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[Municipales] Ce que les listes proposent à Blois sur la sécurité

À Blois, la sécurité est un sujet qui – parmi d’autres – a fait sa place dans la course à la mairie. À quelques jours du scrutin municipal, les programmes affichent des réponses très différentes, parfois opposées, souvent révélatrices d’une philosophie : prévention ou dissuasion, présence humaine ou outils techniques, co-décision citoyenne ou chaîne de commandement resserrée. Regardons cela avant le temps du vote.

Nicolas Orgelet – Blois en commun : la tranquillité publique comme affaire collective

Dans le programme de Blois en commun, la sécurité se présente d’abord comme un équilibre entre prévention et répression, avec une idée centrale : la confiance se fabrique, elle ne se décrète pas. La liste annonce ainsi, dès la première année, une assemblée citoyenne consacrée à la tranquillité publique et à la lutte contre les délits et incivilités — rodéos, trafics, déchets sauvages, vitesse, bruit — et précise qu’un budget dédié doit permettre de redonner aux habitants un pouvoir d’agir sur ces sujets.

La méthode se veut concrète : Blois en commun mise sur des marches exploratoires menées avec les habitants pour repérer les zones perçues comme peu sûres ou mal aménagées, recueillir le vécu et corriger ce qui peut l’être dans l’espace public — éclairage, signalétique, accessibilité. Le programme élargit aussi la notion de sécurité aux vulnérabilités contemporaines, en promettant de mieux protéger et informer la population face aux risques climatiques et industriels (incendies, sécheresses, inondations, canicules, pollutions).

Sur le terrain, la liste met en avant le renforcement des moyens humains par la formation et la revalorisation salariale des policiers municipaux, des éducateurs sociaux et des correspondants de nuit, avec l’objectif affiché d’accroître l’attractivité de ces métiers et de renforcer leur présence. La sécurité routière est traitée comme une “insécurité” du quotidien : ralentir la voiture dans les rues habitées, développer zones de rencontre et espaces piétons, et donner la priorité à l’accès aux écoles en ciblant les lieux accidentogènes. Enfin, le programme inscrit explicitement la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, via la sensibilisation des habitants, des élus et des agents, et le soutien aux dispositifs d’accueil d’urgence en lien avec les associations.


Marc Gricourt : “protéger le quotidien”

Dans le programme du maire sortant, Marc Gricourt, la sécurité est présentée comme un socle : faire respecter l’intégrité des biens et des personnes, sécuriser les déplacements, agir sur la sécurité routière, apaiser les espaces publics. Le texte insiste sur une police de proximité renforcée, la médiation sociale sur le terrain et des aménagements urbains adaptés — éclairage, signalétique, limitations de vitesse — avant de dérouler une série de mesures.

L’une des annonces structurantes est la création d’une brigade spécialisée contre les rodéos urbains, avec l’embauche de six agents supplémentaires. À cette approche de présence s’ajoute une dimension technique : le programme vise à “achever la couverture” des entrées de ville et des quartiers par vingt caméras supplémentaires de vidéosurveillance, avec un objectif d’élucidation, et annonce un renforcement de la vidéoverbalisation pour sanctionner les comportements dangereux (voiture, vélo, trottinette) après des campagnes de prévention.

Le programme évoque aussi l’espace public comme outil de stratégie, en parlant d’aménagements destinés à empêcher l’accès aux points de deal. Il affiche un doublement de l’enveloppe consacrée à la sécurité routière, piétonne et cycliste, chiffrée à 400 000 euros par an, et prévoit le développement de l’éclairage à détection automatique de présence sur certains espaces (voies piétonnes et cyclables).

Sur le versant prévention “sociétale”, Marc Gricourt annonce un plan de formation et de prévention “de toutes les formes de radicalisation” et “en faveur de la laïcité”, destiné à un large cercle d’acteurs (associatifs, éducatifs, élus, agents). La sécurité, ici, inclut aussi des thèmes connexes : soutien aux associations engagées auprès des personnes sans domicile, lutte contre les dépôts sauvages via caméras nomades et vidéoverbalisation, prise en compte des nuisances sonores avec l’installation de capteurs de décibels. Le programme annonce enfin la poursuite de la sécurisation des abords des écoles via les dispositifs “Rue École” et un plan d’action de prévention contre les violences sexistes et sexuelles.


Marine Bardet (RN) : effectifs, armement, vidéosurveillance et éclairage nocturne

Avec Marine Bardet, la sécurité s’énonce en quelques mesures courtes, nettement orientées vers la dissuasion et l’autorité. La liste propose un ratio : un policier municipal pour 1 000 habitants, soit 47, et annonce l’armement létal de la police municipale pour les brigades d’intervention. Le programme prévoit aussi une augmentation des caméras de vidéosurveillance.

L’éclairage public est ici présenté comme une réponse directe au sentiment d’insécurité : éclairage urbain toute la nuit, avec équipement LED sur tous les lampadaires et détecteurs de mouvement. Enfin, le tract de la candidate du RN revendique une ligne de “tolérance zéro” aux incivilités, violences et trafic “dans tous les quartiers”.


Malik Benakcha / Unis pour Blois : présence et dissuasion

Le chapitre “Sécurité, prévention et vie de quartier” du programme Unis pour Blois et de sa tête de liste, Malik Benakcha, dessine une « stratégie à deux jambes » : la présence et la dissuasion. L’axe le plus net est celui des effectifs : la liste annonce le fait de doubler progressivement la police municipale pour garantir une présence 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec une brigade spécialisée dédiée à la lutte contre les rodéos urbains. Dans le même mouvement, Unis pour Blois prévoit de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance, en ciblant prioritairement les secteurs exposés aux incivilités, aux comportements dangereux et aux dépôts sauvages, et en recourant à la vidéoverbalisation.

Autour de ce noyau, le programme ajoute des unités spécifiques : renforcement de la brigade canine municipale, expérimentation d’une brigade équestre adaptée aux grands espaces publics, aux parcs et aux événements. Concernant les points de deal, la liste de droite et du centre parle d’actions régulières de contrôle et de prévention menées en coordination avec les services de l’État, et d’une coordination renforcée entre police municipale, police nationale et préfecture afin d’améliorer l’efficacité.

La prévention, ici, prend une forme très explicite : Unis pour Blois veut mettre en œuvre un programme intitulé “Prévenir avant de punir”, fondé sur la médiation et la responsabilisation, avec un principe répété comme une règle : “tu casses, tu répares”, et la possibilité de recourir à des travaux d’intérêt général dès la première incivilité. Le programme inclut aussi une prévention tournée vers les usages numériques et les réseaux sociaux, en lien avec la santé mentale des jeunes et le harcèlement scolaire.

La sécurité, pour Unis pour Blois, va plus loin : la liste promet de renforcer les actions contre les violences intrafamiliales (prévention, signalement, accompagnement), de développer un dispositif “tranquillité senior” contre violences, escroqueries et isolement, et d’assurer une présence policière aux abords des écoles aux heures d’entrée et de sortie tout en améliorant progressivement l’éclairage des passages piétons. Dans les quartiers volontaires, elle évoque la mise en place de “voisins vigilants”, et, plus largement, l’adoption d’une charte de bon voisinage élaborée avec les habitants. Enfin, la liste relie sécurité et cadre de vie : éclairage public à détection de présence, brigade verte et urbaine dédiée aux dépôts sauvages, et coordination renforcée — avec les bailleurs — des gardiens, médiateurs et correspondants de nuit, dans une logique aussi de pédagogie et de médiation.


Gildas Vieira / Dr Thierry Marchand : “tolérance zéro”, police des nuisances et hausse des moyens

Sur le thème de la sécurité, le programme “Osons Blois Autrement” s’articule autour d’un double axe : une prévention de proximité, fondée sur une présence durable dans les quartiers sensibles et des échanges avec les habitants, et une résolution rapide des problèmes, avec des moyens renforcés pour intervenir dès qu’un incident survient. Mais l’expression qui structure le discours est ailleurs : “tolérance zéro pour les incivilités”. Concrètement, la liste annonce le renforcement des effectifs de police municipale, de 40 à 55 agents, avec une brigade de proximité active dans tous les quartiers et des horaires étendus, notamment le soir et le week-end.

Le programme associe cette montée en puissance à une logique d’outils : +40 nouvelles caméras dans les zones à risque, et un éclairage LED intelligent — avec luminaires solaires — présenté à la fois comme mesure de sécurité nocturne et d’efficacité énergétique. Les incivilités seraient sanctionnées par des amendes et des travaux d’intérêt général, “afin de responsabiliser sans stigmatiser”.

L’élément le plus caractéristique, dans le vocabulaire du programme, est la création d’une brigade “Police des nuisances” au sein de la police municipale, chargée de prévenir et résoudre les problèmes de proximité : atteintes aux personnes et aux biens, nuisances sonores, dépôts sauvages, déchets et encombrants. La liste insiste sur une brigade “réactive”, et explique qu’un diagnostic devra permettre d’ajuster la présence policière, les horaires ciblés et l’action de terrain. Elle veut également associer des acteurs non policiers : implication des citoyens et des voisins sur la vigilance, implication de retraités et bénévoles sur les sorties d’écoles, implication des acteurs associatifs de prévention en lien avec la police des nuisances.

Au-delà du chapitre sécurité strict, le programme lie aussi incivilités et propreté urbaine par la perspective d’une application “Vigilance citoyenne” pour signaler dépôts sauvages et problèmes de propreté, avec sanction et intervention de la police.


Jusqu’à l’élection, sur ce modèle, nous vous laisserons comparer les programmes thème par thème. Enfin, précisons que la liste Lutte Ouvrière ne propose pas de programme pour la ville de Blois.

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