
Selon une enquête Ifop* pour Alliance France Tourisme, les intentions de départ reculent pour l’été 2026. Les Français restent attachés aux vacances, mais privilégient davantage la France, les budgets resserrés et les solutions accessibles.
Les vacances d’été demeurent un moment fortement associé à des émotions positives. Dans l’enquête Ifop réalisée pour Alliance France Tourisme, 48 % des Français évoquent spontanément un besoin d’air à la perspective des vacances d’été, et 47 % un sentiment de bonheur. Mais ces aspirations coexistent avec une contrainte budgétaire plus visible : 19 % des répondants associent les vacances à une préoccupation financière.
Pour l’été 2026, 68 % des Français déclarent avoir l’intention de partir en vacances pour un séjour d’au moins une semaine. Ils étaient 77 % en avril 2025. La part de ceux qui se disent certains de partir recule également : 37 % en 2026, contre 50 % l’année précédente. À l’inverse, 32 % déclarent qu’ils ne partiront pas.
Des écarts sociaux et territoriaux marqués
Les intentions de départ varient fortement selon le niveau de vie. Elles atteignent 84 % chez les catégories aisées, 83 % chez les classes moyennes supérieures, 68 % chez les classes moyennes inférieures, 62 % chez les catégories modestes et 58 % chez les catégories pauvres.
Les écarts apparaissent aussi selon le niveau de diplôme : 82 % des diplômés du supérieur déclarent avoir l’intention de partir, contre 52 % des personnes sans diplôme. Le lieu de résidence compte également : 83 % des habitants de l’agglomération parisienne envisagent un départ, contre 67 % dans les communes urbaines de province et 60 % dans les communes rurales.
L’été précédent, 28 % des Français déclarent ne pas être partis en vacances d’été. Cette proportion atteint 42 % chez les catégories pauvres, contre 11 % chez les catégories aisées.
Un recentrage vers la France
Parmi les Français qui ont l’intention de partir au moins une semaine, la France reste la destination privilégiée. 71 % prévoient de partir en France, contre 68 % en 2025. Les régions balnéaires arrivent en tête avec 34 %, devant les régions françaises situées à l’intérieur des terres, citées par 26 %. 12 % envisagent de partir dans leur propre région et 12 % à la montagne.
Les destinations européennes sont citées par 23 % des répondants, contre 26 % en 2025. Les départs hors d’Europe concernent 9 % des personnes interrogées ayant l’intention de partir, contre 13 % en 2025.
La voiture reste le principal moyen de transport
Le véhicule personnel demeure le moyen de transport le plus utilisé pour se rendre sur le lieu de vacances. Il est cité par 68 % des Français ayant l’intention de partir au moins une semaine, contre 61 % en 2025. L’avion est cité par 24 %, contre 28 % l’année précédente. Le train reste stable à 18 %.
L’usage du véhicule personnel varie fortement selon le territoire : il est cité par 83 % des habitants des communes rurales, 70 % des habitants des communes urbaines de province et 50 % des habitants de l’agglomération parisienne. Le train est davantage cité par les habitants de l’agglomération parisienne, à 35 %, et par les 18-24 ans, à 37 %.
Des hébergements entre locations, hôtel et solutions gratuites
Les locations saisonnières individuelles figurent parmi les modes d’hébergement les plus cités. Elles recueillent 43 % de citations pour les courts séjours et 41 % pour les longs séjours. L’hôtel est cité par 40 % des répondants pour les courts séjours et 23 % pour les longs séjours.
L’hébergement gratuit — chez des amis, dans la famille ou dans une maison de vacances — est cité par 32 % des répondants pour les courts séjours et 31 % pour les longs séjours. Le camping est également présent dans les préférences : il est cité par 22 % pour les courts séjours et 27 % pour les longs séjours.
Les plateformes d’hébergement de type Airbnb sont citées par 24 % des répondants pour les courts séjours et 20 % pour les longs séjours.
Des budgets plus resserrés
Parmi les Français ayant l’intention de partir au moins une semaine et qui se sont exprimés sur leur budget, 35 % prévoient de consacrer moins de 1 000 euros à leurs vacances d’été, contre 31 % en 2025. 38 % prévoient un budget compris entre 1 000 et 2 000 euros, contre 33 % en 2025. Les budgets compris entre 2 000 et 3 000 euros concernent 16 % des répondants, contre 21 % l’année précédente.
Les budgets supérieurs à 3 000 euros sont moins fréquents : 7 % prévoient entre 3 000 et 4 000 euros, 2 % entre 4 000 et 5 000 euros, et 2 % plus de 5 000 euros.
Dans le contexte d’inflation, 51 % des personnes ayant l’intention de partir déclarent prévoir de réduire le budget consacré à leurs vacances. Cette proportion atteint 74 % chez les catégories pauvres, 55 % chez les catégories modestes, 54 % chez les classes moyennes inférieures, 40 % chez les classes moyennes supérieures et 24 % chez les catégories aisées.
Réduire la durée, les extras ou les dépenses structurelles
Parmi ceux qui prévoient de réduire leur budget, 61 % envisagent de réduire l’amplitude de leurs vacances. Dans le détail, 32 % comptent réduire la durée de leurs vacances, 26 % partir moins loin et 21 % partir moins souvent.
Les dépenses sur place font aussi l’objet d’arbitrages : 60 % déclarent vouloir réduire les extras, dont 43 % en allant moins au restaurant, 30 % en faisant moins de shopping et 23 % en faisant moins d’activités. Enfin, 47 % prévoient de réduire les dépenses structurelles, notamment en trouvant des logements moins chers ou en prenant des trajets moins chers.
Le financement des vacances repose très largement sur l’épargne. Parmi les Français partis en vacances ces dernières années, 86 % citent l’épargne comme mode de financement, dont 74 % en premier.
Des vacances moins exposées sur les réseaux sociaux
L’enquête interroge aussi les pratiques numériques pendant les vacances. 28 % des Français déclarent communiquer peu et privilégier la déconnexion. 24 % partagent des photos ou vidéos principalement avec un cercle restreint, par exemple la famille, les amis ou les messages privés.
Le partage actif sur les réseaux sociaux concerne 18 % des répondants : 11 % partagent en temps réel, 4 % mettent en scène ou retravaillent leurs contenus avant publication, et 3 % publient surtout après leur retour. Cette pratique est plus fréquente chez les jeunes : 40 % des 18-24 ans déclarent partager activement leurs vacances sur les réseaux sociaux.
*L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne du 17 au 20 mars 2026.

