Loir-et-Cher : la canicule devrait céder vendredi, mais la chaleur pourrait rapidement revenir en force

Le Loir-et-Cher devrait encore connaître plusieurs journées très chaudes. Selon Thibaud Mériel, chasseur d’orages et expert météo, une dégradation plus franche pourrait mettre fin à la séquence caniculaire vendredi 17 juillet. Le rafraîchissement ne serait toutefois pas nécessairement durable.
La sortie de la canicule commence à se dessiner, mais elle ne sera ni immédiate ni forcément durable. Ce lundi 13 juillet 2026, le Loir-et-Cher reste placé en vigilance rouge pour canicule extrême et en vigilance jaune pour les orages. La vigilance rouge* doit encore s’appliquer durant toute la journée du mardi 14 juillet. À Blois, la température maximale attendue ce lundi se situe autour de 36 °C, avant une nouvelle journée proche de 35 °C mardi.
Selon Thibaud Mériel, prévisionniste, le département devrait encore traverser trois journées de très forte chaleur avant un changement plus sensible attendu à partir de vendredi. Entre-temps, plusieurs dégradations orageuses pourraient intervenir, avec une intensité et une répartition géographique encore difficiles à déterminer.

Une nouvelle nuit tropicale
Les orages ne devraient pas suffire à rafraîchir durablement l’atmosphère. La nuit de lundi à mardi restera probablement très chaude, avec des températures minimales généralement comprises entre 20 et 23 °C dans le Loir-et-Cher. De telles températures nocturnes réduisent fortement la possibilité de rafraîchir les logements. Elles compliquent également la récupération physiologique, en particulier pour les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes malades, celles qui travaillent en extérieur et les habitants de logements mal isolés ou situés sous les toits.
Mardi : encore autour de 35 °C
La journée du mardi 14 juillet restera caniculaire dans le Loir-et-Cher. À Blois, la maximale devrait se situer autour de 35 °C, avec une minimale proche de 20 °C. Des valeurs de 35 à 36 °C restent possibles localement, notamment en Sologne. Le ciel pourrait être parcouru par des nuages élevés. Thibaud Mériel envisage également une remontée de poussières sahariennes, susceptible de donner au ciel un aspect voilé ou légèrement jaunâtre, particulièrement en fin de journée. Ce type de voile peut favoriser des couchers de soleil plus colorés, à condition que la couverture nuageuse ne devienne pas trop épaisse.
L’intensité de la chaleur dépendra en partie des conséquences des orages de lundi soir. Des précipitations plus importantes que prévu ou une couverture nuageuse persistante pourraient freiner la hausse des températures. À l’inverse, de larges éclaircies permettraient au thermomètre de retrouver rapidement des valeurs proches de 35 °C.
Mercredi pourrait constituer une nouvelle pointe chaude
Le rafraîchissement ne devrait toujours pas intervenir mercredi 15 juillet. Thibaud Mériel estime que les températures pourraient atteindre 36 à 37 °C, plus particulièrement dans le sud du Loir-et-Cher. Le nord du département pourrait rester légèrement en retrait. Pour Blois, les prévisions actuellement disponibles se situent autour de 35 °C. Des orages ou averses isolées ne sont pas totalement exclus, mais le risque paraît nettement plus faible que lundi. Le ciel pourrait rester voilé par des nuages de haute altitude et, éventuellement, par des poussières désertiques. L’atmosphère demeurerait donc très chaude, mais l’instabilité nécessaire à la formation d’orages organisés pourrait rester insuffisante.
Jeudi, une journée charnière
La journée du jeudi 16 juillet devrait marquer le début d’un changement de régime. Les températures resteraient néanmoins très élevées avant l’arrivée de la dégradation. Thibaud Mériel évoque encore 34 à 36 °C, certains scénarios ayant même envisagé ponctuellement davantage. Une zone d’air plus froid en altitude, couramment appelée « goutte froide », pourrait se rapprocher de la France. En rencontrant l’air très chaud présent près du sol, elle favoriserait une déstabilisation de l’atmosphère et le développement d’orages en fin de journée ou en soirée. Il est encore trop tôt pour annoncer leur intensité, leur horaire ou localisation.
Vendredi, une baisse d’environ 5 à 8 °C
Le changement le plus net est attendu vendredi 17 juillet. À Blois, la température maximale pourrait ne pas dépasser 28 °C, contre 33 à 36 °C les jours précédents. Des averses resteraient possibles, mais l’atmosphère deviendrait sensiblement plus respirable. Le vent devrait progressivement basculer vers le nord ou l’ouest, permettant l’arrivée d’une masse d’air moins chaude. Les températures nocturnes pourraient également revenir vers 15 à 18 °C. Sous réserve que la dégradation orageuse se mette en place comme prévu, vendredi devrait donc marquer la fin de l’épisode caniculaire actuel dans le Loir-et-Cher. Il serait toutefois imprudent de parler d’une disparition définitive de la chaleur. La canicule en cours devrait prendre fin, mais d’autres périodes de fortes températures restent possibles au cours de la seconde moitié de juillet.
Un week-end plus supportable
Le week-end des 18 et 19 juillet devrait rester nettement plus respirable. Les températures maximales actuellement envisagées pour Blois sont proches de 28 à 29 °C, avec des nuits autour de 14 à 15 °C. Ces valeurs resteraient estivales, voire légèrement supérieures aux normales, mais sans commune mesure avec les 35 à 40 °C observés durant la séquence actuelle. Ce répit pourrait donc durer plusieurs jours, au moins de vendredi à dimanche. Sa durée exacte dépendra ensuite de la capacité de l’anticyclone à se réinstaller sur l’Europe occidentale.
Une nouvelle hausse probable
Thibaud Mériel observe des signaux favorables à une nouvelle remontée des températures autour des 22, 23 et 24 juillet. Certains scénarios qu’il a étudiés envisagent un retour vers 35 ou 36 °C, avant une nouvelle dégradation orageuse. À cette échéance, la prudence s’impose toutefois. Une prévision météorologique détaillée devient progressivement moins fiable au-delà de cinq à sept jours, particulièrement lorsqu’elle dépend du positionnement précis d’une goutte froide ou d’un anticyclone.
Les projections actuellement disponibles pour Blois confirment bien une nouvelle hausse à partir du lundi 20 juillet, mais elles se situent plutôt autour de 31 à 32 °C entre le 20 et le 24 juillet. Elles appuient donc le scénario d’un retour de la chaleur, sans permettre à ce stade d’affirmer qu’une nouvelle canicule s’installera.
Pour la fin du mois de juillet et le début du mois d’août, les modèles sub-saisonniers peuvent seulement fournir une tendance générale. Thibaud Mériel relève un signal anticyclonique et un risque de nouvelles fortes chaleurs. Il présente lui-même l’hypothèse d’une canicule à cette période comme une intuition de prévisionniste, et non comme une prévision désormais établie.
Une séquence déjà remarquable à Blois
Quelle que soit l’évolution de la deuxième moitié du mois, la première partie de l’été 2026 est déjà exceptionnelle. La station Météo-France de Blois-Ville a enregistré une maximale de 39,4 °C dimanche 12 juillet. Depuis la fin du mois de juin, les températures ont très régulièrement dépassé 30 °C, avec plusieurs journées proches de 38 ou 40 °C.
À l’échelle nationale, juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne de 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale de référence. Il devance juin 2003 et juin 2025. Le déficit de précipitations a atteint environ 50 % sur le pays, avec moins de 20 millimètres relevés dans plusieurs secteurs allant des Pays de la Loire au Centre-Val de Loire.
La sécheresse superficielle des sols s’est également fortement aggravée. Au 9 juillet, l’humidité moyenne des sols à l’échelle de la France avait atteint un niveau record pour cette période, inférieur aux valeurs observées au début de juillet 2022 et 2025.
Ces constats ne permettent pas encore de classer définitivement l’ensemble de l’été 2026 par rapport aux étés de 2003 ou 2022 : la saison n’est pas terminée et les comparaisons doivent reposer sur des indicateurs homogènes établis à la fin de la période. Ils montrent néanmoins que le début de l’été se situe déjà à un niveau thermique et hydrique exceptionnel.
Un épisode météorologique précis ne peut pas être expliqué par une seule cause. En revanche, le réchauffement climatique augmente la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur.
Dans l’immédiat, le Loir-et-Cher doit encore traverser plusieurs journées difficiles. La chaleur restera forte mardi, mercredi et probablement jeudi. Les orages attendus jeudi soir pourraient ensuite ouvrir la voie à un net rafraîchissement vendredi. Mais, après quelques journées plus supportables, le thermomètre devrait reprendre le chemin de la hausse : la canicule actuelle touche peut-être à sa fin, pas nécessairement l’été des fortes chaleurs.
*Le niveau rouge correspond à une canicule jugée exceptionnelle par sa durée, son intensité ou son étendue, avec un risque sanitaire concernant l’ensemble de la population. La qualification d’une canicule ne repose pas sur le franchissement ponctuel de 35 °C, mais notamment sur la combinaison des températures minimales et maximales observées ou prévues pendant plusieurs jours et plusieurs nuits.

