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Le pourquoi d’une marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale à Blois le 14 novembre

Une nouvelle marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale est organisée samedi 14 novembre 2026 à Blois. Après une première mobilisation en septembre, les organisateurs entendent poursuivre leur action au moment où se tient la COP31 en Turquie. Transports accessibles, protection contre les canicules, préservation de la biodiversité et financement de la transition écologique figurent parmi les principales revendications. Des questions qui trouvent un écho aussi dans le Blaisois, après un été marqué par une chaleur et une sécheresse exceptionnelles.

Le rendez-vous est fixé à 14 heures devant le collège Bégon, pour une marche en direction de la place de la Résistance, où les participants sont attendus à 16 heures. Cette deuxième mobilisation, présentée comme l’« acte II » du Mouvement du 26 septembre, s’inscrit dans une journée internationale d’action pour le climat et la justice sociale. À Blois, la première marche avait réuni 500 participants environ. Le mouvement établit un lien entre la crise climatique, les difficultés économiques, les inégalités sociales et les conditions dans lesquelles les générations présentes et futures pourront vivre.

Une mobilisation en pleine COP31

La marche interviendra alors que les représentants des États seront réunis à Antalya, en Turquie, pour la 31e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, organisée du 9 au 20 novembre. Les négociations internationales doivent notamment porter sur la réduction des émissions, l’avenir des énergies fossiles, le financement de l’action climatique et les moyens d’adaptation.

La journée du 14 novembre répond à un appel du Réseau Action Climat Europe, un réseau réunissant quelque 200 organisations dans une quarantaine de pays européens. Cette nouvelle séquence accorde une place particulière aux enfants et aux adolescents. Une tribune commune du Mouvement du 26 septembre et du Collectif Enfantiste appelle à défendre leurs droits, leur santé et leurs conditions de vie, à quelques jours de la Journée internationale des droits de l’enfant, célébrée le 20 novembre.

Après un été exceptionnel, la question de l’adaptation

Les conditions climatiques de l’été 2026 vont-elles booster la mobilisation ? Selon Météo-France, celui-ci a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900. La température moyenne nationale a atteint 24 °C entre juin et août, soit 3,6 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Trois vagues de chaleur se sont succédé, représentant au total 53 journées. Les précipitations ont accusé un déficit proche de 40 %, faisant de cet été le deuxième moins pluvieux depuis le début des observations. Le Loir-et-Cher n’a pas échappé à ces conditions. Le 12 juillet, la station météorologique de Blois-Ville a enregistré une température maximale de 39,4 °C. La sécheresse a également entraîné d’importantes restrictions d’utilisation de l’eau. En août, plusieurs bassins du département, dont le Cosson, le Beuvron et l’axe Loire, étaient placés au niveau de crise. Ces épisodes ont rappelé que le réchauffement ne constitue pas seulement une perspective à plusieurs décennies. Ses conséquences affectent déjà les conditions de vie, mais de manière inégale.

La chaleur devient particulièrement difficile à supporter dans les logements mal isolés ou insuffisamment protégés du soleil. Elle complique également les conditions de travail de nombreuses professions et peut fragiliser les personnes âgées, les jeunes enfants ou les personnes souffrant de problèmes de santé. Une étude publiée en juillet 2026 par le Haut-commissariat à la stratégie et au plan souligne cette dimension sociale : 37 % des ménages modestes déclarent souffrir de la chaleur durant l’été dans leur logement, contre 20 % des ménages les plus aisés. L’accès à un logement confortable pendant les fortes chaleurs dépend ainsi largement des ressources financières et des caractéristiques du bâtiment.

C’est dans ce contexte que le mouvement réclame trois interventions complémentaires : un plan d’urgence canicule, un plan d’adaptation et un plan d’atténuation du changement climatique. Le premier vise à protéger immédiatement les populations, notamment par la mise à disposition de lieux frais, l’adaptation des établissements scolaires et médico-sociaux ou le renforcement des moyens de secours. Le deuxième concerne les transformations durables : rénovation des logements, végétalisation des espaces urbains, préservation des sols, des forêts et des ressources en eau. Le troisième porte sur les causes mêmes du réchauffement, en demandant une réduction des émissions de gaz à effet de serre et une diminution de la dépendance aux combustibles fossiles.

Des transports accessibles

Une autre dimension de cette mobilisation concerne les déplacements. Sont réclamés des transports accessibles à toutes et tous et la possibilité de se déplacer de manière décarbonée sans se ruiner. Cette demande illustre l’un des principaux défis de la transition écologique : réduire l’utilisation des énergies fossiles sans pénaliser les personnes qui ne disposent pas d’alternatives suffisantes. La question se pose particulièrement dans les territoires où l’automobile demeure indispensable pour rejoindre son emploi, effectuer des démarches, accéder aux soins ou accompagner ses enfants. Développer les transports collectifs ne constitue donc pas uniquement un objectif environnemental. C’est également une question de pouvoir d’achat et d’accès aux services.

Dans l’agglomération blésoise, plusieurs dispositifs visent déjà à faciliter les déplacements. Depuis le 1er juin 2026, le réseau Azalys a élargi sa tarification solidaire, avec des abonnements mensuels de 3 à 15 euros selon le quotient familial. Le service de transport à la demande Résago complète les lignes régulières dans les 43 communes d’Agglopolys, selon des conditions d’accès qui varient notamment en fonction du lieu de résidence. Depuis le 31 août, une expérimentation menée dans huit communes du sud-est de l’agglomération permet des réservations plus souples, avec des plages horaires élargies. Mais l’accessibilité d’un service ne se résume pas à son prix. Elle dépend aussi de sa fréquence, de ses horaires, des correspondances et de sa capacité à répondre aux déplacements quotidiens. Reste cette question concrète : comment permettre à chacun de réduire sa dépendance à la voiture lorsque les alternatives ne répondent pas encore à tous les besoins ?

Qui doit financer la transition écologique ?

Le mouvement réclame trois mesures fiscales pour financer ses plans d’urgence, d’adaptation et de réduction des émissions : une taxation des superprofits des industries fossiles dès la loi de finances 2027, une contribution sur les superprofits de l’industrie de l’armement et la création d’un impôt climatique sur les patrimoines les plus élevés. Pour ce dernier dispositif, les organisateurs avancent un rendement potentiel de 15 à 25 milliards d’euros par an.


Informations pratiques : Marche pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale, samedi 14 novembre 2026 à Blois. Rendez-vous à 14 heures devant le collège Bégon, avec une arrivée annoncée place de la Résistance à 16 heures. Organisation : Mouvement du 26 septembre, collectif de Blois. Informations sur Instagram : @26septembreblois et sur Facebook : 26 septembre Blois.


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