Romain Chevy Mesquita : rester en Loir-et-Cher pour construire

À l’heure où certains jeunes diplômés s’orientent presque mécaniquement vers les grandes métropoles, des parcours racontent une autre manière d’envisager la réussite professionnelle. À Blois, Romain Chevy Mesquita, 29 ans, responsable de la sécurité des systèmes d’information chez Worldline, incarne cette génération qui choisit de s’ancrer dans son territoire tout en évoluant dans un environnement de travail international.
Né à Blois, formé en région, aujourd’hui cadre au sein d’un grand groupe, il a construit sa trajectoire sans rompre avec son territoire d’origine. Un parcours qui éclaire, très concrètement, ce que le Loir-et-Cher peut offrir à de jeunes actifs qualifiés : de l’emploi, des perspectives, et un cadre de vie propice à la projection à long terme.
Un parcours blésois ouvert sur le monde
Romain Chevy Mesquita est né à Blois. S’il a toujours conservé ce point d’ancrage, son parcours n’a pourtant rien d’immobile. Trois années passées à Bourges dans le cadre de ses études, puis une année au Brésil, lui permettent très tôt de découvrir d’autres environnements culturels et professionnels. Diplômé de l’INSA Centre-Val de Loire — établissement implanté à Blois et à Bourges — il fait partie de la première promotion issue de la fusion entre les écoles d’ingénieurs des deux villes. Un cursus marqué par une forte diversité géographique des étudiants : seuls 12 % provenaient alors de la région Centre-Val de Loire. Dès les études, la mobilité fait partie du parcours. Mais pour Romain Chevy Mesquita, elle n’est jamais pensée comme une rupture définitive avec son territoire.
Le stage comme point d’entrée dans la vie professionnelle
C’est lors de son stage de fin d’études de six mois que Romain Chevy Mesquita intègre Worldline, alors déjà solidement implantée à Blois. Le contenu du stage ne correspond pas encore pleinement à la carrière qu’il envisage à long terme, orientée vers la cybersécurité. Pour autant, l’expérience agit comme un révélateur. Il décide de tout mettre en œuvre pour rester dans l’entreprise, à condition de pouvoir évoluer vers un poste davantage en adéquation avec ses attentes : « J’ai tout fait pour pouvoir rester chez Worldline dans une division qui collait plus à mes aspirations. » À ce moment-là, rien n’est acquis. Diplôme d’ingénieur en poche, il explore également des opportunités ailleurs, notamment en région parisienne.
Le choix entre Paris et Blois
L’opportunité finit pourtant par se présenter à Blois. Dès lors, l’arbitrage est clair. « À choisir entre Blois et la région parisienne, je préfère rester à Blois. J’y ai toute ma famille, mes amis, et le coût de la vie est bien moins cher qu’à Paris. » Le raisonnement est à la fois affectif et pragmatique. Le logement pèse lourd dans la balance. À niveau de rémunération comparable, l’écart de reste à vivre devient déterminant. « En région parisienne, on enlève déjà au moins 10 000 euros par an de loyer », souligne-t-il. Ce calcul très concret oriente durablement sa décision.
Une carrière internationale depuis la région
Rester à Blois ne signifie pas renoncer à une carrière ambitieuse. Chez Worldline, Romain Chevy Mesquita évolue aujourd’hui dans un environnement pleinement international. Dans son quotidien professionnel, il travaille en français, en anglais et en espagnol, échange régulièrement avec plusieurs pays européens et se déplace plusieurs fois par an sur différents sites du groupe, notamment en Espagne, à Lille ou à Rennes. « Dans mon travail de tous les jours, je parle en général au moins trois langues une fois par jour. » Cette dimension internationale, souvent associée aux grandes métropoles, se vit ici depuis un territoire à taille humaine — un paradoxe rendu possible par l’implantation locale d’un groupe de dimension mondiale.
Le site blésois conserve pourtant une organisation singulière. Loin du turnover élevé observé dans les grandes agglomérations, l’entreprise bénéficie d’une forte stabilité de ses équipes. « Le fait d’être en région fait que les gens sont là depuis longtemps. Il y a une ambiance un peu familiale. » Cette stabilité offre un avantage déterminant : la proximité avec des profils très expérimentés. Pour un jeune cadre, évoluer au quotidien aux côtés de collaborateurs chevronnés constitue un véritable accélérateur de compétences.
Pouvoir se projeter plus tôt
Au fil des années, le choix de rester en Loir-et-Cher prend une dimension de plus en plus concrète. Grâce à son emploi, Romain Chevy Mesquita a pu accéder à la propriété et acheter sa résidence principale — une perspective qu’il jugeait difficilement envisageable en région parisienne. « Ici, on peut encore se permettre d’avoir une maison avec un jardin. » Cette capacité à se projeter — logement, stabilité, construction du foyer — joue un rôle central dans son attachement au territoire. « La possibilité de construire son foyer plus tôt, c’est un vrai atout du Loir-et-Cher. »
Un territoire avec beaucoup d’atouts
Sans idéalisation, il décrit les atouts du département avec lucidité : proximité avec la nature, richesse patrimoniale, infrastructures de transport, accessibilité ferroviaire et autoroutière. « On a l’autoroute, le TGV, le train. On n’est pas isolés. » La taille humaine de Blois revient régulièrement dans son discours, notamment par contraste avec Paris. « Quand on revient de la capitale, on ne se sent pas reposé. À Blois, on peut marcher le samedi matin et aller au marché, profiter des bords de Loire… » Un confort discret, parfois invisible, mais décisif dans la durée.
Parmi ses camarades de promotion, beaucoup ont quitté la région : à l’étranger, en région parisienne ou dans d’autres métropoles. Lui-même voyage régulièrement pour le travail, mais conserve Blois comme point d’équilibre. « Je voyage beaucoup pour le travail, mais je reviens toujours ici pour me ressourcer. C’est là où je vis. » Cette articulation entre mobilité professionnelle et stabilité résidentielle dessine une nouvelle manière d’habiter les territoires : ni figée, ni déracinée.
Un choix pleinement assumé
Aujourd’hui, le choix de vivre à Blois ne suscite aucun doute chez Romain Chevy Mesquita. Même si les évolutions stratégiques de son entreprise peuvent un jour modifier certaines perspectives, l’ancrage demeure fort. « À long terme, oui, je me projette ici. »


