[Municipales] Centre-ville, commerce, démocratie : ce que la liste unie de gauche met déjà en avant

Au-delà de l’annonce politique de la fusion entre les listes de Marc Gricourt et Nicolas Orgelet (Blois en commun), le point presse de mardi matin (lire ici) a aussi permis de faire apparaître un bloc de priorités communes : le centre-ville, le commerce, la méthode de décision publique et, plus largement, la manière d’organiser un mandat que les deux équipes veulent présenter comme plus attentif au quotidien.
Sur ce terrain, les deux têtes de liste convergent sur l’essentiel, tout en conservant des nuances de méthode et certains désaccords ponctuels. Le cœur du message, lui, est clair : la potentielle future majorité entend faire du centre-ville l’un des chantiers du mandat, en y associant davantage les habitants, les acteurs économiques et les partenaires institutionnels.
Marc Gricourt l’a formulé clairement : la majorité issue de la fusion veut lancer « plusieurs [conventions citoyennes] tout au long du mandat, sur plein de thématiques », en commençant par le commerce, présenté comme « la première attente » remontée pendant la campagne. Derrière cette annonce, l’ambition affichée est celle d’une « feuille de route du centre-ville », construite avec l’agglomération, la Ville de Blois, les chambres consulaires, la CPME, ou encore l’office de tourisme et les Vitrines de Blois.
Cette priorité donnée au commerce s’inscrit, dans le discours du maire sortant, dans une double logique. D’une part, reconnaître que le sujet s’est imposé au cœur de la campagne. D’autre part, affirmer que la collectivité n’est pas restée inactive. Marc Gricourt cite notamment « l’opération de rénovation-restauration immobilière » ainsi que « la création d’une société publique locale ». L’objectif, explique-t-il, est de « continuer à être proactif pour faire revenir des habitants dans le centre-ville ». Dans son raisonnement, la question commerciale ne peut pas être dissociée de celle de l’habitat, des flux, des usages et de la fréquentation quotidienne. Il ne s’agit donc pas seulement de rouvrir des cellules ou d’occuper des vitrines vacantes, mais de créer des conditions de vie, de passage et de séjour.
Le centre-ville n’épuise pas la question du commerce de proximité. « Il ne faut pas oublier aussi les commerces de proximité dans l’ensemble de nos quartiers », souligne Nicolas Orgelet, en reliant explicitement cette question à « la vie quotidienne de tous et de toutes » et au « bien vieillir ». Autrement dit, l’enjeu n’est pas seulement l’attractivité du cœur ancien, mais aussi le maintien d’une offre de proximité utile à ceux qui vivent dans les différents secteurs de la ville.

Pour le co-chef de file de Blois en commun ceci est en adéquation avec la manière de faire de la politique qu’il revendique depuis le début de la campagne : diagnostic partagé, participation habitante, conventions citoyennes, co-construction. Il souligne que l’accord programmatique prévoit « l’idée de conventions citoyennes ». Nicolas Orgelet met l’accent sur le déplacement du regard : partir des usages, du cadre de vie, des attentes ordinaires, et inscrire l’action publique dans une logique de temps long. Il évoque ainsi des enveloppes concernant la végétalisation, le plan cyclable ou la rénovation du patrimoine bâti, pensées comme des instruments de transformation progressive de la ville.
Saint-Vincent : un compromis sans effacement des divergences
L’accord des deux listes majeures de gauche n’est pas total sur tous les sujets. Ainsi, sur le dossier Saint-Vincent, les deux têtes de liste ont parlé d’un « accord sur le désaccord ». Le projet n’est pas stoppé par la fusion. Mais le maire sortant reconnaît en même temps qu’il existe encore une marge de travail entre le lancement de la construction, envisagé au début de 2027, et la livraison du site. Il évoque la possibilité « d’affiner des choses à nouveau », en rappelant que la grande concertation sur laquelle s’est appuyé le projet « remonte à plus de dix ans », et que la société comme le projet lui-même ont évolué depuis.
« Sur Saint-Vincent, on acte le fait que nous étions pour une consultation citoyenne, que c’est un désaccord qui reste », dit Nicolas Orgelet. Mais il ajoute aussitôt que Marc Gricourt étant arrivé en tête au premier tour, son camp travaillera « intelligemment » pour faire évoluer le projet et « le connecter au mieux au centre-ville existant ».
Stationnement, accès, animation
D’autres sujets concrets sont sur la table : stationnement, accès au centre-ville, navettes, événements, animation commerciale et culturelle. Nicolas Orgelet a cité plusieurs pistes qui figurent dans le cadre de travail commun : la possibilité d’un « espace test », des « boutiques éphémères », la « gratuité du stationnement en extérieur dans les parkings aériens pour la première heure », ou encore le renforcement des liens entre navettes gratuites et parkings extérieurs. Ces propositions s’inscrivent dans une logique de facilitation des usages, avec l’idée de rendre le centre-ville plus accessible et plus expérimentable, à la fois pour les commerçants, les porteurs de projets et les visiteurs.
Marc Gricourt, lui, replace cette réflexion dans un cadre plus large. Il insiste sur le fait que Blois dispose déjà d’un volume important d’animations, d’événements culturels et de congrès qui génèrent des flux réels. Mais, « il y a plein de choses à inventer », dit l’édile, tout en soulignant que le discours récurrent sur les difficultés de stationnement ne résiste pas toujours à l’épreuve des faits lorsque des événements sont organisés. Selon lui, l’un des enjeux du prochain mandat sera donc aussi de conforter cette capacité d’attraction, en l’articulant plus finement aux attentes commerciales et aux usages du centre-ville.
Sur le stationnement, il mentionne des pistes déjà travaillées avec Stationeo, dont un éventuel stationnement bleu sur l’axe principal, envisagé à titre de test. Il appelle toutefois à la prudence, en rappelant le risque des « voitures ventouses », y compris lorsque le phénomène concerne des usagers directement liés à l’activité commerciale.
Au fond, ce que révèle cette séquence, c’est moins une série de mesures arrêtées qu’une manière commune d’aborder le centre-ville : comme un lieu de vie, de circulation, de détente, d’habitat, de services et d’expériences urbaines. Le commerce en reste la porte d’entrée la plus immédiatement visible, mais il est replacé dans un ensemble plus large, qui touche à l’aménagement, aux mobilités, à la végétalisation, aux loisirs et à la qualité du quotidien.


