Tourisme en Loir-et-Cher : des chiffres stables, des niveaux toujours solides

Avec 6,1 millions d’entrées estimées dans les principaux sites, activités et manifestations du département, et 3,2 millions de nuitées enregistrées dans les hébergements, le Loir-et-Cher ne signe pas en 2025 une année d’envol, mais confirme sa solidité. Derrière cette stabilité globale, les chiffres dessinent une réalité plus nuancée : des locomotives touristiques qui tiennent bon, un effet Center Parcs qui gonfle les résultats de l’hébergement, et des dynamiques désormais plus contrastées selon les secteurs.
Après le léger recul observé en 2024, la fréquentation touristique du Loir-et-Cher se fixe en 2025 à un niveau inchangé. L’estimation établie par l’Agence de Développement Touristique Val de Loire – Loir-et-Cher et l’Observatoire de l’Économie et des Territoires fait état de 6,1 millions d’entrées dans les principaux sites, activités et manifestations du département. Le tourisme loir-et-chérien reste donc installé sur un plateau élevé. Les grands équipements et les grands rendez-vous continuent de drainer un public important, souvent à des niveaux supérieurs à ceux d’avant la pandémie de Covid.
Chambord bat un record, Chaumont rebondit, Beauval reste le géant du département
Dans le détail, plusieurs grands sites confirment leur rôle moteur. Le Domaine national de Chambord poursuit sa progression et établit un nouveau record avec 1 218 055 visiteurs, soit + 2,6 % sur un an. Le document attribue cette hausse à la bonne dynamique des clientèles étrangères. Le Domaine régional de Chaumont-sur-Loire retrouve, lui aussi, une trajectoire ascendante, avec 535 898 entrées, en hausse de 9,9 %. Après le recul enregistré l’an dernier dans un contexte météorologique défavorable, le site retrouve des couleurs et revient presque à son niveau de 2023. Le ZooParc de Beauval cède du terrain pour la deuxième année consécutive, avec 1,8 million de visiteurs et une baisse de 5 %. Mais l’établissement conserve largement sa place de leader départemental.
À Blois, les indicateurs sont plus mesurés. La Maison de la Magie enregistre 119 644 entrées, en repli de 2,9 % après son record historique de 2024. Elle demeure toutefois au-dessus de son niveau d’avant-crise, de 14,6 %. Le Château royal de Blois, avec 348 439 entrées, recule légèrement de 1,3 % par rapport à 2024 et reste aussi un peu en deçà de son niveau pré-Covid.
3,2 millions de nuitées : une hausse importante à manier avec précaution
Le second grand indicateur de l’année concerne l’hébergement. En 2025, le Loir-et-Cher totalise 3,2 millions de nuitées, soit une progression de 9,4 % par rapport à 2024. Pris isolément, le chiffre semble très favorable. Toutefois, cette hausse s’explique en grande partie par un effet de rattrapage lié à Center Parcs, dont la réouverture complète en 2025 succède à une fermeture partielle à l’automne 2024 dans le cadre d’un programme de rénovation engagé depuis 2023. Le site passe de 588 430 nuitées en 2024 à 856 671 en 2025, soit + 45,6 %.
Le véritable indicateur de tendance est ailleurs : hors effet Center Parcs, la fréquentation du département ne progresse que de 0,1 %. Le mot juste n’est donc pas « hausse », mais bien stabilisation.
L’hôtellerie recule un peu, mais reste au-dessus de l’avant-Covid
Dans l’hôtellerie, la fréquentation marque le pas sans basculer pour autant dans le repli marqué. Les hôtels du département ont enregistré 996 494 nuitées en 2025, soit – 1,2 % par rapport à 2024. Ce recul reste contenu et le volume demeure supérieur de 7 % à la moyenne pré-Covid.
L’analyse détaillée montre que cette baisse vient principalement de la clientèle française, en retrait de 2,4 %, tandis que la clientèle étrangère poursuit sa progression à + 4,7 %. Celle-ci représente désormais 18 % du total annuel. Le taux d’occupation moyen s’établit à 51,2 %, en baisse de 0,4 point, avec une meilleure tenue des établissements haut de gamme, dont le taux atteint 58,5 %.
Les campings continuent de progresser, mais sur un rythme plus modéré
Le plein air confirme, lui, sa bonne tenue. Les campings du Loir-et-Cher enregistrent 1 190 731 nuitées entre avril et septembre 2025, soit + 1,3 % sur un an. La fréquentation demeure supérieure de 36 % à celle d’avant la crise sanitaire. Le département concentre à lui seul 45 % des nuitées de camping de la région, avec un taux d’occupation de 44,3 %, le plus élevé à l’échelle régionale. La clientèle française progresse de 3,3 %, tandis que la clientèle étrangère recule de 2,1 %, notamment sous l’effet du repli des clientèles néerlandaise et britannique. Là encore, le tableau est contrasté, mais la structure d’ensemble reste favorable.
Les Gîtes de France reculent légèrement en volume, mais montent en gamme
Du côté des gîtes ruraux et chambres d’hôtes labellisés Gîtes de France, l’année 2025 s’inscrit dans une logique de tassement mesuré. Le réseau totalise 115 032 nuitées, soit – 1,5 % par rapport à 2024. La clientèle française reste quasiment stable (– 0,6 %), tandis que la clientèle étrangère recule davantage (– 7,8 %). Mais l’intérêt des chiffres ne tient pas seulement au volume. Le chiffre d’affaires progresse de 4,14 %, ce qui traduit une montée en gamme du réseau. Le recul est donc limité du point de vue de la fréquentation, et il ne remet pas en cause la dynamique économique du secteur. L’OET parle d’un « nouvel équilibre » post-pandémie, avec un niveau de fréquentation stabilisé autour de 116 000 nuitées annuelles, soit 12 % au-dessus de 2019.
C’est sans doute l’un des enseignements les plus intéressants du bilan : certains segments accueillent un peu moins, mais valorisent davantage leur offre. Le tourisme départemental ne se joue donc pas seulement sur la quantité. Il se joue aussi sur la structure de l’offre et sur sa capacité à mieux se positionner.
Plateformes locatives : les nuits réservées augmentent
Un ralentissement apparaît sur les plateformes locatives. En 2025, le Loir-et-Cher compte 7 490 propriétés actives sur Airbnb, VRBO et Booking, soit une progression de 5,4 %. L’offre continue donc de croître, mais bien moins vite qu’en 2024, où elle avait augmenté de 13,9 %.
Mais les nuits réservées y augmentent aussi, à 696 835, soit + 3,5 %. Là encore, la progression demeure positive, mais elle ralentit. Dans le même temps, le taux d’occupation recule légèrement, passant de 37,4 % à 37,0 %. L’explication avancée est simple : l’augmentation continue du nombre de logements mis sur le marché pèse mécaniquement sur l’occupation moyenne.
Autrement dit, le secteur continue d’avancer, mais il semble atteindre un palier. Là encore, 2025 ressemble moins à une année de conquête qu’à une année de stabilisation.
La plupart des segments entrent dans une phase plus mature : les sites se stabilisent, l’hôtellerie ralentit un peu, les campings consolident leur avance, les gîtes tiennent en montant en gamme, les plateformes poursuivent leur développement sans retrouver les rythmes passés. Un nouvel équilibre semble désormais bien installé.

