert dessiné La Planète Bleue associera les musiciens Paddy O’Turner et Mirtohid Radfar au dessinateur Joaquin Diaz, dans une création avec le Chato’do. Le dimanche à 17 heures, la pianiste Aline Pelletier interprétera les musiques de Joe Hisaishi, en entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Lectures projetées, séances de cinéma et quiz BD compléteront le week-end.

La bande dessinée voyagera jusque dans les transports. Antonia Bañados signe Les visages des gens, nouvelle histoire des Transports sentimentaux, présentée sur le parvis de la Halle aux grains. Au même endroit, le dimanche 22 novembre à 11 heures, Agglopolys et Azalys dévoileront un bus électrique illustré par Virginie Augustin.

Les prix de cette 43e édition de bd BOUM seront remis le samedi 21 novembre à 19 heures au cinéma Les Lobis. Parmi eux, le Grand BOUM – Ville de Blois, doté de 3 000 euros, récompensera un auteur ou une autrice pour l’ensemble de son œuvre. Le ou la lauréate signera l’affiche du prochain festival et bénéficiera d’une exposition consacrée à son travail.


bd BOUM 2026 — Informations pratiques

  • Dates : vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 novembre.
  • Salon du livre : Halle aux grains et chapiteau, à Blois.
  • Horaires : vendredi de 9 h à 19 h ; samedi de 10 h à 19 h ; dimanche de 10 h à 18 h.
  • Accès au salon : gratuit. Certaines propositions associées sont payantes ou sur réservation, notamment des séances de cinéma et des ateliers.
  • Expositions : plusieurs commencent avant le festival et se prolongent après le 22 novembre.
  • Programme et réservations : maisondelabd.com.

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