Revenir à Blois pour mieux vivre : le projet de vie de Damien Warsemann

Une fois l’expérience acquise, les grandes villes parcourues et les certitudes déplacées, une autre question finit par s’imposer : celle du lieu dans lequel on souhaite désormais construire. Après plusieurs années passées à Paris et à Bordeaux, Damien Warsemann, 35 ans, commissaire aux comptes chez DR Audit, a fait le choix de revenir s’installer à Blois. Un retour mûrement réfléchi, déclenché par un projet de vie précis : fonder une famille dans un environnement jugé plus propice à l’équilibre personnel et à la projection à long terme.
À travers son parcours, se dessine une trajectoire aujourd’hui partagée par de nombreux jeunes actifs : partir pour se former et acquérir de l’expérience, puis revenir lorsque les priorités évoluent. Un mouvement discret mais structurant, qui interroge la place des villes moyennes comme Blois dans les choix de vie contemporains.
Un retour assumé
Natif de Blois, Damien Warsemann y effectue toute sa scolarité jusqu’au lycée. Il quitte ensuite le territoire pour ses études supérieures : un IUT à Tours, puis une école de commerce à Bordeaux. La carrière débute à Paris, chez KPMG, cabinet international d’audit et de commissariat aux comptes. Pendant plusieurs années, son parcours s’inscrit pleinement dans une trajectoire métropolitaine : cinq ans à Paris, deux ans à Bordeaux, puis de nouveau deux ans à Paris, toujours dans le même secteur d’activité. Une expérience dense, formatrice, structurante.
Pourtant, malgré la richesse professionnelle, Blois reste présente en filigrane. Les retours réguliers le week-end, les attaches familiales, les activités personnelles ancrées dans le territoire entretiennent un lien constant avec la ville natale.
Le projet familial comme déclencheur
Le véritable tournant intervient avec un projet commun : celui de devenir parents. « L’idée, avec ma femme, c’était de s’installer à Blois dès qu’on aurait un projet d’enfant. C’était vraiment l’élément déterminant. » Ce choix n’est pas uniquement affectif. Il repose sur une réflexion globale mêlant organisation du quotidien, cadre de vie, logement et équilibre personnel.
À Paris comme à Bordeaux, les trajets du week-end deviennent de plus en plus pesants. Presque systématiquement, le couple remonte à Blois pour retrouver famille, amis et activités. À terme, l’évidence s’impose : plutôt que de continuer à faire Blois–Paris ou Blois–Bordeaux chaque semaine, autant être sur place. Le couple décide alors d’anticiper son retour. Un an plus tard, ils s’installent en centre-ville.
Une qualité de vie
Parmi les éléments déterminants, la qualité de vie occupe une place centrale. Damien Warsemann évoque sans détour la question du logement, décisive dans le passage à une nouvelle étape de vie. « À Blois, notre capacité financière est évidemment plus élevée qu’à Paris pour acheter une maison. » La perspective d’accéder à la propriété, d’offrir à un enfant un environnement plus calme, plus proche de la nature, s’inscrit dans une continuité personnelle : celle d’une enfance passée à la campagne. « On préfère éduquer un enfant à Blois qu’à Paris. Ça nous paraît plus simple, plus cohérent. » À cela s’ajoutent des pratiques de loisirs très ancrées localement : chasse, pêche, motocross en forêt. Des activités difficiles à maintenir dans un cadre strictement urbain, mais pleinement accessibles en Loir-et-Cher.
Le réseau comme levier professionnel
Le retour à Blois n’a pas été envisagé sans sécurisation professionnelle. Retrouver un emploi constituait une condition indispensable. Là encore, le territoire joue un rôle clé. Originaire de Blois, Damien Warsemann dispose d’un réseau constitué de longue date : anciens camarades, connaissances professionnelles, relations indirectes. Un tissu relationnel qui facilite les mises en contact. Après plusieurs mois d’échanges, il rejoint le cabinet DR Audit en tant que commissaire aux comptes. Si la nature du portefeuille diffère de celui qu’il gérait auparavant, le choix est pleinement assumé. « Ça me convient tout à fait. Je ne regrette pas du tout ce choix. »
Une autre manière d’évoluer professionnellement
Contrairement aux idées reçues, Damien Warsemann estime que l’évolution professionnelle n’est pas nécessairement plus difficile dans une ville moyenne. Elle y prend simplement une autre forme. « Dans une ville moyenne comme Blois, on fait vite son réseau. À Paris, on peut être plus solitaire. » La proximité facilite les échanges, la visibilité, la reconnaissance professionnelle. Les interlocuteurs sont identifiables, les relations plus directes. Une dynamique qu’il juge favorable à son développement personnel.
Un mouvement générationnel discret
Autour de lui, Damien observe un phénomène récurrent : celui des retours progressifs. Parmi ses amis d’enfance, une majorité revient à Blois dès que les conditions professionnelles le permettent. Tous ne le peuvent pas, selon leur métier, mais la tendance existe. Elle dessine un mouvement silencieux : celui d’une génération qui a expérimenté la mobilité, sans pour autant renoncer à ses racines.
Un an après son retour, le constat est clair : aucun remords. Le couple vient d’accueillir un enfant. La garde a été trouvée sans difficulté, à La Chaussée-Saint-Victor, confirmant la faisabilité concrète du quotidien. Les seules concessions concernent la vie nocturne et l’animation urbaine. « Blois est moins dynamique que Paris pour les sorties, mais on préfère organiser quelques week-ends ailleurs et retrouver ici le confort de la semaine. »
Sans prétendre dessiner un modèle, le parcours de Damien Warsemann éclaire simplement une réalité contemporaine : celle de choix de vie qui se construisent moins par renoncement que par recherche d’équilibre, au moment où l’on décide où — et comment — l’on souhaite vraiment vivre.

