Routes : le Loir-et-Cher valide les premiers résultats d’un enrobé moins carboné
Le conseil départemental de Loir-et-Cher et Eurovia ont testé, sur la RD 924 à Viévy-le-Rayé, une méthode permettant d’abaisser fortement la température de fabrication des enrobés tout en conservant leur teneur en matériaux recyclés. Huit mois après la réalisation du chantier, les premiers contrôles sont conformes. La tenue du revêtement doit désormais être suivie pendant deux ans.
En septembre 2025, le conseil départemental de Loir-et-Cher et l’entreprise Eurovia engageaient une expérimentation sur la RD 924, au lieu-dit Écoman, à Viévy-le-Rayé. L’objectif était de réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre liées à la fabrication des enrobés routiers, sans renoncer au recyclage des matériaux ni compromettre les qualités techniques du revêtement. Présentée comme une première sur une route départementale en France, cette technique avait jusque-là été expérimentée uniquement en laboratoire. Huit mois après sa mise en œuvre, le Département et Eurovia annoncent des résultats intermédiaires concluants.

Une température abaissée jusqu’à 110 ou 120 °C
L’expérimentation a été réalisée sur une portion de 1,8 kilomètre de la RD 924. Le chantier a été divisé en six « planches », c’est-à-dire six sections correspondant à différentes modalités de fabrication et d’application de l’enrobé.
La section de référence utilisait un enrobé à chaud standard, fabriqué à environ 160 °C. Sur les autres sections, la température a été progressivement réduite jusqu’à atteindre environ 110 à 120 °C. Certaines formulations comprenaient un additif spécifique incorporé au liant bitumineux afin de faciliter la fabrication et la mise en œuvre de l’enrobé à plus basse température. L’enjeu consistait à maintenir le taux d’agrégats d’enrobés recyclés, issus d’anciennes chaussées, tout en conservant une maniabilité suffisante lors de l’application. La tenue du revêtement, son adhérence, sa compacité et ses performances mécaniques ont ensuite été contrôlées par Eurovia, sous la supervision des services départementaux.
Moins d’énergie consommée et de fumées sur le chantier
L’abaissement de la température permet de réduire l’énergie nécessaire à la fabrication de l’enrobé en usine. Il doit ainsi contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre associées à la production du revêtement. La méthode présente également un intérêt pour les conditions de travail. La diminution de la température entraîne une réduction des fumées et de la chaleur à l’arrière des engins de chantier, tout en maintenant un niveau de maniabilité jugé satisfaisant. Les résultats annoncés portent, à ce stade, sur la validation technique du procédé et sur les bénéfices constatés pendant la fabrication et la pose.
Un suivi doit être poursuivi pendant deux ans afin d’évaluer le comportement de l’enrobé dans le temps, notamment face au trafic et aux variations météorologiques. Cette surveillance permettra de déterminer si la baisse de la température de fabrication peut être généralisée sans réduire la durée de vie des chaussées. Son éventuel déploiement à plus grande échelle dépendra désormais des résultats obtenus sur la durée, au-delà des premiers contrôles jugés satisfaisants.


