Tour de France 2027 : Blois, Cheverny et Chambord pourraient accueillir un contre-la-montre

Un contre-la-montre entre Blois et Chambord, avec un passage par Cheverny : c’est le projet présenté au Tour de France pour l’édition 2027. Philippe Gouet a évoqué cette possibilité lors de sa conférence de presse de rentrée. Le président du Conseil départemental assure que des représentants de l’organisation sont déjà venus reconnaître le parcours. Mais rien n’est encore acquis : le tracé complet de la Grande Boucle sera dévoilé le 22 octobre.
L’information est arrivée presque incidemment, à la fin d’un point presse consacré aux finances du Département, à la santé, aux collèges ou encore à la passerelle sur la Loire. Interrogé sur les routes départementales, Philippe Gouet a confirmé que le Loir-et-Cher avait déposé un projet pour accueillir le Tour de France en 2027. Et pas n’importe quelle étape. Le scénario travaillé est celui d’un contre-la-montre avec un départ de Blois, un passage vers Cheverny et Chambord comme autre point fort du parcours. « Si on avait un contre-la-montre, ce serait un contre-la-montre château-château », a résumé Philippe Gouet. Le projet est porté conjointement par le Département et Pierre Dubreuil, directeur général du Domaine national de Chambord, avec lequel le dossier a été construit.
Des responsables du Tour sont venus examiner le parcours
La candidature est suffisamment avancée pour avoir suscité des échanges avec l’organisation de la Grande Boucle. Philippe Gouet affirme que des représentants du Tour se sont déplacés dans le département. « On a des responsables qui sont venus voir l’état des routes, voir ce circuit, etc. », a-t-il expliqué. Selon lui, le dossier a également donné lieu à une seconde série de questions de la part de l’organisation. Le président du Département se garde néanmoins d’annoncer une étape avant l’heure. « Je n’ai pas de certitude, l’annonce sera officielle le mois prochain. Nous, on a proposé quelque chose. Ça séduit quand même puisqu’on est revenus une deuxième fois pour nous poser quelques questions. »
La précaution est importante. Le parcours français du Tour 2027 n’est pas encore officiel. Seules les trois premières étapes sont aujourd’hui connues : la 114e édition s’élancera d’Édimbourg le 2 juillet 2027, avant de rejoindre Carlisle, puis Liverpool et Cardiff au terme de trois journées en Grande-Bretagne. La présentation intégrale des parcours 2027 est programmée le jeudi 22 octobre 2026. Philippe Gouet a d’ailleurs indiqué avoir reçu une invitation pour cette présentation : « C’est tout ce que je peux vous dire. »
Blois et Chambord ont déjà reçu la Grande Boucle ensemble
Le projet réveillerait un souvenir vieux de plus de vingt ans. Le 5 juillet 2005, Blois accueillait l’arrivée d’un contre-la-montre par équipes parti de Tours. Le lendemain, la Grande Boucle repartait précisément de Chambord, pour une étape de 183 kilomètres jusqu’à Montargis. Une étape chronométrée entre Blois et Chambord renouerait donc avec une géographie déjà empruntée par le Tour, mais cette fois dans une mise en scène particulièrement lisible : la ville royale, Cheverny puis Chambord, avec les châteaux de la Loire comme décor. Un contre-la-montre fait défiler les coureurs successivement sur le même itinéraire pendant plusieurs heures. Pour un territoire touristique, cela signifie une exposition répétée du paysage, des monuments et des communes traversées lors de la retransmission.
Une ville-étape : entre 1 et 3 millions d’euros de retombées directes selon Bercy
Au-delà du sport, la bataille pour accueillir le Tour tient beaucoup à cette visibilité et à ses effets économiques. Le ministère de l’Économie estime actuellement qu’une ville-étape génère entre 1 et 3 millions d’euros de retombées économiques directes. Le calcul recouvre notamment les dépenses liées à l’hébergement, à la restauration, aux commerces et aux visiteurs mobilisés par l’événement. Bercy rappelle également que le Tour est diffusé dans 190 pays. Ces chiffres doivent cependant être utilisés avec précaution. Une retombée économique n’est pas un bénéfice net pour une collectivité : accueillir le Tour implique aussi une redevance versée à l’organisateur, des dépenses de sécurité et de logistique, des aménagements et parfois des travaux sur la voirie.
Des effets touristiques mesurés à l’échelle des départements
Une étude publiée en 2023 dans le Journal of Regional Science apporte un éclairage plus solide sur la question. Les économistes Teemu Makkonen et Timo Mitze ont étudié les données touristiques de 96 départements français entre 2011 et 2020, en comparant notamment ceux qui recevaient une étape du Tour à des territoires similaires qui n’en accueillaient pas. Leur travail constate une augmentation significative des arrivées et des nuitées touristiques pendant les périodes où une étape est accueillie. Les auteurs estiment, selon leurs différentes méthodes, entre 3 400 et 9 400 arrivées touristiques supplémentaires et jusqu’à 20 000 nuitées additionnelles sur le mois concerné. En convertissant ces fréquentations en dépenses touristiques, leur estimation prudente aboutit à environ 900 000 euros de dépenses supplémentaires, et jusqu’à 1,8 million d’euros lorsqu’on intègre les effets sur les territoires voisins. Cela rejoint donc, avec une méthodologie différente, le bas de la fourchette avancée aujourd’hui par Bercy.
Pour le Loir-et-Cher, un enjeu d’image autant que de fréquentation
Dans le cas d’un parcours entre Blois, Cheverny et Chambord, l’intérêt dépasse probablement les dépenses réalisées le jour de la course. L’enjeu est aussi celui des images. Le projet ferait se succéder plusieurs des sites les plus identifiables du territoire au cours d’une même retransmission. « Pour l’image du département, c’est quand même quelque chose d’important », confirme Philippe Gouet. Le Département et Chambord ont donc fait leur proposition. La Ville de Blois a également été associée au travail. Cheverny figure dans le tracé présenté. Il reste maintenant à franchir l’étape décisive : être retenu par Amaury Sport Organisation. La réponse tombera le 22 octobre. Jusque-là, une chose est acquise : le Loir-et-Cher est bien dans la course.


