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[Municipales] À Blois, l’union de la gauche pose 50 mesures et une méthode

À Blois, le second tour des municipales a rebattu les cartes à gauche sans effacer les lignes de partage. Arrivé en situation de peser sur l’issue du scrutin, Blois en commun, emmené au premier tour par Nicolas Orgelet, a choisi de fusionner avec la liste du maire sortant Marc Gricourt (et réciproquement). De cette négociation est né un document intitulé « En commun, prenons soin de l’avenir », présenté comme un accord programmatique en 50 mesures.

Pour Claire Mollière et Nicolas Orgelet, l’enjeu n’était pas seulement électoral. Il s’agissait aussi, disent-ils, d’inscrire dans la future majorité une part du programme, de la méthode et des exigences portées par Blois en commun pendant la campagne.

Une union préparée avant même le premier tour

Claire Mollière insiste sur un point : la négociation n’a pas été improvisée entre les deux tours. Blois en commun avait anticipé plusieurs hypothèses et préparé, en amont, une base de discussion. « On avait déjà préparé une feuille de route programmatique », explique-t-elle, en précisant que le collectif avait listé « des garanties » plutôt que de simples lignes rouges.

Le collectif citoyen écologiste n’est pas entré dans les discussions comme une force d’appoint appelée à se rallier au programme du maire sortant, mais comme un partenaire venant avec son propre contenu, déjà structuré. Nicolas Orgelet rappelle que sa ligne avait été de dire : « Au premier tour, on choisit ; au deuxième tour, on s’unit. » Autrement dit, l’union n’est pas présentée comme un revirement, mais comme la seconde étape d’une stratégie assumée.

Un accord de fond

Dans les propos de Claire Mollière comme dans les 50 mesures rendues publiques, une idée revient avec insistance : l’accord n’est pas seulement technique. Les deux responsables reconnaissent l’existence de divergences, parfois nettes, mais considèrent qu’un socle commun existait déjà sur l’essentiel. Claire Mollière résume cette lecture en expliquant qu’il y a « un cap clair et commun de gauche, citoyen, écologiste, social ».

Le document en 50 mesures articule des propositions très diverses, mais autour de plusieurs axes cohérents : participation citoyenne, santé, écologie, mobilités, revitalisation commerciale, soutien associatif, rénovation du patrimoine public, politiques sociales et attention aux quartiers.

La participation citoyenne comme marqueur central

Parmi les éléments les plus visibles de l’accord, la question démocratique occupe une place de choix, avec des conventions citoyennes sur trois grands thèmes : santé, économie-commerce et sécurité-tranquillité publique, avec « pouvoir de codécision ». Le texte prévoit également le maintien de l’assemblée citoyenne, la poursuite des ateliers et des marches exploratoires par micro-quartiers, la possibilité de pétitions citoyennes et un budget participatif réparti entre les territoires de la ville.

Blois en Commun

Cette orientation est présentée comme une réponse à la fois politique et pratique. Politique, parce qu’elle revendique une autre manière de gouverner. Pratique, parce qu’elle permettrait, selon les intéressés, de traiter des sujets complexes avec les habitants eux-mêmes. C’est particulièrement net sur la santé et la sécurité, deux domaines où Blois en commun rappelle que la ville n’a pas tous les leviers, mais peut malgré tout agir à son niveau.

Santé : des ambitions locales sur un terrain en partie national

Le troisième bloc fort de l’accord concerne la santé. Le document prévoit la création d’un pôle municipal de santé, un travail spécifique sur la santé mentale, ainsi qu’une convention citoyenne dédiée. Il intègre aussi des dimensions plus sociales, comme l’expérimentation d’une sécurité sociale de l’alimentation et la création d’une ordonnance verte destinée aux femmes enceintes, sous la forme de paniers bio et locaux.

Claire Mollière et Nicolas Orgelet prennent soin de ne pas présenter ces mesures comme des solutions miracles. Ils rappellent au contraire que l’accès aux soins dépend largement de compétences nationales. « Nous n’avons jamais prétendu avoir de baguette magique », affirme Claire Mollière, qui refuse les « surpromesses » sur le nombre de médecins ou de soignants. Ici, le positionnement consiste à dire : la commune ne peut pas tout, mais elle peut créer des conditions plus favorables. Cela passe, selon eux, par l’attractivité du territoire, le lien avec les universités, la structuration d’une offre municipale, mais aussi par des politiques touchant à l’alimentation, à l’eau ou à la prévention. La mesure sur l’ordonnance verte, présentée comme à la fois sociale, sanitaire et environnementale, illustre bien cette conception élargie de la santé publique.

Centre-ville, commerce et mobilités : une feuille de route assez dense

L’accord consacre aussi une place importante au centre-ville et aux circulations. Parmi les mesures les plus concrètes figurent la lutte contre la vacance commerciale, le développement de boutiques éphémères, l’étude d’un espace-test pour les commerces, la consultation des habitants sur les commerces manquants, ainsi que plusieurs dispositions liées à l’accès au centre : parkings relais, navettes gratuites, réflexion sur la gratuité temporaire de certains stationnements, amélioration des liaisons piétonnes et cyclables, meilleur accès à la gare.

Eau, végétalisation, énergie : un accord fortement marqué par l’écologie

Le document en 50 mesures confirme également le poids des thématiques écologiques dans la fusion. On y trouve la protection des zones de captage, un travail sur la politique de l’eau, la restauration du ruisseau des Mées, un projet de réserve naturelle intégrale à la Bouillie, un plan de végétalisation, un plan piéton, un plan cyclable, un objectif de budget vert, une stratégie d’autonomie énergétique, sans oublier des mesures plus ponctuelles sur l’éclairage nocturne ou le label « Villes et villages étoilés ». L’écologie, dit Claire Mollière, ne doit pas être pensée comme un domaine séparé, mais comme quelque chose qui touche directement à la santé, à l’alimentation, à l’eau, au cadre de vie et à la justice sociale.

Culture, patrimoine, jeunesse, sport : un accord plus large

Le programme commun étend son champ à la programmation culturelle, au soutien au tissu associatif, à la jeunesse, au sport, à l’éducation artistique et culturelle, au patrimoine ou encore au tourisme.

Parmi les mesures les plus significatives figurent la pluriannualisation des aides associatives, l’ouverture des commissions d’attribution aux citoyens à titre expérimental, la relance d’un projet de valorisation patrimoniale autour du CIAP, l’attention aux collections du château et du Muséum d’histoire naturelle, ou encore plusieurs propositions de tourisme durable (création d’une baignade en Loire sécurisée, une consigne en gare pour les cyclotouristes, l’étude d’une boucle cyclable Blois-Chaumont, une offre “Nature et Loire en hiver” décarbonée, un mécénat vert adossé aux billets touristiques, ou encore une formule “1+1” visant à mieux répartir les flux de visiteurs).

Des désaccords maintenus, et même écrits noir sur blanc

La singularité du document tient aussi à ce qu’il ne cherche pas à effacer toutes les divergences. Plusieurs désaccords y sont explicitement inscrits. C’est le cas sur Saint-Vincent, où l’accord mentionne un désaccord sur le projet et sur le principe d’un référendum ; sur la vidéosurveillance, où le désaccord sur le déploiement continu est acté ; sur la patinoire, où la divergence est maintenue ; et sur le feu d’artifice de la fête nationale, avec une différence d’appréciation sur l’opportunité de le déplacer pour préserver les sternes.

Gouvernance, non-cumul, probité : l’autre versant de la négociation

Au-delà du programme, Nicolas Orgelet et Claire Mollière insistent sur un autre terrain de discussion : celui de la gouvernance. L’accord ne porterait pas seulement sur des mesures, mais aussi sur la façon de travailler ensemble, sur la répartition des responsabilités et sur plusieurs principes éthiques. Ils évoquent ainsi un accord sur les délégations, et un engagement en matière de probité. Claire Mollière mentionne notamment un principe de retrait des responsabilités en cas de mise en examen, ainsi qu’une volonté de limiter le cumul entre fonctions d’adjoint, de vice-président et de délégué.

Quid du fonctionnement de la potentielle majorité ? Deux groupes politiques distincts, avec une solidarité assurée au moins sur le budget, mais une liberté de parole maintenue. Pour Blois en commun, cette formule semble permettre une synthèse : rester identifiable tout en participant à l’exécutif. Pour Marc Gricourt et ses soutiens, elle suppose d’accepter une majorité plus composite.


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