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« Demain, tous crétins ? » : un ciné-débat gratuit pour éclairer un enjeu de santé publique

Le sujet est inflammable, et le titre impactant. Demain, tous crétins ?, documentaire de 56 minutes de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, sera projeté – via le CDPNE – à Blois mercredi 6 mai 2026 à 20 h 30 à l’auditorium Samuel-Paty. La séance, gratuite, sera suivie d’un échange avec Pascal Vaudin, docteur en génétique cellulaire et moléculaire et maître de conférences HDR à l’Université de Tours. Le film pose une question brutale : comment les perturbateurs endocriniens affectent le cerveau en développement ?

Allons-nous vers une chute générale et mécanique du QI humain ?

Le système hormonal gouverne une part essentielle du développement humain, y compris le développement cérébral. Lorsqu’il est perturbé à des moments particulièrement sensibles — grossesse, vie fœtale, petite enfance — les conséquences possibles ne se réduisent pas à un symptôme unique. Il peut être question de cognition, d’attention, de mémoire de travail, de comportement, d’apprentissage, parfois avec des effets différents selon le sexe, les substances en cause, les doses et les périodes d’exposition.

Les travaux accumulés sont suffisamment nombreux pour qu’on ne puisse plus balayer le problème d’un revers de main. Dans une communication publiée en 2023, l’Inserm a rendu compte d’une étude sur le chlordécone menée à partir de la cohorte mère-enfant Timoun en Guadeloupe. Les chercheurs y observent que l’exposition pré- et postnatale à ce pesticide, aujourd’hui considéré comme perturbateur endocrinien, est associée à de moins bons scores cognitifs et à davantage de difficultés comportementales chez des enfants de 7 ans ; ils signalent notamment une diminution de 0,64 point de QI pour un doublement du niveau d’exposition postnatale.

Ce résultat ne suffit évidemment pas à résumer tout le champ scientifique. Mais il s’ajoute à d’autres constats convergents. Dans ses travaux d’expertise, l’Inserm indique qu’il existe une présomption forte de lien entre l’exposition prénatale à certains insecticides organophosphorés et des atteintes du neurodéveloppement de l’enfant, touchant notamment les capacités motrices, cognitives et certaines fonctions sensorielles.

À l’échelle internationale, les grandes institutions sanitaires tiennent une ligne comparable. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans sa branche Europe, décrit les perturbateurs endocriniens comme une priorité reconnue de santé publique. Elle rappelle que l’exposition survient par les produits de consommation courante et par la pollution environnementale, et qu’elle est associée à plusieurs catégories d’atteintes sanitaires. De son côté, l’Endocrine Society souligne en 2025 que certaines perturbations hormonales pendant la grossesse peuvent entraîner des déficits cognitifs et neurodéveloppementaux chez l’enfant, et rappelle combien les périodes prénatales sont des fenêtres de vulnérabilité majeures.


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