La Petite pièce en haut de l’escalier : Carole Fréchette invitée à Blois

Pendant la Semaine Elles, la scène blésoise accueille une invitée rare : la dramaturge québécoise Carole Fréchette. L’autrice, dont les pièces sont jouées dans de nombreux pays, sera présente à Blois pour découvrir une nouvelle création de La Petite pièce en haut de l’escalier, montée par la Compagnie du Divan, en partenariat avec La Ben Compagnie.
Le spectacle sera présenté à l’Espace Jorge Semprun les 8, 9 et 10 mars, avec plusieurs représentations destinées aux lycéen·nes et deux séances ouvertes au tout public. Une rencontre-lecture, organisée le 9 mars à 19 heures, permettra également de parcourir l’œuvre de l’autrice à travers ses personnages féminins. Les représentations tout public auront lieu dimanche 8 mars à 17 h et mardi 10 mars à 20 h.
Pour Laurence Boisot, comédienne et co-directrice de la compagnie, cette venue constitue à la fois un moment artistique et humain particulier. Car l’histoire de cette création est aussi celle d’une rencontre.
Une pièce portée par un désir ancien
La création de La Petite pièce en haut de l’escalier à Blois est d’abord l’histoire d’un attachement personnel. Laurence Boisot connaît le texte depuis longtemps et souhaitait depuis plusieurs années le porter à la scène. « Je me suis toujours dit : je ferai quelque chose avec ce texte. » La compagnie avait déjà exploré l’écriture de Carole Fréchette en montant La Peau d’Élisa, jouée à partir de 2019. La découverte de cette œuvre avait renforcé son admiration pour l’autrice.
Ce qui la séduit particulièrement dans La Petite pièce en haut de l’escalier, c’est la nature singulière du récit. « Un suspense qui est assez rare au théâtre », glisse la comédienne. La pièce mêle, en effet, tension dramatique et écriture poétique, dans un registre qui se rapproche parfois du thriller psychologique.
Flash-back. La relation entre la compagnie blésoise et l’autrice québécoise s’est construite de manière inattendue. Au moment de monter La Peau d’Élisa, la compagnie s’était d’abord vu refuser les droits par la SACD, en raison d’une exclusivité accordée à une production parisienne. Laurence Boisot décide alors de contacter directement l’autrice. La blésoise lui explique la situation et lui parle du projet porté par la petite compagnie locale. La dramaturge s’arrange pour lui accorder les droits. Peu de temps après, lors d’un séjour en France, Carole Fréchette assiste à une représentation donnée à la ferme de la Guilbardière, à Monthou-sur-Bièvre. Depuis cette première rencontre, les échanges se sont poursuivis. Lorsque l’autrice vient en France, les deux femmes prennent parfois le temps de se retrouver à Paris.

Lorsque Laurence Boisot décide de monter La Petite pièce en haut de l’escalier, elle en parle immédiatement à l’autrice. Carole Fréchette lui confie alors que cette pièce occupe une place particulière dans son œuvre. Selon la comédienne, elle la considère comme « une de ses pièces les plus intimes ». L’autrice a donc choisi de venir spécialement à Blois pour découvrir cette nouvelle création.
Une histoire d’interdit et de transgression
Au cœur de la pièce se trouve une situation simple et troublante. Grâce, le personnage principal, vient de se marier et s’installe dans une grande maison. Son mari lui permet d’y circuler librement, à une exception près : une petite pièce située en haut de l’escalier, dans laquelle il lui interdit d’entrer. Dès le début de la pièce, la jeune femme se tient devant cette porte fermée. Pour Laurence Boisot, la pièce explore plusieurs thèmes essentiels : « Ça traite vraiment de la transgression, de l’interdit. »
Inspirée du conte de Barbe-Bleue, la pièce ne reprend pas directement l’histoire traditionnelle mais en propose une variation contemporaine. Elle interroge notamment les relations de couple, les secrets et les fantasmes qui peuvent s’y loger, « un jardin secret. » La question devient alors centrale : l’autre doit-il tout savoir ?

Les voix qui entourent Grâce
Dans la pièce, Grâce n’est pas seule face à la porte interdite. Deux figures familiales traversent sa pensée : sa mère et sa sœur. La première se réjouit du mariage de sa fille avec un homme riche et encourage la stabilité du couple. La seconde, au contraire, exprime des doutes et questionne la personnalité du mari. Cette tension nourrit l’incertitude du personnage. Le doute est permanent. Prise entre ces deux influences, Grâce hésite, s’interroge et vacille.
La Petite pièce en haut de l’escalier laisse une large place à l’interprétation du public. « Je ne vais pas spoiler », glisse Laurence Boisot. Certain·es spectateur·rices peuvent même être dérouté·es par cette construction qui ne relève pas d’un réalisme strict.
La pièce, mise en scène par Emmanuel Faventines, a déjà été présentée l’année précédente et les retours ont été globalement très positifs. Laurence Boisot souligne notamment l’intérêt manifesté par les jeunes spectateur·rices. « C’est pour cela qu’on le fait aussi pour des lycéens. » La pièce aborde en effet des questions qui résonnent particulièrement avec cette période de la vie. « Est-ce que je transgresse pour grandir ? » En effet, le parcours de Grâce peut ainsi être lu comme une recherche d’émancipation. « Elle se cherche. »
Informations pratiques – La Petite pièce en haut de l’escalier
Compagnie du Divan avec la Ben Compagnie – mise en scène Emmanuel Faventines. Avec :
- Laurence Boisot, dans le rôle de Grâce
- Christophe Faure, dans le rôle d’Henri
- Chantal Michaud, qui incarne la mère
- Céline Moreau, dans le rôle de la sœur Anne
- Claire Louis, dans celui de Jenny, la domestique.
La création lumière est signée Bertrand Pecquet, tandis que la musique originale a été composée par Sébastien Brossillon.
📍 Espace Jorge Semprun – 25 rue Jean-Baptiste Charcot, Blois
Représentations tout public
- Dimanche 8 mars – 17 h
- Mardi 10 mars – 20 h
Rencontre-lecture avec Carole Fréchette
- Lundi 9 mars – 19 h
Cette lecture proposera un parcours dans l’œuvre de l’autrice à travers plusieurs de ses personnages féminins.
Tarifs
- Spectacle : 14 € / 10 € (tarif réduit)
- Lecture seule : 8 €
- Spectacle + lecture : 20 €
La présence de Carole Fréchette permettra également un échange avec le public à l’issue des représentations.
Lien de réservation : https://www.billetweb.fr/semaine-elles-2026-avec-la-ben-compagnie-et-la-compagnie-du-divan


