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Marie-Noëlle Amiot quitte la présidence de la CCI 41 sans exclure un retour : les explications

Lundi 9 mars, Marie-Noëlle Amiot a voulu reprendre la main sur le récit. Face aux informations publiées dans la presse locale et aux nombreuses sollicitations reçues ces derniers jours, la présidente démissionnaire de la Chambre de commerce et d’industrie de Loir-et-Cher a convoqué un point presse pour poser, selon ses mots, une « communication officielle » sur des éléments qu’elle dit « réels » et « factuels ».

L’enjeu, pour elle, était clair : sortir d’un commentaire extérieur de sa situation pour revenir à une explication de première main. Car son départ n’est ni un désengagement personnel, ni une rupture avec l’institution consulaire. Sa démission correspond à un choix professionnel.

Après vingt-cinq ans au service de l’entreprise Thiolat — devenue depuis Wefold by Guillin —, Marie-Noëlle Amiot explique avoir décidé d’ouvrir une nouvelle séquence de sa vie professionnelle. Elle parle d’une entreprise qui « restera dans [son] cœur », d’années consacrées au développement, à la structuration, à l’accompagnement d’une équipe et à la transmission. Elle insiste sur ce dernier mot, qui revient comme l’un des fils directeurs de son intervention. « Une des choses importantes aussi dans ce que j’aime faire, c’est la transmission », dit-elle. À ses yeux, le moment du départ arrive lorsque l’équipe que l’on a contribué à faire grandir est devenue « opérationnelle » et en mesure de « prendre la suite ». Et c’est précisément ce changement-là qui, par ricochet, a entraîné sa démission de la présidence de la CCI.

Une démission qu’elle présente comme une conséquence statutaire

Sur ce point, Marie-Noëlle Amiot a tenu à être nette. Son départ de la CCI ne relève pas, selon elle, d’un choix de retrait vis-à-vis du mandat, mais de l’application des règles qui encadrent la représentation consulaire. « Quand on est élu dans une Chambre de commerce, on est élu au titre d’une entreprise que l’on représente. À partir du moment où l’on quitte cette entreprise, de fait, nous devons démissionner », rappelle-t-elle.

C’est ce qu’elle dit avoir fait la semaine dernière, en adressant sa démission de son mandat d’élue de la CCI de Loir-et-Cher, et, « a fortiori », de son mandat de présidente. Elle part parce qu’elle ne représente plus l’entreprise au titre de laquelle elle siégeait (depuis le 28 février) ; elle ne part pas, dit-elle, parce qu’elle renierait le travail entrepris, ni parce qu’elle voudrait se soustraire à la responsabilité collective engagée depuis plus de quatre ans.

Marie-Noëlle Amiot

Continuer ce qui a été engagé

Ce point presse n’avait pas seulement pour objet de clarifier un départ. Il a aussi servi de cadre à une défense de la mandature. À plusieurs reprises, Marie-Noëlle Amiot est revenue sur l’esprit dans lequel elle dit s’être engagée à la CCI : un « projet d’union », un « projet collectif ».

Dans la lecture qu’elle propose de ces quatre années de mandat, la continuité compte presque autant que l’initiative. Marie-Noëlle Amiot insiste sur le fait qu’une mandature ne repart jamais de zéro. Elle se construit sur ce que les précédentes ont laissé, prolongé ou ouvert. C’est dans ce cadre qu’elle évoque notamment l’héritage d’Yvan Saumet, à qui elle dit devoir en partie son entrée dans l’aventure.

Elle défend un mandat attaché à plusieurs priorités. D’abord, les transitions — numériques, environnementales, RH — qu’elle juge « hyper importantes » dans l’accompagnement des entreprises. Ensuite, la présence dans les territoires, notamment à travers les conventions signées avec des communautés de communes, en particulier les plus petites, qui ne disposent pas toujours de toutes les compétences nécessaires pour accompagner seules leur tissu économique local. Dans son esprit, la CCI doit être un relais de proximité, capable d’apporter un appui concret là où les moyens sont plus restreints. La désormais ex-présidente met aussi en avant un axe plus interne mais qu’elle considère comme structurant : le rapprochement entre les élu·es et les collaborateurs.

Une institution contrainte de repenser son modèle économique

Le propos de Marie-Noëlle Amiot s’est également élargi à la situation structurelle de la Chambre. Elle rappelle un chiffre à lui seul révélateur : le passage d’une dotation fiscale de 7 millions d’euros à 1,5 million. Une telle contraction impose, selon elle, une mutation profonde du modèle économique. Une Chambre de commerce, dit-elle, n’a pas vocation à faire des bénéfices ; elle doit en revanche équilibrer son budget. Or la dotation de l’État ne suffit plus. Il faut donc aller chercher d’autres ressources, d’autres partenariats, d’autres formes de financement permettant de maintenir l’accompagnement des entreprises.

D’autant plus qu’une nouvelle baisse sera enregistrée cette année : « moins 4 % sur les 1,5 million », soit, selon son estimation, entre 60 000 et 80 000 euros en moins. Un niveau qu’elle juge tenable, à la différence de l’hypothèse d’une baisse de 30 %, qui aurait selon elle mis directement en cause la capacité de la Chambre à payer ses collaborateurs.

Le départ de la présidente intervient donc dans une institution qui, depuis plusieurs années, doit repenser sa structure, ajuster ses ressources, justifier davantage son utilité et trouver les moyens de poursuivre ses missions dans un environnement budgétaire durablement resserré.

Faire mieux connaître la CCI

À cette fragilité économique répond, dans son discours, une autre préoccupation : la visibilité même de la CCI. Marie-Noëlle Amiot le dit sans détour : beaucoup d’entreprises ne savent pas encore précisément ce que fait une Chambre de commerce, ni comment elle peut les accompagner. Elle insiste donc sur le travail de communication engagé durant la mandature. Elle parle d’un effort de professionnalisation, d’une volonté d’« accentuer beaucoup » la communication pour mieux faire connaître les actions menées et encourager davantage d’entreprises à appeler, à solliciter la CCI, à en pousser la porte.

Christine Pottier, l’intérim de direction et l’hypothèse tourangelle

Autre sujet abordé lors du point presse : la gouvernance administrative de la Chambre après le départ, à la mi-décembre, de Christine Pottier, présenté comme une décision « partagée ». Ce départ a conduit à une solution transitoire : le partage avec la CCI Touraine d’un directeur général par intérim, Frédéric Bris. À l’évidence, ce montage n’est pas un simple dépannage. Elle y voit plusieurs raisons pour que ce soit durable : des coopérations déjà existantes entre Blois et Tours, notamment sur le tourisme ; un « ADN commun » ; la proximité géographique ; des enjeux partagés autour de l’innovation, de l’industrie et de la vallée de la Loire ; enfin la possibilité de gagner en efficacité en s’appuyant sur une direction qui connaît les deux chambres et peut faciliter le travail de part et d’autre. « Oui, ça fonctionne. Oui, ça a du sens », affirme Marie-Noëlle Amiot.

Cette réflexion sur l’organisation interne de la CCI s’inscrit pleinement dans le reste de son propos : la Chambre doit non seulement trouver son équilibre économique, mais aussi son modèle de fonctionnement optimal.

Démissionner sans disparaître

Il y a, dans le discours de Marie-Noëlle Amiot, un paradoxe apparent qu’elle assume : elle démissionne, mais ne veut pas disparaître du paysage consulaire. Elle ne siège plus, ne prendra pas part au vote du 24 mars, n’est plus élue. Mais elle affirme vouloir rester engagée.

Cet engagement n’a, pour l’heure, pas de contour institutionnel défini. Elle parle de commissions ouvertes, de présence possible là où sa contribution serait jugée utile, d’un bénévolat qui n’a pas nécessairement besoin d’un titre pour exister. « Je reste engagée », répète-t-elle. Elle cite des sujets qu’elle dit bien maîtriser — l’industrie, l’aménagement du territoire, la connaissance du fonctionnement de la Chambre — et se dit disponible : « On a besoin de moi, je suis là. »

Le 24 mars, une succession encore ouverte

La suite immédiate est désormais connue dans son calendrier, sinon dans son issue. L’assemblée générale de la CCI de Loir-et-Cher se tiendra le 24 mars. D’ici là, l’intérim est assuré par la première vice-présidente, Claudine de Sousa, conformément aux textes.

Sur le nom de la future ou du futur président, la prudence est restée de mise. Elle refuse de désigner publiquement qui que ce soit, même si elle indique qu’« un membre du bureau » est volontaire pour se présenter. Cette retenue n’empêche pas le cadrage politique : la personne appelée à prendre la suite devra, dans son esprit, assurer la fin du mandat dans « l’esprit qui a été le nôtre depuis quatre ans ». Là encore, le mot-clé est la continuité. En attendant les prochaines élections consulaires en octobre 2027.

« Je pourrais être à nouveau candidate »

Si l’horizon semble lointain, la préparation d’une liste est dans les tuyaux. Marie-Noëlle Amiot dit avoir déjà évoqué, en janvier, avec les présidents du Medef et de la CPME, l’idée d’une nouvelle « liste d’union ». Et elle lâche, au passage, ce qui constitue sans doute la phrase la plus politique du jour : « Je pourrais être à nouveau candidate. »

Cette perspective, chez elle, s’accompagne d’une conception précise de ce que devrait être une liste consulaire : une liste paritaire, territoriale, plurielle, représentant le commerce, l’industrie et les services, ouverte au-delà des seuls syndicats patronaux, et composée d’entrepreneur·es réellement disposé·es à s’investir. L’élu consulaire, dit-elle, doit être à la fois « l’ambassadeur » des entreprises de son territoire vers la Chambre et l’ambassadeur de la Chambre vers son territoire.

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