EconomieVie locale

Dans les entreprises du Loir-et-Cher, l’IA entre dans les usages

Près de six entreprises sur dix ayant répondu à une enquête menée par la CCI de Loir-et-Cher et l’Observatoire de l’économie et des territoires déclarent déjà utiliser l’intelligence artificielle. Administration, marketing, production ou maintenance, les usages sont bien installés. Mais les gains de temps et de productivité s’accompagnent aussi de difficultés très concrètes, du manque de compétences à la crainte de voir disparaître certains métiers.


L’intelligence artificielle est déjà bien présente dans les entreprises qui ont répondu à l’enquête de la CCI de Loir-et-Cher et de l’Observatoire de l’économie et des territoires. 5,7 sur 10 disent l’utiliser. Un peu plus de deux sur dix prévoient de s’y mettre ; autant, ou presque, n’envisagent pas de le faire. Ces chiffres* ont été présentés le 28 septembre lors de la rentrée économique de la CCI de Loir-et-Cher.

La taille de l’entreprise fait apparaître un premier écart. Parmi les structures de cinq salariés et plus ayant répondu, environ sept sur dix utilisent déjà l’IA. L’Observatoire avance plusieurs raisons possibles au moindre recours dans les très petites entreprises : le manque de temps, de compétences ou encore de données disponibles.

La perception de l’IA diffère elle aussi selon les entreprises. Sept répondants sur dix la considèrent comme une opportunité. La proportion monte à neuf sur dix parmi ceux qui l’utilisent déjà. Elle atteint 9,1 sur 10 dans les entreprises d’au moins cinq salariés, contre 6,5 sur 10 dans les plus petites.

Les usages cités ne sont pas les mêmes partout. Pour l’ensemble des répondants, le marketing et le commercial arrivent en tête, devant les tâches administratives, puis la production et la maintenance.

Gagner du temps, d’abord

Chez les entreprises de cinq salariés et plus, l’amélioration de la productivité arrive en tête des objectifs cités. Suivent l’agilité de l’entreprise, le travail collaboratif, puis la réduction des coûts. Les usages recherchés sont donc d’abord très pratiques : faire plus vite, simplifier certaines tâches, mieux faire circuler l’information ou rendre l’organisation plus réactive. Les commentaires recueillis pendant l’enquête vont dans ce sens. Un dirigeant explique que l’IA lui permet « d’exécuter des tâches plus rapidement et de pouvoir consacrer du temps à d’autres missions ». Un autre insiste sur l’intérêt de ces gains de temps pour les petites entreprises disposant de peu de personnel.

Méfiance, compétences et coût

L’adoption de l’IA ne se fait pas partout sans difficulté. Parmi les entreprises de plus de cinq salariés, environ six sur dix estiment que ces outils ont été compris et acceptés en interne. Quatre sur dix disent avoir rencontré des problèmes de compréhension ou d’acceptation par les équipes. La méfiance envers l’outil et le manque de compétences spécifiques sont les freins les plus souvent cités. Les entreprises qui veulent aller plus loin se heurtent aussi à une question très concrète : celle des données. L’Observatoire cite deux conditions qui reviennent parmi les facteurs de réussite : une culture d’entreprise favorable à l’expérimentation et l’accès à des données suffisamment disponibles et exploitables. Celles-ci doivent pouvoir être consultées, extraites, structurées et utilisées dans un cadre sécurisé.

Des inquiétudes sur les métiers

Les réponses libres montrent enfin que l’IA ne suscite pas seulement de l’intérêt. Certains dirigeants parlent d’un accès facilité à l’information ou de nouvelles idées. D’autres s’inquiètent de la disparition de métiers, de la perte de qualifications et de connaissances, ou d’une perte de contrôle dans la gestion de l’entreprise. Un répondant écrit : « J’ai perdu mes deux principaux clients, j’ai été remplacé par l’IA… » Ce témoignage reste celui d’une seule entreprise. Mais il montre une réalité qui risque de prendre de l’ampleur. Quoi qu’il en soit l’enquête fait apparaître une adoption très pragmatique. Les entreprises qui utilisent l’IA cherchent d’abord à gagner du temps et à améliorer leur fonctionnement.


*Les chiffres sont issus d’une enquête menée avec l’Observatoire de l’économie et des territoires entre le 17 juillet et le 7 septembre 2026. Environ 3 200 entreprises de l’industrie, du commerce, de la construction et des services ont été sollicitées. Près de 150 ont répondu, soit 4,7 %. L’industrie est en outre davantage représentée parmi les répondants. Il faut donc lire ces résultats pour ce qu’ils sont : des tendances observées dans l’échantillon, et non une mesure de l’ensemble des entreprises du département.


Votre annonce sur Blois Capitale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
✕
Blois Capitale

GRATUIT
VOIR