Vie locale

En Loir-et-Cher, l’ancrage se renforce, surtout chez les moins de 30 ans

Quatre ans après une première enquête, l’Agence d’attractivité de Loir & Cher et l’Observatoire de l’Économie et des Territoires ont de nouveau interrogé les habitants sur leur rapport au département. Le principal enseignement de l’édition 2026 tient dans une évolution de fond : les répondants se projettent davantage dans la durée. Cet ancrage progresse nettement chez les moins de 30 ans, sans effacer leurs réserves sur la vie sociale ou les perspectives offertes par le territoire. Le Loir-et-Cher reste apprécié pour son cadre de vie, son patrimoine et son logement, mais les mêmes difficultés reviennent avec constance : se soigner, se déplacer, trouver certaines opportunités professionnelles.


Le Loir-et-Cher semble davantage retenir ceux qui y vivent. C’est ce que montre cette deuxième enquête menée quatre ans après celle de 2022 : le sentiment d’installation durable progresse, alors même que le nombre de nouveaux arrivants recule dans l’échantillon. Le phénomène est particulièrement visible chez les plus jeunes, dont le rapport au département évolue plus vite que celui des autres générations.

Dans le détail, 73,9 % des répondants disent aujourd’hui être durablement installés en Loir-et-Cher, soit 2,1 points de plus qu’en 2022. Chez les moins de 30 ans, la progression est beaucoup plus nette : 52,3 % se projettent désormais dans la durée, contre 37 % quatre ans auparavant. Les actifs de 30 à 59 ans et les 60 ans ou plus restent les plus ancrés, mais ce sont bien les jeunes qui enregistrent l’évolution la plus forte. Ce renforcement de l’ancrage ne va pas de pair avec une nouvelle poussée des installations. Les habitants arrivés depuis moins de deux ans ne représentent plus que 6 % des répondants, contre 10 % en 2022. L’Observatoire y voit plutôt la fin de la séquence exceptionnelle des mobilités post-Covid qu’un recul durable de l’attractivité.

L’Île-de-France n’est plus la première provenance

La géographie des arrivées s’est elle aussi modifiée. Parmi les répondants qui ne sont pas nés en Loir-et-Cher, 29,2 % vivaient auparavant en Île-de-France, contre 33,9 % en 2022. Ceux qui arrivent d’un autre département du Centre-Val de Loire représentent désormais 34 %, soit 4,9 points de plus qu’il y a quatre ans. Une partie de ces installations sont aussi des retours. Un répondant non natif sur quatre avait déjà vécu en Loir-et-Cher. La proportion a légèrement augmenté depuis 2022. Un attachement ancien au territoire est donc susceptible de favoriser le retour après quelques années passées ailleurs. Les données immobilières confortent cette évolution.

Le travail reste la première raison de venir

Le cadre de vie occupe une place importante dans l’image du Loir-et-Cher, mais il n’explique pas à lui seul les installations. Et surtout, il n’arrive pas en tête. 43,9 % des répondants disent être venus pour une raison professionnelle : nouvel emploi, rapprochement du lieu de travail ou changement lié à l’activité. Être originaire du département suit de très près, à 41,8 %, en hausse de cinq points depuis 2022. Les raisons familiales sont citées par 30,9 %

Le cadre de vie et l’environnement arrivent plus loin, à 22,9 %, et perdent 2,7 points en quatre ans. L’attachement personnel au département et le souhait de quitter une grande ville sont également moins souvent mentionnés. Ces motivations, qui avaient pris davantage de poids au sortir de la crise sanitaire, s’effacent quelque peu.



Chez les nouveaux arrivants, la place du travail est encore plus forte : 53,6 % citent une raison professionnelle. Le cadre de vie vient ensuite, à 36,6 %. Le souhait de quitter une grande ville et les raisons familiales sont chacun mentionnés par 22,3 % des personnes installées depuis moins de deux ans. Le logement compte davantage pour eux que pour l’ensemble des répondants, qu’il s’agisse du rapport qualité-prix, de l’accès à la propriété ou de la possibilité de disposer d’un jardin. Autre évolution intéressante : 15,2 % des nouveaux arrivants disent avoir découvert le Loir-et-Cher lors d’un séjour touristique ou de loisirs, près du double de 2022. À l’inverse, la résidence secondaire joue beaucoup moins souvent le rôle de première étape avant l’installation : 1,8 %, contre 7,7 % quatre ans auparavant.

88,5 % de satisfaits

Le niveau de satisfaction reste élevé. 88,5 % des répondants se disent satisfaits de vivre en Loir-et-Cher. C’est toutefois 2,1 points de moins qu’en 2022. Dans le détail, 36,5 % se déclarent très satisfaits et 52 % assez satisfaits. La proportion de ceux qui recommanderaient le département pour y vivre et travailler est elle aussi légèrement inférieure à celle de 2022 : 83 %, contre 85 %. L’écart entre générations est net. Le Loir-et-Cher serait recommandé par 77,2 % des 20-29 ans, contre 93,5 % des 70 ans ou plus.

La note globale de qualité de vie suit pourtant une tendance légèrement différente : 4 sur 5 en 2026, contre 3,9 en 2022. Près de huit répondants sur dix lui attribuent quatre ou cinq étoiles, contre 75 % quatre ans auparavant. Le détail des notes permet de voir ce qui soutient cette appréciation. Le logement arrive en tête, avec 4,3 sur 5. L’environnement et le cadre de vie obtiennent 4,1, comme l’épanouissement familial. La vie saine et l’accès aux produits locaux ou aux circuits courts atteignent 4. L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est noté 3,8 ; le niveau de vie et le pouvoir d’achat, 3,7. La vie sociale progresse de 3,4 à 3,6. L’engagement civique, citoyen ou associatif connaît la hausse la plus forte de l’enquête, de 3,2 à 3,6. La qualité de l’enseignement passe de 3,3 à 3,5 ; les équipements sportifs de 3,2 à 3,4. L’accès à la culture et aux loisirs reste stable, à 3,3. Le sentiment de sécurité, évalué à 3,6, recule légèrement. Quant aux solutions de garde d’enfants, introduites cette année dans le questionnaire, elles obtiennent une moyenne de 3 sur 5.

Paysage et patrimoine restent les premiers atouts

Quand les répondants doivent choisir les trois principaux atouts du Loir-et-Cher, la qualité paysagère et environnementale arrive en tête. Viennent ensuite le patrimoine et la culture, puis la douceur de vivre et le calme. Le caractère « à taille humaine » du département, la proximité de Tours et Orléans, celle de Paris ou encore la ruralité figurent également parmi les qualités les plus souvent citées.

Les nouveaux arrivants accordent encore plus d’importance à l’environnement et au patrimoine. Ils sont en revanche moins nombreux à retenir la vie à la campagne comme un atout. L’accueil des Loir-et-Chériens ressort davantage dans leurs réponses : ils le citent trois fois plus fréquemment que l’ensemble des personnes interrogées.

Le prix du logement reste un avantage objectif du département. Selon les données du Cerema présentées avec l’enquête, le prix médian d’une maison s’établissait à 136 750 euros en 2025, soit 16 250 euros de moins que la médiane régionale. Le Loir-et-Cher figurait alors au 20e rang des départements métropolitains les moins chers.

L’accès aux soins reste de très loin la première faiblesse

Le constat est beaucoup plus homogène sur la santé. 78,8 % des répondants citent le manque de professionnels de santé parmi les trois principaux points faibles du Loir-et-Cher. En 2025, le Loir-et-Cher comptait 6,4 généralistes libéraux pour 10 000 habitants, contre 8,2 au niveau national et 6,5 en Centre-Val de Loire. Le département se situait au 72e rang sur les 96 départements métropolitains. Les effectifs se sont stabilisés après plusieurs années de baisse. La part des médecins de moins de 40 ans atteint 30,5 %, un niveau supérieur à la moyenne métropolitaine. Mais 35 % des généralistes ont 60 ans ou plus, laissant entière la question des départs à venir.

Les difficultés de mobilité et les secteurs mal desservis par les transports en commun arrivent ensuite, à 40 %. Les opportunités professionnelles limitées suivent à 38,1 %. Le vieillissement de la population est mentionné par 29,2 % des répondants, contre 24 % quatre ans plus tôt. C’est la progression la plus forte parmi les faiblesses proposées. Le manque de services et de commerces de proximité arrive ensuite à 17,8 %. Plus bas dans le classement figurent l’absence d’une grande ville, le montant des impôts locaux, le manque d’animations culturelles, sportives ou de loisirs, les difficultés de liaison avec Paris, le manque de formations pour les jeunes et la désertification des villages.

Chez les nouveaux arrivants, la santé reste en tête des faiblesses, mais elle est moins souvent mentionnée : 59,2 %, contre 78,8 % pour l’ensemble des répondants. Les opportunités professionnelles recueillent 35,7 %, les difficultés de mobilité 34,7 % et le vieillissement de la population 32,7 %. Ce dernier sujet est davantage présent chez eux que dans l’ensemble de l’échantillon.


*Cette enquête ne constitue pas un sondage représentatif de l’ensemble de la population du Loir-et-Cher. Elle a été réalisée du 7 avril au 31 mai 2026, uniquement en ligne. Sur 2 227 réponses recueillies, environ 1 860 ont été retenues pour l’analyse.


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