Lindsay Bonne fait monter Céline Dion sur scène à Monthou-sur-Bièvre

Lundi soir, au pied de la tour Eiffel, Céline Dion proposait I’m Alive pour refermer le défilé L’Oréal Paris. Le 17 octobre, ce titre résonnera aussi à Monthou-sur-Bièvre avec Lindsay Bonne, qui porte depuis plus de deux ans un spectacle du même nom entièrement consacré à la star québécoise. Pas question pourtant de jouer au sosie. Pendant près d’une heure quarante-cinq, la chanteuse préfère retrouver la puissance, l’émotion et les grands refrains de Céline Dion avec son propre grain de voix — et un public qu’elle compte bien faire chanter.
« Il n’y a aucune imitation. » Lindsay Bonne pose rapidement la frontière. Sur scène, quelques tenues rappellent celles de Céline Dion, certaines attitudes peuvent faire écho à l’originale et quelques inflexions constituent des clins d’œil assumés. Mais elle ne cherche ni la ressemblance physique ni le mimétisme vocal. « Je reste avec mon grain de voix. » Le principe est au cœur d’I’M ALIVE, spectacle réunissant sept artistes — la chanteuse, quatre musiciens et deux choristes — et consacré aux grands titres de Céline Dion. Le répertoire passe notamment par Pour que tu m’aimes encore, J’irai où tu iras, S’il suffisait d’aimer, My Heart Will Go On, The Power of Love ou, forcément, I’m Alive.
Le spectacle s’est construit progressivement. Lindsay Bonne interprétait déjà plusieurs titres de Céline Dion sur scène lorsque l’idée d’aller plus loin s’est imposée. « Et lors d’une soirée, on a eu l’idée de faire un 100 % Céline. » Le projet prend forme il y a environ trois ans. Depuis plus de deux ans, I’M ALIVE est désormais bien installé sur les scènes.
De Debussy à Korn
Céline Dion occupe une place importante dans sa vie de chanteuse, mais certainement pas toute la place. Lindsay Bonne a toujours navigué entre les styles, les univers et les envies. Enfant déjà, elle annonce à ses parents qu’elle sera chanteuse. Elle a trois ou quatre ans. Personne, chez elle, n’est musicien, mais on écoute beaucoup de musique. Les cours de chant, en revanche, ne sont pas à portée de budget. Alors elle apprend seule, à l’oreille, en essayant, en recommençant. À l’adolescence, quelques rencontres l’aident à affiner ce qu’elle fait instinctivement. Puis les expériences s’enchaînent sans vraiment se ressembler : une association aux couleurs de comédie musicale, un groupe de rap-R’n’B monté au lycée, puis le cabaret, qui fait entrer la musique dans sa vie professionnelle après ses 22 ans. Entre-temps, elle aura pris un détour qui, chez elle, n’en est peut-être pas vraiment un : des études de maquillage professionnel, des shootings photo à Paris, de la mode, un peu de cinéma. Déjà, plusieurs mondes à la fois.
Aujourd’hui, cette curiosité n’a pas disparu. Lindsay Bonne chante du gospel, participe au spectacle ABBA Connexion et a rejoint Syrens Call, groupe de metal progressif avec lequel elle prépare un nouvel album. « Je n’aime pas me dire : voilà, je suis dans une case, je fais ce style de musique et rien d’autre. » Chez elle, Debussy peut très bien précéder Otis Redding, Evanescence, Céline Dion ou Korn. Dans son agenda aussi, les styles se télescopent : quelques jours après notre entretien, elle ira applaudir Céline Dion sur scène ; deux semaines plus tard, ce sera Korn.

Garder sa voix
Changer de registre, oui. Changer de voix, non. C’est même l’un de ses points d’ancrage. « Mon but, c’est de toujours conserver mon identité vocale. Peu importe ce que je vais chanter, je veux que les gens reconnaissent ma voix. Ça va être moi malgré tout. »
Avec Céline Dion, cette identité vocale doit aussi tenir la distance. « On peut se dire : celle-ci, je sais la chanter. Mais chanter une chanson et savoir tenir au même niveau pendant 1h45, c’est autre chose », confie Lindsay. Il a fallu travailler autrement. Le souffle, bien sûr. La technique. Mais aussi l’endurance, la concentration, la manière de ne pas tout donner trop tôt. « Quand je commence un concert de Céline, je suis vraiment pleine d’adrénaline. » Elle tient jusqu’au bout. C’est après que le corps présente l’addition. Une fois la scène quittée, la tension retombe d’un coup et la fatigue arrive.
Et puis il y a les passages que le public attend. Sur All By Myself, l’un d’eux arrive juste avant le fameux « anymore ». Quelques mesures de piano laissent à Lindsay Bonne le temps de se recentrer. « Je m’ancre au sol, je respire un bon coup. Je fais vraiment une respiration très calme. Je reprends mon calme à ce moment-là et ça me permet de me concentrer pour pouvoir sortir cette fameuse note. » Quelques secondes. Et puis elle sort. La réaction de la salle fait le reste. « C’est vraiment comme une vibration dans le corps. J’ai des frissons partout. »
I’M ALIVE – Tribute Céline Dion
Date : samedi 17 octobre 2026.
Horaire : 20 h.
Lieu : Espace Beauregard, rue de Montrichard, Monthou-sur-Bièvre.
Spectacle : Lindsay Bonne, quatre musiciens et deux choristes.
Réservation en ligne : my.weezevent.com/im-alive-tribute-celine-dion
Tarifs : 35€99 ou 30€99 pour les PMR.



