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Blois veut faire entrer davantage d’habitants dans le jeu démocratique

Neuf projets soumis au vote, une enveloppe de 250 000 euros, une nouvelle Assemblée citoyenne appelée à travailler sur l’avenir du centre-ville et, en octobre, un débat sur le droit d’interpeller les élus. À Blois, la rentrée de la démocratie locale se joue sur plusieurs terrains. Avec une même question : comment élargir le cercle de ceux qui participent réellement ?


Un bloc d’escalade, des tables d’échecs dans les jardins, un parc canin, un verger en cœur de ville, une passerelle plus sûre pour les vélos ou encore mille arbres à planter. Depuis mardi 15 septembre et jusqu’au 15 octobre, neuf projets (voir ici) sont soumis au vote des Blésoises et des Blésois dans le cadre du budget participatif.

Créé en 2019, le dispositif dispose chaque année d’une enveloppe de 250 000 euros consacrée à des investissements proposés par les habitants. Vingt projets ont déjà été concrétisés depuis son lancement. Le principe est désormais rodé. Les idées sont déposées au printemps, examinées par les services, retravaillées lorsque cela est nécessaire, puis les projets jugés réalisables sont présentés au vote. Mais la municipalité ne cache pas que l’enjeu se situe désormais aussi du côté du nombre de participants. « L’idée, c’est d’aller consulter les habitantes et les habitants en tant qu’experts et expertes de leur quotidien, pour prendre en considération leurs attentes, leurs envies et leurs idées », explique Amandine Lebrat, adjointe notamment chargée de la démocratie participative. Encore faut-il que ces habitants s’en saisissent.

Neuf projets après une quarantaine de propositions

Une quarantaine de projets sont déposés chaque année. Tous ne vont pas jusqu’au vote. Une idée peut relever des compétences d’Agglopolys plutôt que de celles de la Ville, se heurter à une difficulté technique ou devoir être précisée avant de devenir réalisable. Les neuf projets retenus cette année touchent des domaines très différents : sport, loisirs, mobilités, bien-être animal et végétalisation.

budget participatif

Il est ainsi proposé d’installer neuf tables d’échecs dans les jardins de l’Évêché, de la Pinçonnière et de Creusille ; de végétaliser la cour de la crèche Mirabelle ; de créer un bloc d’escalade dans le quartier Sud possiblement plaine des Papillons ; de rendre moins glissante la passerelle de la gare pour les vélos ; d’aménager un parc canin à l’Arrou ; de planter un verger le long de l’escalier Florimond-Robertet ; d’installer un équipement de street workout sur la plaine Dumont-d’Urville ; de végétaliser la place Auguste-Poulain ; enfin, de planter 1 000 arbres dans les différents quartiers.

La présence importante du végétal n’est pas tout à fait nouvelle. Dès les premières éditions, les services avaient vu apparaître des propositions autour des arbres fruitiers. D’une année sur l’autre, certaines préoccupations reviennent ainsi suffisamment souvent pour que le budget participatif fasse aussi office, modestement, de thermomètre des usages et des envies.

Chaque votant doit retenir trois projets et les classer par ordre de préférence. La consultation est ouverte jusqu’au 15 octobre, en ligne (ici) et sur bulletin papier. Le chiffre trois ne correspond pas au nombre de futurs lauréats. Celui-ci dépendra du coût des propositions arrivées en tête et de leur possibilité d’entrer dans l’enveloppe totale de 250 000 euros. En 2025, trois projets avaient finalement pu être financés pour des montants estimés à 70 000, 80 000 et 100 000 euros.

Pendant ce mois de scrutin, les porteurs sont aussi invités à défendre leurs idées, à les expliquer et à convaincre autour d’eux. Mais la Ville de Blois aimerait surtout que le cercle des votants s’élargisse. L’an dernier, un peu plus de 800 personnes avaient participé. « On aimerait vraiment donner un coup de booster au nombre de participants », dit Amandine Lebrat.

Pour Guillaume Saveuse, conseiller municipal, l’enjeu va au-delà de la destination des 250 000 euros : « Notre grande inspiration, c’est de résorber l’abstention et le fossé supposé entre représentants et représentés. » Le budget participatif constitue en quelque sorte le premier degré de l’exercice. Deux minutes suffisent pour voter. À l’autre extrémité se trouve un engagement beaucoup plus exigeant.

Une année pour réfléchir au centre-ville

La seconde Assemblée citoyenne de Blois doit être installée cet automne. Après une première expérience consacrée aux liens entre générations, la Ville lui confie cette fois un sujet particulièrement large : « Quel avenir souhaitons-nous construire ensemble pour le centre-ville de Blois ? »

Habiter le centre-ville, y accéder et s’y déplacer, soutenir son commerce et son emploi, favoriser les rencontres et les usages des espaces publics, l’adapter enfin aux évolutions écologiques et climatiques : cinq entrées ont été retenues.

La composition reprend le principe adopté par le conseil municipal lors de la création de l’Assemblée citoyenne en 2024 : deux tiers d’habitants volontaires, un tiers de personnes tirées au sort sur les listes électorales, avec une recherche de diversité des âges, des quartiers et des profils. Le dispositif avait alors été prévu pour réunir entre 40 et 80 personnes. Cette fois, la Ville vise 80 membres. Elle a déjà reçu une centaine de candidatures. Six ou sept séances sont envisagées, dont au moins deux samedis, avec également du travail entre les réunions.

Un « avis éclairé », pas une addition de souhaits

Les membres de l’Assemblée ne seront pas immédiatement invités à dresser leur liste de mesures pour le centre-ville. Une première partie du travail doit consister à comprendre ce qui existe déjà et les contraintes qui entourent chaque sujet. Les services pourront intervenir sur les mobilités, l’habitat, le commerce, le stationnement, l’eau, les espaces verts, l’énergie ou encore le réseau de chaleur. Des personnes extérieures pourront également être auditionnées lorsqu’une expertise particulière sera nécessaire. Amandine Lebrat insiste sur ce préalable : « On n’est pas simplement dans : “Moi, j’aimerais ça, moi, je voudrais ça.” Il y a d’abord une formation, des experts, des discussions. L’objectif est d’arriver à un avis éclairé. »

Le mouvement doit fonctionner dans les deux sens. Les services expliquent pourquoi une solution apparemment évidente peut être beaucoup plus complexe à mettre en œuvre. Les habitants leur opposent, ou leur apportent, ce que les élus appellent leur expertise d’usage : ce que l’on voit lorsque l’on habite une rue, que l’on traverse quotidiennement une place ou que l’on pratique le centre-ville à certaines heures. Pour Guillaume Saveuse, la délibération suppose précisément ce temps-là : entendre, discuter, revenir sur ses premières certitudes, plutôt que rechercher immédiatement une réponse.

Pour des préconisations

Il reste une limite essentielle : l’Assemblée citoyenne ne décide pas à la place du conseil municipal. À l’issue de ses travaux, elle remettra des préconisations. La Ville s’engage à les examiner et à répondre, y compris pour expliquer pourquoi certaines seraient écartées. Personne ne sait encore sous quelle forme précise atterrira le travail sur le centre-ville. C’est aussi le principe du dispositif.

La première Assemblée citoyenne a d’ailleurs produit un résultat qui n’avait pas été prévu au départ. Consacrée aux rapports entre générations, elle devait rendre des préconisations. Certains participants ont finalement choisi de prolonger eux-mêmes leur réflexion en créant une association et en travaillant à un projet de tiers-lieu intergénérationnel.

« Vous avez le droit d’interpeller vos élus »

La nouvelle Assemblée sera lancée le 17 octobre à l’espace Jorge-Semprun, lors des Rencontres de la démocratie locale. Cette matinée doit aussi permettre de parler d’une autre forme de participation : l’interpellation citoyenne. Léa Galloy, de l’Institut Alinsky, interviendra notamment sur le sujet.

Dans une Assemblée citoyenne, la municipalité définit le thème soumis au travail des habitants. Avec l’interpellation, la prise d’initiative peut partir des habitants eux-mêmes. Blois dispose depuis 2024 d’un mécanisme formalisé : une interpellation réunissant 50 soutiens peut donner lieu à une rencontre avec les élus et les services concernés ; à 1 000 soutiens, la Ville prévoit l’organisation d’un atelier de médiation. Le dispositif avait été adopté par le conseil municipal le 24 juin 2024.

Bref, il existe à Blois plusieurs degrés d’entrée dans la vie publique. Les dispositifs sont là. Leur portée dépendra maintenant de ceux qui choisiront de s’en servir.


Pratique. Le vote du budget participatif est ouvert jusqu’au 15 octobre 2026, en ligne sur le site de la Ville et sur papier. Les candidatures à la nouvelle Assemblée citoyenne sont ouvertes jusqu’au 17 septembre. Les Rencontres de la démocratie locale se tiendront samedi 17 octobre, de 8h30 à 13h30, à l’espace Jorge-Semprun ; l’inscription est demandée, notamment pour le repas.


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