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Mentalisme et magie bizarre… Xavier Nicolas vient présenter son nouveau spectacle à Blois

Le mercredi 25 mars 2026 (20h30), à la Galerie Wilson, en Blois-Vienne, Xavier Nicolas – récemment installé à Vendôme – viendra présenter son univers et son nouveau spectacleOrigines – à un public qui, comme souvent lorsqu’il est question de mentalisme, arrive avec des représentations mêlées : un peu d’hypnose, un peu de paranormal, beaucoup de curiosité. Lui commence presque toujours par là, par un effort de clarification. Non pour casser le mystère, mais pour le déplacer. Car ce qu’il défend n’est ni une histoire de pouvoirs, ni une promesse de lecture réelle des pensées, encore moins une posture de gourou.

Xavier Nicolas parle du mentalisme comme d’un art de scène, d’une branche de la magie, d’un travail sur l’attention, la suggestion, le langage, la présence, la relation au public. Et c’est peut-être là que se situe sa première singularité : dans cette volonté d’ôter les faux prestiges pour mieux laisser place à l’étonnement.

Mercredi prochain, à Blois, ce n’est donc pas un homme venu prétendre qu’il voit dans les esprits qui se présentera, mais un artiste qui, depuis trente-cinq ans, construit des expériences destinées à produire ce vertige particulier du spectacle vivant : celui qui fait dire, à la sortie, qu’on a vu quelque chose qu’on ne comprend pas, mais qu’on a vécu pleinement.

Distinguer le mentalisme de l’hypnose

Le mentalisme n’est pas de l’hypnose. La confusion existe parfois. Pourtant, la différence est nette. « Le mentalisme, c’est une branche de la magie », explique Xavier Nicolas. Là où le magicien agit sur des objets, le mentaliste donne l’impression d’agir sur l’esprit, avec pour seuls outils les mots, les attitudes, les gestes, la conduite d’une situation. « Un mentaliste n’a pas de pouvoir », rassure l’artiste. Il ne lit pas dans les pensées.

Une manipulation de scène

Le mot, évidemment, est sensible. Xavier Nicolas ne l’esquive pas. Il le contourne parfois, raconte qu’une grande entreprise – pour laquelle il devait travailler – lui avait un jour demandé de ne surtout pas employer le terme de « manipulation », mais il finit par y revenir franchement : oui, il y a là une forme de manipulation. Mais « gentille », dans un cadre entièrement ludique, assumé, artistique. Ce qui l’intéresse, c’est la fabrication d’un moment. Il mobilise pour cela des éléments de communication, de non-verbal, de PNL, de comportement, de suggestion. Tout cela dans la bienveillance. « J’aime les gens, j’aime leur faire plaisir », dit-il.

Avec une montée progressive. Il faut donc, au commencement, des choses compréhensibles, familières, des cartes, des objets, des situations où l’on accepte les règles du jeu. Puis, peu à peu, on déplace le centre de gravité. On quitte les objets pour aller vers des phénomènes plus psychologiques : le mensonge, la vérité, la lecture comportementale, les dynamiques de groupe, les choix suggérés. Là, le spectacle change de nature.

Cette progression obéit aussi à une loi de respiration. Comme en magie, il faut monter, redescendre légèrement, remonter encore. Ne pas saturer. Laisser le public récupérer, assimiler, rire, puis repartir. Xavier Nicolas dit que les gens respirent aussi avec les histoires qu’il raconte entre les expériences.

Le public, matière première du spectacle

Dans le mentalisme, le public est une matière active. Et il n’y a pas de complice, insiste-t-il. Comme la suspicion existe — elle existe toujours dans ce type de spectacle —, lui a choisi d’y répondre par un dispositif simple : le premier volontaire va chercher le deuxième, qui va chercher le troisième. Le choix circule dans la salle. Xavier Nicolas ne sait jamais vraiment qui il va avoir en face de lui. Et c’est à la fois la force et le risque du spectacle. Il peut tomber sur quelqu’un de coopératif, drôle, disponible. Il peut aussi se retrouver face à une personne hostile, venue avec l’idée de le contrarier, de faire le contraire de ce qui est demandé, de « bien l’avoir ». Il peut y avoir des perturbations extérieures aussi : un retardataire, un bruit, un déplacement dans la salle, et toute l’attention du volontaire peut se briser.

L’artiste explique très clairement les trois causes possibles d’un échec pendant le spectacle : sa propre faute, l’élément perturbateur extérieur, ou la personne qui ne veut pas jouer le jeu. Cette manière de penser l’échec est intéressante, parce qu’elle retire au mentalisme toute aura d’infaillibilité. Cela peut rater. Même au théâtre. Même après des années de pratique. Le mentalisme est une pratique du direct, soumise aux fragilités du vivant.

Trente-cinq ans de métier

Xavier Nicolas a commencé la magie à l’âge de 7 ans, avant un détour par les marionnettes, puis un retour au point de départ. Ensuite vient le Club Med, qu’il évoque comme une école rude et décisive : y faire de la magie toute la journée, dans toutes les conditions possibles, debout, à table, sur scène, devant des publics sympathiques ou pénibles, c’est apprendre le métier au contact du réel. Cette période débouche sur le statut d’intermittent du spectacle, puis sur des années consacrées à la magie de close-up et à la magie de salon.

Puis vient une spécialisation plus singulière : la magie bizarre. Une manière d’envelopper un tour de magie dans une histoire souvent sombre, symbolique, philosophique, parfois traversée par la mort, la guerre, les fantômes, le paranormal. C’est un univers où l’effet ne suffit pas : il est porté par une atmosphère, par une histoire, par une tonalité. De cette période naît notamment un spectacle, Anamorphoses, conçu à partir des thèmes donnés par les spectateurs : esprits, tarot, pendules, prédictions. Le spectacle se construisait alors à partir de ce que les gens demandaient, dans un ordre que Xavier Nicolas ne connaissait pas à l’avance. Les effets étaient préparés, mais la composition globale restait ouverte.

De la magie bizarre au « mentalisme pur »

À un moment, Xavier Nicolas dit s’être détaché de la part sombre, narrative, presque gothique, de la magie bizarre, pour aller vers ce qu’il appelle « l’effet pur » : « pensez, je devine ». Le mentalisme apparaît alors comme une forme plus nue, plus directe, plus concentrée. C’est dans ce mouvement qu’il crée en 2007 Remue Méninges, spectacle uniquement consacré au mentalisme, qu’il jouera ensuite pendant treize ans en théâtre à Paris, jusqu’au Covid.

« Origines » : raconter comment on devient mentaliste

Le nouveau spectacle, Origines, naît de la volonté de répondre à une question récurrente : comment devient-on mentaliste ? Plutôt que d’y répondre hors scène, Xavier Nicolas – alias Ambros Varius – a choisi d’en faire le sujet même d’un spectacle. La structure suit trois temps : la magie traditionnelle, avec cordes, anneaux, foulards, cartes ; la magie bizarre, avec ses expériences plus sombres ou symboliques ; puis le mentalisme. L’ensemble n’est pas conçu comme une démonstration pédagogique, mais comme un récit scénique de son propre cheminement.

Vendôme, le Loir-et-Cher, et le désir d’un autre ancrage

Depuis deux ans, Xavier Nicolas vit à Vendôme. Car en marge du mentalisme, il voulait un lieu capable d’accueillir un gîte, des chambres d’hôtes, mais aussi un espace où il peut localement présenter ses spectacles. Ce qu’il fera ce samedi 21 mars (à 20h) dans son « Gîte de Vendôme ».

La venue de Xavier Nicolas à la Galerie Wilson, mercredi 25 mars, s’annonce comme celle d’un artisan du trouble scénique qui fera en sort en sorte que les spectateurs ressortent en souriant, un peu sonnés, avec la sensation d’avoir vu « un truc de dingue » sans en percer le mécanisme. Ce sera également l’occasion de rencontrer un artiste qui, depuis l’enfance, a traversé la magie, la magie bizarre, le mentalisme, l’événementiel, le théâtre, les scènes parisiennes, les galas, Monte-Carlo, avant de s’installer à Vendôme.


Lien de réservation pour le spectacle (tarif unique à 12€) Galerie Wilson mercredi 25 mars 2026 : https://www.helloasso.com/associations/la-galerie-d-art-wilson/evenements/spectacle-de-mentalisme-xavier-nicolas


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