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À Blois, 100 pour 1 transforme les dons en logements pour des familles sans solution

Sept familles, soit 26 personnes dont 15 enfants, sont actuellement hébergées par l’association 100 pour 1 Loir-et-Cher. Son principe tient dans son nom : réunir de nombreux petits donateurs pour financer durablement un logement à une famille qui, sans cette aide, risquerait de se retrouver à la rue. Un dispositif né en 2018, qui ne se limite pas à fournir un toit mais accompagne les personnes jusqu’à leur autonomie.

À 100 pour 1, on ne cherche pas une chambre pour trois nuits. Quand l’association décide d’accueillir une famille, elle sait que l’histoire peut durer plusieurs mois, parfois plusieurs années. « On fait le choix de trouver un logement pour les héberger le temps qu’elles deviennent autonomes », explique Catherine Tesson, membre du conseil d’administration, de la commission accompagnement et chargée notamment de la communication.

C’est toute la particularité du dispositif. Il ne s’agit pas de répondre à l’urgence immédiate, mais d’offrir un peu de stabilité à des familles qui, sans cette solution, risqueraient de se retrouver à la rue. Aujourd’hui, sept sont accompagnées en Loir-et-Cher, soit 11 adultes et 15 enfants.

Cinq euros multipliés par cent

Le modèle tient d’abord à une arithmétique très simple. Cent personnes qui donnent chacune au moins cinq euros permettent de réunir 500 euros par mois. D’où le nom choisi par l’association : 100 pour 1. Cent pour un foyer. « C’est une association totalement indépendante, qui ne vit que par les cotisations des adhérents, des donateur – 253 actuellement – et quelquefois de dons autres », précise Catherine Tesson. L’argent sert avant tout à payer les logements. Le montage rassure aussi les propriétaires : c’est 100 pour 1 qui signe le bail et règle le loyer. La famille, elle, est hébergée gratuitement.

Les logements sont de nature et de taille différentes, selon la composition des familles accueillies. Certains sont proposés par des propriétaires privés, parfois à des conditions avantageuses, tandis que d’autres relèvent du parc social. 100 pour 1 privilégie Blois et sa proche périphérie, afin que les familles puissent accéder plus facilement aux transports, aux écoles, à la préfecture, aux services sociaux et aux associations qui les accompagnent.

La recherche de nouveaux logements reste toutefois un enjeu permanent : pour accueillir davantage de familles, l’association doit aussi pouvoir compter sur des propriétaires prêts à lui louer ou à mettre un bien à sa disposition.

Un toit, puis tout ce qu’il y a autour

Une fois la famille installée, le travail continue. Chez 100 pour 1, il ne s’agit pas seulement de payer un loyer : il faut suivre les démarches, répondre aux imprévus du quotidien, garder le lien et aider chacun à avancer vers davantage d’autonomie. L’association compte 18 bénévoles actifs. Chaque famille dispose, dans la mesure du possible, de deux référents qui la rencontrent régulièrement. « Ce qu’il faut, c’est épauler les gens. Les démarches sont tellement compliquées. Tantôt il faut aller déposer le dossier, tantôt il faut faire par Internet… »

Il faut aussi gérer tout ce qui paraît secondaire jusqu’au jour où une chasse d’eau fuit, qu’une machine à laver tombe en panne ou qu’un déménagement devient nécessaire. Une commission logement se charge de cette dimension très matérielle. D’ailleurs, 100 pour 1 cherche des bonnes volontés, notamment des personnes capables d’effectuer de petits travaux.

Autour des familles gravite ensuite tout un réseau. Catherine Tesson cite La Cimade, le Secours catholique, Emmaüs, les Restos du Cœur, les services sociaux ou encore Pas d’enfants à la rue. Les rôles se complètent. Si une famille est déjà suivie par La Cimade pour ses démarches administratives ou juridiques, 100 pour 1 n’a pas vocation à s’y substituer. Elle intervient là où elle peut être utile, principalement sur le logement et l’accompagnement dans la durée.

Des familles migrantes prises dans des procédures longues

Les sept familles actuellement hébergées sont des familles migrantes. Plusieurs ont vécu ou vivent encore sans titre de séjour. Certaines viennent seulement d’en obtenir un. Ce document administratif change beaucoup de choses. Il peut ouvrir la possibilité de travailler, de percevoir un revenu régulier puis, à terme, d’accéder à son propre logement. Mais les avancées restent fragiles et lentes. « Ce ne sont pas des situations bloquées, mais elles n’avancent pas vite », nuance Catherine Tesson. La vie s’organise donc dans l’attente de décisions administratives qui peuvent conditionner presque tout le reste.

Une convention et un accompagnement accepté

Être logé par 100 pour 1 suppose aussi d’accepter un cadre. Une convention est signée avec chaque famille, qui s’engage notamment à recevoir les référents et à avancer avec eux dans les démarches. « La famille est hébergée, mais elle a aussi des devoirs », résume Catherine Tesson. Le but est que cet accompagnement devienne un jour inutile : lorsqu’une situation administrative se débloque, qu’un travail devient possible et qu’un logement peut être pris à son nom, la famille quitte 100 pour 1.

Depuis 2018, au moins quatre familles ont déjà quitté le dispositif après avoir retrouvé une autonomie suffisante. D’autres situations pourraient bientôt évoluer, notamment après l’obtention d’un titre de séjour ou grâce à des perspectives d’emploi. L’enchaînement paraît évident : des papiers, un travail, des ressources, puis un logement personnel. Dans la réalité, chaque marche peut demander beaucoup de temps. Catherine Tesson retient surtout la portée très concrète de l’engagement : « Au moins, l’action est locale, elle porte des fruits. Ce sont des gens qu’on peut côtoyer près de chez nous. » Une manière, pour elle, de mettre en pratique deux mots simples : l’hospitalité et l’humanité. « Ces gens, ils sont là. Ils ont vécu des choses difficiles, ils ont des parcours compliqués. Ce sont des êtres humains. »

Le modèle dépasse largement le Loir-et-Cher. Une soixantaine de structures fonctionneraient aujourd’hui en France sur le principe du 100 pour 1, chacune restant indépendante. Partout, la même idée tient lieu de fil conducteur : donner à une famille le temps de sortir de l’urgence, de stabiliser sa situation et de retrouver les moyens de se loger par elle-même. Le réseau ne prétend pas régler la question de l’hébergement ou de l’accueil des migrants. Il agit simplement à hauteur de famille, au cas par cas, aussi longtemps que nécessaire.


>> Pour les contacter : 100pour1loiretcher@gmail.com ou le 06 71 60 60 19


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