Associatif et solidaritésVie locale

L’histoire d’une belle soirée pour Olivier Blondeau au Ben’s Blues Bar

Samedi soir, rue Saint-Lubin, il fallait se frayer un chemin entre les silhouettes, les conversations, les allées et venues sur le trottoir, les lumières du bar et celles de la rue. Au Ben’s Blues Bar, la soirée de soutien organisée pour Olivier Blondeau fut un succès. La salle était pleine, l’extérieur aussi. On venait pour écouter de la musique, bien sûr, pour boire un verre, pour passer, pour saluer, pour donner. Mais surtout, on venait parce qu’il y avait, derrière cette soirée, quelque chose de simple et de très concret : la volonté d’aider un homme de valeur.

Depuis la fin du mois de janvier, la vie d’Olivier Blondeau a basculé. Victime d’un AVC, l’herboriste d’Herbacadabra traverse depuis plusieurs semaines une période de soins, de fatigue et de rééducation, avec une hospitalisation toujours en cours. Son absence, samedi soir, était connue de tous. Et si la soirée existait, c’était précisément parce qu’il ne pouvait pas être là.

Ben’s Blues Bar

Il aurait pourtant voulu venir. Sa sœur, Corinne, le dit simplement : on le lui a déconseillé. Il était prêt à sortir, mais son état ne le permettait pas. Alors il a fait autrement. Entre sa première et sa deuxième hospitalisation, il a adressé à Ben, patron du Ben’s Blues Bar, un mot destiné à être lu pendant la soirée. Un texte pour remercier celles et ceux qui se mobilisaient, « aussi bien les gens qui sont venus ce soir que ses nièces, Paloma et Mariana, qui tiennent la boutique ce soir », raconte Ben. Dans cette phrase, il y a déjà toute l’architecture de la soirée : un absent, des proches, un lieu, un quartier, des habitués, des gestes concrets.

Pour l’occasion, Herbacadabra a rouvert ses portes dans l’après-midi. La boutique était tenue par Paloma et Mariana. Toutes deux ont pris leur part dans cette journée de solidarité. Corinne le raconte : les visiteurs sont venus prendre des nouvelles, laisser quelques mots, participer à une cagnotte physique installée sur place. Les deux jeunes femmes, qui fabriquent des piñatas avec leur société Les Sœurs Piñatas, avaient conçu pour l’occasion une piñata-cagnotte afin que les clients, amis et soutiens puissent y glisser de l’argent et des messages pour Olivier. Des petits films ont été faits, des photos aussi, et un compte rendu détaillé lui sera transmis. Le soutien ne consistait pas seulement à réunir des fonds ; il s’agissait aussi de rendre visible à Olivier Blondeau l’ampleur de la présence autour de lui.

Celtic Vagabond

À l’intérieur du Ben’s Blues Bar, la musique celtique expérimentale de Celtic Vagabond donnait à cette mobilisation sa forme sensible. Ben connaît les soirées, les concerts, le rythme d’un lieu qui, depuis des années, fait circuler à Blois bien plus que des consommations et du blues. Mais il insiste sur ce que celle-ci avait de particulier : « un sens supplémentaire », dit-il. Ce supplément de sens, Ben n’en parle pas comme d’une abstraction morale. Il le relie à une expérience très concrète de l’organisation, et à une limite qu’il juge regrettable. Il revient ainsi la difficulté, dans notre cadre actuel, de faire tenir la boutique d’Olivier Blondeau par des personnes volontaires. Autrement dit, la difficulté à transformer spontanément l’élan d’entraide en solution effective. « Notre système est verrouillé quant à l’entraide que l’on peut apporter », observe-t-il.

Ce verrouillage, Ben ne le formule pas comme une tirade générale contre tout. Il parle au contraire depuis une situation très précise, au sens le plus concret du terme : on voit qu’un commerce est fragilisé, on sait que des gens seraient prêts à aider, et pourtant les règles, les cadres, les responsabilités, les contraintes rendent cette aide difficile à mettre en œuvre. Voire impossible. Ben dit qu’il aimerait entendre « des discours un peu plus engagés » sur ces questions. Car si l’envie existe, le mode d’emploi manque. « Quand on a envie de faire quelque chose, comment on peut s’y prendre ? » Beaucoup de manifestations de solidarité échouent ou s’épuisent parce qu’elles restent à l’état d’intention face aux règles et normes.

BBB

L’état de santé d’Olivier est encore très fragile, mais en amélioration. Les reins, d’abord sévèrement touchés, recommencent à fonctionner. « Il était descendu à 10%, il est remonté à 27% », dit sa sœur. Les traitements produisent des effets contrastés : bénéfiques sur certains plans, plus difficiles sur d’autres. Il faut trouver un équilibre, composer avec la tension, avec les suites de l’AVC, avec les sensations retrouvées dans les jambes, avec les lunettes désormais mieux adaptées, qui réduisent les vertiges et améliorent la vue. Le moral, ajoute-t-elle, « va mieux ». Le suivi psychologique à la clinique et l’accompagnement par un kinésithérapeute y contribuent aussi. Corinne ne donne pas de date ferme pour le retour d’Olivier Blondeau. Il a été question de juin, peut-être plutôt de l’été. Rien n’est arrêté. Il faut du temps pour récupérer, pour trouver les bons traitements, pour réfléchir aussi à la manière dont la vie professionnelle et la vie personnelle pourront se réorganiser autour de cette nouvelle donne de santé.


Il est toujours possible d’apporter un soutien financier à Olivier Blondeau via la cagnotte en ligne suivante : https://www.onparticipe.fr/c/hNNZyAd7


Votre annonce sur Blois Capitale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Blois Capitale

GRATUIT
VOIR