À Blois, les élus condamnent les dégradations mais réclament des réponses sociales
Après les violences survenues dans la nuit du 17 au 18 octobre à Blois, Marc Gricourt a condamné les dégradations tout en refusant de les associer à la manifestation de samedi après-midi. Ce lundi 19 octobre, lors d’un rassemblement à l’hôtel de ville, son premier adjoint Nicolas Orgelet a prolongé cette position : défendre les institutions et le retour à l’ordre, sans oublier les revendications sociales exprimées ces dernières semaines.
« Une mairie, c’est la maison commune. » Ce lundi 19 octobre, Nicolas Orgelet a rappelé la place des institutions municipales dans la vie quotidienne des habitants. En l’absence du maire Marc Gricourt, le premier adjoint prenait la parole à midi, dans la cour de l’hôtel de ville de Blois, à l’occasion d’un rassemblement organisé à l’appel de l’Association des maires de France (AMF). Cette initiative nationale faisait suite aux violences et dégradations qui ont touché plusieurs villes françaises durant le week-end. Incendies de bâtiments publics, pillages de commerces, mobilier urbain endommagé : l’AMF avait appelé les élus et les citoyens à se réunir pour exprimer leur solidarité avec les communes concernées.
Marc Gricourt condamne les violences et distingue les manifestants de leurs auteurs
Blois a également connu des incidents. Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre, des dégradations ont notamment touché des commerces, du mobilier urbain et un bureau de poste. Dès dimanche, Marc Gricourt avait réagi publiquement pour condamner les faits et apporter son soutien aux victimes. L’édile indiquait qu’une cinquantaine de personnes avaient pris à partie les forces de l’ordre durant la nuit. Il faisait état de poubelles incendiées, de mobilier urbain dégradé, ainsi que de dommages causés à des commerces et à un bureau de poste. « Je condamne avec la plus grande fermeté ces violences, qui n’ont rien à voir avec l’expression légitime d’une colère sociale », déclarait Marc Gricourt.
Le maire insistait également sur la distinction entre ces incidents nocturnes et la manifestation qui avait traversé Blois quelques heures auparavant. « La manifestation organisée dans l’après-midi s’est déroulée dans le calme et le respect de chacun. Ce qui s’est passé plus tard dans la nuit n’en est en rien la suite. »

Samedi, un important cortège indépendant des organisations syndicales s’était élancé à 14 heures devant la préfecture de Loir-et-Cher. Entre 2 000 et 3 000 personnes auraient participé à la manifestation. De nombreux jeunes figuraient aux premiers rangs, aux côtés de manifestants de plusieurs générations et de Gilets jaunes.
Des revendications sociales auxquelles il faut apporter des réponses
Ce lundi, Nicolas Orgelet a repris cette distinction dans son intervention à l’hôtel de ville. « Ces violences n’ont rien à voir avec ceux qui manifestent pacifiquement. Elles n’ont pas de revendication, elles n’ont aucune légitimité. Nous les condamnons sans réserve », a affirmé l’élu. « Ne confondons pas les auteurs des violences avec les citoyens qui ont défilé pacifiquement. Ce serait leur manquer de respect. » Le premier adjoint a également évoqué les difficultés sociales auxquelles sont confrontés de nombreux habitants, à Blois comme ailleurs en France. « Les maires, les élus locaux, le savent mieux que quiconque : nous sommes en première ligne, au guichet de la colère comme de la détresse », a-t-il déclaré.
L’écologiste a notamment évoqué les effets des canicules sur les conditions d’apprentissage, la paupérisation des habitants et les conséquences de choix économiques qu’il estime de moins en moins redistributifs. Il a également mis en cause un budget national qui, selon lui, fragilise les services publics de l’éducation et de l’action sociale. « Ces revendications méritent des réponses à la hauteur », a-t-il affirmé. Parmi les priorités qu’il a citées figurent le pouvoir de vivre, l’alimentation, l’amélioration des transports collectifs pour réduire le poids des dépenses énergétiques et le maintien des services publics, dont il déplore le recul dans les territoires ruraux comme leur détérioration dans les villes.
Pour Nicolas Orgelet, le retour au calme ne saurait suffire sans une réponse aux préoccupations sociales exprimées ces dernières semaines. « La priorité, aujourd’hui, c’est le retour à l’ordre et l’ouverture d’un dialogue respectueux, constructif et apaisé, pour que les libertés de chacun et chacune puissent s’exercer », a-t-il déclaré.


