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Ma Région à Vélo : plus d’un million d’euros d’aides

Trois ans après la création de deux aides à l’achat de vélos et de trottinettes, la Région Centre-Val de Loire annonce avoir soutenu plus de 5 000 habitants. Ce cap financier témoigne d’une demande réelle, particulièrement dans les territoires ruraux. Il ne suffit toutefois pas encore à mesurer l’effet de cette politique sur l’usage quotidien de la voiture.


La barre est symbolique. Depuis juillet 2023, la Région Centre-Val de Loire a attribué plus d’un million d’euros d’aides à plus de 5 000 habitants pour l’achat de vélos et de trottinettes électriques. L’annonce s’inscrit dans le cadre du plan régional « Ma Région à Vélo ». Pour François Bonneau, président de la Région, ces résultats valident le choix effectué trois ans plus tôt : « Lorsque nous avons lancé ces aides en 2023, nous faisions le pari qu’un accompagnement concret pouvait faire évoluer les habitudes de déplacement. » Il estime que le nombre de bénéficiaires confirme la pertinence du dispositif, dans un contexte marqué par le coût de l’énergie et les préoccupations liées au pouvoir d’achat.

Deux aides différentes réunies dans un même bilan

Le million d’euros annoncé additionne les résultats de deux dispositifs répondant à des situations assez différentes. Le premier, appelé « Aide Mobilité rurale », s’adresse aux habitants des territoires dans lesquels aucune autorité organisatrice locale n’a pris la compétence mobilité. La Région intervient alors comme autorité organisatrice de substitution. Au total, 57 communautés de communes sont concernées, représentant environ un million d’habitants, soit 40 % de la population régionale.

Cette aide finance l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE) destiné à un usage quotidien : se rendre au travail, faire ses courses, transporter ses enfants ou accomplir des démarches. Elle représente 25 % du prix TTC, dans la limite de 200 euros. Seuls les vélos coûtant plus de 600 euros sont éligibles, puisque l’aide minimale est fixée à 150 euros. Le plafond atteint 500 euros pour un vélo adapté à une personne en situation de handicap. Une participation supplémentaire de 25 euros peut être accordée pour l’achat d’un antivol répondant aux critères régionaux.

Le second dispositif, « Rémi Zen », cherche davantage à favoriser l’intermodalité entre le vélo, le train et le car. Il concerne les abonnés réguliers et majeurs du réseau Rémi. La Région prend en charge 40 % du prix d’un vélo pliant, électrique ou non, dans la limite de 500 euros. Pour une trottinette électrique pliante, le plafond est fixé à 200 euros.

La Région indique que le nombre de demandes est « très majoritairement » porté par l’Aide Mobilité rurale, qui répondrait à un besoin particulièrement important dans les territoires peu denses.

Un plan régional de près de 75 millions d’euros

Les aides à l’achat ne représentent qu’une petite partie de « Ma Région à Vélo ». Lancé en 2020, le plan régional est entré en 2024 dans une seconde phase baptisée « Vivez vélo en Centre-Val de Loire ! ». Adopté le 18 avril 2024 pour la période 2024-2027, cet acte II comprend 45 actions et dispose d’un budget prévisionnel de près de 75 millions d’euros. Il poursuit deux grandes orientations : développer l’usage quotidien du vélo et conforter la place du Centre-Val de Loire parmi les principales destinations françaises du tourisme cyclable.

Pour les déplacements ordinaires, la Région prévoit d’accompagner la création ou la restructuration de 200 kilomètres d’aménagements cyclables sécurisés. Elle entend également développer le stationnement dans les gares, avec un objectif de 70 abris sécurisés d’ici à 2027, et améliorer l’articulation entre le vélo et le réseau Rémi. Le volet touristique prévoit de son côté la réalisation de 300 kilomètres supplémentaires d’itinéraires cyclables entre 2024 et 2027, ainsi qu’une augmentation de 23 % des capacités d’emport des vélos dans les trains Rémi.

Les quelque 5 000 kilomètres d’itinéraires revendiqués par la Région ne correspondent pas à autant de pistes cyclables séparées de la circulation automobile. Une véloroute est un itinéraire continu de moyenne ou longue distance qui peut emprunter plusieurs types de voies, notamment des voies vertes, mais aussi des routes partagées.

Pour mesurer les progrès du vélo quotidien, il faudra donc suivre moins la longueur totale du réseau touristique que la réalisation effective des 200 kilomètres d’aménagements sécurisés, leur localisation, leur continuité et leur raccordement aux lieux de travail, aux établissements scolaires, aux commerces et aux gares.

Tripler la part du vélo d’ici à 2027

L’ambition centrale du plan est de faire passer la part modale du vélo de 3 à 9 % en Centre-Val de Loire à l’horizon 2027. Autrement dit, la Région souhaite tripler en quelques années la proportion de déplacements principalement réalisés à bicyclette.

Lors de l’examen de l’acte II, le Conseil économique, social et environnemental régional avait jugé cet objectif « extrêmement ambitieux ». Le CESER saluait l’orientation du plan, mais soulignait plusieurs points de vigilance, notamment la faiblesse initiale de la pratique, les différences entre territoires, les besoins liés à l’intermodalité et la prise en compte des personnes en situation de handicap. Le défi est considérable dans une région où la voiture reste très largement dominante. En 2021, 84,3 % des actifs se déplaçant pour rejoindre leur lieu de travail utilisaient principalement un véhicule individuel motorisé. Même lorsque le trajet domicile-travail était inférieur à cinq kilomètres, cette proportion atteignait encore 69,9 %.

Les distances régionales compliquent également le report vers le vélo. Pour la moitié des actifs concernés, le lieu de travail se situe à plus de 9,8 kilomètres du domicile. Au-delà de cinq kilomètres, seuls 1 % des navetteurs se rendent principalement au travail à pied ou à vélo.

Cette dépendance automobile a aussi un coût climatique : les transports représentent 35 % des émissions de gaz à effet de serre du Centre-Val de Loire. Le développement du vélo ne peut donc pas être considéré comme une politique périphérique. Mais, dans les espaces ruraux et périurbains, une aide à l’achat ne peut suffire sans itinéraires continus, sécurisés et reliés aux transports collectifs.

À Blois, un dispositif différent

Les habitants de Blois et des autres communes d’Agglopolys ne sont normalement pas concernés par l’Aide Mobilité rurale de la Région. Cette dernière exclut les communautés d’agglomération et les territoires ayant choisi d’exercer directement la compétence mobilité. Agglopolys dispose de son propre programme. L’agglomération rembourse 25 % du prix d’achat d’un vélo électrique, dans la limite de 200 euros par vélo et de deux vélos par foyer. Les Blésois abonnés au réseau Rémi peuvent en revanche être concernés par Rémi Zen pour l’achat d’un vélo pliant ou d’une trottinette électrique pliante, sous réserve de remplir les conditions prévues.

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