Marc Gricourt : « Dans certains domaines, il faut de la radicalité »
Force est de constater, le Parti socialiste sort de son Campus de Blois avec un paradoxe : il a réussi à préserver l’image d’une formation rassemblée, sans dissiper les profondes divergences qui la traversent à l’approche de l’élection présidentielle. La compétition est désormais officiellement ouverte pour la primaire de la gauche socialiste et démocratique, organisée avec Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, dont les deux tours se tiendront les 9-10 et 16-17 octobre. Son format, plus resserré que la primaire largement ouverte défendue par Olivier Faure, avait placé le premier secrétaire en minorité lors du vote interne sur ses modalités.
Annoncée le 30 août, la candidature d’Olivier Faure transforme la consultation en un affrontement stratégique avec Raphaël Glucksmann. Le président de Place publique, déclaré depuis le 23 août et donné favori, a rallié plusieurs figures importantes du PS, parmi lesquelles Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Carole Delga, Nicolas Mayer-Rossignol,Michaël Delafosse ou encore François Bonneau, président le région Centre-Val de Loire. Face à lui, Olivier Faure entend défendre une ligne plus nettement ancrée à gauche et sa capacité à renouer, après la primaire, le dialogue avec les écologistes, les communistes et les autres composantes susceptibles de former une majorité.
La compétition ne se limite toutefois pas à ces deux candidatures. Philippe Brun, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal entendent également porter leurs orientations. François Hollande, de son côté, refuse de participer à une primaire qu’il juge trop étroite et trop précoce. L’ancien président donne rendez-vous en décembre pour déterminer, en fonction du résultat et du rapport de force politique, le rôle qu’il pourrait encore jouer. La désignation d’octobre pourrait donc choisir un candidat sans refermer entièrement la question présidentielle.
C’est dans cette séquence incertaine que Marc Gricourt prend clairement position. Le maire de Blois apporte son soutien à Olivier Faure, au nom de son appartenance socialiste, mais aussi d’un choix de ligne : celui d’une gauche revendiquant des ruptures économiques, sociales et environnementales, tout en conservant la capacité de parler à l’ensemble de ses partenaires. Dans cet entretien accordé à Blois Capitale, l’édile revient sur les enseignements du CamPuS, les fragilités persistantes du PS, le poids du quinquennat Hollande et les conditions qui permettraient, selon lui, de reconstruire une gauche capable de gouverner.
Blois Capitale : Dimanche, vous avez annoncé que vous apportiez votre soutien à Olivier Faure. Que retenez-vous déjà de ce camPuS socialiste ?
Marc Gricourt : L’objectif était d’abord de faire en sorte que ce Campus soit celui de l’unité la plus large possible du Parti socialiste et qu’il se déroule dans des conditions sereines, dans le respect des militantes et des militants qui représentent les différents courants de pensée et textes d’orientation au sein du PS. De ce point de vue, la mission a été remplie. Ce qui en est ressorti, à travers le discours de clôture d’Olivier Faure et les prises de position du premier secrétaire du Parti socialiste, ce sont des orientations et des mesures que nous allons porter pendant la présidentielle, sur les questions internationales, environnementales, économiques et sociales. Cela fait évidemment écho à la santé et à l’éducation. C’était plutôt intéressant. En tout cas, je l’ai vécu comme tel, avec des orientations clairement à gauche. Et puis il y a eu dimanche l’annonce officielle de sa candidature à la primaire. J’avais lancé une perche, si je puis dire, dans mon discours d’accueil. J’avais indiqué qu’en tant que membre du Parti socialiste, si le premier secrétaire était candidat, il aurait mon soutien.
Il l’a sur la base d’une ligne programmatique qui, je n’en doute pas, sera conforme à ce qu’Olivier Faure défend depuis plusieurs années. Ce seront des mesures de gauche dans lesquelles je me retrouve, avec, bien sûr, la nécessité de faire preuve de sérieux dans certains domaines de la gestion publique, au regard de la réalité des déficits publics de la nation. Mais il faut aussi une ambition qui impose des ruptures avec les politiques menées depuis dix ans et, dans certains domaines, depuis bien plus longtemps, y compris sous les mandatures de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Ce que je défends également, dans certains domaines, c’est une forme de radicalité.
Certaines questions exigent des décisions tranchées. Sur le pouvoir d’achat, par exemple, il faudra évidemment lancer une conférence afin de parvenir à des accords. Sur les questions environnementales, il faut également savoir imposer des mesures, comme cela a été fait dans le passé concernant l’utilisation — ou plutôt la non-utilisation — de certains pesticides. Sur la santé, qui est un domaine que je connais bien, il faut enfin parvenir à redéfinir les modalités de financement de l’hôpital public, mais aussi celles du secteur médico-social, notamment des EHPAD. Il faut traiter la question du reste à charge pour les personnes et les familles, garantir à tous l’accès à un EHPAD lorsque cela s’impose, et conduire une véritable politique de santé publique. Cela suppose, bien sûr, une véritable politique de prévention, que nous n’avons pas dans notre pays.
Les enjeux sont donc importants. Sur l’éducation, Olivier Faure a également donné quelques pistes, notamment l’objectif de ne pas avoir de classe comptant plus de 19 élèves. Cela peut paraître utopique ou impossible à certains, compte tenu de la situation budgétaire. Pourtant, d’autres pays y parviennent. Quand je vais en Allemagne, dans les villes jumelées avec Blois, il n’y a pas de classe de plus de 20 élèves, que ce soit dans le primaire ou dans le secondaire. On ne peut pas tout comparer entre la France et l’Allemagne, mais nous appartenons tout de même aux dix premières puissances mondiales. Si nous ne pouvons pas nous fixer des objectifs ambitieux en matière d’éducation, afin de donner le plus de chances possible à tous les enfants et de faire en sorte que l’école de la République soit de nouveau capable de garantir les mêmes chances à chacun, cela pose question. Voilà quelques exemples des orientations données par Olivier Faure.
Ce qui est également intéressant dans sa candidature, c’est qu’il a toujours œuvré, depuis qu’il est premier secrétaire, à l’unité de la gauche. C’est lui qui avait initié les rencontres ayant conduit à la Nupes, puis au Nouveau Front populaire. Nous savons que ces deux démarches d’accord électoral entre les formations de gauche, lors des élections législatives, ont permis de résister, voire de faire mieux que ce que nous aurions pu imaginer séparément. Cela le différencie aussi d’autres candidats à cette primaire, notamment de Raphaël Glucksmann, qui a d’emblée écarté toute possibilité de travailler avec La France insoumise.
Or, imaginons que nous ayons demain un président de gauche et une Assemblée nationale de gauche : les formations situées en dehors de LFI ne seront pas majoritaires à elles seules. Il faudra donc gouverner ensemble, sur la base d’un programme et d’un accord de gouvernement. Exclure dès aujourd’hui la possibilité d’avoir demain, à la tête du pays, un gouvernement de Front populaire, comme cela s’est fait en 1936, comme François Mitterrand l’a fait dans un autre contexte ou comme Lionel Jospin l’a fait en 1997, c’est acter d’emblée que l’on ne pourra pas gouverner la France.
Nous savons que Raphaël Glucksmann aura des difficultés à rassembler largement la gauche. Je suis convaincu qu’Olivier Faure possède cette capacité, ou en tout cas cette volonté. Il a démontré qu’il savait discuter avec les autres formations politiques : le Parti communiste, les écologistes et les autres forces de gauche. Il aura donc, au lendemain de la primaire, une plus grande capacité à rassembler largement. Et puis, quand on est socialiste, on vote pour un candidat ou une candidate socialiste.
Ce qui me perturbe dans les prises de position de certains responsables du Parti socialiste qui ont d’emblée apporté leur soutien à Raphaël Glucksmann — et c’est leur liberté —, c’est que, lorsqu’on appartient à un parti politique, on choisit normalement de soutenir les candidates ou les candidats issus de cette formation. Cela me pose question.
Blois Capitale : Ce format de primaire a été voté. Mais est-ce celui que vous souhaitiez ?
Marc Gricourt : Ce n’est pas celui que je défendais. Je soutenais la proposition formulée par la majorité du bureau politique du PS : une primaire plus ouverte et plus large. La formule retenue donne d’emblée un avantage à Raphaël Glucksmann, ce qui fausse le jeu. Mais une majorité de militantes et de militants a approuvé cette formule. Nous en prenons donc acte. Il appartient maintenant à Olivier Faure de renverser la tendance annoncée et de se retrouver demain en tête de cette primaire.
Blois Capitale : Voter pour Olivier Faure, c’est donc s’autoriser ensuite à discuter avec les écologistes et les communistes ?
Marc Gricourt : Oui. Au regard des déclarations de Raphaël Glucksmann et de ce que disent notamment nos partenaires communistes et écologistes, nous savons qu’avec lui, ce serait très compliqué. Il serait donc difficile d’imaginer un élargissement de la majorité autour de sa candidature dès le premier tour. Or, nous savons qu’un tel élargissement peut être l’un des éléments permettant d’assurer une présence au second tour.
Blois Capitale : Ce qui est en jeu, c’est donc aussi le positionnement du candidat : au centre gauche ou clairement à gauche ?
Marc Gricourt : Absolument. Je ne remets pas en cause le positionnement politique de Raphaël Glucksmann, qui se situe à gauche, mais il défend, dans certains domaines, des orientations politiques libérales. Je ne voudrais pas que nous nous retrouvions demain avec des propositions s’inscrivant globalement dans la continuité des politiques menées depuis dix, vingt ou trente ans. C’est pour cela que j’évoquais la nécessité d’avoir, pendant cette primaire, de vrais débats. Il ne doit pas seulement s’agir d’un choix de personne, mais d’un choix fondé sur des positions politiques, des annonces et des orientations claires, permettant notamment aux militants socialistes de gauche de voter à partir de propositions concrètes.
Blois Capitale : Si Raphaël Glucksmann devait gagner, n’y aurait-il pas un risque de multiplication des candidatures pour occuper l’espace à gauche, voire de ralliement de certaines forces à LFI ?
Marc Gricourt : Le risque est plus important, nous le savons. Il y a d’abord celui d’une multiplication des candidatures. Si nous ne parvenons pas, au lendemain de notre primaire, à engager des discussions avec les autres responsables écologistes et communistes, nous prenons le risque que ces formations maintiennent leurs propres candidatures. Cette démultiplication rendrait d’emblée très difficile l’accès au second tour du candidat de la gauche non mélenchoniste.
Blois Capitale : Le Campus socialiste vous a-t-il aussi permis de sonder les tendances et de voir certaines évolutions se dessiner ?
Marc Gricourt : Il s’est passé quelque chose d’intéressant. De nombreuses militantes et de nombreux militants qui, lors du dernier congrès, avaient soutenu d’autres courants ou d’autres textes d’orientation que celui d’Olivier Faure ont exprimé ce que je viens de dire : « Nous sommes socialistes. Faisons d’abord le choix d’un candidat socialiste à cette primaire, et nous verrons ensuite. » C’est déjà un petit signal que j’ai trouvé intéressant. L’enjeu est véritablement de faire en sorte qu’Olivier Faure sorte vainqueur de cette primaire. Il y a d’autres candidats, mais il est, selon moi, le mieux placé pour porter nos couleurs.
Blois Capitale : Le résultat de cette primaire pourrait-il modifier votre engagement ? Pourriez-vous être plus ou moins actif dans la campagne ?
Marc Gricourt : Cela pourrait le modifier. Si Raphaël Glucksmann sortait vainqueur, je regarderais la situation. Je suis plutôt légitimiste : une stratégie a été définie par le parti. Mais Raphaël Glucksmann n’est pas socialiste. Dans cette hypothèse, j’examinerais ses propositions et ses orientations. Si je ne m’y retrouvais pas, cela pourrait m’amener à soutenir un autre candidat à gauche.
Blois Capitale : Quelle pourrait être votre place dans cette campagne présidentielle ? Quel serait votre niveau d’engagement ?
Marc Gricourt : Nous verrons. Il est évident que si Olivier Faure sort vainqueur de cette primaire et s’engage dans la campagne, il sera peut-être lui-même amené à me proposer d’y participer. Comme cela s’était passé avec Benoît Hamon, puis avec Anne Hidalgo, j’étais dans ce que l’on appelle le staff de campagne. Avec Benoît Hamon, j’avais beaucoup travaillé, avec d’autres, sur les questions de fiscalité, notamment la fiscalité locale et celle des ménages. Demain, je serai évidemment disponible pour contribuer à la réflexion, à la définition d’un programme, puis pour m’engager dans la campagne.
Blois Capitale : Vous avez déclaré que vous n’iriez pas aux élections législatives, mais que les élections sénatoriales pourraient davantage vous intéresser.
Marc Gricourt : Cela, c’est le résumé d’Henri Brissot dans La Nouvelle République… J’ai dit qu’aujourd’hui, en effet, mon intention n’était pas de me présenter aux élections législatives. Mais, comme je l’ai toujours précisé, cela reste vrai sauf situation particulière. Même si les candidats aux législatives sont investis avant l’élection présidentielle, je ne sais pas quelle sera la situation politique après la présidentielle. Il peut y avoir des bouleversements ou la nécessité de sécuriser les choses. Et, avec beaucoup d’humilité, cela m’a encore été dit pendant ce CamPuS : j’apparais toujours comme le mieux placé pour porter les couleurs de la gauche dans cette circonscription. Ce n’est pas mon intention. J’espère donc ne pas avoir à m’engager dans cette élection législative.
Le message que j’ai voulu faire passer est le suivant : si l’on estime que je peux jouer un rôle à l’échelle nationale, au Parlement, cela pourrait en effet passer, pourquoi pas, par les élections sénatoriales de 2029. Par définition, le profil des sénateurs correspond plutôt à celui de personnes ayant une expérience d’élu local. De ce point de vue, j’ai couvert tout le panel. J’ai donc, par définition, le profil que l’on attend généralement d’un sénateur. Mais, encore une fois, cela dépendra de mon état d’esprit. Peut-être que, dans trois ans, je resterai tout simplement maire de Blois. C’est déjà une chance et c’est déjà très bien. Peut-être déciderai-je ensuite de prendre ma retraite.
Blois Capitale : Qu’est-ce qui vous freine aujourd’hui pour les élections législatives puisque de l’avis général vous seriez le favori si vous vous présentiez ?
Marc Gricourt : Ce qui me freine aujourd’hui, et c’est ce que j’ai expliqué à certains de mes interlocuteurs, c’est que nous ne sommes plus en 2024.
En 2024, même si je ne l’avais pas imaginé, il existait aussi une opportunité calendaire. Nous étions à deux ans des élections municipales. Si j’avais été élu député, j’aurais obligatoirement dû, pour respecter la loi, passer la main. Celui qui aurait alors été maire de Blois aurait eu deux ans pour se confronter à la fonction avant de repartir aux élections municipales. Aujourd’hui, nous sommes dans un autre contexte. J’ai été réélu en 2026. Annoncer aux Blésois, un an plus tard, que j’envisage de quitter la fonction de maire pour laquelle ils m’ont élu, au profit d’un autre mandat, serait différent. Certains pourraient le comprendre, parce qu’il existe un enjeu national : tout faire pour éviter que cette circonscription ne bascule à l’extrême droite. Je me réserve cette hypothèse dans une situation politique particulière. Voilà où j’en suis aujourd’hui.
Blois Capitale : Vous pourriez donc vous engager avant tout pour faire barrage ?
Marc Gricourt : Oui.
Blois Capitale : Dans votre livre*, vous écrivez : « Lorsque les enjeux s’élèvent, lorsque la tension monte, je deviens un combattant. »
Marc Gricourt : C’est vrai. Les campagnes électorales ont toujours exercé sur moi une grande stimulation. J’estime aussi qu’il existe des échéances auxquelles il faut être candidat. Il n’était pas écrit qu’en 2008, je serais élu maire de Blois et que mon prédécesseur serait battu après un seul mandat. Mais lorsque l’on a des idées à porter, il faut aussi prendre ses responsabilités, quand on représente une formation politique et, plus encore, lorsque l’on est élu, et aller au combat. Nous parlions des élections sénatoriales. Imaginons que je sois demain candidat : ce serait un véritable combat politique. Si l’on regarde mathématiquement le nombre d’élus susceptibles de voter pour un candidat de gauche, nous sommes minoritaires dans ce département. Mais nous savons que d’autres paramètres entrent en ligne de compte lors d’une élection sénatoriale. Il y a des élus modérés ou non inscrits, qui sont d’ailleurs majoritaires, et qui regarderont l’engagement de l’élu dans son territoire, sa connaissance des collectivités, les valeurs qu’il porte, etc. Je suis convaincu qu’il existe une fenêtre de tir pour cette élection. Ce serait un défi, mais j’aime les défis.
Blois Capitale : Si François Hollande n’est pas candidat à la primaire, est-ce parce qu’il sait qu’il ne la gagnerait pas ?
Marc Gricourt : Je ne sais pas, c’est à lui qu’il faut le demander. Mais je peux entendre sa position d’ancien président de la République, considérant que, de ce fait, il n’a pas à participer à une compétition entre plusieurs candidats au sein d’une même formation politique. Je trouve que cela se discute, mais je peux l’entendre. Ensuite, cela fausse un peu les règles du jeu, parce qu’il dit lui-même qu’il se prononcera en décembre. Ce sera donc une fois que nous aurons désigné notre candidat à l’issue de cette primaire et que nous connaîtrons plus précisément les intentions des autres formations politiques, notamment communistes et écologistes, qu’il estimera s’il doit jouer un rôle ou non.
Blois Capitale : Mediapart expliquait qu’il avait été envisagé de faire venir pour ce CamPuS à Blois Pedro Sánchez et le maire de New York, Zohran Mamdani. Était-ce vraiment le cas ?
Marc Gricourt : Je n’ai pas eu cette information, mais j’en aurais été très heureux.
Blois Capitale : On vous connaît une très grande admiration pour Pedro Sánchez. Est-ce un peu le modèle à suivre ?
Marc Gricourt : Oui, je le crois. Il a démontré que l’on pouvait être socialiste, donc de gauche, et porter une ambition forte sur les questions environnementales, sociales, économiques et internationales. Il a le courage de défendre des positions qui ne sont pas forcément majoritaires, sur Gaza notamment. Depuis qu’il est au pouvoir, l’Espagne est numéro un en Europe sur le plan économique et social, avec des mesures fortes d’augmentation du salaire minimum, mais aussi sur les questions de société. C’est donc un exemple.
Blois Capitale : Si Olivier Faure l’emporte, êtes-vous certain que Raphaël Glucksmann ne se présentera pas malgré tout ? Et, dans votre esprit, le vainqueur devra-t-il ensuite discuter avec les autres forces de gauche pour les rallier ou pour se rallier à elles ?
Marc Gricourt : À partir du moment où Raphaël Glucksmann s’engage dans cette démarche de primaire, je ne saurais imaginer qu’il n’en respecte pas le résultat. Je n’ai pas trop d’inquiétude à ce sujet. S’il n’arrive pas en tête de cette primaire, il s’effacera. Mais il devra s’effacer en s’engageant, je l’espère, dans la campagne présidentielle aux côtés de celui ou de celle qui en sera sorti vainqueur.
Blois Capitale : Et le vainqueur devra ensuite discuter avec les autres forces de gauche ?
Marc Gricourt : Bien sûr. Il devra chercher à les rallier afin de définir une stratégie commune. Lorsque nous parlons des écologistes et du Parti communiste, le Parti socialiste reste la première force politique parmi ces trois formations. Il faudra donc essayer d’embarquer les autres autour de notre candidat. Nous savons très bien qu’une candidature du Parti communiste ne serait pas en mesure d’accéder au second tour et de l’emporter. J’ai également beaucoup de réserves sur une candidature écologiste, avec des écologistes qui sont eux-mêmes divisés. Une bonne partie penche vers Jean-Luc Mélenchon ; une autre ne le supporte pas et pencherait plutôt vers nous, mais plus difficilement vers Raphaël Glucksmann. Voilà la réalité du paysage politique à gauche aujourd’hui.
*Aventures en territoire humain aux éditions Plume d’éléphant



