Stationnement à Blois : de nouvelles règles pour faciliter l’accès au centre-ville
À partir du 14 septembre 2026, la zone bleue s’étendra dans le centre-ville de Blois et sa durée passera de vingt à trente minutes. Cette mesure, dont le coût annuel est évalué à 56 000 euros pour la Ville, doit faciliter les achats rapides, améliorer la disponibilité des places en surface et orienter les stationnements plus longs vers les parkings souterrains. La municipalité l’inscrit dans une politique plus large associant attractivité commerciale, qualité de vie et diversification des mobilités. La nouvelle offre a été présentée ce lundi 24 août par Marc Gricourt, maire de Blois, Nicolas Orgelet, premier adjoint chargé de la Ville durable, Claire Molliere, adjointe à l’économie de proximité, référente du quartier Centre et présidente de Stationeo, ainsi que Frédéric David, son directeur.

Plus de 200 places gratuites pendant trente minutes
Le changement le plus visible concernera la zone bleue. À compter du 14 septembre, elle rassemblera donc plus de 200 places réparties dans le centre-ville. Leur utilisation restera gratuite, mais nécessitera d’apposer derrière le pare-brise un disque de stationnement indiquant l’heure d’arrivée. La durée maximale passera de vingt à trente minutes.
L’axe Porte-Côté–Denis-Papin–Wilson concentrera à lui seul 106 places bleues, soit 36 de plus qu’auparavant. La municipalité entend ainsi créer une continuité plus lisible le long de cet itinéraire commerçant reliant le nord du centre-ville à Blois-Vienne. Une exception subsistera quai Villebois-Mareuil, où la zone bleue demeurera limitée à 90 minutes.
L’allongement de vingt à trente minutes répond d’abord à une question d’usage, explique Claire Molliere. Vingt minutes peuvent suffire pour une course très rapide, mais deviennent vite contraignantes lorsqu’il faut rejoindre un commerce, attendre quelques instants puis effectuer son achat. La demi-heure doit rendre la gratuité plus facilement utilisable. Elle ne produit toutefois pas, à elle seule, davantage de rotation sur une même place : la Ville mise donc sur l’extension du périmètre et sur une meilleure répartition des véhicules.
Une place pour chaque durée de stationnement
La municipalité présente cette nouvelle organisation comme une clarification de l’offre. La zone bleue doit accueillir les arrêts les plus courts. La zone rouge permet de stationner jusqu’à deux heures, tandis que la zone verte autorise une présence pouvant atteindre sept heures.
Le stationnement en zone rouge et verte reste payant du lundi au samedi, de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures. Blois compte actuellement 1 322 places payantes en surface : 476 en zone rouge et 846 en zone verte.
Le dispositif repose sur un partage des usages : les places situées au plus près des commerces doivent accueillir en priorité les stationnements de courte durée, tandis que les automobilistes souhaitant rester plusieurs heures sont invités à rejoindre les parkings souterrains. Il ne s’agit donc pas d’accorder davantage de place à la voiture, mais de proposer une solution adaptée à la durée et au motif de chaque déplacement. « Il s’agit de trouver le juste milieu », a résumé Marc Gricourt. Une recherche d’équilibre qui doit répondre à des besoins très différents : effectuer un achat rapide, accomplir une démarche, se rendre à un rendez-vous ou profiter de l’offre culturelle.
Nicolas Orgelet a pris l’exemple d’un retrait en librairie : « Quelqu’un qui doit effectuer un achat en une demi-heure vient simplement chercher son achat. Si nous ne lui proposons pas de solution, il ne viendra plus ici : il ira à l’extérieur de la ville. Il faut donc que nous lui offrions cette possibilité. L’un n’empêche pas l’autre. Nous devons aussi prendre en considération cette réalité des commerçants. »
Des parkings souterrains encore disponibles
La rotation en surface constitue le premier volet de la politique municipale. Le second consiste à mieux utiliser les parkings souterrains, présentés comme des « réservoirs » de stationnement. Les parkings Château, Halle aux Grains et Valin-de-la-Vaissière représentent environ 1 100 places. Leur taux d’occupation est évalué à 60 %. Pour la Ville, cette disponibilité montre qu’une partie de la réponse aux besoins existe déjà, mais reste insuffisamment connue ou utilisée.
La première heure y est gratuite, sans démarche particulière ni condition. Les clients des commerces partenaires peuvent également obtenir un chèque parking donnant droit à deux heures gratuites. Ces chèques sont remis aux commerçants par la Ville et Stationeo sans contrepartie financière.
En 2025, 30 000 chèques auraient été distribués, mais seulement 9 000 utilisés. L’objectif annoncé est d’atteindre 16 000 utilisations en 2026. L’avantage financier moyen a été évalué à environ 1,80 euro par bénéficiaire. Pour la municipalité, l’enjeu consiste donc autant à développer le dispositif qu’à mieux le faire connaître. « Nous avons tous envie d’un centre-ville accessible, mais apaisé », a résumé Claire Molliere. « Les parkings souterrains répondent à ce double enjeu. Ils permettent de libérer de la place en surface et présentent, à ce titre, un véritable intérêt. »
Le fonctionnement du Mail Pierre-Sudreau demeure par ailleurs inchangé. Le stationnement y reste gratuit entre midi et 14 heures, après 18 heures, le dimanche et les jours fériés, une organisation favorable aux riverains.
Commerce, culture et attractivité résidentielle
La politique de stationnement est directement reliée par la municipalité à la vitalité du centre-ville. Elle doit faciliter les achats, mais également l’accès aux restaurants, aux équipements culturels, aux spectacles et aux événements. « Je préfère que les habitants qui vivent hors de Blois viennent consommer dans le centre-ville plutôt que dans les grandes surfaces commerciales situées autour, et qu’ils profitent aussi de ce qu’il y a de plus ici : la beauté de la ville, l’offre culturelle, entre autres choses », a déclaré Marc Gricourt. La mesure ne concerne donc pas seulement les Blésois. Elle vise aussi les habitants de l’agglomération ou des territoires voisins susceptibles de se rendre dans le cœur de ville pour une course ou une sortie. L’exécutif municipal relie également le stationnement à l’attractivité résidentielle. La possibilité de vivre en centre-ville, d’y travailler et d’y accueillir de nouveaux habitants suppose de répondre aux différents besoins.
Six samedis après-midi gratuits en 2027
La nouvelle offre sera complétée en 2027 par six samedis après-midi de gratuité sur les places payantes de surface du centre-ville. Ces dates ont été arrêtées avec Les Vitrines de Blois, association réunissant environ 140 commerces. Le coût de cette opération est estimé à près de 15 000 euros pour la Ville.
Le calendrier comprend :
- la braderie de printemps ;
- la braderie de rentrée, le 4 septembre 2027 ;
- le samedi du Black Friday, le 27 novembre ;
- les trois samedis précédant Noël, les 4, 11 et 18 décembre.

« Le stationnement n’est pas un sujet à Blois »
Marc Gricourt a défendu une position volontairement tranchée : « Le stationnement n’est pas un sujet à Blois. » Le maire considère que la ville dispose de suffisamment de possibilités et que ses tarifs restent inférieurs à ceux pratiqués dans la plupart des villes comparables. Les parkings souterrains encore disponibles, la première heure gratuite, les chèques parking, les zones rouge et verte et, désormais, l’extension de la zone bleue doivent juste constituer une offre plus facile à comprendre. La municipalité veut que chaque automobiliste identifie rapidement la solution correspondant à son besoin. Aussi avec une meilleure signalétique.
Le maire a également insisté sur la « maîtrise politique » du stationnement. La Ville entend conserver la direction du dispositif, déterminer les gratuités et assumer leurs conséquences budgétaires. Marc Gricourt a indiqué que la collectivité n’avait pas souhaité arrêter cette nouvelle politique avant les élections municipales de 2026. La présentation intervient après un travail destiné, selon l’exécutif, à clarifier et simplifier l’ensemble.

Ne pas opposer la voiture aux autres mobilités
La municipalité refuse en outre de réduire l’accessibilité du centre-ville à la seule question automobile. Marc Gricourt a mis en avant la progression de l’utilisation des transports en commun au cours des dix-sept dernières années. Selon les chiffres qu’il a cités, la fréquentation aurait augmenté de 40 % en sept ans pendant une première délégation de service public, puis de nouveau dans des proportions voisines au cours de la période suivante. La progression dépasserait déjà 20 % pendant la période actuelle. « Des personnes qui habitent Blois ont compris qu’elles pouvaient se rendre dans le cœur de l’agglomération avec un autre mode de déplacement que leur voiture personnelle », a observé le maire. Il a notamment évoqué le succès des navettes gratuites et les témoignages d’usagers ayant renoncé à prendre leur voiture pour certains trajets.
Nicolas Orgelet a également mentionné un projet de liaison cyclable entre la gare et le centre-ville. D’autres pistes sont étudiées : une augmentation des fréquences de transports collectifs, une optimisation du réseau ainsi que la création de parkings-relais à l’extérieur de la ville, depuis lesquels des navettes permettraient de rejoindre le centre. « Nous savons que certains flux continueront de se faire en voiture », a reconnu Claire Mollière. « Dans le même temps, nous constatons aussi une augmentation des déplacements à vélo, à pied et en transports en commun. Il ne faut pas opposer les différents modes de déplacement. »
La réforme du 14 septembre ne constitue donc pas une révolution tarifaire. Elle cherche surtout à organiser différemment les véhicules déjà présents : trente minutes gratuites pour une démarche rapide, des zones payantes pour les besoins intermédiaires et des parkings souterrains pour les présences plus longues. Son efficacité pourra être appréciée à travers la disponibilité réelle des places bleues, la fréquentation des parkings souterrains, et l’utilisation des chèques parking.


