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	<title>Archives des Entretiens - Blois Capitale Agglopolys</title>
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	<title>Archives des Entretiens - Blois Capitale Agglopolys</title>
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		<title>Paul Seignolle : « Ce que nous vivons est grotesque »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 10:04:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que l’AS Monaco Basket défendait son avenir devant le CNOSF, le président de l’ADA Blois dénonçait les dérives financières qui fragilisent, selon lui, le basket professionnel français. L’audition a depuis révélé un projet économique ramené autour de 6 à 7 millions d’euros, sans investisseur principal officiellement annoncé. Une situation qui renforce les interrogations de &#8230;</p>
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<h4 id="h-alors-que-l-as-monaco-basket-defendait-son-avenir-devant-le-cnosf-le-president-de-l-ada-blois-denoncait-les-derives-financieres-qui-fragilisent-selon-lui-le-basket-professionnel-francais-l-audition-a-depuis-revele-un-projet-economique-ramene-autour-de-6-a-7-millions-d-euros-sans-investisseur-principal-officiellement-annonce-une-situation-qui-renforce-les-interrogations-de-paul-seignolle-sur-la-viabilite-des-clubs-l-efficacite-des-controles-et-l-equite-sportive" class="wp-block-heading">Alors que l’AS Monaco Basket défendait son avenir devant le CNOSF, <a href="https://bloiscapitale.com/lada-blois-et-la-methode-paul-seignolle" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le président de l’ADA Blois</a> dénonçait les dérives financières qui fragilisent, selon lui, le basket professionnel français. L’audition a depuis révélé un projet économique ramené autour de 6 à 7 millions d’euros, sans investisseur principal officiellement annoncé. Une situation qui renforce les interrogations de Paul Seignolle sur la viabilité des clubs, l’efficacité des contrôles et l’équité sportive.</h4>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">À 14 heures, mardi 25 août, deux scènes se déroulent simultanément. En visioconférence, l’AS Monaco Basket commence une audition décisive devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). À Blois, Paul Seignolle nous expose sa conception de la gestion d’un club professionnel. Lorsqu’il est interrogé sur la situation monégasque, le président de l’ADA Blois ne cherche pas à atténuer son jugement. <em><strong>« Je peux le dire simplement : c’est grotesque. Ce que nous sommes en train de vivre avec Monaco ne donne pas une bonne image de notre sport. »</strong></em>*</p>



<h2 id="h-du-titre-de-champion-au-refus-d-engagement-rappel-des-faits" class="wp-block-heading">Du titre de champion au refus d’engagement : rappel des faits</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le contraste est spectaculaire.</strong> Le 23 juin 2026, l’AS Monaco remportait le championnat de France au terme d’une finale gagnée contre le Paris Basketball. Dix jours plus tard, le 3 juillet, la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion refusait son engagement dans les championnats professionnels pour la saison 2026-2027. La DNCCG invoquait alors l’insuffisance des garanties relatives à la viabilité économique du club et l’état encore trop incertain des projets de reprise. Monaco pouvait contester cette décision devant la chambre d’appel de la Fédération française de basket. Les dirigeants monégasques ont été entendus le 20 juillet. Un délai supplémentaire leur a été accordé jusqu’au 31 juillet afin de compléter le dossier. <strong>Le 1er août, la chambre d’appel a cependant confirmé le refus d’engagement en Betclic Élite comme en Élite 2,</strong> les pièces demandées n’ayant pas été remises dans les délais. Dans un communiqué publié le 10 août, l’AS Monaco a elle-même reconnu que son dossier de reprise et de recapitalisation n’avait pas pu être finalisé à temps. Le club a alors engagé une procédure de conciliation devant le CNOSF, préalable nécessaire avant une éventuelle saisine du tribunal administratif.</p>



<h2 id="h-un-projet-fortement-revu-a-la-baisse" class="wp-block-heading">Un projet fortement revu à la baisse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’audition du 25 août a duré environ deux heures et demie. Selon les informations rapportées par <em>Nice-Matin</em>, Monaco n’a finalement pas défendu le projet économique annoncé quelques heures plus tôt. Le matin de l’audition, l’avocat du club, Xavier Le Cerf-Galle, évoquait encore un budget proche de 12,5 millions d’euros. <strong>À la sortie de la conciliation, le scénario présenté se situait plutôt entre 6 et 7 millions d’euros.</strong> Monaco affirme désormais disposer de 5 millions d’euros de ressources identifiées, dont environ 3,27 millions déjà encaissés ou documentés. Ces fonds proviendraient notamment du sponsoring et d’indemnités de transfert. D’autres recettes pourraient être apportées au cours de la saison par les abonnements, les partenariats et l’exploitation des rencontres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le club soutient également que son passif historique a été effacé grâce aux abandons de créances</strong> consentis par ses actionnaires et ses créanciers. Cette affirmation constitue l’un des éléments centraux présentés au CNOSF. Aucun repreneur principal n’a été officiellement désigné. Monaco se présente donc avec un modèle beaucoup plus réduit que celui des saisons précédentes et <strong>un effectif professionnel à reconstruire presque entièrement.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 id="h-nous-ne-partons-pas-tous-avec-les-memes-elements" class="wp-block-heading">« Nous ne partons pas tous avec les mêmes éléments »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paul Seignolle, le problème dépasse largement le montage finalement présenté par Monaco. Il concerne<strong> l’équité entre les clubs professionnels</strong> et la manière dont chacun construit son effectif. Le président de l’ADA ne conteste pas à un actionnaire le droit d’injecter son propre argent ou d’abandonner une créance. Il s’interroge, en revanche, sur les conséquences sportives d’un modèle permettant de mobiliser des moyens considérables, puis de rechercher une solution extérieure lorsque l’équilibre financier n’est plus assuré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Société nationale de financement monégasque aurait injecté environ 22 millions d’euros pour permettre au club de terminer la saison 2025-2026. Le passif de la structure professionnelle avait par ailleurs été évalué autour de 24 millions d’euros à la fin du mois de juin, avant les abandons de créances désormais invoqués par Monaco. <em><strong>« C’est son pognon, mais tout cela montre que nous ne partons pas tous avec les mêmes éléments sur la ligne de départ »,</strong></em> observe Paul Seignolle à propos des apports et abandons de créances consentis autour du club.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La prudence financière peut alors devenir un désavantage sportif</strong>. Une structure qui limite sa masse salariale aux recettes réellement disponibles renonce nécessairement à certains joueurs. Un concurrent acceptant de creuser ses pertes peut, au contraire, renforcer son effectif et bénéficier immédiatement de cette prise de risque sur le terrain. <em><strong>« C’est pour cela que je suis parfois le vilain petit canard parmi les présidents quand j’ouvre ma gueule. Mais aujourd’hui, nous ne partons pas tous dans les mêmes conditions. »</strong></em> Le passage, en quelques heures, d’un budget annoncé à 12,5 millions d’euros à un scénario situé entre 6 et 7 millions illustre précisément <strong>l’instabilité</strong> dénoncée par le président blésois. </p>



<h2 id="h-six-clubs-aux-capitaux-propres-negatifs" class="wp-block-heading">Six clubs aux capitaux propres négatifs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Seignolle assure avoir consacré une partie de ses vacances à l’étude des comptes des clubs français. À partir des bilans publiés, il dit avoir identifié six structures présentant des capitaux propres négatifs parmi les vingt clubs qui évoluaient en <strong>Pro B </strong>au 30 juin 2025. <em><strong>« Normalement, lorsqu’une entreprise a des capitaux propres négatifs, il faut la recapitaliser**. Vous avez des clubs qui sont sous perfusion. Et lorsque la perfusion s’arrête, que se passe-t-il ? »</strong></em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paul Seignolle, cette situation ne peut pas être traitée comme une simple anomalie comptable sans rapport avec la compétition. <em><strong>« Je pars du principe qu’un club de basket est une entreprise. Nous produisons un spectacle. Et ce n’est pas le spectacle qui doit commander les finances : ce sont les finances qui commandent le spectacle. »</strong></em> À Blois, cette règle détermine la construction de l’équipe <strong><a href="https://bloiscapitale.com/lada-blois-et-la-methode-paul-seignolle" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(lire ici)</a></strong>. <strong>Le budget disponible précède le recrutement.</strong> Les recettes espérées, une accession éventuelle ou l’intervention hypothétique d’un financeur ne doivent pas servir à justifier des engagements que le club ne serait plus capable d’assumer en cas de saison décevante.</p>



<h2 id="h-une-dnccg-jugee-trop-peu-preventive" class="wp-block-heading">Une DNCCG jugée trop peu préventive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Seignolle ne remet pas en cause la capacité de la DNCCG à lire et à contrôler les documents comptables. Il estime toutefois que l’analyse devrait davantage anticiper les risques, notamment lorsqu’un modèle dépend d’apports extérieurs répétés ou de promesses de recapitalisation. <em><strong>« Chaque fois que nous passons devant la DNCCG, je leur dis qu’ils devraient être plus stricts dans leurs analyses. Je ne dis pas qu’ils ne font pas une bonne analyse des bilans. Quand vous avez les comptes, ce n’est pas compliqué. Il n’y a pas besoin d’avoir fait HEC! »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les comptes de nombreuses sociétés sportives sont accessibles publiquement. Le président de l’ADA les consulte et les compare. Il regrette que certains signaux d’alerte ne conduisent pas plus tôt à des demandes de garanties renforcées. <em><strong>« Il faut être un peu pragmatique. Les bilans, tout le monde peut les consulter et les analyser. Il faudrait éviter d’arriver à des situations comme celles que nous avons connues au Portel ou que nous risquons de connaître à Monaco. Même si Monaco est, je pense, un dossier beaucoup plus politique. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La puissance symbolique du champion de France, sa place récente en Euroligue et les conséquences d’une disparition du monde professionnel rendent effectivement le dossier singulier. La situation concerne également Saint-Quentin, susceptible d’être repêché si Monaco n’est pas engagé, ainsi que l’ensemble du calendrier de Betclic Élite. Mais <strong>Paul Seignolle refuse que le prestige sportif conduise à appliquer des exigences différentes d’un club à l’autre.</strong></p>



<h2 id="h-la-question-de-l-argent-public" class="wp-block-heading">La question de l’argent public</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation monégasque conduit également Paul Seignolle à interroger <strong>la place des collectivités dans le financement du sport professionnel.</strong> Il ne conteste pas leur intervention. L’ADA bénéficie elle-même de subventions, d’achats de places et de prestations de visibilité financées par la Ville de Blois, Agglopolys, le Département ou la Région. Il souhaite néanmoins qu’une distinction claire soit établie entre le financement d’un équipement utile au territoire, l’achat d’une prestation réelle et la prise en charge indirecte des salaires sportifs : <em><strong>« Est-il normal que les collectivités interviennent dans certains clubs à hauteur de 70 % ? Est-il normal que l’argent du contribuable finance le salaire d’un sportif professionnel ? Pour moi, non. Que l’argent du contribuable finance une infrastructure, oui. Qu’il finance directement les salaires, non. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Seignolle dit avoir proposé qu’un plafond soit fixé à la part des subventions publiques dans les budgets des clubs professionnels. Cette idée, reconnaît-il, reste minoritaire parmi ses homologues. <em><strong>« Lorsque je dis en assemblée générale qu’il serait peut-être opportun que les subventions des collectivités ne dépassent pas un certain pourcentage, on me répond en substance : “Attends, Paul, ferme ta gueule.” Mais c’est tellement facile de fonctionner comme cela. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le président blésois, une collectivité peut accompagner un club dès lors que celui-ci produit un retour identifiable : animation du territoire, attractivité, actions sociales, visibilité ou fréquentation d’un équipement. <strong>Elle ne devrait pas avoir à combler les conséquences d’un modèle sportif structurellement déficitaire.</strong></p>



<h2 id="h-le-basket-francais-a-un-tournant" class="wp-block-heading">Le basket français à un tournant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du sort immédiat de Monaco, <strong>Paul Seignolle voit se dessiner une transformation profonde du basket professionnel. </strong>L’arrivée de nouveaux investisseurs, l’augmentation des masses salariales, la construction de grandes salles et la perspective d’une NBA Europe pourraient <strong>concentrer les moyens autour de quelques clubs.</strong> Il anticipe la formation d’<strong>un premier cercle composé de six à huit structures françaises</strong> dotées de budgets très importants, d’équipements modernes et d’investisseurs capables d’absorber les pertes. Les autres devront trouver un modèle différent, fondé sur la formation, l’ancrage territorial et la capacité à détecter des joueurs susceptibles de progresser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’ADA Blois, la réponse ne peut pas être une fuite en avant. Paul Seignolle refuse de suivre une inflation qui obligerait le club à mettre en danger ce qui a été construit. <em><strong>« Si les prix augmentent, quelles sont mes solutions ? Suivre l’inflation et mettre le club en difficulté ? Ou ne pas la suivre ? Je suis quelqu’un de pragmatique. Il ne faut pas péter plus haut que son cul. »</strong></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Cet entretien a été réalisé le mardi 25 août 2026, au moment même où l’AS Monaco Basket était auditionnée par le Comité national olympique et sportif français. **Les capitaux propres constituent les ressources durablement laissées à la disposition d’une entreprise ou d’une société sportive. Lorsqu’ils deviennent négatifs, les pertes accumulées ont absorbé les apports et les réserves. La structure doit alors reconstituer ses fonds propres, obtenir de nouveaux apports, bénéficier d’abandons de créances ou retrouver rapidement un résultat positif.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 id="h-sources-au-sujet-de-l-as-monaco-basket" class="wp-block-heading">Sources au sujet de l&rsquo;AS Monaco Basket</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Championne-de-france-l-as-monaco-recalee-par-la-ligue-nationale-pour-la-saison-2026-2027/1700956">L’Équipe — Refus initial d’engagement prononcé le 3 juillet 2026</a></li>



<li><a href="https://asmonaco.basketball/news/show.php?ID=80069">AS Monaco Basket — Point de situation officiel du 10 août 2026</a></li>



<li><a href="https://www.basketeurope.com/coup-de-tonnerre-la-chambre-dappel-refuse-lengagement-de-las-monaco/">BasketEurope — Décision de la chambre d’appel de la FFBB du 1er août 2026</a></li>



<li><a href="https://www.lequipe.fr/Basket/Article/Dans-l-attente-de-la-decision-du-cnosf-l-avenir-de-monaco-en-betclic-elite-sur-un-fil-apres-le-rejet-du-projet-impliquant-ronaldinho-et-la-presentation-d-un-nouveau-plan/1713571">L’Équipe — Compte rendu de l’audition du 25 août devant le CNOSF</a></li>



<li><a href="https://www.bebasket.fr/as-monaco-de-125-a-6-7-millions-deuros-un-projet-revu-a-la-baisse-devant-le-cnosf">BeBasket — Projet ramené à 6 ou 7 millions d’euros</a></li>



<li><a href="https://www.bebasket.fr/as-monaco-comment-va-se-derouler-la-conciliation-devant-le-cnosf">BeBasket — Fonctionnement et portée de la conciliation devant le CNOSF</a></li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-blois-capitale-agglopolys wp-block-embed-blois-capitale-agglopolys"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7JjFmWarqy"><a href="https://bloiscapitale.com/lada-blois-et-la-methode-paul-seignolle">L&rsquo;ADA Blois et la méthode Paul Seignolle</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’ADA Blois et la méthode Paul Seignolle » — Blois Capitale Agglopolys" src="https://bloiscapitale.com/lada-blois-et-la-methode-paul-seignolle/embed#?secret=yuJUYS0Z5q#?secret=7JjFmWarqy" data-secret="7JjFmWarqy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L&#8217;ADA Blois et la méthode Paul Seignolle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 08:08:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un long entretien accordé à Blois Capitale (que vous retrouverez intégralement dans le magazine papier à paraître en septembre), Paul Seignolle revient sur son parcours, sa gestion de l’ADA Blois, les limites économiques du Jeu de Paume et les performances sportives d’un club aux moyens contraints. Il aborde également la formation, la NCAA, le &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/lada-blois-et-la-methode-paul-seignolle">L&rsquo;ADA Blois et la méthode Paul Seignolle</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un long entretien</strong> accordé à <strong><em>Blois Capitale</em> (<a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">que vous retrouverez intégralement dans le magazine papier à paraître en septembre</a>)</strong>, <strong>Paul Seignolle </strong>revient sur son parcours, sa gestion de l’ADA Blois, <a href="https://bloiscapitale.com/jeu-de-paume-le-president-de-lada-va-au-bras-de-fer-avec-agglopolys" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les limites économiques du Jeu de Paume</a> et les performances sportives d’un club aux moyens contraints. Il aborde également la formation, la NCAA, le projet de NBA Europe, la situation financière du basket français, l’ancrage populaire de l’ADA et ses engagements personnels, de TELMAH aux chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. L’échange a été réalisé alors que l’AS Monaco Basket était auditionnée par le CNOSF. P<strong>our ouvrir cette série, place au fil conducteur de sa présidence : une gestion attentive</strong> au moindre écart, fondée sur une règle simple — <strong>l’ambition sportive ne doit jamais conduire l’ADA à dépenser l’argent qu’elle ne possède pas.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-green-cyan-color">Premier volet de notre grand entretien avec Paul Seignolle, président de l’ADA Blois.</mark></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Un budget de déplacement dépassé d’environ 3 300 euros et, immédiatement, une question : où retrouver cette somme qui n’avait pas été prévue ? La scène du jour résume assez bien <strong>le mode de fonctionnement de Paul Seignolle.</strong> <strong>Le président de l’ADA Blois ne considère aucun écart comme insignifiant.</strong> Chaque dépassement doit être identifié, expliqué et, si possible, compensé. Les économies réalisées ailleurs ne constituent pas un prétexte pour laisser filer une ligne budgétaire. Elles doivent servir à sécuriser le résultat ou à préparer un futur investissement. <em><strong>« Les chiffres, c’est mon quotidien. Mon travail, c’est d’analyser les écarts et de mettre des points d’interrogation. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette attention permanente lui vaut une réputation de gestionnaire rigoureux, parfois même sourcilleux. Paul Seignolle ne la conteste pas, mais refuse d’y voir une méthode particulièrement remarquable. À ses yeux, il s’agit simplement de la conduite normale d’une entreprise — et <strong>un club professionnel doit précisément être administré comme une entreprise.</strong></p>



<h2 id="h-ce-sont-les-finances-qui-commandent-le-spectacle" class="wp-block-heading">« Ce sont les finances qui commandent le spectacle »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe revient comme un fil conducteur : le budget disponible doit fixer les limites à l’intérieur desquelles l’équipe est construite. <em><strong>« Dans une entreprise, on a des produits et des clients. Je ne veux pas dire que les joueurs sont des produits, mais nous produisons un spectacle. Et ce n’est pas le spectacle qui doit commander les finances : ce sont les finances qui commandent le spectacle »</strong></em>, assure le président. Cette doctrine impose de résister à une tentation courante dans le sport professionnel : <strong>renforcer l’effectif en pariant </strong>sur une future montée, sur des recettes espérées ou sur l’intervention ultérieure d’un actionnaire. À Blois, Paul Seignolle veut que les moyens engagés soient déjà disponibles ou suffisamment sécurisés. <em><strong>« Si vous avez 100 à dépenser, vous dépensez 100, ou plutôt 98. Il est hors de question de dépenser l’argent que nous n’avons pas. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président blésois travaille très en amont. Lorsqu’il prépare un nouvel exercice, il cherche déjà à anticiper le résultat qui apparaîtra lors de la clôture suivante. Chaque hypothèse doit être justifiée et chaque montant comparé avec celui de l’année précédente. Sa philosophie, dit-il, est aussi le produit de ses origines auvergnates et d’une éducation dans laquelle l’argent disponible ne pouvait être confondu avec l’argent espéré. <em><strong>« Comme le disait mon grand-père : “Un sou, c’est un sou, et un sou, ce n’est pas deux sous.” Si tu as un sou, tu dépenses un sou. Et tu essaies même de dépenser moins d’un sou pour pouvoir réinvestir. »</strong></em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="838" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/paul-seignolle.jpeg" alt="" class="wp-image-35866" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/paul-seignolle.jpeg 1200w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/paul-seignolle-300x210.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/paul-seignolle-768x536.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/paul-seignolle-1024x715.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure>
</div>


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<h2 id="h-un-centre-de-6-000-metres-carres-a-faire-fonctionner" class="wp-block-heading">Un centre de 6 000 mètres carrés à faire fonctionner</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’ouverture du centre de performance VSF Sports</strong> a donné une nouvelle dimension à cette surveillance. L’ADA ne gère plus uniquement une <a href="https://ada-basket.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">équipe professionnelle</a>, son centre de formation et l’organisation des matchs. Elle doit aussi exploiter un ensemble immobilier de quelque 6 000 mètres carrés, avec ses salariés, ses utilisateurs, son chauffage, son éclairage et ses différents espaces. Le budget annuel de fonctionnement dépasse 500 000 euros. <em><strong>« Pour nous, c’est un nouveau métier. Vous réhabilitez 6 000 mètres carrés, vous avez des salariés, des utilisateurs, du gaz de ville, de l’électricité… Sur quelle base montez-vous votre budget ? »</strong></em>, observe le président.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier objectif fixé par Paul Seignolle a été de faire mieux que les prévisions. La recherche d’économies commence alors par des gestes élémentaires : <em><strong>« Concernant le gaz, il faut faire attention à ce que la température ne soit pas trop haute. Pour l’électricité, quand il n’y a personne sur les terrains de basket, il faut éteindre les lumières. »</strong></em> Le président sait que ses rappels peuvent finir par peser sur ses collaborateurs. Il l’admet volontiers, sans pour autant renoncer à les répéter. <em><strong>« Je sais que c’est fatigant pour eux, mais mon quotidien consiste à dire : faisons attention à tout. »</strong></em> Quelques degrés supplémentaires ou plusieurs heures d’éclairage inutile peuvent paraître négligeables à l’échelle d’une journée. Additionnés sur l’ensemble d’une saison et sur 6 000 mètres carrés, ils deviennent une dépense significative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre illustration de cette recherche d’économies : les bracelets remis aux partenaires pour identifier leurs espaces d’accès les soirs de match. <em><strong>« On va acheter les mêmes 15 500 bracelets. Avant, cela nous coûtait 4 250 euros ; cette fois, cela va nous coûter 389 euros »,</strong></em> détaille Paul Seignolle. Une dépense modeste à l’échelle du club, mais révélatrice de sa méthode : <em><strong>« C’est une paille, mais avec des économies comme celle-là, je sais que je peux peut-être encore aller chercher 30 000 ou 40 000 euros. »</strong></em> Les comptes sous les yeux, le président résume ainsi son rôle : <em><strong>« Mon boulot, c’est cela : analyser les écarts et mettre des points d’interrogation. »</strong></em></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="668" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-1024x668.jpeg" alt="ADA BLOIS 2025 BCE" class="wp-image-26654" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-1024x668.jpeg 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-300x196.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-768x501.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-1536x1003.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2025/06/IMG_2396-2048x1337.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-economiser-sans-affaiblir-le-club" class="wp-block-heading">Économiser sans affaiblir le club</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche permanente ne signifie pas que toutes les dépenses doivent être systématiquement supprimées. L’objectif consiste à distinguer ce qui est nécessaire de ce qui pourrait être acheté moins cher ou utilisé plus efficacement. <strong>Paul Seignolle ne souhaite pas que les économies dégradent l’accueil des joueurs, les conditions de travail, la formation ou l’expérience proposée au public et aux partenaires.</strong> Le club doit continuer à fonctionner, à attirer et à produire un spectacle. La rigueur ne consiste donc pas seulement à dépenser moins, mais à <strong>obtenir davantage </strong>avec une enveloppe déterminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président estime encore disposer de quelques marges dans le budget. Peut-être 5 000 euros sur certaines dépenses énergétiques, et plusieurs dizaines de milliers d’euros en additionnant de nouvelles négociations et une surveillance plus fine. Mais il en reconnaît aussitôt la limite. Ces économies peuvent sécuriser le résultat, absorber un dépassement ou financer une dépense imprévue. Elles ne permettent pas de recruter plusieurs joueurs supplémentaires, d’augmenter fortement la masse salariale ou de rejoindre les budgets des grandes équipes françaises. <strong>La méthode Seignolle protège. Elle empêche l’ADA de basculer dans le déficit,</strong> mais ne résout pas son problème structurel : le club dispose de peu de possibilités pour accroître ses recettes. <em><strong>« Sur les dépenses, je peux encore faire un petit effort. Mais sur les recettes, je ne peux pratiquement plus. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette limite ramène inévitablement au Jeu de Paume.</strong> Avec une capacité réduite (Jusqu&rsquo;à 2 500 voire 2 600 spectateurs grâce aux ajustements) et seulement quelques centaines de billets disponibles pour le grand public à chaque rencontre,<strong> l’ADA ne peut pas augmenter significativement ses revenus de billetterie</strong>. Le club pourrait privilégier davantage de partenaires au détriment des spectateurs individuels, mais Paul Seignolle s’y refuse au nom de son identité populaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La gestion au centime près permet à l’ADA de conserver des comptes sains. Elle ne lui offre cependant pas les recettes nécessaires pour rivaliser durablement avec les clubs dotés de grandes salles. Pour franchir un nouveau palier, il faudrait changer d’échelle — et donc d’infrastructure. <em><strong>« Est-ce une gestion rigoureuse ? Peut-être. Mais, pour moi, c’est simplement une bonne gestion, une gestion saine. En aucun cas le club ne peut se permettre de perdre de l’argent. »</strong></em></p>



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<p class="wp-block-paragraph">>> <em><strong>À suivre</strong> : Paul Seignolle sur la crise de Monaco : « Ce que nous vivons est grotesque »</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Bastien Lopez : « Nulle part ailleurs qu’à Blois cette œuvre d’art n’aura autant de sens »</title>
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					<comments>https://bloiscapitale.com/bastien-lopez-nulle-part-ailleurs-qua-blois-cette-oeuvre-dart-naura-autant-de-sens#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 10:37:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À 31 ans, Bastien Lopez dirige le château royal de Blois, la conservation des musées et le patrimoine culturel de la Ville. Arrivé à Blois en janvier 2024, ce conservateur formé à l’École du Louvre porte aujourd’hui plusieurs chantiers qui dépassent largement la seule gestion d’un monument historique. L’identification dans les réserves d’un feuillet du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À 31 ans, <strong>Bastien Lopez dirige le <a href="https://www.chateaudeblois.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">château royal de Blois</a></strong>, la conservation des musées et le patrimoine culturel de la Ville. Arrivé à Blois en janvier 2024, ce conservateur formé à l’École du Louvre porte aujourd’hui plusieurs chantiers qui dépassent largement la seule gestion d’un monument historique. L’identification dans les réserves d’un feuillet du palimpseste d’Archimède, l’acquisition du buste de Gaston d’Orléans réalisé par Jacques Sarazin, la remise en mouvement des collections, les conditions de conservation de quelque 35 000 œuvres, l’accessibilité, la prévention des risques ou encore le mécénat dessinent les contours d’un château qui veut être pleinement monument, musée et lieu vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un grand entretien accordé à <em>Blois Capitale</em>, à retrouver dans son intégralité dans le </strong><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>numéro 1 du magazine papier</strong> en septembre (prévente ici)</a>, Bastien Lopez revient en détail sur ces différents dossiers. Il y évoque également sa conception du métier de conservateur, son admiration pour Caravage, sa manière de travailler avec les équipes et, plus largement, sa vision du lien entre patrimoine et publics.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-1024x341.png" alt="" class="wp-image-35729" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/Banniere_prevente_Blois_Capitale_numero_1_1200x400.png 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Bastien Lopez au château royal de Blois | Photo : Marc Alvarez</figcaption></figure>
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<h2 id="h-gaston-d-orleans-un-personnage-a-remettre-dans-le-recit" class="wp-block-heading">Gaston d’Orléans, un personnage à remettre dans le récit</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Blois Capitale : Il y a un dossier dans lequel vous avez été directement à l’initiative : celui de Gaston d’Orléans. Pourquoi avez-vous voulu lui donner davantage de place ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bastien Lopez</strong> : Quand je suis arrivé, <strong>je me suis dit qu’on ne mettait pas assez en valeur le XVIIe siècle</strong>. Les visiteurs, évidemment, quand ils entrent dans le château, la première façade qu’ils voient une fois qu’ils sont dans la cour, c’est celle qui se trouve en face : <strong>celle de Gaston d’Orléans,</strong> celle du XVIIe siècle. Mais ce n’est pas un espace qui est visité par le public. On voit le vestibule, mais <strong>finalement on voit assez peu de choses.</strong> On voit un espace, mais c’est tout. Le parcours de visite se trouve dans les appartements de l’aile François Ier et dans le musée de l’aile Louis XII. Mais finalement, Gaston a une toute petite salle, et puis c’est tout. Et <strong>cette façade, qui a été un grand programme architectural et politique en son temps, on la comprend assez mal.</strong> Donc l’idée de trouver des éléments pour développer cette page de l’histoire dans le parcours de visite est arrivée assez tôt. <strong>Mes prédécesseurs ont acheté des œuvres du XVIIe siècle.</strong> On a donc des choses pour enrichir le propos, pour avoir quelque chose d’un peu plus consistant.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-768x1024.jpeg" alt="Château royal de Blois" class="wp-image-35562" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-768x1024.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-225x300.jpeg 225w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-1152x1536.jpeg 1152w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-1536x2048.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7151-scaled.jpeg 1920w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color"><strong>Blois Capitale :</strong> <strong>Et puis, en novembre 2024, une terre cuite de Jacques Sarazin représentant Gaston d’Orléans réapparaît sur le marché de l’art à Paris. Comment l’apprenez-vous ?</strong></mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bastien Lopez : Il y a chaque année à Paris le salon FAB Paris. Le matin de l’inauguration, un ami m’a écrit. Il m’a dit :<strong><em> « Il y a la terre cuite de Gaston d’Orléans par Sarazin, préparatoire à la façade du château, qui est présentée au salon. Est-ce que tu connaissais ? Est-ce que tu savais ? »</em></strong> C’était une découverte absolue, un objet qui a fait un peu sensation lors de ce salon. Plusieurs personnes, le soir, m’ont dit : <em><strong>« T’as vu ça ? Est-ce que t’es allé voir ? »</strong></em> Oui, oui, j’avais vu… Et cela a été compliqué parce que <strong>l’œuvre était réservée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis finalement, j’ai dit au marchand que je ne pouvais pas passer à côté, et que c’était une acquisition qu’il fallait absolument qu’on fasse. Quelques mois plus tard, il est revenu vers moi et m’a dit que la personne qui voulait l’acheter ne la prenait finalement plus. <strong>Il pouvait donc me la réserver pendant quelques mois parce qu’il trouvait intéressant, effectivement, que cette œuvre vienne à Blois.</strong> C’est un très bel objet. <strong>Il aurait donc plu à beaucoup de collectionneurs, à beaucoup de musées un peu partout dans le monde.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les terres cuites comme celle-là, les portraits en terre cuite des XVIIe et XVIIIe siècles, <strong>ce sont des choses qui s’achètent assez facilement et qui constituent de très beaux objets dans les musées, notamment aux États-Unis, où ils ont de très belles collections. </strong>Donc, possiblement, <strong>cet objet pouvait partir à l’autre bout de la planète rapidement, et l’histoire était finie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le marchand, qui a une appétence patrimoniale et muséale — et je remercie <strong>Édouard Ambroselli</strong> pour sa patience —, m’a dit : <em><strong>« Si vous voulez, on attend un peu. Vous rassemblez les moyens nécessaires, on discute aussi du prix, et puis à la fin on verra. »</strong></em> Cela a été le début d’<strong>une grande aventure pour chercher les moyens.</strong> Je suis d’abord très content que la Ville de Blois ait accepté de s’engager dans cette recherche-là. On a cherché du mécénat. La Région a répondu présente pour financer une partie de cette acquisition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a construit un projet. <strong>Ce n’est pas seulement une acquisition, c’est aussi un développement muséographique pour les prochaines années</strong>. <strong>Nulle part ailleurs qu’à Blois cet objet n’aura autant de sens.</strong> C’est un objet inédit. C’est le portrait d’un grand prince de Blois. Jacques Sarazin est l’un des plus grands sculpteurs de son temps. C’est le dernier témoignage matériel connu de ce décor de façade qui a disparu à la Révolution. Et c’est <strong>un objet inédit.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu du mécénat, une collecte populaire aussi, avec à peu près 130 participants en France et à l’étranger, ce qui est énorme. C’est dire combien l’objet a rassemblé. Et puis, au final, c’était 330 000 euros, après une renégociation du prix. L’État aussi, avec le Fonds du patrimoine — qui est une ligne du ministère de la Culture servant à faire des acquisitions exceptionnelles dont le rayonnement est important et de niveau national —, a répondu présent avec une grande participation. <strong>C’était très satisfaisant de voir que nous étions accompagnés par des financeurs pluriels, et notamment par l’État sur ce coup-là, parce que c’était un objet qu’on ne pouvait pas manquer.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-768x1024.jpeg" alt="aile Gaston d'Orléans" class="wp-image-35563" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-768x1024.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-225x300.jpeg 225w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-1152x1536.jpeg 1152w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-1536x2048.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7147-scaled.jpeg 1920w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
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<h2 id="h-gaston-en-hercule-la-facade-comme-discours-politique" class="wp-block-heading">Gaston en Hercule : la façade comme discours politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Pour comprendre pourquoi cette terre cuite est aussi importante, il faut revenir à la façade de Gaston d’Orléans telle qu’elle apparaissait au XVIIe siècle. Ce que nous voyons aujourd’hui est finalement très différent ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Gaston d’Orléans commande un château, <strong>il commande aussi un décor.</strong> Nous avons aujourd’hui cette idée d’une façade très sobre, parce que ce qui reste, c’est surtout l’architecture de François Mansart, qui est très classique. Elle a donc une petite sévérité, quand même : on voit les volumes, mais on ne voit pas grand-chose d’autre. <strong>En fait, à la Révolution, on a supprimé un ensemble décoratif qui se trouvait dessus.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y avait des allégories, Gaston d’Orléans en Hercule qui surmontait cette façade, mais aussi des figures divines de Mars et de Minerve, qui représentaient la force militaire et la sagesse militaire que revendiquait Gaston.</strong> Il y avait aussi des allégories comme la Vérité, la Bénignité et plein d’autres choses sur cette façade, qui nous sont complètement inconnues aujourd’hui mais qui parlaient réellement aux visiteurs du XVIIe siècle. Au final, quand on entrait dans cette cour du château, on avait face à soi une façade très sobre, mais <strong>tout à fait ornementée, tout à fait dynamisée par ce jeu sculptural.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">C’était donc une véritable façade politique ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui. On avait le programme politique de Gaston d’Orléans, qui, à cette époque-là, est l’héritier du roi de France et qui se voit roi de France</strong> à la place de son frère, sous peu — le plus vite possible. C’est vraiment une façade politique. Et la sculpture que nous avons pu acquérir est la sculpture préparatoire de la clé, vraiment, de ce jeu politique et artistique : Gaston d’Orléans représenté en Hercule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Pourquoi précisément Hercule ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Hercule, c’est la force. Mais c’est aussi un avatar des rois de France : l’Hercule gaulois, qui est<strong> une figure de l’éloquence et une figure supérieure</strong>, disons, à laquelle les rois de France s’associent régulièrement depuis la Renaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Cette terre cuite n’est donc pas simplement un brouillon préparatoire à la sculpture monumentale ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, ce n’est pas un brouillon. La façade est évidemment à Blois, mais la sculpture en terre cuite, elle, reste à Paris, et permet donc de <strong>faire connaître l’ambition politique de Gaston d’Orléans</strong>. Il y a aussi ce jeu-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Puisque cette terre cuite permet de connaître le visage perdu de Gaston, pourrait-on imaginer restituer un jour le décor sur la façade ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Non. Le décor de la façade a été supprimé à la Révolution</strong>. <strong>On a littéralement décapité la sculpture de Gaston.</strong> Et, au début du XXe siècle, on a garni le drapé, donc le torse, qui reste encore en place et qui est du XVIIe siècle, d’<strong>une tête réalisée par Alfred-Jean Halou</strong>, un sculpteur blésois important de ce début du XXe siècle à Blois. Il a créé une tête qui représente Gaston d’Orléans, mais c’est <strong>une tête historiciste.</strong> Ce n’est pas un véritable portrait puisqu’il n’a évidemment jamais vu Gaston d’Orléans, mais elle vient compléter ce décor. <strong>Cela fait plus d’un siècle que cette tête est sur cette façade. Nous n’avons aucune raison de la supprimer</strong> pour en restituer une autre qui n’existe plus. <strong>Ce serait un contresens historique.</strong></p>



<h2 id="h-un-nouveau-parcours-consacre-a-gaston-d-orleans" class="wp-block-heading">Un nouveau parcours consacré à Gaston d’Orléans</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Le buste devient donc le point de départ d’un nouvel espace consacré à Gaston d’Orléans. Que voulez-vous y raconter ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’idée, c’est d’aménager un espace sur Gaston d’Orléans</strong> avec des objets de nos collections et avec des dépôts d’autres musées qui vont être sollicités, afin de présenter son histoire. C’est à la fois un personnage politique assez contrasté, qui a fait des choses pas très dignes, disons, mais <strong>aussi un grand amateur d’art, un grand mécène.</strong> Il travaillait notamment avec Jacques Sarazin, puisque c’est le sculpteur qui a fait son portrait. C’était un grand amateur d’art et sa collection a été intégrée par la suite à celle de Louis XIV.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Louis XIV est peut-être le plus grand collectionneur du XVIIe siècle en France, mais c’est aussi parce qu’il existe cette conscience que les beaux objets viennent soutenir le pouvoir et qu’un grand prince, à cette époque-là, est forcément un grand collectionneur. Gaston est un très grand amateur de bronzes, de statuettes en bronze, de médailles. C’est lui qui crée aussi l’herbier qui devient ensuite l’herbier de Louis XIV et qui est un objet formidable, aujourd’hui au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Il travaille avec les peintres, il travaille avec les poètes, il en protège aussi. <strong>C’est vraiment un personnage d’art et de lettres absolument important en son temps.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Peut-on parler d’un rééquilibrage du récit du château ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On peut parler de rééquilibrage. Après, il faut quand même garder en tête que l’histoire du château, c’est essentiellement la Renaissance.</strong> On ne va pas enlever de la place à Henri III, au duc de Guise, à François Ier, qui sont les personnages principaux. Mais il faut que, dans ce parcours de visite, on puisse présenter tous les personnages, en tout cas <strong>les personnages importants.</strong> Et <strong>Gaston d’Orléans ne peut pas être un personnage trop secondaire</strong>, étant donné l’importance visuelle qu’il a pour le public et l’importance historique qu’il a aussi en son temps.</p>



<h2 id="h-on-ne-voit-pas-assez-le-chateau-comme-un-musee" class="wp-block-heading">« On ne voit pas assez le château comme un musée »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Cette acquisition et le projet muséographique qui l’accompagne vous ont valu en 2026 le prix Michel Laclotte. Qu’a représenté cette distinction ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le prix Michel Laclotte est un prix qui m’a beaucoup ému</strong>. C’est un prix qui est décerné à de jeunes conservateurs pour de premières réalisations en histoire de l’art. C’est moi qui le reçois, mais c’est pour l’acquisition et <strong>pour le projet muséographique qui va derrière.</strong> Cela arrive après pas mal de travail, pas mal de sollicitations, pas mal d’efforts aussi pour arriver à un objectif dont j’étais convaincu, mais pour lequel il a fallu convaincre afin que cela puisse se faire. Et puis je n’ai pas porté cela tout seul. <strong>Je l’ai porté avec les équipes du château, les équipes de la Ville aussi. Le mécénat de la Ville est très, très actif. Donc c’est une belle récompense.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Le Comité français d’histoire de l’art écrit que cette acquisition et son projet muséographique « laissent augurer une renaissance du musée de Blois ». Le mot est fort. Qu’est-ce qui doit renaître ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée, c’est d’apporter un éclairage sur la collection du château. <strong>On voit le château comme un monument. On ne le voit pas assez comme un musée.</strong> L’idée, évidemment, ce n’est pas de transformer le château en musée 100 % pur jus. Ce n’est pas ça. <strong>C’est un château-musée.</strong> Fondamentalement, c’est un lieu qui a la légitimité d’être un musée parce qu’il est d’abord un château.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais les réserves sont pleines,</strong> notamment de beaux objets qui méritent de sortir, qui méritent d’être mis en musique dans le parcours de visite, d’être interchangés les uns avec les autres. Il faut s’intéresser à ces objets pour <strong>les montrer au public</strong> et apporter la richesse et la diversité de ces collections aux yeux de tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Acheter ce buste de Gaston d’Orléans, c’est fondamental par rapport à la nature même du buste, mais <strong>c’est aussi un déclencheur. </strong>Pour cet espace sur Gaston d’Orléans qui va être créé, <strong>nous allons faire sortir des objets des réserves</strong> : une tapisserie, par exemple, du mobilier. Nous allons faire des restaurations. Et nous allons déplacer des objets qui se trouvent aujourd’hui ailleurs, soit dans les appartements, soit dans le musée, dans la partie Louis XII en dessous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie que nous allons avoir une espèce de vrai chantier de collections. Mais on ne va pas tout refaire non plus ! <strong>Un musée, ce n’est pas un lieu où rien ne bouge. Au contraire.</strong> C’est un lieu de vie, un lieu d’échange. C’est un lieu où l’on expose des œuvres qui n’étaient pas connues, parce qu’on les a restaurées ou parce qu’il y a désormais un contexte favorable pour qu’elles puissent être présentées. <strong>Une œuvre d’art, ce n’est pas juste un objet.</strong> C’est un objet qui porte des sens, qui porte des valeurs, qui porte l’histoire de son artiste, de ses artistes, de ses collectionneurs, de son contexte. Cela raconte plein de choses. L’idée, c’est d’apporter aussi du mouvement.</p>



<h2 id="h-ce-qui-est-exceptionnel-a-blois-c-est-que-les-differentes-epoques-se-voient" class="wp-block-heading">« Ce qui est exceptionnel à Blois, c’est que les différentes époques se voient »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Le château royal de Blois possède une architecture assez unique, avec des ailes très différentes. C’est presque un voyage à travers le temps. Existe-t-il beaucoup d’autres châteaux comparables ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du patrimoine, c’est une histoire de réécriture permanente, partout. Mais ce qui est exceptionnel à Blois, c’est que cela se voit parfaitement. On voit vraiment les étapes les unes à côté des autres. <strong>L’idée de valoriser Gaston d’Orléans, c’est aussi de mettre en avant le fait qu’il y a une histoire en plus qui n’est pas une histoire strictement de la Renaissance.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais la caractéristique de Blois, c’est que non seulement on voit tout cela très, très bien, mais qu’en plus ce sont des architectures extrêmement qualitatives.</strong> Il y a celle de Louis XII, celle de François Ier, celle de Gaston d’Orléans, également celle du Moyen Âge, qui est coincée entre Louis XII et François Ier, mais qui détermine toute la structure du monument sur son éperon rocheux et qui lance une histoire absolument importante, chevaleresque, princière puis royale. Et il y a aussi, à la fin du parcours, à la fin de cette histoire, la restauration du château au XIXe siècle par Félix Duban, puis par Jules de La Morandière. Tout cela, ce sont des opérations extrêmement qualitatives, <strong>remarquables.</strong> Il n’y a pas une époque du château où l’on n’a pas eu un grand architecte ou quelque chose d’ambitieux. <strong>Il n’y a pas de sous-projet, en fait, dans l’histoire du château. Et c’est pour cela que c’est exceptionnel.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-1024x768.jpeg" alt="château royal de Blois" class="wp-image-35559" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-1024x768.jpeg 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-300x225.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-768x576.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-1536x1152.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/08/IMG_7156-2048x1536.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


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<h2 id="h-s-il-ne-se-passait-rien-au-chateau-ce-serait-terrible" class="wp-block-heading">« S’il ne se passait rien au château, ce serait terrible »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Le château donne également une place importante aux concerts, festivals et autres événements</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un lieu qui est fait pour cela ! <strong>S’il ne se passait rien au château, ce serait terrible. Un château est fait pour accueillir du monde, pour avoir ses portes ouvertes et pour faire vivre de beaux événements.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’automne qui arrive en est une parfaite illustration. Il y aura le <strong>Grand Concert Royal le 12 septembre,</strong> qui sera un rendez-vous important. La cour sera pleine, avec de très belles têtes d’affiche. Ce sera évidemment un événement à vivre sur le moment, mais il aura aussi <strong>une portée patrimoniale puisque ses bénéfices nets doivent contribuer à la restauration du château, à l’amélioration de l’accueil du public et à la valorisation du patrimoine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à Blois, l’automne n’est jamais vraiment tranquille. Pour les <strong>Journées européennes du patrimoine,</strong> nous allons ouvrir dans le musée des Beaux-Arts un parcours consacré à nos <strong>collections asiatiques.</strong> Chaque année, nous profitons de ce rendez-vous pour mettre en lumière un artiste, un fonds ou certains objets des collections. Nous présenterons notamment Henri Varenne, un décorateur qui a beaucoup travaillé à Tours, en particulier pour l’hôtel de ville et la gare, et qui est donc une figure bien connue en Centre-Val de Loire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Juste après viendra l’ouverture <strong>d’AR(t]CHIPEL</strong>, le <strong>festival d’art contemporain</strong> porté par la Région avec le Centre Pompidou. Cette année, la programmation accorde une place particulière à <strong>Alexander Calder</strong>, et nous allons accueillir une sculpture monumentale de l’artiste dans la cour du château. Son inauguration est prévue le 15 octobre. Ce sera un moment extrêmement important, qui permettra aussi de faire venir au château un public attiré par l’art moderne et contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au mois d’octobre, il y aura bien sûr les Rendez-vous de l’histoire</strong>. Le château accueille une partie de la manifestation et, cette année, notre équipe participera également à plusieurs tables rondes et événements spécifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Puis viendra Noël au château,</strong> avec cette année un format un peu différent des précédentes éditions. Nous revenons vers quelque chose de plus pleinement <strong>associé à l’imaginaire de Noël, avec davantage de lumière, de scintillements et de décors dans les appartements.</strong> Là encore, ce sera un grand rendez-vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tout cela représente énormément de travail pour les équipes</strong>, parce que nous voulons faire les choses correctement, bien accueillir le public et proposer des moments qui marquent. On revient toujours à cette notion d’expérience : <strong>il faut que le visiteur vive quelque chose et qu’il en garde une trace.</strong> Dans les prochains mois, nous n’allons donc clairement pas cesser d’accueillir le public et de faire vivre le château à travers de grands événements.</p>



<h2 id="h-prevenir-plutot-qu-etre-indemnise" class="wp-block-heading">Prévenir plutôt qu’être indemnisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Plus on ouvre et fait vivre un monument, plus la question de sa protection devient importante. La question de l’assurance du château et des collections a notamment fait parler.</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un sujet qui a beaucoup fait parler, mais qui n’est pas, à vrai dire, le point le plus fondamental. Peu de musées assurent l’intégralité de leurs collections. <strong>L’essentiel est d’abord que le château soit couvert en matière de responsabilité et de dommages, ce qui est bien le cas avec la Ville</strong>. L’autre enjeu majeur est de pouvoir <strong>réagir efficacement </strong>en cas d’incident : remettre le monument en état si nécessaire, dans les meilleurs délais, avec des coûts qui restent raisonnables et supportables pour la collectivité. Là encore, les dispositifs existent. Quant à la question plus spécifique de l’assurance, la Ville souhaite également avancer sur ce sujet et une solution est actuellement en cours d’élaboration. Je ne peux pas entrer davantage dans les détails puisqu’il s’agit d’une procédure de marché public, mais le dossier est bien en cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le travail mené avec les pompiers</strong> me paraît, à ce titre, encore plus important, parce qu’<strong>il permet d’anticiper les risques et de préparer concrètement la réponse à un éventuel incident.</strong> Si un incendie se déclare, ce n’est évidemment pas l’assurance qui l’arrêtera. Ma priorité, dans ce cas, est de protéger le public, le personnel, mais aussi les œuvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces œuvres sont uniques. Une assurance ne permettra jamais de remplacer ce qui aurait disparu définitivement.</strong> Elle pourra éventuellement contribuer à financer certaines restaurations, mais elle ne restitue pas un patrimoine perdu. C’est pourquoi nous travaillons très étroitement avec les pompiers. Ils viennent sur place, apprennent à connaître le bâtiment et ses particularités, et nous avons signé avec eux une convention de partenariat. C’est un travail très concret sur la préservation du patrimoine. Nous avons notamment organisé, en novembre dernier, un exercice qui s’est très bien déroulé, avec l’évacuation d’une partie des collections.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qui m’importe, c’est que, si un incident survient, nous soyons capables d’intervenir de la manière la plus précise, la plus adaptée et la plus rapide possible</strong> : mettre les œuvres à l’abri, protéger celles qui pourraient être menacées, et agir en tenant compte de la complexité du bâtiment. <strong>Le château est complexe par son histoire, et cette complexité implique aussi des fragilités.</strong> Il faut donc mieux connaître le monument, mieux identifier ses points sensibles et anticiper les difficultés qui pourraient se présenter. C’est là, à mes yeux, que se situe le véritable travail de prévention. Et c’est précisément sur cela que <strong>nous travaillons en permanence.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Cela implique-t-il d’avoir déjà décidé quelles œuvres seraient sauvées en priorité en cas de catastrophe ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail mené en amont dans le cadre du <strong>Plan de sauvegarde des biens culturels</strong> consiste précisément à anticiper ce type de situation. <strong>Les œuvres sont hiérarchisées selon trois niveaux de priorité, </strong>définis en fonction de leur importance patrimoniale. C’est un exercice <strong>particulièrement difficile,</strong> parce qu’il oblige à se placer très froidement dans une situation que l’on espère ne jamais connaître : se demander, si un sinistre majeur devait survenir, quelles seraient les œuvres à sauver en priorité. Humainement, ce n’est pas simple. Mais cette hiérarchisation fait partie du travail de préparation et de prévention indispensable pour pouvoir agir vite et efficacement en cas d’urgence.</p>



<h2 id="h-le-chateau-leur-est-ouvert-vraiment" class="wp-block-heading">« Le château leur est ouvert, vraiment »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">À la grille du château, on voit souvent des personnes qui regardent, prennent une photographie, sans forcément entrer. Qu’auriez-vous envie de leur dire ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’ils sont les bienvenus pour rentrer ! La question est très vaste. Je n’ai pas un seul message à leur transmettre. J’ai juste à leur dire de <strong>profiter de la beauté du château, d’être curieux et donc de passer la porte</strong> s’ils ont envie de le faire, parce que la porte est ouverte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-purple-color">Et aux Blésois eux-mêmes, qui peuvent venir et revenir grâce au Pass Blois Culture ?</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le château leur est véritablement ouvert. Pour les Blésois, il y a bien sûr toute cette histoire qu’ils connaissent déjà en partie — la Renaissance, François Ier, le duc de Guise — mais qui mérite d’être <strong>découverte et redécouverte,</strong> notamment à travers nos <strong>visites guidées.</strong> Il y a aussi les <strong>visites insolites</strong>, qui permettent d’accéder à des espaces ou à des aspects moins visibles du monument et qui restent toujours très surprenants. Ils peuvent revenir seuls, avec des amis, avec leurs proches. Mais ce qui m’intéresse aussi beaucoup, ce sont <strong>les collections.</strong> Elles sont extrêmement riches et couvrent une période très large, <strong>de l’Antiquité jusqu’au milieu du XXe siècle. </strong>Nous ne pouvons évidemment pas tout montrer, mais elles ont énormément de choses à raconter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le château a aussi ce rôle de lieu culturel de proximité, de musée pour les habitants. Beaucoup de scolaires et de classes le fréquentent déjà et découvrent ainsi la richesse de ses collections et de son patrimoine. <strong>L’enjeu est aussi de faire comprendre à tous les Blésois que leur château n’est pas seulement un monument emblématique de la ville : c’est une ressource patrimoniale exceptionnelle, qu’ils peuvent s’approprier et redécouvrir régulièrement.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-vivid-red-color">&gt;&gt; un grand entretien à retrouver dans son intégralité dans le <a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">numéro 1 du magazine papier en septembre (prévente ici)</a></mark></em></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/bastien-lopez-nulle-part-ailleurs-qua-blois-cette-oeuvre-dart-naura-autant-de-sens">Bastien Lopez : « Nulle part ailleurs qu’à Blois cette œuvre d’art n’aura autant de sens »</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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		<title>Antoine Huguet, la liberté socialiste et l’horizon de 2027</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Aug 2026 07:16:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À 31 ans, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste de Loir-et-Cher s’apprête à accueillir à Blois la rentrée nationale de sa formation. Enfant de l’école publique blésoise, socialiste critique du hollandisme et partisan d’une rupture avec la société du tout-marché, Antoine Huguet défend le rassemblement de la gauche tout en préparant déjà l’échéance suivante &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/antoine-huguet-la-liberte-socialiste-et-lhorizon-de-2027">Antoine Huguet, la liberté socialiste et l’horizon de 2027</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<h4 id="h-a-31-ans-le-nouveau-premier-secretaire-du-parti-socialiste-de-loir-et-cher-s-apprete-a-accueillir-a-blois-la-rentree-nationale-de-sa-formation-enfant-de-l-ecole-publique-blesoise-socialiste-critique-du-hollandisme-et-partisan-d-une-rupture-avec-la-societe-du-tout-marche-antoine-huguet-defend-le-rassemblement-de-la-gauche-tout-en-preparant-deja-l-echeance-suivante-une-possible-candidature-dans-la-premiere-circonscription-de-loir-et-cher" class="wp-block-heading">À 31 ans, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste de Loir-et-Cher s’apprête à accueillir à Blois la rentrée nationale de sa formation. Enfant de l’école publique <a href="https://bloiscapitale.com/entre-blois-et-paris-lassociation-illico-reclame-des-trains-directs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blésoise</a>, socialiste critique du hollandisme et partisan d’une rupture avec la société du tout-marché, Antoine Huguet défend le rassemblement de la gauche tout en préparant déjà l’échéance suivante : une possible candidature dans la première circonscription de Loir-et-Cher.</h4>



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<p class="wp-block-paragraph">À quelques semaines du <strong><a href="https://parti-socialiste.fr/actualites/%F0%9F%8E%89-cest-parti-pour-le-campus-2026-prends-vite-ta-place-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CamPuS du Parti socialiste</a></strong>, Antoine Huguet assure ne pas éprouver de pression particulière. Plutôt de l’enthousiasme. <strong><a href="https://bloiscapitale.com/au-parti-socialiste-anael-ramos-et-simon-blin-prennent-la-tete-de-la-section-blois-onzain" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Élu en juin 2026 à la tête de la fédération socialiste de Loir-et-Cher</a>,</strong> le jeune responsable devra pourtant ouvrir, dans sa propre ville, l’un des principaux rendez-vous nationaux de son parti. <strong>Blois accueillera les 28 et 29 août</strong> des militants, des élus, des responsables politiques et des personnalités comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Pigasse" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Matthieu Pigasse</a>. Le Parti socialiste présente cette rencontre comme un moment de débats et de préparation collective, organisé cette année <strong>à l’approche d’échéances électorales</strong> qu’il juge décisives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les socialistes de Loir-et-Cher, la scène possède une résonance particulière. La fédération départementale n’est pas l’une des plus importantes du pays, rappelle Antoine Huguet, mais elle voit une nouvelle fois sa ville devenir, <strong>pendant quelques jours, le centre de gravité du parti</strong>. <em>« Blois est la ville dans laquelle nous vivons, dans laquelle certains d’entre nous ont grandi. Voir les figures nationales et tous les camarades venir peupler les rues de Blois constitue forcément un moment de grande joie. »</em> Mais derrière les retrouvailles militantes se joue déjà une partie de la campagne présidentielle de 2027 (18 avril et 2 mai), avec ses prétendants, ses divergences stratégiques et ses tentatives d’unification. <em><strong>« Il existe un enjeu derrière Blois 2026. Nous voulons que ce soit un moment de dynamique, de concorde et de fédération de l’énergie politique militante. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rentrée nationale constituera aussi <strong>une première exposition</strong> pour une figure encore peu connue du grand public. À 31 ans, Antoine Huguet ne cache plus son intention de compter dans les prochaines années, <strong>avec en ligne de mire une possible candidature aux élections législatives de 2027</strong>. Mais, avant ce cap, il y a un parcours et une construction intellectuelle. Antoine Huguet entend d’ailleurs présenter les deux comme indissociables.</p>



<h2 id="h-de-l-ecole-blesoise-aux-sciences-sociales" class="wp-block-heading">De l’école blésoise aux sciences sociales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Antoine Huguet est né à Orléans, mais son histoire personnelle est principalement blésoise. Il raconte être <strong>arrivé dans la ville vers l’âge de deux ans et demi,</strong> avec sa mère, après la séparation de ses parents. Il y suit l’ensemble de sa scolarité : maternelle à la Clérancerie, école Marcel-Bühler, collège Blois-Vienne, puis lycée Dessaignes. Après une classe préparatoire à Orléans, il poursuit ses études à Paris et à Lyon, avec également un passage à Londres. Sa formation première relève des sciences sociales à l’École normale supérieure de Cachan, devenue ENS Paris-Saclay. <em><strong>« J’ai passé la majorité de mes études à traiter de questions économiques, sociologiques et historiques. »</strong></em> Toutefois, <strong>sa pensée politique</strong> ne s’est pas formée dans les amphithéâtres de l’enseignement supérieur. Il en situe les premières manifestations <strong>autour de ses 15 ans, lors de son entrée au lycée.</strong></p>



<h2 id="h-la-meritocratie-a-l-epreuve-du-reel" class="wp-block-heading">La méritocratie à l’épreuve du réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Son éveil politique ne vient ni d’un candidat, ni d’une campagne, ni même d’un parti. <strong>Il naît d’abord d’une révolte</strong> : celle provoquée par <strong>les inégalités</strong> et par la distance entre les promesses de la République et leur traduction dans la vie réelle. <em><strong>« L’un des principaux endroits où j’ai nourri une pensée politique est l’école publique »</strong></em>, souffle-t-il. L’institution promet à chacun une place et les mêmes chances de réussir. Mais, selon lui, <strong>elle ne parvient pas toujours à corriger le poids des origines sociales, familiales ou culturelles, qui continuent d’orienter les parcours.</strong> <em>« J’y ai vu, malgré tout ce qui est organisé pour que chacun puisse trouver sa place, <strong>un système méritocratique en faillite. »</strong></em> C’est de cet écart entre le discours et le réel que naît sa première défiance politique. <em>« On nous répétait beaucoup les slogans de la méritocratie et de la liberté immédiate, dont chacun devrait se saisir pour réussir. Or, dans la réalité des faits, les choses ne se passent pas du tout ainsi. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le temps, <strong>une seconde conviction</strong> vient compléter la première : <strong>les institutions</strong> sont insuffisantes, parfois défaillantes, mais elles restent fragiles et <strong>doivent être défendues.</strong> Cette prise de conscience s’approfondit <strong>après les attentats du 13 novembre 2015. </strong>Antoine Huguet étudie alors à l’ENS et vit dans le 11ᵉ arrondissement de Paris. <em><strong>« J’appartiens à la génération Bataclan »</strong></em>, dit le jeune homme avec émotion. Ce soir-là lui révèle que la vie quotidienne, la culture, la fête ou la possibilité de circuler librement ne sont jamais définitivement acquises. <em><strong>« La possibilité de vivre notre vie comme nous l’entendions, avec des moments de joie, de culture et d’émancipation, formait en réalité un édifice fragile. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa politisation repose ainsi sur deux mouvements qui pourraient sembler contradictoires : dénoncer les promesses non tenues de la République et protéger ce qu’elle rend malgré tout possible. <em><strong>« Il y a eu à la fois une révolte et la prise de conscience de la chance que nous avons de vivre dans une société libre. »</strong></em></p>



<h2 id="h-un-socialiste-post-hollandiste" class="wp-block-heading">Un socialiste « post-hollandiste »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Antoine Huguet n’adhère au Parti socialiste qu’en 2020, à un moment où la formation tente encore de se relever de son effondrement électoral de 2017. Son entrée au PS ne s’inscrit pas dans une nostalgie du dernier quinquennat socialiste. <em><strong>« Ce n’est pas François Hollande qui m’a politisé, très honnêtement »</strong></em>, assure le premier secrétaire fédéral en Loir-et-Cher. <em>« Dans le quinquennat Hollande, on voit apparaître les prémices de la politique socio-économique du macronisme qui lui a succédé. »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rejoint donc le Parti socialiste au moment où celui-ci traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente, affaibli sur les plans électoral, militant et national. <strong><em>« Je suis arrivé au Parti socialiste à un moment où il avait touché le fond et essayait de se relever. »</em></strong> Pourquoi choisir une formation aussi fragilisée ? Parce qu’il distingue le parti de l’idéal qu’il prétend porter. <strong><em>« Je crois dans l’idée socialiste, qui est intemporelle. »</em></strong> Il en dessine l’horizon : une société capable de garantir à chacun la dignité, la liberté et, autant que possible, le bonheur, sans sacrifier les générations futures. Au cœur de cette définition se trouve un mot que la gauche, selon lui, ne devrait jamais abandonner : <strong>la liberté.</strong></p>



<h2 id="h-on-nous-a-vole-la-thematique-de-la-liberte" class="wp-block-heading"><strong>« On nous a volé la thématique de la liberté »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Antoine Huguet, la gauche a laissé la droite s’approprier le langage de la liberté. Il considère pourtant <strong>l’émancipation</strong> comme le cœur du projet socialiste. <strong><em>« On nous a volé la thématique de la liberté. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La droite libérale, estime-t-il, présente la liberté comme une possibilité immédiate offerte à tous : entreprendre, consommer, réussir, se déplacer ou s’enrichir.</strong> Chacun serait placé devant les mêmes règles et devrait ensuite assumer la réussite ou l’échec de son parcours. Antoine Huguet conteste cette représentation à travers l’image d’une course de haies : <em>« Nous partons tous — encore que ce ne soit pas toujours le cas — du même point de départ. Mais l’un est lesté et doit franchir cinquante haies, tandis qu’un autre n’en a que trois devant lui et ne porte aucun poids. »</em> À l’arrivée, le premier est célébré pour son mérite, sans que soient considérées les différences de patrimoine, de santé, d’éducation, de réseau ou de sécurité matérielle. <strong><em>« Je ne crois pas que cette vision de la liberté soit juste, effective, ni même honnête. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La distinction qu’il établit est celle qui sépare une liberté théorique d’une liberté réellement accessible. <strong>Dire à chacun qu’il possède les mêmes droits ne garantit pas qu’il dispose des moyens de les exercer.</strong> <em>« La liberté s’organise. Elle s’organise collectivement »</em>, affirme le jeune socialiste.</p>



<h2 id="h-des-sanctuaires-a-soustraire-au-marche" class="wp-block-heading">Des sanctuaires à soustraire au marché</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Antoine Huguet ne défend pas une économie entièrement administrée.</strong> Il ne propose ni la disparition de l’entreprise privée ni celle des mécanismes marchands. Il estime en revanche que certains besoins indispensables à la dignité humaine ne peuvent dépendre de la seule solvabilité des individus ou des exigences de rentabilité. <em>« La société socialiste telle que je l’imagine n’est pas une société administrée à 100 %. Elle n’est pas davantage une société entièrement soumise au marché. »</em> Il évoque <strong>une société capable d’établir des « sanctuaires »</strong> : l’école publique, l’hôpital, l’accès à l’eau, l’alimentation, l’accompagnement de la vieillesse et, plus largement, tout ce qui conditionne une existence digne. <strong><em>« Oui, tout ce qui touche directement à la dignité et à la liberté des personnes doit échapper à la dynamique libérale et marchande »</em></strong>, tranche le secrétaire départemental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa critique du <em>« tout-marché »</em> trouve également un prolongement dans la <strong>question climatique</strong>. Pour Antoine Huguet, <strong>le marché ne peut, à lui seul, organiser une réponse juste aux bouleversements à venir.</strong> Il revient donc à<strong> la puissance publique d’anticiper les risques, de hiérarchiser les besoins et de protéger d’abord les populations les plus exposées.</strong> <em>« Les inégalités climatiques vont venir s’ajouter aux inégalités économiques. Seule une très petite minorité de personnes extrêmement aisées pourra réellement se protéger des effets des sécheresses, des canicules, des inondations ou du manque d’accès à l’eau. <strong>Nous sommes dans un système qui exploite non seulement le travail et les travailleurs, mais également les ressources naturelles. </strong>L’un des enjeux de la prochaine campagne présidentielle sera de <strong>marquer une rupture absolument claire</strong> avec cette dynamique. »</em></p>



<h2 id="h-quel-rassemblement-pour-2027" class="wp-block-heading">Quel rassemblement pour 2027 ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au sein du Parti socialiste, Antoine Huguet appartient au courant de Boris Vallaud</strong>. Lors du congrès de 2025, il a signé le texte d’orientation <em>Unir.</em> Ce ralliement repose d’abord sur une proximité politique et personnelle : il suit le député des Landes depuis son adhésion au PS et dit apprécier sa méthode de travail, ses idées et, en particulier, son approche des questions économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais son choix traduit surtout une conviction : avant de prétendre rassembler la gauche, le Parti socialiste doit d’abord apprendre à dépasser ses propres rivalités. Antoine Huguet se reconnaît ainsi dans la volonté d’<em>Unir</em> de restaurer une capacité d’action collective au sein du parti. Cette réunification interne n’est toutefois qu’une étape. <strong>L’enjeu suivant consiste à bâtir une offre commune avec les autres composantes de la gauche.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective que, le 9 juillet 2026, les militants socialistes ont adopté à 55,5 % <strong>une stratégie prévoyant la désignation, au mois d’octobre, d’un candidat ou d’une candidate par les adhérents du PS et des organisations se reconnaissant dans un <em>« pôle socialiste »</em>.</strong> La personne retenue devra ensuite proposer à l’ensemble de la gauche démocratique, écologique et républicaine un rassemblement fondé sur un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement. Les modalités précises de ce processus doivent encore être définies par un comité interpartis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Antoine Huguet défend un espace politique qui irait, selon les personnalités, de Raphaël Glucksmann à François Ruffin, et d’Aurore Lalucq à Clémentine Autain ou Marine Tondelier.</strong> <em>« Je trouve que ce pôle politique est cohérent dans ses propositions. Il reprend, pour une large part, la vision de la société que j’ai décrite. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La France insoumise (LFI) reste en dehors de ce périmètre</strong>. Antoine Huguet explique cette séparation moins par un refus abstrait de toute coopération que par une opposition à la méthode de Jean-Luc Mélenchon. <em>« Il était hors de question de nous ranger immédiatement, sans aucune discussion, derrière une candidature qui ne se serait soumise à aucun processus de désignation. »</em> Il pose trois exigences : discuter du programme, déterminer les règles de désignation et définir avant l’élection les conditions d’un éventuel exercice du pouvoir. <strong><em>« Il faut pouvoir parler des idées, de la méthode de gouvernement et du pacte gouvernemental que nous pourrions construire. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire fédéral envisage ainsi le début de la campagne présidentielle autour de <strong>deux grandes candidatures à gauche</strong>. Il compte sur les électeurs pour faire émerger progressivement celle qui semblera la mieux placée pour accéder au second tour. <strong>S’il reconnaît le danger d’une dispersion plus large, il mise sur le <em>« principe de réalité »</em></strong> des responsables politiques, convaincu que la menace d’une victoire du Rassemblement national finira par imposer le rassemblement. <em><strong>« Je ne crois pas qu’ils aient envie d’être les artisans de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. »</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-1024x341.png" alt="magazine papier Blois Capitale" class="wp-image-35164" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-1536x512.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/magazine-papier-2048x683.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



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<h2 id="h-place-publique-une-clarification-economique-attendue" class="wp-block-heading">Place publique : une clarification économique attendue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Antoine Huguet ne considère pas Raphaël Glucksmann ou Place publique comme des adversaires. <strong><em>« Si nous nous engageons dans un processus de désignation commun, c’est évidemment parce que l’essentiel de nos idées nous rassemble. »</em></strong> Il rappelle que les socialistes ont mené avec lui la campagne des élections européennes de 2024 et qu’une partie des militants éprouve à son égard une réelle sympathie. <strong>Les convergences lui paraissent nombreuses en matière européenne, internationale, écologique, démocratique et républicaine.</strong> <em>« Sur le plan international, il n’existe pas entre nous l’épaisseur d’un papier à cigarette. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La principale différence se situe, selon lui, dans le rapport au libéralisme économique et à l’héritage du macronisme.</strong> <em>« Place publique n’a pas encore, de mon point de vue, affirmé des positions aussi clairement ancrées à gauche sur les questions sociales et économiques. »</em> Il ne parle pas d’un fossé infranchissable, mais d’une clarification nécessaire. Toute candidature commune devra, selon lui, porter une rupture avec l’affaiblissement des services publics et l’extension du domaine marchand.</p>



<h2 id="h-pedro-sanchez-et-le-socialisme-par-la-preuve" class="wp-block-heading">Pedro Sánchez et le « socialisme par la preuve »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle européenne, Antoine Huguet voit en <strong>Pedro Sánchez</strong> l’exemple d’une gauche capable de démontrer, par l’exercice du pouvoir, que <strong>progrès social et efficacité économique peuvent aller de pair.</strong> Selon lui, le chef du gouvernement espagnol apporte ainsi <strong><em>« la preuve par l’action »</em></strong> qu’une politique socialiste peut améliorer concrètement la vie de la population. Il évoque <strong>l’augmentation du salaire minimum espagnol.</strong> Entre 2018 et 2026, celui-ci est passé de 735 à 1 221 euros bruts mensuels, versés quatorze fois par an, soit <strong>une progression cumulée de 66 %</strong>. <em>« C’est l’exemple d’une gauche au pouvoir qui améliore la vie des gens, mais qui ne fait pas abstraction des défis du siècle à venir. »</em></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="444" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-1024x444.jpeg" alt="Antoine Huguet" class="wp-image-35273" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-1024x444.jpeg 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-300x130.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-768x333.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-1536x667.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/IMG_7055-2048x889.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-la-blessure-des-legislatives-de-2024" class="wp-block-heading">La blessure des législatives de 2024</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les élections anticipées de 2024 ont laissé une profonde amertume chez les socialistes blésois. Et plus globalement chez le peuple de gauche. <strong>Après la dissolution de l’Assemblée nationale, Marc Gricourt avait fait connaître sa volonté de porter la candidature du Nouveau Front populaire dans la première circonscription loir-et-chérienne.</strong> Les négociations nationales avaient finalement attribué celle-ci à La France insoumise, qui avait choisi Reda Belkadi. <em>« L’épisode de 2024 est un épisode malheureux pour nous. <strong>Il nous a marqués localement et nous ne voulons pas qu’il se reproduise »</strong></em>, déclare Antoine Huguet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite de la campagne a accentué le ressentiment local. LFI a retiré son investiture à Reda Belkadi après la mise au jour d’anciennes publications antisémites. Conséquence. Marine Bardet, candidate du RN, est arrivée en tête avec 35,22 %, juste devant Marc Fesneau, à 34,56 %. <strong>Au second tour, Marc Fesneau a conservé son siège avec 60,20 % des suffrages, contre 39,80 % pour Marine Bardet.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2027, la fédération entend donc réclamer que la première circonscription revienne au Parti socialiste, le mieux placé pour battre à la fois le bloc central et le Rassemblement national. <em>« Il y aura des discussions. Dans ces négociations, <strong>la fédération sera mobilisée pour que la candidature soit socialiste. »</strong></em></p>



<h2 id="h-marc-gricourt-en-position-de-soutien" class="wp-block-heading">Marc Gricourt en position de soutien ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre question se pose : <strong>Marc Gricourt pourrait-il être candidat ?</strong> Selon Antoine Huguet, le maire de Blois ne se projette plus aujourd’hui dans cette perspective. Il souhaiterait plutôt soutenir la personne jugée capable de l’emporter. Mais son rôle resterait déterminant. <strong><em>« Je n’imagine pas qu’un candidat ou une candidate de gauche puisse l’emporter sans son soutien. »</em></strong> Si Marc Gricourt choisit effectivement de passer le relais, les socialistes devront faire émerger <strong>une nouvelle figure. Antoine Huguet pourrait devenir cette personne.</strong></p>



<h2 id="h-je-l-envisage-et-j-y-travaille" class="wp-block-heading">« Je l’envisage et j’y travaille »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau premier secrétaire fédéral ne fait pas de déclaration officielle de candidature. Les élections législatives ne sont pas encore convoquées, les accords entre partis n’existent pas et aucun processus interne de désignation n’a commencé. <strong>Il confirme néanmoins se préparer à cette éventualité.</strong> <em>« Une candidature aux élections législatives est quelque chose de sérieux qui se prépare, <strong>je l’envisage et j’y travaille dès aujourd’hui. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ambition est soumise à <strong>plusieurs conditions.</strong> La première est institutionnelle : une nouvelle dissolution devrait être prononcée après l’élection présidentielle. La deuxième est interne : le candidat socialiste devrait être choisi selon les règles du parti et, souhaite-t-il, par un vote des militants. La troisième condition est politique : il refuse l’idée d’une candidature solitaire, imposée par l’appareil socialiste ou maintenue contre le reste de la gauche. <strong><em>« Cette candidature ne serait ni une candidature d’obstination ni une candidature d’isolement. »</em></strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elle devrait réunir les différentes composantes de la gauche locale,</strong> obtenir le soutien de ses principales figures et mener une campagne suffisamment préparée. <strong><em>« Il n’y aura pas d’autre ligne que celle du rassemblement de la gauche. »</em></strong> Antoine Huguet imagine une campagne de terrain, construite autour du progrès social, de la démocratie, de la transition écologique et de la mobilisation des électeurs de gauche. <strong><em>« Il faudra fédérer le peuple de gauche dans cette circonscription, avec le soutien de tous les partenaires et de toutes les figures locales. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La première étape reste la présidentielle.</strong> Il veut d’abord participer à la campagne du candidat ou de la candidate qui émergera du processus de rassemblement et <strong>empêcher une victoire du Rassemblement national.</strong> <em>« Ma première priorité est d’être aux avant-postes dans la campagne présidentielle et de tout faire pour que l’extrême droite ne soit pas élue. »</em> Viendra ensuite, éventuellement, le temps de sa propre candidature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À 31 ans, Antoine Huguet avance donc avec une prudence soigneusement formulée : pas de candidature sans vote militant, pas d’investiture réclamée comme un dû, pas de campagne contre les partenaires de gauche et pas de victoire imaginée sans le soutien des principales figures socialistes locales.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Yvan Saumet : « Le pire n’est jamais sûr »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 10:19:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’approche de la prochaine élection présidentielle, Yvan Saumet refuse les promesses agréables et les réponses toutes faites. Sans appartenance politique revendiquée, l’entrepreneur, ancien dirigeant du secteur de la santé et ancien président de la CCI de Loir-et-Cher, appelle à regarder en face les contraintes économiques et démographiques, tout en défendant une société plus attentive &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’approche de la prochaine élection présidentielle, Yvan Saumet refuse les promesses agréables et les réponses toutes faites. <a href="https://bloiscapitale.com/yvan-saumet-on-ma-souvent-propose-dentrer-en-politique-mais-jai-toujours-refuse" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sans appartenance politique revendiquée</a>, l’entrepreneur, ancien dirigeant du secteur de la santé et ancien président de la <a href="https://www.loir-et-cher.cci.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CCI de Loir-et-Cher</a>, appelle à regarder en face les contraintes économiques et démographiques, tout en défendant une société plus attentive au travail, à la dignité humaine et à la fraternité.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Yvan Saumet ne se présente ni comme un candidat ni comme le détenteur d’une solution générale aux difficultés du pays. Il revendique plutôt la liberté de celui qui n’a jamais choisi la carrière politique, tout en reconnaissant que cette position confortable a son revers : <em>« Je pense être libre parce que, justement, je ne me suis pas engagé en politique, peut-être par manque de courage. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réserve posée, il commence par rappeler ce que l’exercice des responsabilités lui a appris : <strong>la décision est toujours plus complexe lorsqu’il faut en assumer les conséquences.</strong> L’ancien dirigeant oppose ainsi son expérience économique aux jugements prononcés depuis l’extérieur, sans connaissance des contraintes, des rapports de force ou des risques pris. <strong><em>« Il n’y a rien de pire que d’entendre des gens critiquer une action sans savoir, effectivement, la difficulté de cette action »</em></strong>, affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience ne le conduit pourtant pas à défendre les gouvernants par principe. Elle nourrit au contraire <strong>une inquiétude profonde devant la prochaine séquence électorale,</strong> la progression des populismes et <strong>la capacité croissante des discours simplistes à s’imposer</strong> dans une société travaillée par le déclassement, la frustration et la défiance.</p>



<h2 id="h-la-crainte-d-un-chaos-politique" class="wp-block-heading">La crainte d’un chaos politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ses yeux, le danger ne réside pas seulement dans <strong>l’éventuelle arrivée au pouvoir d’un extrême</strong>. Certains mouvements pourraient se satisfaire d’une déstabilisation durable des institutions, de l’affaiblissement des gouvernements successifs et d’une perte généralisée de confiance. Le chaos ne serait alors plus un accident, mais <strong>un moyen de préparer une rupture autoritaire.</strong> Cette inquiétude est d’abord historique. Les générations nées après la Seconde Guerre mondiale ont pu croire que les expériences totalitaires appartenaient définitivement au passé européen. Yvan Saumet estime que cette certitude s’érode. <strong>À ses yeux, une part importante de la population se dit prête à <em>« renverser la table »</em></strong>, séduite par une solution présentée comme inédite, alors que l’histoire en a déjà éprouvé les mécanismes — et parfois les conséquences dramatiques. <strong>Il ne nie pas les raisons de cette colère. Il s’alarme</strong> plutôt du moment où l’insatisfaction devient suffisamment forte pour que les conséquences d’un bouleversement importent moins que le désir de bouleverser. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Son inquiétude s’inscrit également dans <strong>un contexte international</strong> qu’il juge <strong>profondément dégradé.</strong> En 2025, 65 conflits armés impliquant au moins un État ont été recensés dans le monde, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis le début de cette série statistique, en 1946. <strong>Treize ont atteint le seuil statistique de la guerre</strong>, soit au moins 1 000 morts liés aux combats pendant l’année. Yvan Saumet conserve toutefois une prudence que le catastrophisme ambiant fait parfois oublier. <strong>L’humanité n’a jamais vécu dans une paix permanente. </strong>Il se souvient aussi d’une enfance et d’une jeunesse vécues sous la menace nucléaire. Pendant la guerre froide, la possibilité d’une destruction atomique n’était pas seulement le scénario d’un film : elle faisait partie de l’horizon politique. Les sociétés occidentales ont appris à vivre avec cette menace, sans jamais pouvoir l’annuler. <strong>Aujourd’hui encore, reconnaît-il, quelques dirigeants pourraient déclencher l’irréparable.</strong> Mais l’existence du danger ne conduit pas nécessairement à sa réalisation. <em><strong>« Le pire n’est jamais sûr »</strong></em>, rappelle-t-il. Ce n’est pas une invitation à l’insouciance, mais <strong>une raison de continuer à agir.</strong></p>



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<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1024x341.png" alt="saumet" class="wp-image-35241" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1536x512.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-2048x683.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
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<h2 id="h-les-retraites-revelateur-du-refus-de-choisir" class="wp-block-heading">Les retraites, révélateur du refus de choisir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S’il fallait ne retenir qu’un exemple de promesse électoralement séduisante et économiquement contestable, Yvan Saumet choisirait les retraites. Il a connu un système dans lequel l’âge légal était fixé à 65 ans, avant l’abaissement à 60 ans en 1982. Il admet que cette décision a pu être <strong>soutenable dans le contexte démographique et économique de l’époque.</strong> <strong>Ce qu’il conteste, c’est la possibilité de maintenir cette promesse</strong> comme si rien n’avait changé depuis. L’allongement de la vie et <strong>la dégradation du rapport entre cotisants et retraités</strong> imposent, selon lui, de regarder une équation simple : peut-on financer pendant près de trente années la retraite d’une personne qui en aura travaillé environ quarante ? <em><strong>« À un moment donné, ça ne colle pas »</strong></em>, tranche-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colère d’Yvan Saumet vise une façon de faire de la politique. Il ne comprend pas que des formations qui connaissent la fragilité du système combattent des ajustements qu’elles savent nécessaires. En 2025, les dépenses brutes de retraite ont atteint <strong>422,2 milliards d’euros</strong>, soit <strong>14,1 % du produit intérieur brut et 24,3 % des dépenses publiques</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yvan Saumet ne propose pas de remplacer mécaniquement le mot d’ordre de la retraite à 60 ans par celui d’une retraite à 67 ans. L’équilibre dépend simultanément de l’âge de départ, de la durée de cotisation, du niveau des pensions, de l’emploi, des salaires, de la productivité et des ressources affectées au système. À ses yeux, <strong>l’âge ne peut pas être identique</strong> pour celui qui a commencé à travailler très jeune, exercé un métier pénible ou connu des problèmes de santé, et pour celui qui est entré plus tard dans la vie professionnelle avec des conditions moins éprouvantes.</p>



<h2 id="h-la-menace-d-une-decision-imposee-de-l-exterieur" class="wp-block-heading">La menace d’une décision imposée de l’extérieur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce dossier comme d&rsquo;autres, l’entrepreneur doute que la France soit capable de mener seule des réformes profondément impopulaires. <strong>La contrainte extérieure pourrait forcer la décision.</strong> <em>« Je ne suis pas sûr qu’on soit assez raisonnables pour le faire nous-mêmes »</em>, dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation des finances publiques donne un contexte réel à cette inquiétude. En 2025, le déficit public français s’est établi à <strong>152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB</strong>, tandis que la dette publique atteignait <strong>115,7 % du PIB</strong>. Ces chiffres signifient que le pays dépend durablement de sa capacité à emprunter et, par conséquent, de la confiance de ceux qui le financent. <strong>Pour Yvan Saumet, attendre que des créanciers ou des partenaires exigent les décisions</strong> que le débat démocratique n’a pas réussi à prendre reviendrait à <strong>organiser soi-même sa perte de souveraineté.</strong></p>



<h2 id="h-sante-ne-pas-confondre-proximite-et-securite" class="wp-block-heading">Santé : ne pas confondre proximité et sécurité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après les retraites, <strong>la santé</strong> constitue son second grand chantier. Yvan Saumet défend <strong>une organisation fondée sur la gradation des soins</strong> : maintenir au plus près de la population tout ce qui relève du suivi courant, de la médecine générale hospitalière, de la gériatrie ou des maladies chroniques, tout <strong>en regroupant les activités les plus techniques dans des établissements disposant d’équipes complètes et expérimentées.</strong> Cette concentration ne serait donc pas, à ses yeux, un recul de l’offre de soins, mais une <strong>exigence de santé publique</strong> : lorsqu’une intervention est rare, complexe ou susceptible de mobiliser plusieurs spécialités en urgence, <strong>la proximité géographique compte moins que la sécurité, la continuité des soins et la qualité de la prise en charge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le même raisonnement s’applique, selon lui, aux maternités.</strong> La sécurité d’une naissance ne repose pas seulement sur l’existence d’un bâtiment à proximité, mais sur <strong>la disponibilité coordonnée des sages-femmes, de l’obstétrique, de l’anesthésie, de la pédiatrie </strong>et, lorsqu’une intervention devient nécessaire, de la <strong>chirurgie.</strong> Yvan Saumet s’interroge sur la réalité de cette disponibilité dans les établissements les plus fragiles. Il ne suffit pas, selon lui, qu’un nom figure sur un tableau de garde : encore faut-il <strong>que l’équipe puisse réellement répondre lorsque plusieurs urgences se présentent simultanément.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question mérite d’autant plus d’être posée que la mortalité infantile ne recule plus en France. En 2025, <strong>2 550 enfants sont morts avant leur premier anniversaire</strong>, soit un taux de <strong>4 décès pour 1 000 naissances vivantes</strong>. Après avoir fortement diminué au cours du XXe siècle, ce taux stagne depuis 2005 et <strong>a légèrement augmenté depuis 2011.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’organisation qu’il défend, la chirurgie lourde, les maternités et les plateaux techniques nécessitant la présence permanente de plusieurs spécialistes seraient regroupés dans un nombre plus limité d’établissements. Yvan Saumet évoque, comme ordre de grandeur, <strong>une structure de référence pour un bassin d’environ 400 000 habitants</strong>. Cette concentration viserait moins à réduire l’offre de soins qu’à garantir, pour les actes les plus complexes, des équipes suffisamment nombreuses, disponibles en permanence et habituées à travailler ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle réorganisation suppose cependant de répondre à une question : <strong>jusqu’à quelle distance un patient peut-il raisonnablement être envoyé</strong>, et avec quelles solutions de transport, d’hébergement ou d’accompagnement ? La qualité technique n’annule pas les difficultés d’accès géographique, sociales et financières. Yvan Saumet assume lui-même <strong>la tension entre la cohérence d’un raisonnement national et la défense des équipements de proximité</strong> : <em>« On peut être schizophrène de temps en temps »,</em> sourit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yvan Saumet estime que les économies dégagées par une meilleure organisation devraient être <strong>réinvesties dans la prévention</strong>. En 2024, la dépense courante de santé a atteint <strong>333 milliards d’euros</strong>. Les dépenses directement identifiées comme relevant de la prévention se sont élevées à <strong>8,7 milliards</strong>, soit <strong>2,6 %</strong> de cette dépense. Ce périmètre ne couvre pas nécessairement toutes les actions préventives réalisées dans les cabinets médicaux, les écoles ou d’autres politiques publiques, mais le chiffre montre sa place limitée.</p>



<h2 id="h-investir-dans-ce-qui-n-existe-pas-encore" class="wp-block-heading">Investir dans ce qui n’existe pas encore</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour redresser les finances publiques, Yvan Saumet considère que les systèmes de retraite et de santé doivent être profondément réorganisés. Mais cette recherche d’efficacité ne doit pas, selon lui, se traduire par un recul <strong>des investissements d’avenir. </strong>Il plaide au contraire pour <strong>renforcer les moyens consacrés à la recherche, à l’éducation et à la défense,</strong> trois domaines qu’il juge essentiels pour <strong>préserver la capacité du pays à innover, à former, à produire et à demeurer souverain.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche occupe une place centrale dans son raisonnement, car il ne croit pas possible de déterminer administrativement <strong>quelle technologie dominera dans vingt ans.</strong> L’intelligence artificielle mobilise aujourd’hui les investissements et les discours, mais un autre domaine peut prendre demain une importance encore difficile à imaginer. <strong><em>« C’est la recherche qui va nous le dire et qui va l’inventer »</em></strong>, résume-t-il. En 2024, la France a consacré <strong>64,1 milliards d’euros à la recherche et développement</strong>, soit <strong>2,18 % du PIB</strong>, une proportion identique à celle de 2023. Yvan Saumet défend <strong>un effort de 3 à 4 %</strong>, qui constituerait donc une hausse considérable, publique et privée, et non un simple ajustement budgétaire.</p>



<h2 id="h-immigration-besoin-economique-et-exigence-d-integration" class="wp-block-heading">Immigration : besoin économique et exigence d’intégration</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’immigration apparaît souvent à droite, dans le débat électoral, comme la cause principale des difficultés françaises. Yvan Saumet le refuse. Arrière-petit-fils d’un immigré italien, il rappelle que les migrations européennes aujourd’hui présentées comme parfaitement intégrées ont elles aussi suscité le rejet. <strong>La manière dont les Italiens étaient décrits en France il y a plus d’un siècle n’était pas sans rapport avec certains discours contemporains.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, il estime que la France ne pourrait pas faire fonctionner de nombreux secteurs sans travailleurs immigrés. Y compris dans la médecine, la recherche, l’enseignement, l’entrepreneuriat et les professions qualifiées. <em><strong>« L’immigration en tant que telle ne me pose aucun problème. Ce qui me pose un problème, c’est le problème de l’intégration. »</strong></em> Il considère que choisir de vivre dans un pays implique d’en accepter <strong>les règles communes.</strong></p>



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<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://blois-capitale.sumupstore.com/product/prevente-du-numero-1-septembre-2026-du-magazine-papier-blois-capitale"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="341" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1024x341.png" alt="saumet" class="wp-image-35241" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1024x341.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-300x100.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-768x256.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-1536x512.png 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/07/saumet-2048x683.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
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<h2 id="h-une-fraternite-fragilisee" class="wp-block-heading">Une fraternité fragilisée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cet entretien, nous avons demandé à Yvan Saumet <strong>laquelle des trois valeurs de la devise républicaine </strong>lui paraissait <strong>aujourd’hui la plus menacée</strong>. La réponse est immédiate :<em><strong> « Tel que je le sens, la fraternité. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses yeux, elle constitue le <strong>socle des deux autres</strong>. La liberté se fragilise lorsque l’autre n’est plus perçu que comme un adversaire, un concurrent ou une charge. Quant à l’égalité, elle reste un principe abstrait si elle ne s’accompagne pas d’une volonté de partager les ressources, la protection et les possibilités offertes à chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette exigence de fraternité traverse l’ensemble de son raisonnement.</strong> Une entreprise ne se construit jamais par la volonté d’un seul homme, mais grâce à l’engagement d’un collectif. Le système de retraite repose sur une solidarité entre les générations. La prévention ne saurait justifier que l’on juge un patient ou que l’on conditionne son accès aux soins à son comportement. De même, l’immigré ne peut être réduit à un statut, à une origine ou à un problème politique. Enfin, l’adversaire démocratique ne devrait jamais être combattu au point de rendre impossible toute décision commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yvan Saumet ne propose pas un programme électoral</strong>. Une cohérence traverse néanmoins son propos : les éléments de langage et les promesses de campagne ne suffisent pas à résoudre des problèmes complexes. <strong>Les réponses ne pourront être que collectives, au prix de choix assumés et d’une responsabilité partagée</strong>. <em>« Mais oui, on en est tous responsables. »</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Et si votre prochain bijou venait d’un éclat de silex de Loire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 10:24:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le jeudi 9 juillet à 18h, Blois Capitale accueillera Paul Séjourné pour une rencontre singulière autour du silex, de la préhistoire, de la logique et de la création sur mesure. Chercheur en philosophie des mathématiques, doctorant et étudiant-chercheur, il taille à la main des éclats de silex de Loire pour en faire des parures uniques, &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://bloiscapitale.com/les-vernissages-rencontres-et-rendez-vous-a-venir-chez-blois-capitale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le jeudi 9 juillet à 18h, Blois Capitale accueillera Paul Séjourné</a></strong> pour une rencontre singulière autour du <strong>silex</strong>, de la préhistoire, de la logique et de la <strong>création sur mesure</strong>. Chercheur en philosophie des mathématiques, doctorant et étudiant-chercheur, <strong>il taille à la main</strong> des éclats de silex de Loire pour en faire <strong>des parures uniques, conçues dans une démarche écologique, sans machine électrique</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">T-shirt bleu frappé d’une spirale infinie de chiffres autour du symbole π, cheveux attachés, regard calme, <strong>Paul Séjourné tient ensemble plusieurs mondes</strong> qui semblent d’abord éloignés : les mathématiques, la philosophie, la préhistoire, le travail manuel, la création d’objets à porter. Sur le comptoir de la boutique Blois Capitale, le jeune homme a posé des pierres qui parlent une autre langue. Il nous la traduit. Des éclats blonds, gris, laiteux, presque translucides. Des pointes. Des lamelles. Des fragments coupants, fragiles et précis. Certains ressemblent déjà à des outils. D’autres attendent de <strong>devenir pendentifs, colliers, bracelets, boucles d’oreilles ou parures personnelles.</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="701" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-1024x701.jpeg" alt="Paul Séjourné" class="wp-image-34454" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-1024x701.jpeg 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-300x205.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-768x526.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-1536x1051.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-2048x1402.jpeg 2048w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6736-220x150.jpeg 220w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-une-parure-plutot-qu-un-bijou" class="wp-block-heading">Une parure plutôt qu&rsquo;un bijou</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rendez-vous proposé le <strong>jeudi 9 juillet à 18h à Blois Capitale</strong> (16 rue Emile Laurens) part de là, de cette rencontre. Et vous serez invité·es à découvrir <strong>les silex de Loire</strong> travaillés par Paul Séjourné, échanger avec lui, choisir une pièce déjà disponible ou commander une création sur mesure. <strong>L’idée n’est pas de proposer un bijou standardisé. Elle est de faire naître une parure à partir d’un éclat, d’une forme, d’un échange, d’une intention.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Séjourné préfère d’ailleurs ce mot : <strong>parure.</strong> Le bijou orne. La parure, selon lui, prépare. Elle accompagne quelque chose. Un passage, une mutation, une manière de se tenir au monde. <em><strong>« Je ne veux pas faire des bijoux,</strong></em> dit-il. <strong><em>Je veux faire des parures, pour parer les gens à quelque chose. Parce qu’une parure, cela sert à se préparer à quelque chose : à un changement. »</em></strong></p>



<h2 id="h-un-chercheur-qui-taille-la-pierre" class="wp-block-heading">Un chercheur qui taille la pierre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Séjourné est né à Orléans en 1999, <em><strong>« juste après la tempête »</strong></em>, raconte-t-il. Après le lycée à Orléans, il part à Paris pour étudier les mathématiques et la philosophie. Aujourd’hui, son activité principale est la recherche en philosophie des mathématiques. Il travaille sur la logique, sur les algorithmes, sur les procédures, sur ce qui organise une pensée ou une action. <strong>La taille du silex</strong> n’est donc pas, chez lui, une activité professionnelle principale. <em><strong>« C’est mon activité de passion, mon activité pour me vider l’esprit. »</strong></em> Mais il n&rsquo;y a pas d’un côté le chercheur, et de l’autre le tailleur de pierre. Chez Paul Séjourné, les deux se rejoignent. Son travail intellectuel l’amène à réfléchir aux procédures, aux enchaînements, aux opérations qui permettent de produire une forme. Or, <strong>dans la taille du silex aussi, il y a des procédures.</strong> <em>« J’essaie de comprendre ce qu’est l’essence des algorithmes, donc des programmes, des procédures ; l’essence de la procédure mathématique. Et c’est ça qui m’a amené à regarder de plus près les procédures préhistoriques qui permettent de construire des outils. »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La taille lithique n’est pas une improvisation</strong>. Elle suppose une connaissance de la matière, une anticipation, une succession de gestes précis. Le tailleur frappe, mais <strong>il ne frappe pas au hasard</strong>. Il cherche un angle, une onde de choc, une ligne de fracture. Il imagine ce que le coup peut produire avant même que l’éclat ne se détache. <em><strong>« Le silex réagit toujours de la même manière,</strong></em> dit Paul Séjourné. <em>Il y a donc des gestes typiques qui sont utilisés.<strong> La taille de silex, c’est très précis</strong> : c’est tailler du verre. »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque domaine produit des formes différentes, mais tous ont affaire à des <strong>opérations de pensée</strong>. <em>« Les philosophes construisent des arguments : ils veulent convaincre. Les mathématiciens construisent des preuves : ils veulent démontrer</em>.<em> Et les informaticiens construisent des programmes : ils veulent les faire tourner. »</em> Avec la taille du silex, il s’agit de comprendre comment des outils ont pu être produits, comment des savoir-faire peuvent être reconstruits, comment une intelligence peut se déposer dans une matière.</p>



<h2 id="h-reconstruire-des-savoirs-perdus" class="wp-block-heading">Reconstruire des savoirs perdus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche ici de Paul est celle des <strong>savoirs perdus</strong>. Comment retrouver un geste lorsque ceux qui le pratiquaient ont disparu ? Comment comprendre une technique qui ne nous est pas parvenue par les textes ? Comment refaire sans imiter naïvement ? Comment produire une connaissance sérieuse à partir d’objets muets ? <em>« La quête, c’est de comprendre comment reconstruire des savoirs perdus,</em> explique-t-il. <em>Qu’est-ce que cela veut dire, reconstruire des savoirs perdus ? Comment est-ce qu’on peut faire cela de manière objective ? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silex est l’un de ces chemins. Paul Séjourné aurait pu en choisir d’autres. Il évoque par exemple le<strong> chant antique</strong> de la chrétienté, du IVe au IXe siècle, autre domaine qui l’intéresse. Là encore, le problème est celui d’<strong>une trace qui ne suffit pas à restituer l’usage vivant. </strong><em>« Les manuscrits ne chantent pas »,</em> rappelle-t-il. Il faut retrouver le souffle, les vibrations, les lieux, les caisses de résonance que furent les basiliques, les conditions mêmes dans lesquelles un chant pouvait prendre corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, il faut <strong>faire, refaire, éprouver. Car la connaissance est dans l&rsquo;expérience.</strong></p>



<h2 id="h-la-voix-de-la-pierre" class="wp-block-heading">La voix de la pierre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’il parle du silex, Paul Séjourné emploie parfois un vocabulaire presque musical. <strong>La pierre sonne. Elle répond au choc. Elle donne une indication.</strong> Le tailleur doit écouter ce que la matière dit du geste qu’elle vient de recevoir. <em>« C’est la voix de la pierre, <strong>c’est l’âme de la pierre qui chante. Et, à un moment, il faut s’arrêter, parce que l’âme commence à crier. Si on continue de tailler, on finit par rompre… »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée se retrouve dans sa <strong>démarche écologique</strong>. Paul Séjourné veut produire des parures de la manière la plus sobre possible. Il travaille à la main, sans machine électrique. <strong>Les silex sont taillés selon des gestes manuels.</strong> Les créations sont ensuite montées avec des liens et attaches adaptés aux pièces. Il peut aussi utiliser des <strong>coquillages</strong> venus de Bretagne. <em><strong>« Mon but, c’est de faire des parures qui soient le plus possible neutres en carbone »</strong></em>, explique-t-il, en précisant : <em><strong>« Je n’utilise pas d’outils électriques, pas de machines électriques. »</strong></em> Avec pour résultat la naissance d&rsquo;un <strong>objet singulier, né d’un éclat précis.</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="584" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-1024x584.jpeg" alt="Silex" class="wp-image-34476" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-1024x584.jpeg 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-300x171.jpeg 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-768x438.jpeg 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-1536x876.jpeg 1536w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6735-2048x1168.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-des-triangles-des-nombres-et-des-eclats-imprevus" class="wp-block-heading">Des triangles, des nombres et des éclats imprévus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le t-shirt marqué du symbole π n’est pas un détail anodin dans le portrait de Paul Séjourné. Il dit quelque chose de son univers. Il se décrit lui-même comme <em>« matheux »</em>, mais va plus loin : <strong>il s&rsquo;assume pythagoricien, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9opythagorisme" target="_blank" rel="noreferrer noopener">néo-pythagoricien</a></strong>. <em>« Je pense que l’essence de la matière, l’essence de la réalité, se trouve quelque part dans les nombres.</em> <em>»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette relation aux nombres ne l’éloigne pas de la pierre. Au contraire, elle l’y ramène. <strong>Dans les éclats de silex, il observe des symétries, des pointes, des triangles</strong>. La taille est un dialogue entre intention et accident. Le tailleur cherche quelque chose, mais la pierre propose autre chose. Et parfois, ce qui n’était pas prévu devient le plus beau. <em>« Je suis obsédé par les triangles. J’adore les pointes »</em>, confie-t-il. <em><strong>« C’est encore plus beau quand tu as une pointe naturelle qui sort, juste un petit triangle qui sort,</strong> qui n’a pas d’intention derrière. Tu ne l’as pas voulue, celle-là. Elle est naturelle. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est précisément dans ces éclats imprévus que naissent beaucoup de ses futures parures.</strong> Les fragments issus de la taille, les petites lamelles, les formes réduites, les éclats qui ne correspondent pas forcément à l’objectif initial deviennent parfois des pièces à sauver. Il ne veut pas les jeter. Il les regarde. <strong>Il y voit une beauté propre. Une possibilité.</strong></p>



<h2 id="h-porter-une-pierre-porter-un-sens" class="wp-block-heading">Porter une pierre, porter un sens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre du jeudi 9 juillet à Blois Capitale permettra justement d’entrer dans ce processus : <strong>voir les pierres, les prendre en main, observer les couleurs et les motifs des silex de Loire.</strong> Certains éclats sont blonds, d’autres plus gris, certains presque blancs, d’autres marqués de veines, de zones opaques ou translucides. Paul Séjourné dit avoir été surpris par la variété des couleurs et des motifs offerts par ces silex.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À partir de ces pièces, plusieurs formes seront possibles : pendentifs, colliers, bracelets, boucles d’oreilles, anneaux ou parures personnalisées,</strong> selon les pierres disponibles et les attaches choisies. Certaines créations pourront être achetées sur place. D’autres feront l’objet d’une commande sur mesure. Dans les deux cas, <strong>l’échange est au centre de la démarche.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il ne s’agit pas de choisir un produit sur catalogue</strong>, mais de rencontrer une matière et celui qui la travaille. <strong>La parure naîtra de ce dialogue entre la pierre, la main de Paul Séjourné et l’intention de celle ou celui qui la portera.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot <strong><em>“parure”</em></strong> prend ici tout son sens. Dans l’usage courant, on parlera peut-être de bijou. Le titre de l’article le fait volontairement, parce que le mot est immédiatement compréhensible. Mais Paul Séjourné tient à ce déplacement. Pour lui, la parure n’est <strong>pas seulement un accessoire esthétique</strong>. Elle peut accompagner un moment important, une transition, un changement, ou devenir une présence quotidienne. <em>« Tu mets une parure pour un moment important, pour un moment de passage »</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une époque saturée d’objets produits en série, </strong>cette proposition a quelque chose de très simple et de très rare : <strong>un objet unique, issu d’une matière locale, travaillé à la main, conçu à partir d’un échange.</strong> Une pièce qui n’efface pas son origine, mais la porte au contraire comme une part de son sens.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Sarah Bouër : de Paris à Vendôme, le choix d’une vie à taille humaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 06:58:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Installée à Vendôme avec sa famille depuis cinq ans, Sarah Bouër n’a pas quitté Paris pour rompre avec son ancienne vie. Elle continue d’y travailler, d’y retrouver ses clients, d’y puiser une part de stimulation professionnelle. Mais elle n’y vit plus. Et ce déplacement, devenu ancrage, raconte une trajectoire contemporaine : celle d’une famille qui &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/sarah-bouer-de-paris-a-vendome-le-choix-dune-vie-a-taille-humaine">Sarah Bouër : de Paris à Vendôme, le choix d’une vie à taille humaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Installée à Vendôme avec sa famille depuis cinq ans, Sarah Bouër</strong> n’a pas quitté Paris pour rompre avec son ancienne vie. Elle continue d’y travailler, d’y retrouver ses clients, d’y puiser une part de stimulation professionnelle. Mais elle n’y vit plus. Et ce déplacement, devenu ancrage, raconte une trajectoire contemporaine : celle d’<strong>une famille qui cherche davantage d’espace, de temps, de calme, sans renoncer à l’exigence professionnelle ni à la proximité de la capitale.</strong> <em>« Quand je vais à Paris, je suis très contente d’y aller une journée, et je suis très contente de rentrer »</em>, résume-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Bouër n’est pourtant <strong>pas originaire du Loir-et-Cher.</strong> Elle est née en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loire-Atlantique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Loire-Atlantique</a>, a grandi du côté de Carquefou, puis a fait une grande partie de ses études à Nantes avant de terminer son parcours <strong>dans la capitale autour de 23 ou 24 ans, en agence de communication.</strong> <em>« Mon parcours, c’est au départ, dans la communication, le marketing. Donc, c’est vrai que je vais à Paris pour le travail. »</em> La suite se déroule <strong>entre Paris et Vincennes, pendant douze ans.</strong> Elle y construit sa vie de couple avec celui qui deviendra son mari. Leurs <strong>deux premiers enfants</strong> naissent à Vincennes. Leur fille arrive un mois avant le premier confinement, au début de l’année 2020. Un moment particulier, évidemment, dans une vie familiale déjà contrainte par l’espace réduit de l’appartement et par le rythme de la région parisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.ideal-formation.com/a-propos" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tous deux sont indépendants</a></strong>. Son mari, <strong>Florent</strong>, l’était déjà lorsqu’elle l’a rencontré. Elle-même travaille à son compte depuis plusieurs années au moment où le projet de départ se précise. Lui est formateur ; elle intervient en communication et en formation. <strong>Cette situation offre une certaine liberté, mais elle impose aussi de rester proche de Paris.</strong> <em>« En tant qu’indépendants, on est très… dépendants de Paris et de sa région pour tout ce qui est activité »,</em> explique-t-elle. Leurs clients sont majoritairement franciliens. Le choix d’un départ ne peut donc pas être seulement un désir de maison ou de jardin. Il doit être compatible avec le travail.</p>



<h2 id="h-le-declic-familial" class="wp-block-heading">Le déclic familial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Bouër avait déjà envie de quitter la région parisienne depuis plusieurs années. N’étant pas née en Île-de-France, elle savait qu’une autre organisation de vie était possible. <strong>L’arrivée du deuxième enfant, puis la Covid, accélèrent la décision.</strong> Son mari, au départ, était moins pressé de partir. Il aimait Vincennes, ville agréable, bien située, proche de Paris. Mais la limite finit par s’imposer : <em>« On ne pouvait pas acheter le bien de nos rêves à Vincennes. »</em> La question devient alors très concrète : <strong>où vivre mieux sans s’éloigner trop radicalement ?</strong> La famille cherche de l’espace, une maison, un jardin, mais sans renoncer à une vie urbaine, aux déplacements à pied, aux commerces, à l’école proche, à une forme de sociabilité quotidienne. <strong><em>« Je savais un petit peu ce que je voulais, ce que je ne voulais plus »</em></strong>, dit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Loir-et-Cher n’arrive pas comme une évidence familiale ou affective.</strong> Sarah Bouër et son mari n’y ont pas d’attaches. Ils le connaissent <a href="https://bloiscapitale.com/une-campagne-de-communication-a-paris-pour-attirer-les-touristes-a-noel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">comme beaucoup de Franciliens le découvrent d’abord : <strong>par les week-ends, les escapades</strong></a><strong>, les vacances, les maisons louées avec des amis, les châteaux, la vallée de la Loire</strong>. Le territoire leur plaît. Ils aiment les vieilles pierres, les maisons en tuffeau, la nature proche, les châteaux, les villes anciennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vendôme avait déjà laissé une impression.</strong> Une première visite, alors qu’elle était enceinte de son fils, lui reste en mémoire. <strong><em>« On s’était dit : tiens, c’est une petite ville à taille humaine, mais il y a tout ce qu’il faut, on pourrait vivre là. »</em></strong> À l’époque, ils ignorent encore <strong>la qualité de la liaison ferroviaire avec Paris</strong>.</p>



<h2 id="h-le-tgv-comme-condition-du-choix" class="wp-block-heading">Le TGV comme condition du choix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la recherche devient sérieuse, le couple étudie plusieurs possibilités. Il faut une ville située à l’ouest, <strong>à environ une heure de Paris en train.</strong> Sarah Bouër regarde les lignes, trace un axe, observe les villes régulièrement desservies par le TGV. Tours est envisagée, Angers évoquée, Le Mans aurait pu entrer dans la réflexion, Chartres est regardée un moment. Nantes, malgré ses origines, est écartée : trop loin, trop grande. Son mari résume alors l’enjeu : <strong>quitter Paris pour rejoindre une autre grande ville risquait de reproduire rapidement les mêmes problématiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vendôme s’impose</strong> par un ensemble de critères : <strong>la taille, le patrimoine, l’ambiance, et surtout le train.</strong> <em>« Quand on réalise les 42 minutes en TGV, avec des trains réguliers, ça nous décide vite »</em>, explique Sarah Bouër. Le projet ne consiste pas à partir en pleine campagne. <strong>La famille cherche une maison en centre-ville, ancienne, avec un jardin, un parking, de la place pour recevoir, et des espaces de travail.</strong> <em>« On ne voulait pas complètement changer de vie non plus »</em>, précise-t-elle. Garder une vie de centre-ville était essentiel : emmener les enfants à l’école à pied, faire les courses, aller chercher le pain, marcher beaucoup, ne pas dépendre constamment de la voiture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exigence venait aussi de son propre parcours. <em>« Venant de province, je sais ce que c’est de <strong>faire tout en voiture</strong>, et <strong>ce n’est pas quelque chose auquel je voulais revenir non plus. »</strong></em> La recherche est donc ciblée : Vendôme centre, vieille pierre, jardin, bureaux. Pendant plusieurs mois, les alertes immobilières ne donnent rien. Les critères sont nombreux. <strong>La maison finalement trouvée coche les cases, au-delà même de ce qui était prévu.</strong> <em>« On a même trop. C’est même plus grand que ce que je voulais ! »,</em> sourit-elle.</p>



<h2 id="h-arriver-sans-connaitre-personne" class="wp-block-heading">Arriver sans connaître personne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’arrivée à Vendôme se fait dans un contexte encore marqué par la Covid. <strong>La famille ne connaît personne en arrivant</strong>. Pourtant, <strong>les liens se créent.</strong> <strong>D’abord avec d’autres anciens Parisiens ou Franciliens arrivés au même moment, souvent dans la même situation</strong> : heureux d’être là, mais sans réseau local constitué. Les invitations se font naturellement, les week-ends se remplissent, <strong>les enfants ouvrent des portes par l’école et les activités.</strong> Puis les rencontres s’élargissent à des Vendômois, des professionnels, des hôteliers, des acteurs de l’événementiel ou de la communication. Les séminaires organisés localement pour des clients franciliens contribuent aussi à cette intégration. Le résultat, cinq ans plus tard, est net : <em>« Maintenant, on a un relationnel qui est même plus étoffé, en proximité, qu’en région parisienne. »</em> À Paris ou Vincennes, les amis pouvaient être dispersés à l’autre bout de l’aire urbaine. <strong>À Vendôme, la proximité change la nature des liens.</strong></p>



<h2 id="h-garder-paris-construire-vendome" class="wp-block-heading">Garder Paris, construire Vendôme</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Professionnellement, l’activité de Sarah Bouër reste principalement tournée vers Paris.</strong> Elle ne cherche pas à le dissimuler. Son univers de travail, ses clients, une partie de ses missions demeurent liés à l’Île-de-France. Mais cette continuité n’empêche pas une évolution. Avec son mari, au nom d&rsquo;<em><strong><a href="https://www.ideal-formation.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Idéal Formation</a></strong></em>, elle organise des séminaires dans le Loir-et-Cher pour des clients franciliens. Cela permet de faire découvrir le territoire tout en travaillant avec des acteurs locaux. Elle a aussi accompagné <em><a href="https://repere-sauvage.com/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Repère Sauvage</a></em>, domaine hôtelier et de restauration situé dans le Perche vendômois. D’autres passerelles apparaissent au fil du temps. <strong><em>« Il y a des choses qui se mêlent quand même entre Vendôme et Paris »</em></strong>, observe-t-elle. C’est <strong>un entre-deux</strong> rendu possible par le train, par le travail indépendant, mais aussi par un territoire qui peut accueillir des activités, des séminaires, des rencontres professionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Bouër observe cependant une différence importante dans les codes du travail local. <strong>À Paris, les missions peuvent se déclencher rapidement</strong> : une recommandation, un bon contact, une rencontre, et l’on vous teste. <strong>À Vendôme, les choses prennent davantage de temps.</strong> Les entreprises locales fonctionnent beaucoup par relations anciennes, par confiance construite, par <strong>réseaux établis</strong>. Il faut donc accepter une autre durée. Cette remarque vaut au-delà du seul travail. Pour Sarah Bouër, l’installation dans une ville ne se décrète pas en quelques mois. <strong>Il faut apprendre le territoire, se rendre disponible, donner avant d’attendre</strong>.</p>



<h2 id="h-les-competences-humaines-au-vert" class="wp-block-heading">Les compétences humaines au vert</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec son mari, Sarah Bouër travaille autour de la formation, de la communication, du management, de la gestion du temps, de l’intelligence collective et du développement des compétences humaines. Ces thématiques existaient déjà avant leur arrivée à Vendôme. L’installation ne transforme pas le fond de leur activité, mais elle lui donne un cadre nouveau. <strong><em>« Ce qui a évolué, c’est que maintenant, on propose à des entreprises de venir travailler sur ces thèmes au vert, dans le Vendômois, avec des lieux d’accueil un peu partenaires. »</em></strong> Pour elle, <strong>le 41 se prête particulièrement bien à ce type de travail.</strong> Les sujets liés au <strong>management,</strong> à la <strong>coopération,</strong> à <strong>l’intelligence collective</strong> ou à la prise de recul gagnent à être abordés loin de l’agitation habituelle. <em>« Le Vendômois, et le Loir-et-Cher au global, se prêtent bien à ça. »</em></p>



<h2 id="h-une-qualite-de-vie-familiale" class="wp-block-heading">Une qualité de vie familiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réussite de l’installation se mesure d’abord dans la vie familiale. <strong><em>« On a gagné en qualité de vie. Avec les enfants, je pense que c’est vraiment un super choix. »</em></strong> L’espace change tout : le jardin, les chambres, la possibilité de sortir, rentrer, jouer, circuler librement. La famille compte désormais un chien, ce qui n’aurait pas été envisageable dans leurs conditions de vie en région parisienne. Là où l’appartement imposait une promiscuité, <strong>la maison permet à chacun de trouver sa place.</strong> Les enfants ont chacun une grande chambre. Ils peuvent jouer dehors, gagner en autonomie, vivre davantage au rythme de la maison et du jardin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Sarah ne se décrit plus comme une Parisienne ou une Nantaise en exil. <strong><em>« Je me sens plus vendômoise, je suis ancrée dans la ville. »</em></strong> Cet ancrage passe par les enfants, l’école, les amis, le travail, mais aussi par les passions. Sarah Bouër a un duo de musique avec un Vendômois. Ils se produisent dans des bars, à Vendôme ou à Blois.<em> « Je me sens très… là, ici »</em>, dit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Son regard sur Paris n’est pas devenu hostile</strong>. Elle y voit toujours une ville stimulante, notamment professionnellement. Il s’y passe beaucoup de choses, les projets circulent, les idées bougent. Mais la distance rend plus visible ce que le quotidien parisien exige. <strong><em>« Je me rends compte maintenant à quel point la vie à Paris était fatigante. »</em></strong> Elle cite <strong>l’agitation, le bruit, la pollution, l’oppression</strong>. À certains moments de la vie, ce rythme peut convenir. À 20 ans, elle était heureuse d’arriver à Paris. Mais les aspirations changent. <em><strong>« Il y a des moments de vie où on n’a plus envie de ça. »</strong></em> Vendôme offre l’inverse : un quotidien plus calme, une forme de sérénité dans les déplacements, les rues, les sorties d’école, les promenades. La proximité de Paris rend l’équilibre plus facile. Si elle veut voir une exposition, aller au spectacle, retrouver l’intensité de la capitale, le train le permet. Mais <strong>le retour à Vendôme est devenu une part essentielle de l’expérience.</strong></p>



<h2 id="h-une-petite-ville-plus-vivante-qu-on-ne-l-imagine" class="wp-block-heading">Une petite ville plus vivante qu’on ne l’imagine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Bouër défend aussi Vendôme contre une image trop rapide de petite ville sans vie. <strong><em>« Si on creuse et qu’on est curieux, moi, je trouve toujours des trucs à faire. »</em></strong> Bars, concerts, soirées, stand-up : la ville propose plus que ce que sa taille pourrait laisser croire. <strong>Blois entre également dans son périmètre de vie culturelle et relationnelle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne signifie pas que tout est parfait. Elle identifie des limites, notamment sur <strong>l’accès à certaines spécialités médicales</strong>. Comme beaucoup de territoires, Vendôme est confrontée à des difficultés de santé. Elle peut parfois consulter à Paris, parce que son travail l’y conduit encore. <strong>Autre limite : les commerces.</strong> La ville se porte bien, selon elle, du côté des bars, restaurants et cafés, mais l’offre en boutiques, vêtements ou achats spécifiques reste plus limitée. Pour certains besoins, elle se tourne vers Tours, Paris ou Nantes. Ces réserves n’annulent pas son choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus encore, <strong>elle juge Vendôme sous-cotée.</strong> Si le Perche a bénéficié d’un engouement auprès des Parisiens, Vendôme est souvent méconnue. Mais, ce<strong> qui frappe Sarah Bouër, depuis son arrivée, c’est aussi le décalage entre la beauté du territoire et la manière dont certains habitants du cru la perçoivent.</strong> <em>« Je me suis rendu compte que les gens qui étaient nés là, parfois, ne se rendaient pas compte qu’ils habitaient dans un endroit beau. »</em></p>



<h2 id="h-rester" class="wp-block-heading">Rester</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq ans après son arrivée, <strong>Sarah Bouër envisage clairement la suite à Vendôme.</strong> Elle se voit y rester au moins jusqu’à la fin du lycée de ses enfants. Plus tard, lorsque les enfants partiront, la question d’une maison plus petite pourra peut-être se poser. Mais pas celle d’un départ imminent. <strong><em>« On ne voit aucune raison de bouger. On est vraiment très bien ici. »</em></strong> Son mari semble encore plus attaché à cette permanence. Elle sourit en l’évoquant : <em>« Si on lui posait la question, il répondrait sans doute qu’il veut rester jusqu’au bout de sa vie. »</em> C&rsquo;est tout dire.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dans les classes du Loir-et-Cher, l’OCCE 41 fait vivre la coopération au quotidien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 11:06:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’école, les savoirs occupent naturellement une place centrale. Mais aux côtés des apprentissages traditionnels se construisent aussi d’autres compétences : écouter l’autre, débattre, coopérer, surmonter un désaccord, mener un projet collectif ou apprendre à demander de l’aide. C’est cette conception de l’école que défend l’OCCE, l’Office central de la coopération à l’école, mouvement pédagogique &#8230;</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/dans-les-classes-du-loir-et-cher-locce-41-fait-vivre-la-cooperation-au-quotidien">Dans les classes du Loir-et-Cher, l’OCCE 41 fait vivre la coopération au quotidien</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À l’école, les savoirs occupent naturellement une place centrale. Mais aux côtés des apprentissages traditionnels se construisent aussi <strong>d’autres compétences</strong> : écouter l’autre, débattre, coopérer, surmonter un désaccord, mener un projet collectif ou apprendre à demander de l’aide. <strong>C’est cette conception de l’école que défend l’OCCE</strong>, l’Office central de la coopération à l’école, <strong>mouvement pédagogique</strong> ancien mais dont les enjeux résonnent fortement avec les <strong>préoccupations actuelles autour du climat scolaire, de l’empathie, de l’autonomie des élèves et de la vie démocratique dans les classes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Loir-et-Cher, l’<strong>OCCE 41</strong> agit à la fois comme structure d’accompagnement des coopératives scolaires et comme <strong>ressource pédagogique pour les enseignants.</strong> À Blois comme dans le reste du département, l’association intervient dans les établissements, forme les équipes, accompagne des projets, et cherche à diffuser <strong>une culture de la coopération</strong> dès le plus jeune âge. <em>« Il se passe beaucoup de choses dans cette association »</em>, souffle <strong>Habiba El Allaoui,</strong> enseignante bénévole et vice-présidente de l’OCCE 41. À ses côtés, <strong>Alexandra Valentin,</strong> enseignante en détachement, salariée de l’association départementale, en est <strong>l’animatrice et la formatrice</strong>. Son rôle consiste à accompagner les enseignants, intervenir dans les classes et <a href="https://bloiscapitale.com/les-six-departements-de-la-region-font-le-choix-de-la-cooperation" target="_blank" rel="noreferrer noopener">transmettre des pratiques coopératives.</a></p>



<h2 id="h-une-histoire-issue-de-l-education-populaire" class="wp-block-heading">Une histoire issue de l’éducation populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’OCCE est une vieille histoire de l’école française. L’Office central de la coopération à l’école est né dans le sillage des mouvements d’éducation populaire et des pédagogies coopératives. Alexandra Valentin rappelle que le mouvement s’inspire des <strong>pédagogues de la fin du XIXe siècle, eux-mêmes nourris par l’expérience des coopératives ouvrières</strong>. L’idée centrale était alors de faire vivre la coopération à l’école pour <strong>former des citoyens capables de comprendre, de participer et de défendre leurs droits.</strong> <em>« Ces pédagogues se sont demandé où il serait possible de faire vivre la coopération et d’émanciper le citoyen, afin qu’il puisse ensuite être en capacité de défendre ses droits. Ils sont donc allés vers l’école »</em>, résume Alexandra Valentin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette histoire, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Célestin Freinet</a> occupe une place de référence. Alexandra Valentin le cite comme l’un des grands pédagogues ayant porté l’idée d’<strong>un élève citoyen en devenir,</strong> capable de penser, d’agir et de travailler avec les autres. L’OCCE, de son côté, s’est structuré au XXe siècle comme une fédération d’associations départementales. <strong>Il est aujourd’hui présent sur tout le territoire français.</strong> Dans le Loir-et-Cher, l’association départementale rassemble des élus, des enseignants bénévoles et deux salariées : Alexandra Valentin, enseignante détachée, et une secrétaire comptable. L’OCCE 41 est donc à la fois une structure associative, un appui administratif pour les coopératives scolaires et un acteur pédagogique. <em><strong>« Notre devise, c’est coopérer pour apprendre et apprendre pour coopérer »</strong></em>, explique Alexandra Valentin. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’association intervient sur plusieurs grandes thématiques : <strong>climat scolaire, art et culture, littérature, éducation à l’écologie et au développement durable.</strong> Mais ces approches ont un même objectif : développer la coopération à l’école. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enseignants contactent l’OCCE 41, puis Alexandra Valentin se rend dans les écoles pour mener des séances avec les élèves, en présence de l’enseignant.<strong><em> « L’objectif est que l’enseignant me voie interagir avec les élèves, mener l’action, mettre en œuvre la méthodologie. Il se forme ainsi en observant la pratique »</em></strong>, explique-t-elle. Cette manière de former est importante. Alexandra Valentin parle d’isomorphisme : il ne s’agit pas seulement de dire comment faire, mais de <strong>montrer comment faire.</strong> L’enseignant observe, expérimente, puis peut reprendre les outils. L’accompagnement peut ensuite se poursuivre dans une logique de compagnonnage.</p>



<h2 id="h-le-conseil-cooperatif-une-democratie-a-hauteur-d-enfant" class="wp-block-heading">Le conseil coopératif, une démocratie à hauteur d’enfant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les outils centraux figure <strong>le conseil de coopération</strong>. Alexandra Valentin le décrit comme <strong>une instance de classe où les élèves apprennent à s’écouter, à parler, à argumenter, à prendre des décisions et à mener des projets ensemble.</strong> Le principe est simple : <em>« un enfant, une voix ».</em> L’enseignant reste garant du cadre et de la sécurité, mais il n’est pas là pour imposer seul toutes les décisions. <em><strong>« Il y a vraiment cette idée que chaque enfant peut être proactif et porteur de projet »</strong></em>, précise Alexandra Valentin. Le conseil coopératif permet de répondre à des questions très concrètes : comment fait-on quand on est vingt-cinq ? Comment choisit-on un projet ? Comment se donne-t-on les moyens de le mener ? Comment agit-on collectivement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habiba El Allaoui en a fait l’expérience dans sa propre classe.</strong> Elle avait d’abord sollicité l’OCCE pour un projet autour du jeu de société. Elle souhaitait y intégrer une dimension coopérative, qui ne repose pas uniquement sur le fait de gagner contre l’autre. Cette première entrée l’a conduite vers d’autres pratiques : <strong>jeux coopératifs, conseil coopératif, théâtre coopératif, formation.</strong></p>



<h2 id="h-former-les-enseignants-puis-faire-vivre-les-pratiques" class="wp-block-heading">Former les enseignants, puis faire vivre les pratiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’OCCE 41, l’intervention auprès des élèves ne se sépare pas de la <strong>formation des adultes</strong>. Alexandra Valentin insiste sur ce point : l’association tient à ce qu’il y ait d’abord un temps de formation des enseignants sur les thématiques proposées. <strong>Les interventions en classe durent généralement de trois à cinq séances, selon les projets.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail ne concerne pas seulement les enseignants. <strong>L’OCCE peut aussi former des AESH, des services civiques, des ATSEM en école maternelle. </strong><em>« Il s’agit vraiment d’acculturer toute la communauté éducative à cette approche »,</em> explique Alexandra Valentin. Les chiffres donnés donnent un ordre de grandeur de l’action menée. Alexandra Valentin indique avoir vu environ 900 élèves l’an dernier, dans une trentaine de classes, soit environ 35 à 37 classes. Ce chiffre ne comprend pas tous les enseignants rencontrés dans d’autres cadres, notamment les formations menées avec la DSDEN autour de l’empathie, qui ont réuni 70 enseignants par jour sur deux journées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Blois, selon Alexandra Valentin, les écoles publiques sont <strong>très largement affiliées à l’OCCE</strong>. Cela permet à l’association de communiquer directement avec les équipes et de proposer des actions autour du conseil coopératif, du cadre coopératif, de la poésie, des débats philosophiques ou du climat scolaire.</p>



<h2 id="h-une-classe-transformee-pendant-trois-ans" class="wp-block-heading">Une classe transformée pendant trois ans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience d’<strong>Habiba El Allaoui</strong> constitue l’un des exemples les plus concrets de ce que peut produire la coopération dans une classe. <strong>Pendant trois ans, elle a suivi les mêmes élèves, du CE1 au CM1, en développant progressivement des pratiques coopératives.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ était simple : un projet de jeu de société. Mais cette première étape a ouvert sur une transformation plus profonde de la classe. Les élèves ont vécu des conseils coopératifs, des jeux coopératifs, du théâtre coopératif, des projets collectifs et même une réorganisation de l’espace de classe. Avec les élèves, et en lien avec la Ville de Blois, <strong>l’aménagement de la salle a été repensé : meubles à hauteur d’élèves, outils d’aide, caissons permettant de travailler debout, assises variées, réorganisation de l’espace et du temps.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le changement le plus important est ailleurs. <strong><em>« J’ai vu leur évolution et j’ai vu un goût pour la démocratie »,</em></strong> dit-elle. <strong>Les élèves ont appris à proposer, voter, débattre, se mettre d’accord, mais aussi à utiliser la coopération dans d’autres contextes</strong>. Habiba El Allaoui raconte que, même dans des projets qui ne relevaient pas directement de la coopération, les élèves réinvestissaient les méthodes apprises. Ils se mettaient à deux, trois ou quatre, échangeaient leurs idées, construisaient ensemble. <em><strong>« On peut utiliser la coopération, pas forcément pour faire de la coopération »</strong></em>, résume-t-elle.</p>



<h2 id="h-dire-ses-difficultes-demander-de-l-aide" class="wp-block-heading">Dire ses difficultés, demander de l’aide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Habiba El Allaoui, l’un des apports majeurs de la coopération concerne le rapport à la difficulté. <strong>Les élèves apprennent à dire qu’ils ne savent pas, à demander de l’aide, à reconnaître leurs erreurs et à chercher des ressources.</strong> <em>« Il y a eu une capacité des élèves à dire leurs difficultés, à apprendre à demander de l’aide, <strong>et surtout à faire confiance à l’autre »</strong></em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle prend l’exemple du théâtre coopératif. <strong>Se montrer devant les autres n’est pas simple.</strong> Après chaque atelier, les élèves prenaient un temps de retour : qu’ai-je appris ? Qu’ai-je ressenti ? Ces moments libéraient la parole. <strong>Les élèves découvraient qu’ils pouvaient partager les mêmes difficultés et les traverser ensemble.</strong> Habiba El Allaoui se souvient notamment d’élèves de CM1 aidant des élèves de CE1 qui avaient le trac. <em>« Il y a donc l’éducation à l’empathie, même si elle n’est pas formulée comme telle :<strong> tu as une difficulté, je peux être là pour toi. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique modifie aussi le rapport à l’apprentissage. Il ne s’agit pas d’éviter les obstacles, mais d’apprendre à les affronter. <em>« Toute personne qui apprend, adulte ou enfant, est confrontée à des obstacles. Il ne s’agit pas de gommer ces obstacles, mais d’apprendre comment y faire face »</em>, explique-t-elle. <strong>L’aide peut venir d’un pair, d’un document, d’une ressource.</strong> Le tutorat joue ici un rôle important : un élève peut aider dans un domaine où il est à l’aise, puis être aidé dans un autre. Pour Alexandra Valentin, ce fonctionnement bénéficie à la fois à celui qui aide et à celui qui reçoit l’aide.</p>



<h2 id="h-une-reponse-aux-enjeux-du-climat-scolaire" class="wp-block-heading">Une réponse aux enjeux du climat scolaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <strong><a href="https://institutducerveau.org/lexique/metacognition" target="_blank" rel="noreferrer noopener">métacognition</a></strong> (<strong>penser à ses pensées</strong>) consiste à revenir sur ce qui vient d’être vécu. Après un jeu, une activité, un atelier, les élèves prennent le temps de réfléchir : qu’avons-nous fait ? Comment l’avons-nous fait ? Qu’avons-nous ressenti ? Qu’est-ce que cela nous apprend ? <em><strong>« Pour éduquer à l’empathie, il faut parler des émotions »</strong></em>, rappelle Alexandra Valentin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La coopération ne signifie pas que tous les élèves entrent facilement dans le dispositif.</strong> Certaines résistances existent, en particulier chez des enfants qui ont un rapport difficile à l’autre ou qui ne se sentent pas en sécurité. Alexandra Valentin insiste sur <strong>la progressivité</strong> : avant de demander à des élèves de coopérer pleinement, il faut commencer par des jeux de connaissance, puis des jeux de confiance, avant d’aller vers des jeux de coopération, d’entraide et de solidarité. <em><strong>« Pour coopérer de façon optimale, il faut être en sécurité, se sentir en confiance.</strong> <strong>Pour se sentir en confiance, il faut se connaître. Et pour se connaître, il faut aller de soi vers les autres. Cela demande un travail </strong>»</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette progressivité vaut aussi pour les adolescents</strong>. Alexandra Valentin a mené des activités coopératives et d’éducation à l’empathie, c&rsquo;était à Tours, avec des élèves de <strong>SEGPA</strong>. À cet âge, les résistances peuvent être plus fortes, surtout si les élèves n’ont jamais rencontré ces pratiques auparavant. Mais <strong>la méthode reste la même : se connaître, construire la confiance, poser un cadre.</strong></p>



<h2 id="h-le-droit-de-ne-pas-participer" class="wp-block-heading">Le droit de ne pas participer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La coopération, telle qu’elle est défendue par l’OCCE 41, ne repose pas sur la contrainte. Habiba El Allaoui insiste sur <strong>la possibilité de dire non</strong>. Dans certaines activités, un élève peut poser un <em>« joker »</em> et ne pas participer. <em>« L’idée n’est pas de forcer. Il ne s’agit pas de dire que la coopération prévaut sur tout le reste. C’est accueillir le principe de réalité »</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandra Valentin dit poser ce cadre dans tous les jeux de coopération, quel que soit l’âge des participants. Les activités coopératives impliquent la personne elle-même. Il y a donc une prise de risque. L’élève doit pouvoir dire : <em>« Là, je n’y vais pas. »</em> L’objectif n’est pas de produire une classe uniformément enthousiaste, mais de créer <strong>un cadre où les peurs, les freins, les réussites et les difficultés peuvent être exprimés et accueillis.</strong></p>



<h2 id="h-une-pedagogie-du-cadre-pas-du-flou" class="wp-block-heading">Une pédagogie du cadre, pas du flou</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, <strong>les pratiques coopératives ne relèvent pas d’une liberté vague ou d’un effacement du rôle de l’enseignant.</strong> Habiba El Allaoui insiste sur le fait que les conseils coopératifs sont très cadrés. Il y a un temps défini, des rôles, des fonctions : maître du temps, secrétaire, président de séance selon les organisations. Les élèves changent de rôle, apprennent à se placer à différents endroits du collectif, à écouter, à parler, à réguler. <em><strong>« On pourrait croire que, parce que l’on parle, c’est une grande liberté. Mais pas du tout : c’est très cadré »</strong></em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette organisation permet aussi de <strong>développer une forme de flexibilité</strong>. Une fois, l’élève aide ; une autre fois, il est aidé. Une fois, il est en réussite ; une autre fois, il reconnaît une difficulté. Dans le théâtre coopératif, les élèves apprennent également à apprécier leur propre production et celle des autres. Pour Habiba El Allaoui, la coopération permet de <strong>sortir d’une logique binaire</strong> : <em>« tu sais »</em> ou <em>« tu ne sais pas »</em>. L’enjeu devient plutôt : comment j’appréhende l’apprentissage ?</p>



<h2 id="h-la-question-de-la-verticalite" class="wp-block-heading">La question de la verticalité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La coopération peut parfois susciter des interrogations, voire des oppositions. C<strong>ertains parents peuvent souhaiter une école plus verticale, plus proche de l’image qu’ils ont gardée de leur propre parcours scolaire.</strong> Alexandra Valentin dit avoir rencontré ce type de réserve. <em>« Certains parents, avec un souvenir totalement subjectif de leur propre parcours scolaire, peuvent s’imaginer que la <strong>“bonne vieille école”</strong>, avec un maître dans une posture de toute-puissance et de coercition, sera plus efficace »,</em> observe-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle précise toutefois qu’il n’existe<strong> pas de méthode parfaite</strong>. <strong>La coopération n’est pas présentée comme une recette miraculeuse. </strong><em>« Il n’y a pas non plus de diktat ou de bien-pensance de la coopération. Il ne s’agit pas de dire que c’est parfait. »</em> Dans cette démarche, l’enfant est écouté dans son intégralité, avec ses limites, ses freins et ses peurs. Ce qu’il ressent n’est pas invalidé.</p>



<h2 id="h-une-autre-posture-pour-l-enseignant" class="wp-block-heading">Une autre posture pour l’enseignant</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La coopération transforme aussi la place de l’enseignant</strong>. Pour Alexandra Valentin, elle suppose une forme de <strong>congruence</strong> : l’adulte doit incarner ce qu’il demande aux élèves.<em><strong> « Les élèves ne sont absolument pas dupes, qu’ils aient cinq ans ou quinze ans. Si je prône l’empathie, la bienveillance, la coopération, mais que je ne les incarne pas, cela ne marche pas.</strong> C’est même contre-productif. Les élèves sentent l’arnaque. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignant doit donc accepter de faire un pas de côté. Il n’abandonne pas son rôle, mais il quitte une posture de contrôle total. Il devient <strong>garant du cadre, accompagnateur, régulateur, tout en laissant davantage de place à l’initiative des élèves.</strong> Cette évolution n’est pas toujours simple. Alexandra Valentin souligne que les enseignants sont souvent héritiers d’une culture professionnelle plus descendante. <strong>La coopération oblige donc à déconstruire certaines habitudes.</strong></p>



<h2 id="h-jouons-les-livres-thea-poesie-des-projets-concrets-dans-le-loir-et-cher" class="wp-block-heading">Jouons les livres, Théâ, poésie : des projets concrets dans le Loir-et-Cher</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’OCCE 41 déploie plusieurs actions dans le département. Parmi elles figure <strong>un prix littéraire</strong>. Les classes lisent des ouvrages sélectionnés par une commission d’enseignantes, puis votent pour un lauréat. Cette action donne lieu à<strong> une journée organisée au château de Villesavin, intitulée <em>« Jouons les livres ».</em></strong> Les enfants y participent à de grands jeux coopératifs en lien avec les livres lus. Les équipes rassemblent des élèves de différentes classes et de différentes écoles. <strong>La journée du 16 juin doit réunir trois classes de maternelle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre projet important : <strong>Théâ</strong>, action nationale de théâtre coopératif déclinée dans les départements. <strong>Le principe est que tous les élèves soient sur scène. </strong>Il ne s’agit pas de confier le rôle principal à un seul enfant, mais de <strong>permettre à toute la classe de s’approprier un texte, des rôles, une mise en scène.</strong> Cette année, quatre classes ont participé à la restitution du 12 mai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandra Valentin insiste sur <strong>la force inclusive de ce théâtre coopératif.</strong> Un élève qui lit difficilement, qui parle peu français ou qui est très timide peut tout de même être présent sur scène. Des solutions sont trouvées : texte soufflé à l’oreille, texte affiché, organisation collective. <em><strong>« Il y a une créativité qui permet à chaque enfant, dans ce qu’il est, d’avoir sa place »</strong></em>, explique-t-elle. <strong>L’OCCE 41 souhaite également développer une action autour de la poésie.</strong></p>



<h2 id="h-faire-vivre-la-democratie-avant-de-l-enseigner" class="wp-block-heading">Faire vivre la démocratie avant de l’enseigner</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une époque où l’école est régulièrement interrogée sur le climat scolaire, le harcèlement, la place de l’empathie et la formation du citoyen, l’OCCE 41 rappelle une idée simple : <strong>la démocratie ne s’enseigne pas seulement comme une notion</strong>. Elle peut se pratiquer, dès l’enfance, dans des gestes ordinaires de classe. <em><strong>« Et ce sont des compétences utiles toute la vie »</strong></em>, résume Habiba El Allaoui.</p>
<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/dans-les-classes-du-loir-et-cher-locce-41-fait-vivre-la-cooperation-au-quotidien">Dans les classes du Loir-et-Cher, l’OCCE 41 fait vivre la coopération au quotidien</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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		<title>De Blois à l’Élysée : le pari Villepin de Gildas Vieira</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 08:02:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux mois après les municipales à Blois, Gildas Vieira (8,09 %) dresse son propre bilan. Le candidat de La France autrement, son parti, assume la déception d’un score inférieur à ses attentes, revient sur les discussions de l’entre-deux-tours et précise la place qu’il entend occuper dans le débat local. Sans siège au conseil municipal, il &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Deux mois après les municipales à Blois, <strong>Gildas Vieira</strong> (8,09 %) dresse son propre bilan. Le candidat de <strong><a href="https://www.lafranceautrement.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La France autrement</a></strong>, son parti, assume <strong>la déception d’un score inférieur à ses attentes</strong>, revient sur les discussions de l’entre-deux-tours et précise la place qu’il entend occuper dans le débat local. Sans siège au conseil municipal, il revendique désormais une <em><strong>« opposition de l’extérieur »</strong></em>. Mais son regard porte déjà au-delà de Blois : son mouvement annonce soutenir une éventuelle <strong>candidature de Dominique de Villepin à l’élection présidentielle</strong> et lance un comité blésois de <a href="https://lafrancehumaniste.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La France humaniste</a>.</p>



<h2 id="h-une-desillusion-plus-qu-un-echec" class="wp-block-heading">« Une désillusion plus qu’un échec »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec 8 % des voix au premier tour des municipales, Gildas Vieira reconnaît avoir vécu une soirée électorale du premier tour en demi-teinte. Pas un effondrement politique, dit-il, mais une réelle déception au regard des ambitions affichées pendant la campagne. <em><strong>« On se voyait faire plus de 10 %. Donc se retrouver à 8 %, ce n’était pas ce qu’on souhaitait. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien élu municipal explique avoir volontairement pris du recul après le scrutin, sans faire public un bilan à chaud. Selon lui, la liste espérait transformer une dynamique de terrain en résultat plus fort dans les urnes. <em><strong>« Plus que un échec, c’est une désillusion. »</strong></em> Pour autant, <strong>il assure ne pas regretter l’absence d’élus au conseil municipal. Et notamment le fait de ne pas siéger dans l’opposition.</strong> <em>« Moi, j’ai fait six ans d’opposition, six ans de majorité. Être à nouveau dans l’opposition n’aurait rien apporté. »</em> Cela parce que Gildas Vieira estime que la majorité municipale actuelle reste <em><strong>« assez bornée »</strong></em> et <strong>peu ouverte aux propositions extérieures.</strong> Selon lui, refaire six années d’opposition aurait conduit à <em>« redire les mêmes choses »</em> sans véritable capacité d’action.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette critique, il développe surtout une inquiétude plus large sur l’évolution de la ville. <em><strong>« Blois est en train de perdre un peu de sa splendeur. »</strong></em> Il évoque tour à tour le centre-ville, la sécurité, le maintien des entreprises ou encore le quotidien des habitants. Une ligne déjà largement développée pendant la campagne municipale et qu’il continue aujourd’hui de défendre. <em>« On est quand même une belle ville entre Tours et Orléans. Je pense qu’on a plein de choses à faire ici. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même sans siège au conseil municipal, Gildas Vieira assure vouloir continuer à intervenir dans le débat local. <strong><em>« On va être une opposition de l’extérieur. »</em></strong> Il promet de poursuivre ses <strong>prises de parole publiques</strong> : <em>« L’idée, c’est de dénoncer ce qui ne va pas, mais aussi de faire des propositions. »</em> Il cite notamment les fermetures de commerces du centre-ville parmi les sujets qui l’inquiètent. Ses critiques se dirigent également vers sur ce qu’il qualifie de <em><strong>« communautarisme »</strong></em> et de <em><strong>« clientélisme »</strong></em>. Et <em>« je pèse mes mots »</em>, ajoute l&rsquo;ancien conseiller municipal. </p>



<h2 id="h-les-coulisses-de-l-entre-deux-tours" class="wp-block-heading">Les coulisses de l’entre-deux-tours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus de 5 % des voix, la liste <strong>Osons Blois Autrement</strong> menée en binôme avec le docteur Marchand pouvait fusionner avec une autre liste qualifiée pour le second tour. Des échanges ont donc eu lieu. <em><strong>« On a eu des discussions »</strong></em>, explique Gildas Vieira. L&rsquo;ex conseiller municipal confie avoir discuté avec plusieurs camps, avec la liste de droite et de centre droit menée par Malik Benakcha mais aussi avec la liste citoyenne Blois en commun. Il évoque notamment des réticences internes du côté de certaines personnalités locales. <strong><em>« Je ne souhaite surtout pas travailler avec ceux qui ne travaillent pas avec moi. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, la piste la plus sérieuse aurait concerné un rapprochement avec la liste avec pour tête de liste Nicolas Orgelet, jugée <strong><em>« plus proche »</em></strong> de La France autrement <strong>sur le volet citoyen</strong>. Mais il estime que le scénario du second tour était déjà largement écrit. <em>« Et je pense que si on avait fait 10 %, les négociations n’auraient pas été les mêmes. »</em> Au cœur de son analyse apparaît aussi la notion de <strong>vote <em>« anti-Gricourt »</em>.</strong> Gildas Vieira estime qu’une partie de ses électeurs s’est reportée sur Malik Benakcha non par adhésion naturelle, mais faute d’alternative crédible contre le maire sortant. <em><strong>« Tous ceux qui ne voulaient pas Gricourt n’avaient pas d’autre choix que d’aller vers celui qui, potentiellement, pouvait le battre. »</strong></em></p>



<h2 id="h-rebondir" class="wp-block-heading">Rebondir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le résultat des municipales, Gildas Vieira affirme que son mouvement reste actif et structuré. <strong><em>« Nous n’avons pas perdu notre dynamique. »</em></strong> Il évoque un noyau d’une centaine de personnes toujours impliquées dans La France autrement et désireuses de poursuivre l’aventure politique. <em>« Même si on ne gagne pas, on doit donner une possibilité à ceux qui ne veulent pas voter pour tous les autres de pouvoir voter pour nous. »</em> L’ancien candidat insiste régulièrement sur cette idée de <strong>représenter une voie alternative, en dehors des grands partis traditionnels.</strong> <em>« Donner une voix aux sans-voix, ça reste primordial. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de l’entretien, il revient aussi longuement sur son rapport personnel aux partis politiques. Un sujet qu’il considère central dans son engagement. <strong><em>« Je n’ai jamais pris de carte politique de ma vie. »</em></strong> S’il accepte les partenariats ou les soutiens ponctuels, il refuse l’idée d’un alignement partisan classique. <em>« J’ai toujours considéré qu’on entre dans une forme de sectarisme lorsqu’on prend une carte politique et qu’on est obligé de suivre les consignes du national, même lorsqu’elles vont contre vos valeurs. »</em> Selon lui, cette indépendance permet justement à La France autrement de rassembler des profils très différents politiquement.</p>



<h2 id="h-pourquoi-dominique-de-villepin" class="wp-block-heading">Pourquoi Dominique de Villepin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’autre grand sujet de cet entretien : <strong>la présidentielle.</strong> Gildas Vieira annonce officiellement le<strong> soutien de La France autrement à une éventuelle candidature de Dominique de Villepin.</strong> <em>« On a décidé de porter notre énergie pour le faire gagner. »</em> Un choix qu’il décrit comme <em>« réfléchi et pragmatique ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac représente, selon lui, une figure capable de dépasser les clivages traditionnels. <em><strong>« Il se positionne aujourd’hui au-delà des partis et au-dessus des partis. »</strong></em> Gildas Vieira insiste notamment sur le positionnement international de Dominique de Villepin, <a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000004238/discours-de-dominiquedevillepin-a-l-onu-en-2003-contre-une-intervention-militaire-en-irak.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">en particulier son opposition à la guerre en Irak en 2003.</a> <em><strong>« On a besoin d’hommes de paix. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le responsable politique blésois revendique également une volonté de rupture avec le macronisme sans basculer vers les extrêmes. <strong><em>« Ni l’extrême gauche mélenchoniste, ni le Rassemblement national. »</em></strong> Il critique également les figures jugées trop proches de l’actuel pouvoir présidentiel. <em>« Des noms comme Gabriel Attal ou Édouard Philippe restent dans la même mouvance. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser ce soutien, La France autrement a créé un premier comité local baptisé <em>Blois 1 – La France humaniste</em>. <em>« Tout ça est officiel »</em>, confirme Gildas Vieira, en lien avec la structure soutenant Dominique de Villepin. <em><strong>« On est sur une dynamique nationale. »</strong></em> L’objectif affiché : fédérer localement autour d’une candidature de rassemblement.</p>



<h2 id="h-la-perspective-des-legislatives" class="wp-block-heading">La perspective des législatives</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Gildas Vieira n’écarte pas <strong>l’idée de se présenter dans la première circonscription du Loir-et-Cher,</strong> <strong>mais conditionne clairement cette possibilité à une victoire présidentielle de Dominique de Villepin.</strong> Il estime qu’un président nouvellement élu aurait besoin d’une majorité et de relais implantés localement. Mais il reconnaît aussi connaître les réalités des appareils politiques et des investitures nationales. <em>« On n’est pas dupes des gens qui rejoindront après coup le mouvement s’il devient très bien positionné. »</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Peut-on prévoir l’été ? À Blois, une soirée météo pour comprendre ce que disent les prévisions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Alvarez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 07:17:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Canicule durable, été orageux, saison humide : chaque printemps, les prévisions pour l’été bourgeonnent. Cartes colorées, tendances alarmistes ou annonces de chaleur « historique » se multiplient plusieurs semaines avant les vacances. Mais que valent réellement ces projections ? Peut-on véritablement anticiper l’été à l’avance ? Mardi 2 juin (20h), Blois Capitale accueillera une soirée &#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Canicule durable, été orageux, saison humide : chaque printemps, les prévisions pour l’été bourgeonnent. Cartes colorées, tendances alarmistes ou annonces de chaleur « historique » se multiplient plusieurs semaines avant les vacances. Mais que valent réellement ces projections ? <strong>Peut-on véritablement anticiper l’été à l’avance ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mardi 2 juin (20h), <a href="https://apps.apple.com/fr/app/blois-capitale/id6447075686" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blois Capitale</a></strong> accueillera une soirée consacrée à cette question aussi populaire que complexe. Expert en météorologie et chasseur d’orages, <strong><a href="https://bloiscapitale.com/previsions-meteo-modeles-ia-incertitudes-thibaud-meriel-decrypte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Thibaud Mériel</a></strong> proposera au public une plongée dans les mécanismes des prévisions saisonnières, entre science atmosphérique, probabilités et observation du ciel.</p>



<h2 id="h-une-question-devenue-centrale-avec-le-rechauffement-climatique" class="wp-block-heading">Une question devenue centrale avec le réchauffement climatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt croissant pour les prévisions d’été ne relève plus uniquement de la curiosité. Les épisodes extrêmes se multiplient, les vagues de chaleur s’installent plus tôt dans l’année et les conséquences touchent désormais de nombreux secteurs : agriculture, viticulture, tourisme, événements culturels ou simples activités extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, prévoir l’été ne signifie pas annoncer le temps qu’il fera un jour précis. <em>« La prévision saisonnière propose des normales climatologiques. <strong>On parle surtout de variations et d’écarts-types</strong> par rapport à une normale, et non d’une prévision brute et précise. »</em> Autrement dit, les météorologues ne cherchent pas à déterminer s’il fera exactement 28 °C un après-midi de juillet à Blois. Ils tentent plutôt d’<strong>estimer si l’ensemble de la saison a davantage de chances d’être plus chaude, plus humide ou plus instable que la normale.</strong> <em>« On prévoit qu’en moyenne, sur une large période, il fera plus doux ou plus frais qu’une certaine normale. »</em></p>



<h2 id="h-entre-science-atmospherique-et-probabilites" class="wp-block-heading">Entre science atmosphérique et probabilités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Thibaud Mériel, <strong>la prévision saisonnière repose autant sur la science que sur les probabilités.</strong> <em>« Quand on fait une prévision qui va au-delà de quelques semaines, on entre forcément dans le domaine de la probabilité. »</em> Les météorologues s’appuient ainsi sur <strong>d’immenses ensembles de données</strong> : températures océaniques, circulation des vents, pression atmosphérique, comportement des anticyclones ou anomalies climatiques mondiales. Mais plus l’échéance s’éloigne, plus l’incertitude augmente. <em>« On n’est plus vraiment dans une science atmosphérique exacte, avec une analyse parfaitement déterministe de la circulation. »</em> L’un des éléments les plus complexes concerne justement le positionnement des grands centres d’action atmosphériques. <em><strong>« Tout est une question d’horlogerie fine. »</strong></em></p>



<h2 id="h-le-role-decisif-des-anticyclones-et-des-gouttes-froides" class="wp-block-heading">Le rôle décisif des anticyclones et des « gouttes froides »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec le réchauffement climatique, les grandes circulations atmosphériques se déplacent peu à peu</strong>. La cellule de Hadley — qui participe à la formation des zones chaudes et anticycloniques subtropicales — tend ainsi à remonter vers le nord. Pour l’Europe, tout dépend ensuite de la position exacte des hautes pressions. <strong>Si l’anticyclone se place sur la France, il peut installer un temps durablement chaud et sec. S’il remonte trop au nord, il peut au contraire laisser circuler sous lui des gouttes froides</strong> : de petites dépressions isolées, capables d’apporter un temps instable, orageux et parfois frais pendant plusieurs jours.L’été 2021 en reste un exemple marquant. <em>« On a eu un temps plutôt instable, avec une tendance ressentie plutôt fraîche, malgré des températures légèrement au-dessus des normales saisonnières. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’un des grands sujets des prévisions saisonnières reste également l’influence des océans</strong>. Parmi les phénomènes les plus connus figure <strong>El Niño</strong>, une anomalie chaude des eaux de surface du Pacifique équatorial. <em>« On observe une sorte de langue chaude qui s’étire depuis l’Amérique du Sud vers l’Asie »</em>, résume Thibaud Mériel. Ces variations modifient notamment les alizés — les vents équatoriaux — et influencent ensuite la circulation atmosphérique à l’échelle mondiale. Mais leurs conséquences sur l’Europe restent difficiles à interpréter précisément. <strong><em>« L’influence existe inévitablement, mais son incidence est extrêmement difficile à déterminer. »</em></strong> Les météorologues travaillent donc davantage sur des tendances statistiques que sur des liens directs de cause à effet.</p>



<h2 id="h-une-soiree-pour-apprendre-a-regarder-le-ciel-autrement" class="wp-block-heading">Une soirée pour apprendre à regarder le ciel autrement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des parties les plus concrètes de la soirée concernera <strong>l’observation directe du ciel</strong>, une pratique que Thibaud Mériel considère encore <strong>extrêmement utile.</strong> <em>« Un ciel qui se voile avec un temps chaud et lourd peut indiquer une dégradation dans les prochaines heures ou les prochains jours. »</em> Les cumulus qui bourgeonnent dès la mi-journée annoncent souvent des orages futurs. Les enclumes orageuses — ces immenses voiles nuageux très élevés — signalent parfois un orage situé à plusieurs dizaines de kilomètres. <em><strong>« Lorsqu’on voit arriver cette enclume en été, cela peut signifier qu’un orage n’est pas très loin. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déplacement des nuages constitue également un indice précieux. Dans certaines situations dites de <em>« marais barométrique »</em>, l’atmosphère semble figée. <em><strong>« Quand on observe un cumulus qui reste quasiment immobile mais qui commence à grossir lentement, on peut comprendre que l’atmosphère devient instable. »</strong></em> Les fameux cumulus congestus, énormes masses blanches bourgeonnantes, annoncent souvent des développements orageux. <strong><em>« C’est un cumulus “dopé aux hormones”. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage des fronts atmosphériques permet également de lire les changements de temps à venir. Derrière un front froid, les températures chutent rapidement et un ciel de traîne très changeant s’installe. <em><strong>« On peut avoir du soleil pendant vingt minutes puis se retrouver sous une forte averse quarante minutes plus tard. »</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette rencontre, Blois Capitale proposera moins une conférence technique qu’un moment de vulgarisation accessible autour d’une question qui touche tout le monde : <strong>comment comprendre la météo qui nous entoure ?</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/05/meteo-1024x683.png" alt="Soirée météo" class="wp-image-33634" srcset="https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/05/meteo-1024x683.png 1024w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/05/meteo-300x200.png 300w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/05/meteo-768x512.png 768w, https://bloiscapitale.com/wp-content/uploads/2026/05/meteo.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<h2 id="h-soiree-meteo-prevoir-l-ete" class="wp-block-heading">Soirée météo : « Prévoir l’été »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">📍 Blois Capitale — 16 rue Émile-Laurens à Blois<br>📅 Mardi 2 juin 2026<br>🕗 De 20h à 22h<br>🆓 Entrée libre<br>✉️ Inscription via <a>bloiscapitale@gmail.com</a> ou directement à la boutique</p>



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<p>L’article <a href="https://bloiscapitale.com/peut-on-prevoir-lete-a-blois-une-soiree-meteo-pour-comprendre-ce-que-disent-les-previsions">Peut-on prévoir l’été ? À Blois, une soirée météo pour comprendre ce que disent les prévisions</a> est apparu en premier sur <a href="https://bloiscapitale.com">Blois Capitale Agglopolys</a>.</p>
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