À Blois, environ 1 200 manifestants dans la rue pour l’Éducation
Lycéens, personnels de l’Éducation et organisations syndicales ont défilé mardi 6 octobre à Blois dans le cadre de la nouvelle journée nationale de mobilisation. Environ 1 200 personnes étaient rassemblées vers 11 heures place de la Résistance. Le cortège a ensuite regagné la préfecture, où une délégation devait être reçue par le préfet Joseph Zimet.
Ils étaient nombreux, et les lycéens occupaient une place particulièrement visible dans le cortège. Pancartes fabriquées à la main, drapeaux syndicaux, banderoles réclamant davantage de moyens pour les services publics : la mobilisation partie mardi matin sous un beau soleil de la préfecture a gagné l’hypercentre. Vers 11 heures, environ 1 200 personnes étaient réunies place de la Résistance pour les prises de parole. Lycéens et personnels de l’Éducation se côtoyaient, aux côtés des représentants syndicaux. Plusieurs élus avaient également pris place dans le cortège, notamment à l’arrière de la manifestation. On entendait même du personnel d’une banque proche dire « J’aimerais trop manifester avec eux ! » Après le rassemblement place de la Résistance, les manifestants ont donc repris la direction de la préfecture après une boucle proche de la Loire.

Leurs revendications portent sur le manque de personnels, des classes trop chargées, l’état de certains bâtiments, les conditions de travail et d’études ou encore les inquiétudes autour de Parcoursup. Les syndicats y ajoutent notamment la question des salaires et celle des moyens accordés au second degré.

Près de 900 lycées perturbés en France
La manifestation blésoise faisait partie d’une journée d’action organisée dans de nombreuses villes françaises. À la mi-journée, le ministère de l’Intérieur annonçait environ 86 000 manifestants dans les cortèges partis en province, avant le départ de la manifestation parisienne prévu à 14 heures. La mobilisation était soutenue nationalement par une intersyndicale réunissant notamment FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, SUD et Solidaires. Le ministère de l’Éducation nationale comptabilisait par ailleurs 891 lycées, sur environ 3 700, dans lesquels les cours avaient été suspendus totalement ou partiellement, en précisant que ce chiffre était établi « toutes causes confondues ».
Face à la poursuite du mouvement, le gouvernement cherche des réponses. Le ministère de l’Éducation nationale a ouvert une consultation de tous les lycéens jusqu’au 23 octobre, sur la plateforme Agora. Deux questions leur sont posées : les principales difficultés rencontrées dans leur établissement et les changements qu’ils souhaiteraient voir apporter à leur scolarité. Une restitution nationale doit être réalisée à la fin du mois. Dans une lettre adressée au gouvernement le 4 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a également demandé l’ouverture de cinq chantiers : le remplacement des enseignants absents, l’état des locaux, l’organisation des journées et des emplois du temps, la transparence de Parcoursup et la prise en compte de la parole des lycéens.
Cette réponse intervient alors que le projet de budget 2027 alimente lui aussi le désaccord avec les syndicats. Ceux-ci mettent notamment en avant la suppression prévue de 1 588 postes d’enseignants. Le gouvernement répond que près de 180 000 élèves supplémentaires devraient avoir quitté le système scolaire à la rentrée prochaine.
Un mouvement national sous tension
Depuis plusieurs jours, la mobilisation est également marquée dans certaines villes par des affrontements, des dégradations et des interventions policières. À l’échelle nationale, Matignon faisait état mardi de 215 élèves blessés depuis le début du mouvement. Le ministère de l’Intérieur recensait de son côté 6 059 interpellations depuis le 28 septembre et 715 policiers ou gendarmes blessés. À Blois, la mobilisation de ce mardi matin s’est déroulée dans un tout autre climat.

