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Un « Extra Time » à Blois pour remettre du hasard dans les rencontres

À partir du mardi 19 mai, de 18h à 19h, la Blois Capitale va expérimenter un créneau de rencontres sans appli. Ni bar, ni speed dating : simplement une boutique ouverte à la flânerie, aux conversations et aux hasards que l’on ne provoque plus assez.


Et si l’on pouvait rencontrer quelqu’un autrement qu’en faisant défiler des profils sur un écran ? À Blois, la boutique Blois Capitale – 16 rue Emile Laurens – vous propose une expérience simple : un créneau baptisé Extra Time (entrée libre), pensé pour celles et ceux qui souhaitent croiser quelqu’un dans un cadre réel, discret, sans application de rencontre et sans mise en scène pesante.

Le nom dit l’esprit du projet : le temps additionnel. Cette heure en plus, après la journée, où l’on peut encore passer quelque part, regarder, flâner, s’attarder devant un objet, une affiche, un livre, une création locale — et peut-être engager une conversation.

Extra Time ne transformera pas la boutique en bar, ni en soirée célibataires. Il ne s’agit pas non plus d’un speed dating, avec ses tables numérotées, ses rotations minutées et ses échanges parfois artificiels. La boutique restera une boutique. Mais, pendant ce créneau, elle assumera une fonction supplémentaire : devenir un petit espace de rencontres possibles.

Une carte, un signe, une permission douce

Le principe se veut volontairement léger. Les personnes qui souhaitent participer pourront prendre une carte du tarot de Blois, fournie gratuitement dans la boutique. Cette carte ne dira pas : “je cherche l’amour à tout prix”. Elle signalera simplement : je suis ouvert ou ouverte à une conversation. Car l’idée n’est pas d’exposer les visiteurs, ni de les enfermer dans une situation gênante. On peut venir, regarder, acheter, repartir. On peut aussi choisir de prendre part au dispositif, discrètement.

Peut-on parler à quelqu’un dans un commerce ? Est-ce déplacé ? Est-ce bienvenu ? Est-ce que l’autre est disponible ? Extra Time tente de répondre à cette difficulté par un cadre simple : une heure identifiée, un lieu connu, une consigne, un signe clair mais non intrusif. La boutique offre aussi des prétextes naturels à la discussion. Un objet, une affiche, une carte, un livre, une création locale peuvent devenir des points d’entrée plus doux qu’une approche frontale.

Une tendance observée dans plusieurs pays

L’idée de transformer ponctuellement un commerce ordinaire en lieu de rencontres n’est pas propre à Blois. Depuis plusieurs années, plusieurs expériences ont vu le jour à l’étranger, surtout dans les supermarchés. Elles ne sont pas toutes comparables, mais elles témoignent d’une même intuition : dans une époque saturée d’écrans, certains lieux du quotidien peuvent redevenir des espaces de sociabilité.

En Allemagne, un supermarché Edeka de Volkach, en Bavière, a mis en place un dispositif de “Single Shopping”. Le vendredi de 18h à 20h, les célibataires pouvaient prendre à l’entrée un cœur numéroté à accrocher à leur veste ; ceux qui repéraient quelqu’un pouvaient ensuite faire appeler un numéro en caisse ou laisser un message.

En Suisse, l’enseigne Coop a testé à Bienne des paniers rouges baptisés “Love is in the Air”. Le principe était là aussi fondé sur un signal : choisir ce panier indiquait que l’on acceptait d’être abordé pendant ses courses. Les réactions rapportées étaient partagées, entre curiosité, amusement et réserve, mais le dispositif disait bien cette volonté de recréer une possibilité de contact dans un lieu ordinaire.

Au Royaume-Uni, Asda a lancé en février 2026 des paniers rouges “open to chat” dans quelques magasins, notamment à Leicester, Liverpool et Glasgow, pour la Saint-Valentin. L’enseigne présentait ces paniers comme un moyen, pour les clients célibataires, de signaler qu’ils étaient ouverts à une conversation. Le dispositif reposait aussi sur une étude commandée par Asda, selon laquelle une majorité de répondants préféraient rencontrer quelqu’un dans la vraie vie plutôt que sur une application.

En Espagne, le phénomène a pris une forme beaucoup plus virale. À l’été 2024, des vidéos TikTok ont popularisé l’idée de se rendre chez Mercadona entre 19h et 20h avec un ananas retourné dans son chariot, signe supposé d’ouverture à la rencontre. La France a elle aussi connu des expériences proches. Dès 2003, au Lafayette Gourmet à Paris, des clients célibataires pouvaient choisir un panier mauve le jeudi de 18h30 à 21h, avec l’idée de signaler qu’ils étaient un “cœur à prendre”. Une caisse spéciale devait même favoriser les échanges entre participants.

Blois Capitale ne cherche pas à reproduire avec Extra Time ces modèles. Une boutique indépendante n’est pas un supermarché. On n’y circule pas de la même manière. On n’y vient pas pour remplir un chariot. On y reste souvent moins longtemps, mais avec une attention différente. Là où les supermarchés jouent souvent sur un code visible — panier rouge, ananas, cœur numéroté — la boutique peut proposer quelque chose de plus sobre, de plus humain, de plus doux.

Un temps additionnel, en somme. Pour les rencontres qu’on ne fait plus.



>> Et pour celles et ceux qui préfèreraient une soirée de rencontre célibataires (20-30-40 ans), rendez-vous mardi 12 mai à 20 heures ! >> Lire ici

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