À Blois, la mobilisation lycéenne s’élargit aux personnels de l’Éducation mardi 6 octobre

Après plusieurs jours de mobilisation des lycéens à Blois et dans le Loir-et-Cher, FSU 41, CGT 41 et Sud Éducation 41 appellent les personnels des collèges et lycées à faire grève mardi 6 octobre. Une manifestation partira à 10 heures devant la préfecture. Ce rendez-vous s’inscrit dans un mouvement national qui a pris en quelques jours une ampleur rarement observée dans les lycées.
Mardi 6 octobre, la mobilisation dans l’Éducation doit franchir un nouveau cap. Dans le Loir-et-Cher, FSU 41, CGT 41 et Sud Éducation 41 appellent les personnels des collèges et lycées à faire grève et à se retrouver à 10 heures devant la préfecture de Blois. Ce rendez-vous prolonge plusieurs jours de contestation lycéenne, à Blois comme dans de nombreuses villes. Vendredi, les échanges organisés au ministère de l’Éducation nationale n’ont pas suffi à désamorcer le mouvement : les organisations lycéennes ont choisi de poursuivre l’action, rejointes pour le 6 octobre par des syndicats de l’Éducation et des fédérations de parents d’élèves.
En quelques jours, le mouvement a gagné toute la France
Le mouvement s’est d’abord installé en région parisienne avant de gagner rapidement le reste du pays. Le 28 septembre, 180 établissements étaient déjà touchés. Le lendemain, près de 410 lycées connaissaient des blocages ou des rassemblements, soit plus de 11 % des lycées publics et privés. L’Union syndicale lycéenne avait alors appelé à amplifier la contestation à l’occasion de la journée de mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Ce jour-là, le ministère de l’Éducation nationale avait également recensé 13,71 % d’enseignants grévistes, dont 12,74 % dans le second degré.
Le 1er octobre, la mobilisation a pris une autre ampleur. Le ministère de l’Intérieur a fait état d’actions dans 1 027 établissements, dont 222 bloqués. La journée a aussi été marquée par des incidents, des dégradations et près de 2 000 interpellations à l’échelle nationale. Dans les secteurs les plus tendus, le gouvernement a renforcé le dispositif de maintien de l’ordre en faisant appel aux CRS et aux gendarmes mobiles.
Le lendemain, vendredi 2 octobre, le mouvement restait important malgré un recul du nombre d’établissements concernés. Le ministère en recensait 564 touchés par des actions ou des perturbations, tandis qu’environ 400 lycées étaient fermés. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a alors reçu syndicats, représentants de parents d’élèves et organisations lycéennes. Il a annoncé plusieurs pistes de travail, notamment sur le remplacement des enseignants absents, l’état des bâtiments et la démocratie scolaire. Les représentants lycéens ont toutefois jugé ces premières réponses insuffisantes et décidé de poursuivre la mobilisation. Partout les motifs avancés se recoupent. Les lycéens parlent de professeurs absents ou difficilement remplacés, de classes chargées, d’emplois du temps difficiles, de bâtiments dégradés et de la pression liée à Parcoursup et à la poursuite des études.
À Blois, plus d’un millier de jeunes dans les rues
Le mouvement a rapidement trouvé un écho dans le Loir-et-Cher. Jeudi 1er octobre, plusieurs établissements ont connu des blocages ou des rassemblements. À Blois, le lycée Dessaignes et la cité scolaire Robert-Badinter ont notamment été concernés, avant qu’un important cortège ne gagne le centre-ville. Entre 1 200 et 1 500 jeunes ont participé à la mobilisation.
Les organisations syndicales insistent sur le fait que l’initiative est d’abord venue des lycéens. Le SNES-FSU affirme ainsi vouloir respecter « l’indépendance du mouvement lycéen » tout en appelant les adultes à se tenir à leurs côtés. FSU 41, CGT 41 et Sud Éducation 41 y associent désormais leurs propres revendications, notamment sur les salaires, les effectifs et les moyens accordés au second degré. Dans leur appel, les trois organisations estiment que l’Éducation nationale est arrivée à un « point de bascule » et réclament un renforcement des moyens du service public.
Les 1 588 postes d’enseignants au cœur du désaccord budgétaire
Un autre sujet est venu se greffer à la contestation : le budget 2027 de l’Éducation nationale et la suppression annoncée de 1 588 postes d’enseignants, dont 1 250 dans le public. Le ministère justifie les suppressions de postes d’enseignants par la baisse des effectifs scolaires : près de 180 000 élèves de moins sont attendus à la rentrée 2027. Les syndicats contestent cette logique. Pour eux, la baisse du nombre d’élèves devrait justement permettre de diminuer davantage les effectifs par classe et de renforcer les équipes, plutôt que de supprimer des postes d’enseignants. Cette question est désormais l’un des motifs mis en avant dans l’appel à la grève du 6 octobre.
À Blois, une interpellation mais une mobilisation largement calme
La question du maintien de l’ordre s’est imposée au fil des journées de mobilisation. À l’échelle nationale, plusieurs actions ont dégénéré, avec des incendies, des dégradations, des affrontements et des blessés. Le gouvernement a mis en cause la présence de groupes extérieurs au mouvement lycéen dans certains incidents. Les organisations syndicales et lycéennes, elles, dénoncent des interventions policières parfois disproportionnées.
Dans le Loir-et-Cher, la situation a été plus contrastée. Des « tensions » ont été signalées à Vendôme. À Blois, un jeune a été interpellé le 1er octobre en milieu de matinée, sans que le motif de cette interpellation soit connu. Le NPA et le PCF dénoncent une réponse policière qu’ils jugent répressive. Le Parti socialiste du Loir-et-Cher insiste sur le fait que, dans la mobilisation blésoise, « le calme, l’absence de débordements et de violence » ont très largement dominé, aussi bien du côté des manifestants que des forces de l’ordre. Pour mardi, l’intersyndicale met surtout l’accent sur la nécessité de garantir aux lycéens le droit de manifester, de se réunir et de s’exprimer dans un cadre qu’elle souhaite « démocratique et pacifié ».

