À Blois, France États-Unis célèbre 250 ans d’une histoire transatlantique

Les 30 et 31 mai 2026, le congrès national de l’association France États-Unis se tiendra à Blois, dans le cadre du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Labellisé Freedom 250 par l’ambassade des États-Unis, l’événement veut rappeler que l’amitié franco-américaine ne se résume pas aux relations entre gouvernements : elle s’enracine aussi dans les territoires, les mémoires locales, les livres, les statues, les collections, les associations et les liens directs entre les peuples.
Le Château royal de Blois va accueillir une partie d’histoire américaine, une histoire dont le Val de Loire conserve plusieurs traces, parfois discrètes, parfois monumentales. À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, l’association France États-Unis organise à Blois son congrès national 2026. Deux jours de rencontres, de conférences, de patrimoine, de livres, de bande dessinée et de mémoire franco-américaine, en présence de Nathalie de Gouberville-Rochambeau, descendante du maréchal de Rochambeau, et de Sabine Renault-Sablonière, descendante du marquis de La Fayette.
L’événement, programmé les 30 et 31 mai, a reçu le label Freedom 250 de l’ambassade des États-Unis d’Amérique. Il s’inscrit ainsi dans le calendrier des manifestations organisées autour de « 1776-2026 – America 250 ». Le samedi après-midi, la séance plénière se tiendra au Château royal de Blois, avec trois interventions principales : Maître Philippe Rouillac, le général de division Vincent de Kytspotter et Elizabeth Sheppard-Sellam. Un salon du livre et de la bd « France États-Unis » complétera le programme. Le dimanche matin, une déambulation à Blois permettra de relire la ville sous l’angle de ses liens franco-américains.
Pour Jérôme Danard, président national de l’association France États-Unis et président du chapter de Loir-et-Cher, ce congrès ne pouvait pas se limiter à une commémoration ordinaire. « On ne pouvait pas faire une programmation tiède par rapport à ce que représente l’année 2026 », résume-t-il. Ce congrès veut être à la fois historique, patrimonial, culturel et contemporain.

Une association née en 1945
L’association France États-Unis a été fondée en 1945, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, à l’initiative de Paul Claudel, sous les auspices du ministère français des Affaires étrangères et de l’ambassade des États-Unis en France. Association loi 1901, privée, indépendante et apolitique, elle poursuit depuis quatre-vingts ans un objectif de compréhension réciproque entre les deux peuples. Elle fédère aujourd’hui environ vingt chapters locaux et plus de 2 500 membres à travers la France. « C’est une association qui se porte bien, puisque c’est la seule association franco-américaine qui ait un rayonnement sur tout le territoire national », explique Jérôme Danard.
L’association rassemble des Français, des Américains vivant en France, des binationaux, des actifs, des retraités, des expatriés. Sa langue officielle reste le français, mais sa vocation est double. « L’association a deux objectifs : mieux faire comprendre la France aux Américains et mieux faire comprendre les États-Unis aux Français. » Conférences, expositions, voyages à thème, rencontres, célébrations des grandes dates historiques : le réseau travaille sur un terrain culturel et citoyen. « L’objectif de l’association, c’est de bien entretenir des liens d’amitié sous l’angle culturel », poursuit Jérôme Danard.
Une histoire personnelle commencée à 17 ans
Le président national parle de cette relation franco-américaine avec une implication ancienne. Son histoire personnelle avec les États-Unis commence à l’adolescence, en 1989, l’année du baccalauréat. À l’époque, les États-Unis occupent une place importante dans le programme d’histoire-géographie. Ses parents lui parlent alors de l’association France États-Unis, déjà présente en Loir-et-Cher. « Je me suis dit : pourquoi ne pas aller écouter une ou deux conférences pour compléter les livres d’histoire ou les livres de géographie ? C’est ce que j’ai fait, et j’y suis resté. Depuis l’âge de 17 ans, je suis à l’association France États-Unis. »
La curiosité scolaire devient un engagement de long cours. Jérôme Danard parle d’une passion à deux niveaux : locale, parce que le Loir-et-Cher est marqué par plusieurs traces franco-américaines ; nationale et historique, parce que la relation entre les deux pays engage des questions de liberté, de démocratie, de mémoire militaire, de diplomatie et de culture. « Nous sommes, au final, deux peuples et deux pays qui se connaissent très bien, parce que leur culture et leur histoire sont vraiment communes. »
Pourquoi Blois ?
Le congrès national France États-Unis n’avait encore jamais été accueilli en Loir-et-Cher. L’année 2026 offrait donc une occasion particulière : celle de faire coïncider un rendez-vous national avec un territoire qui possède sa propre mémoire franco-américaine. « Cette année, nous sommes extrêmement contents de pouvoir accueillir le congrès national à Blois. C’est une première », souligne Jérôme Danard. En Loir-et-Cher, cette histoire renvoie notamment au comte de Rochambeau, originaire du Vendômois, commandant du corps expéditionnaire français envoyé en Amérique pendant la guerre d’Indépendance.
1776, ou le début d’une relation
Le congrès s’inscrit dans l’anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine, adoptée le 4 juillet 1776. Pour Jérôme Danard, cette date marque indirectement le début de la relation franco-américaine. Dans les Treize Colonies, la rupture avec Londres s’enracine d’abord dans la contestation des taxes imposées par le pouvoir britannique sans représentation politique directe au Parlement de Westminster. Cette revendication — résumée par la formule “no taxation without representation” — s’inscrit à la fois dans la tradition des libertés anglaises et dans un climat intellectuel nourri par les Lumières, qui donne à la défense des droits des colons une portée plus universelle. « C’est en cela que l’on peut dire que le début de la relation franco-américaine, c’est la Déclaration d’indépendance », estime-t-il.
L’aide française n’est toutefois pas immédiatement officielle. La France sort affaiblie de la guerre de Sept Ans : ses finances sont fragilisées, sa puissance navale a été durement éprouvée, et Louis XVI, conseillé notamment par Vergennes, avance avec prudence. Avant même l’alliance ouverte, un soutien discret est apporté aux insurgents américains, notamment par l’envoi d’armes, de poudre et de matériel. Arrivé en France en décembre 1776, Benjamin Franklin mène alors un travail diplomatique décisif. La victoire américaine de Saratoga, en 1777, convainc Paris qu’une alliance est possible : les traités de 1778 officialisent l’engagement français. Celui-ci prendra ensuite une dimension militaire majeure, avec l’envoi du corps expéditionnaire commandé par Rochambeau en 1780, puis l’intervention décisive de la flotte de l’amiral de Grasse en 1781. « C’est ce qui a permis la victoire de George Washington et la création des États-Unis », explique Jérôme Danard.
Le président de l’association France États-Unis insiste aussi sur le traité de Paris, signé le 3 septembre 1783, par lequel la Grande-Bretagne reconnaît officiellement l’indépendance des États-Unis. En ce sens, si la naissance politique américaine remonte à la Déclaration d’indépendance de 1776, c’est bien à Paris que cette indépendance reçoit sa reconnaissance diplomatique décisive.
Trois conférences pour relier passé et présent
La séance plénière du samedi 30 mai se déroulera de 14h à 19h au Château de Blois. Elle reposera sur trois interventions principales. Le programme a été conçu pour suivre une progression : d’abord l’histoire du Val de Loire dans la guerre d’Indépendance, puis la relation militaire bilatérale, enfin l’Amérique contemporaine.
La première conférence sera assurée par Maître Philippe Rouillac. Son intervention, intitulée « Des bords de Loire à la naissance des États-Unis », portera sur le rôle du Val de Loire dans la guerre d’Indépendance américaine. « Il va nous parler du rôle du Val de Loire dans la guerre d’Indépendance. Il va nous parler de Rochambeau, mais aussi du château de Chaumont, où Benjamin Franklin venait de temps en temps rencontrer son ami, le propriétaire du château, Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont. » La conférence sera accompagnée d’une présentation d’objets et d’ouvrages du XVIIIe siècle.
La deuxième conférence sera donnée par le général de division Vincent de Kytspotter. Ancien attaché militaire à Washington et ancien conseiller militaire à New York auprès des Nations Unies, il interviendra sur 250 ans de relation militaire bilatérale entre la France et les États-Unis : entre solidarité stratégique et affirmation d’indépendance au service de la paix et la sécurité internationales. « Il va nous parler des relations franco-américaines sous l’angle militaire, depuis 1776 jusqu’à aujourd’hui, avec tout ce qui touche à l’interopérabilité », précise Jérôme Danard. Il y voit un sujet très actuel, notamment dans le cadre de l’OTAN et de la coopération militaire quotidienne entre armées française et américaine.
La troisième intervention sera confiée à Elizabeth Sheppard-Sellam, maîtresse de conférences à l’Université de Tours, docteure en science politique de Sciences Po Paris, diplômée de Georgetown University et éditorialiste sur LCI. Son intervention portera sur « Les États-Unis à l’épreuve : le début du mandat Trump dans la longue durée américaine ». Pour Jérôme Danard, il était indispensable d’intégrer l’actualité américaine au programme. « La relation entre la France et les États-Unis ne passe pas uniquement par les gouvernements. Elle passe avant tout par les peuples. Les gouvernements sont de passage. »
Livres, bd et transmission
Le samedi 30 mai, de 16h à 17h, un salon du livre et de la bande dessinée « France États-Unis » permettra de prolonger autrement les thèmes du congrès. Le programme annonce notamment la présence des dessinateurs Loïc Chevallier et Étienne Le Roux autour de la trilogie Liberté !, publiée chez Delcourt, ainsi que plusieurs auteurs liés à l’histoire franco-américaine, militaire, patrimoniale ou culturelle. « Les deux dessinateurs de la belle bande dessinée Liberté ! seront là pour dédicacer leur bande dessinée. C’est un joli clin d’œil, parce qu’il faut savoir que ces deux dessinateurs sont de Tours. Ils viennent donc nous rendre visite en tant que voisins », souligne Jérôme Danard.
Un dîner colonial pour prolonger l’immersion historique
La journée du samedi se poursuivra, pour les participants inscrits, par un dîner de gala au Château royal de Blois : un « Colonial Dinner », conçu autour des saveurs du XVIIIe siècle, avant le spectacle Son et Lumière Ainsi Blois vous est conté. Le dîner sera également « agrémenté de moments magiques au pays de Robert-Houdin ».
Le dimanche, Blois relue par ses liens franco-américains
Le dimanche 31 mai, le programme quittera le cadre de la plénière pour s’inscrire dans la ville. Les congressistes seront accueillis dans le grand salon de la Préfecture de Loir-et-Cher, où l’on trouve un tableau représentant George Washington, avant une déambulation sur le thème « Blois : une ville aux liens franco-américains ».
Congrès national France États-Unis 2026
Dates : samedi 30 et dimanche 31 mai 2026
Lieu principal : Château royal de Blois
Thème : 1776-2026, 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine et de l’amitié franco-américaine
Samedi 30 mai : accueil des congressistes, visite du Château de Blois ou de la Maison de la Magie, séance plénière, salon du livre et de la bande dessinée, dîner de gala et Son et Lumière
Dimanche 31 mai : accueil à la Préfecture de Loir-et-Cher, déambulation sur les liens franco-américains de Blois, buffet déjeunatoire à la mairie
Inscription : avant le lundi 18 mai
Tarifs indiqués dans l’invitation : programme complet à 75 euros pour les membres, 80 euros pour les non-adhérents ; samedi après-midi seul à 10 euros pour les membres à jour, 15 euros pour les autres participants.
Pour en savoir plus : https://www.france-etatsunis41.org/congres-national-2026/


