Tarot de Blois

[Tarot de Blois] Comment pratiquer le tirage en croix

Le tarot n’est pas seulement un jeu d’images. Mais il est d’abord cela, historiquement : un jeu, un ensemble de cartes, une construction iconographique apparue dans l’Europe de la Renaissance avant d’être, beaucoup plus tard, investi par les traditions divinatoires, occultistes, hermétiques, psychologiques et initiatiques. Il faut tenir ensemble ces deux vérités. Le tarot n’a pas besoin qu’on lui invente une origine fabuleuse pour devenir profond. Sa puissance vient précisément de là : d’un objet modeste, presque populaire, devenu au fil des siècles un miroir symbolique d’une rare complexité.

Avec le Tarot de Blois (à acheter exclusivement à la boutique Blois Capitale), cette profondeur se déplace encore. Les arcanes ne sont plus seulement des figures héritées d’une tradition européenne. Ils entrent en résonance avec une ville, une mémoire, des pierres, des degrés, la Loire, des façades, des passages, des figures de l’histoire et des seuils intérieurs. Le tarot devient alors une manière d’interroger non seulement une situation personnelle, mais aussi un rapport au lieu, au temps, aux cycles, aux forces invisibles qui travaillent une existence.

Parmi les méthodes les plus simples pour entrer dans cette pratique : le tirage en croix. Il est assez clair pour le débutant, assez profond pour l’initié. Sa forme même dit quelque chose : un axe horizontal, un axe vertical, un centre. La gauche et la droite, le haut et le bas, l’expansion et l’enracinement, l’obstacle et l’appui, le visible et le souterrain. Ce n’est pas seulement une disposition pratique. C’est une petite mandorle opérative, une architecture de lecture.

Le tirage en croix ne sert pas à arracher une réponse au destin. Il ne s’agit pas de demander au tarot de décider à notre place. Ce serait rabaisser les arcanes à une mécanique de prédiction. Les grands lecteurs symboliques du tarot, d’Oswald Wirth à Alejandro Jodorowsky, en passant par Papus, Éliphas Lévi ou, dans une approche plus psychologique, Sallie Nichols, ont chacun à leur manière considéré le tarot comme un langage d’images, d’analogies, de tensions et de révélations progressives.

Tarot de Blois

Une carte ne dit jamais seulement une chose. Le tarot ne remplace pas la pensée : il l’oblige à descendre plus bas, à monter plus haut, à regarder de côté. Dans cette perspective, le tirage en croix devient une méthode de clarification. Il ne prédit pas mécaniquement l’avenir. Il donne à voir une structure. Il met en relation une situation, une tension, une lumière, une racine et une synthèse. Il permet de comprendre non pas ce qui “va arriver” comme une fatalité, mais ce qui est déjà à l’œuvre.

Avant de commencer

Choisissez un endroit calme. On ne consulte pas les arcanes dans la même disposition intérieure que l’on consulte un écran. Le tarot demande une qualité de présence. Il faut accepter de ralentir. Mélangez les cartes sans précipitation. Ce geste n’est pas seulement technique. Il marque le passage entre le temps ordinaire et le temps symbolique. Dans les traditions initiatiques, le seuil compte autant que le temple. Ici, le seuil est simple : les mains, les cartes, la question. Formulez ensuite une question claire, précise, ouverte. Le tarot répond mal aux questions fermées, car son langage n’est pas celui du “oui” ou du “non”.

Le Tarot de Blois, avec ses 22 arcanes majeurs et sa carte additionnelle, se prête particulièrement à cette pratique via une kyrielle de symboles et de grandes figures de passage : commencement, choix, autorité, désir, renversement, rupture, tempérance, chute, illumination, accomplissement. Chaque arcane peut être abordé comme une porte, une étape, une épreuve, une chambre intérieure.

La disposition du tirage

Le tirage en croix se compose de cinq cartes. Chaque emplacement a une fonction précise. Disposez-les ainsi :

        3
   1    5    2
        4

La carte 1, à gauche, représente la situation.
La carte 2, à droite, représente l’obstacle ou la tension.
La carte 3, en haut, représente ce qui éclaire.
La carte 4, en bas, représente ce qui fonde.
La carte 5, au centre, représente la synthèse.

Il faut déjà observer la forme avant de lire les cartes. La croix n’est pas neutre. Elle met en relation deux axes. L’axe horizontal, de gauche à droite, montre le champ de la manifestation : ce qui est là, ce qui résiste, ce qui se présente dans le monde concret, relationnel, mental ou matériel. L’axe vertical, de bas en haut, montre la profondeur et la hauteur : ce qui fonde la situation, parfois dans le passé ou l’inconscient, et ce qui peut l’éclairer depuis un niveau plus vaste. Le centre n’est pas une simple conclusion. Il est le point de tension où les quatre directions se rencontrent.

Carte 1 : la situation

La première carte se place à gauche. Elle représente la situation de départ, le contexte général, ce qui est déjà là. Elle peut montrer l’énergie dominante du moment, l’état d’esprit, le climat dans lequel la question se pose. Ce n’est pas encore une réponse. C’est le sol du tirage. La carte 1 montre l’endroit où l’on se trouve, parfois mieux que celui qui interroge ne le sait lui-même. L’initié ne demande pas seulement : « Que signifie cette carte ? » Il demande : « Pourquoi cette figure vient-elle se placer ici, à cet endroit précis de la croix ? »

  • Un Bateleur dans cette position peut signaler un commencement, une initiative, une puissance encore disponible mais non organisée. Tout est sur la table. Les outils existent. Reste à savoir s’ils seront utilisés consciemment.
  • Une Papesse peut indiquer une situation en gestation, un secret, un savoir non encore formulé, une attente féconde. Elle peut dire : tout n’est pas encore visible, mais quelque chose se prépare.
  • Une Justice peut montrer qu’une mise au clair est nécessaire. Non pas seulement une justice extérieure, mais une exigence d’ajustement. Qu’est-ce qui est juste ? Qu’est-ce qui doit être tranché ? Où se trouve le déséquilibre ?

Carte 2 : l’obstacle ou la tension

La deuxième carte se place à droite. Elle indique ce qui résiste, ce qui complique, ce qui demande attention. Il ne faut pas la lire trop vite comme une carte négative. Dans un vrai tirage, l’obstacle est souvent un maître déguisé. Il peut s’agir d’une difficulté extérieure, d’un conflit, d’une peur, d’un attachement, d’une contradiction intérieure, d’un excès ou d’une énergie mal orientée. Parfois, l’obstacle n’est pas ce qui empêche d’avancer. Il est ce qui oblige à avancer autrement. C’est ici que la lecture devient intéressante pour les initiés : aucune carte n’est définitivement favorable ou défavorable. Tout dépend de sa place, de son orientation symbolique, de son rapport aux autres cartes. Le tarot ne parle pas par étiquettes. Il parle par relations.

  • La Maison Dieu, dans cette position, peut signaler qu’une structure ne tient plus. Quelque chose a peut-être été bâti trop vite, trop haut, trop verticalement. La carte ne dit pas seulement “effondrement”. Elle peut dire : libération par la rupture, vérité par la chute, sortie d’un enfermement.
  • Le Diable peut montrer un attachement, une dépendance, une fascination, une emprise, une illusion de pouvoir. Mais il ne doit pas être moralisé. Le Diable révèle aussi une énergie vitale, magnétique, souterraine. En obstacle, il demande : qu’est-ce qui me tient ? Qu’est-ce que je crois posséder alors que c’est peut-être cela qui me possède ?
  • La Tempérance elle-même, si elle apparaît en obstacle, peut signaler une conciliation excessive, une douceur qui évite le conflit, une tendance à vouloir harmoniser trop vite ce qui doit d’abord être nommé. Une carte douce peut devenir obstacle lorsqu’elle est utilisée pour fuir l’acte juste.

Carte 3 : ce qui éclaire

La troisième carte se place en haut. Elle représente l’aide, l’inspiration, l’idéal, la dimension supérieure de la situation. Elle indique ce qui peut éclairer la question, non nécessairement comme solution immédiate, mais comme niveau de conscience à atteindre. Cette carte répond moins à la question « que dois-je faire ? » qu’à une question plus subtile : « depuis quel plan dois-je regarder ? »

  • La Force, en haut, peut indiquer que la situation demande une maîtrise intérieure, non une domination extérieure. La vraie force ne brise pas. Elle apprivoise. Elle tient ensemble l’instinct et la conscience.
  • L’Étoile peut inviter à retrouver la confiance, la simplicité, le don, la nudité symbolique. Elle ne promet pas forcément un résultat spectaculaire. Elle montre une orientation : revenir à une source plus pure.
  • Le Soleil peut éclairer une voie de clarté, de réconciliation, de vérité partagée. Il peut dire que la solution passe par ce qui est visible, chaleureux, assumé, mis au jour.
  • Le Monde peut indiquer une vision plus vaste, une sortie du problème par élargissement du regard. La situation n’est peut-être pas à résoudre seulement à son propre niveau. Elle demande d’être replacée dans un cycle plus grand.

Carte 4 : ce qui fonde

La quatrième carte se place en bas. Elle renvoie aux racines de la situation : causes profondes, passé, mémoire, inconscient, fondation invisible. Elle montre ce qui soutient ou ce qui pèse. Cette position est parfois la plus importante du tirage. La carte du bas n’est pas toujours spectaculaire. Pourtant, elle explique souvent pourquoi la situation se présente ainsi. Elle est la cave, la crypte, la racine, la source souterraine. La carte 4 demande de descendre. C’est la position de l’archéologue intérieur. Elle oblige à ne pas confondre le symptôme et la cause.

  • Le Pendu, en bas, peut évoquer une immobilité ancienne, un sacrifice, une attente, mais aussi un changement de perspective qui n’a pas encore été accepté. Il ne dit pas seulement : « tu es bloqué ». Il peut dire : « tu ne verras rien tant que tu regarderas depuis l’ancien point de vue ».
  • La Lune peut signaler une peur diffuse, une mémoire familiale, une zone floue, une sensibilité extrême, un imaginaire puissant mais instable, quelque chose qui est caché. Elle invite à distinguer intuition et projection, vision et confusion.
  • L’Hermite peut montrer une longue maturation, une solitude fondatrice, une fidélité au temps lent. Il peut aussi signaler que la situation repose sur une prudence devenue excessive, ou sur une lumière gardée trop jalousement.
  • L’Impératrice, en bas, peut révéler une force créatrice ancienne, une fécondité qui cherche à prendre forme. Mais si elle est mal reliée au reste du tirage, elle peut aussi indiquer une dispersion mentale, une imagination brillante mais non incarnée.

Carte 5 : la synthèse

La cinquième carte se place au centre. Elle ne remplace pas les quatre autres : elle les rassemble. Elle est le point de condensation du tirage. Elle donne une direction, une compréhension globale, parfois une issue possible. Il faut la lire comme une synthèse vivante, non comme une sentence. Elle n’écrase pas les autres cartes. Elle les met en relation.

  • Si Le Chariot apparaît au centre, le tirage peut appeler une mise en mouvement, mais une mise en mouvement conduite. Le Chariot n’est pas la fuite en avant. Il suppose une direction, une tenue, une capacité à conduire des forces contraires.
  • Si Le Monde apparaît au centre, la situation peut appeler une forme d’accomplissement, d’intégration, d’unification. Le problème n’est peut-être plus de choisir un fragment, mais de comprendre l’ensemble.
  • Si Le Mat apparaît au centre, la synthèse peut être celle du départ, du saut, de l’inconnu assumé. Mais le Mat n’est pas seulement la liberté. Il peut être aussi l’errance si rien ne le relie à une conscience. Il faut alors regarder les autres cartes : le tirage invite-t-il à partir, ou montre-t-il une fuite ?
  • Si La Quintessence, carte additionnelle du Tarot de Blois, apparaît au centre, elle doit être lue avec une attention particulière. Elle ne vient pas seulement répondre à la question. Elle peut indiquer que la situation touche à un plan plus essentiel, plus dépouillé, plus difficile à nommer. Elle peut inviter à dépasser la lecture ordinaire des oppositions : réussite ou échec, gain ou perte, départ ou maintien. Elle pose une question plus radicale : qu’est-ce qui, derrière les formes, cherche à se révéler ?

Dans un tirage en croix, la carte centrale est donc moins une conclusion qu’un foyer. Elle est le lieu où les contradictions peuvent devenir connaissance.

Lire les relations plutôt que les cartes isolées

Le tirage en croix devient réellement profond lorsque l’on cesse de lire les cartes une par une. Il faut observer les axes.

Carte 1 et carte 2 : quel est le rapport entre la situation et l’obstacle ? L’obstacle est-il extérieur ou déjà contenu dans la situation de départ ? Par exemple, un Bateleur en 1 et une Maison Dieu en 2 peuvent indiquer qu’un commencement existe, mais qu’il risque de se construire trop vite, sans structure solide.

Carte 4 et carte 3 : quel lien entre la racine et la lumière ? La carte du bas nourrit-elle celle du haut, ou la contredit-elle ? Une Lune en bas et un Soleil en haut peuvent montrer un passage de la confusion à la clarté, de la peur diffuse à la parole assumée.

Carte 5 avec les quatre autres : la synthèse confirme-t-elle le mouvement du tirage ou le corrige-t-elle ? Un Chariot au centre après un Hermite en bas demande peut-être d’avancer, mais seulement après vérification. Un Mat au centre avec une Justice forte dans le tirage peut inviter à partir, mais pas sans régler ce qui doit l’être.

Il faut aussi observer les familles symboliques.

Y a-t-il beaucoup de cartes de mouvement : Le Mat, Le Chariot, La Roue de Fortune, Le Monde ?

Y a-t-il beaucoup de cartes d’intériorité : La Papesse, L’Hermite, Le Pendu, La Lune ?

Y a-t-il des cartes de rupture : L’Arcane sans nom, La Maison Dieu, Le Jugement ?

Y a-t-il des cartes d’équilibre ou de médiation : La Justice, La Tempérance, L’Étoile ?

Un tirage parle autant par ses répétitions que par ses contrastes. Il peut être ascendant, descendant, bloqué, tendu, fluide, contradictoire. Il peut montrer une poussée vers l’action contredite par une base inconsciente fragile. Il peut montrer une situation extérieure difficile mais portée par une grande lumière intérieure. C’est pourquoi l’interprétation ne doit jamais être automatique. Une liste de significations ne suffit pas. Le tarot exige une intelligence relationnelle.

Un exemple de lecture

Imaginons la question suivante : que dois-je comprendre de ce projet avant de m’engager davantage ?

Le tirage donne :

  1. Le Bateleur
  2. La Maison Dieu
  3. La Force
  4. L’Hermite
  5. Le Chariot

La situation de départ, avec Le Bateleur, montre un commencement. Quelque chose est possible. Les outils sont là, l’envie existe, l’élan est réel. Mais Le Bateleur n’a pas encore construit. Il dispose, il expérimente, il inaugure. Il est le seuil de l’action, non son accomplissement.

L’obstacle, avec La Maison Dieu, signale une fragilité structurelle. Le projet peut être menacé par une construction trop verticale, une ambition mal fondée, une précipitation, une certitude excessive. La Maison Dieu ne doit pas être lue seulement comme catastrophe. Elle est aussi révélation brutale de ce qui ne tient pas. Elle peut être salutaire si elle intervient avant l’effondrement réel.

En haut, La Force indique la voie d’élévation : maîtriser l’énergie sans l’écraser. Le projet ne demande pas moins de puissance, mais une puissance mieux conduite. Il ne faut pas forcer le passage. Il faut tenir la gueule du lion ouverte avec calme. Cette carte dit que l’instinct, le désir, la volonté, l’énergie vitale doivent être intégrés, non refoulés.

En bas, L’Hermite montre la racine profonde : ce projet a besoin de temps, d’examen, de solitude, de vérification. Quelque chose doit être éclairé lentement. L’Hermite porte une lampe, mais cette lampe n’éclaire pas tout l’horizon. Elle éclaire le prochain pas. Le tirage invite donc à ne pas confondre impatience et vision.

Au centre, Le Chariot donne la synthèse. Le mouvement est possible. Le tirage ne dit pas : « renonce ». Il dit : « prends les commandes ». Mais Le Chariot, ici, ne peut pas être lu comme une victoire immédiate. Il doit intégrer les quatre autres cartes : l’élan du Bateleur, l’avertissement de la Maison Dieu, la maîtrise de la Force, la lenteur lucide de l’Hermite.

La réponse pourrait donc être formulée ainsi : Le projet peut avancer, mais seulement s’il cesse d’être une impulsion pour devenir une conduite. Il faut consolider la structure, vérifier les bases, maîtriser l’énergie et accepter un temps de maturation. L’action juste n’est pas empêchée. Elle est différée jusqu’à ce qu’elle devienne réellement gouvernable. Le tirage ne prédit pas un succès ou un échec. Il montre les conditions d’un passage.

La place du Tarot de Blois dans cette pratique

Le Tarot de Blois ajoute une dimension particulière à cette lecture. Chaque arcane y porte non seulement une fonction symbolique, mais aussi une résonance locale, patrimoniale, presque tellurique. Blois est une ville de strates : ville royale, ville ligérienne, ville d’escaliers, de cours intérieures, de façades superposées, de reconstructions, de ruptures et de survivances. Cette mémoire convient profondément au tarot.

Le tirage en croix peut donc être lu comme une traversée de la ville intérieure.

La carte de gauche dit : où suis-je dans mon propre paysage ?
La carte de droite dit : quelle porte résiste ?
La carte du bas dit : quelle cave, quelle fondation, quelle mémoire travaille sous mes pas ?
La carte du haut dit : quelle fenêtre s’ouvre ?
La carte du centre dit : quel passage devient possible ?

Avec la carte additionnelle La Quintessence, le Tarot de Blois introduit un point singulier. Dans un jeu traditionnel de 22 arcanes majeurs, le parcours va du Mat au Monde, ou du Bateleur au Monde selon la manière dont on organise le chemin. La Quintessence ajoute un au-delà du cycle, non pour annuler les autres cartes, mais pour suggérer ce qui demeure derrière le voile des figures : le réel, l’unité, l’indicible, ce que les images approchent sans jamais l’épuiser.

Pour un initié, cette carte ne doit pas être utilisée comme une “super carte”. Elle ne domine pas les autres. Elle les traverse. Elle rappelle que le symbole n’est pas le terme du chemin. Il est un passage.

Conseils pour une pratique exigeante

Notez vos tirages. Datez-les. Écrivez la question exacte, les cartes sorties, leur position, puis votre lecture immédiate. Revenez-y quelques jours plus tard. Le tarot travaille souvent dans le temps. Une carte obscure au moment du tirage peut devenir limpide après un événement, une conversation, une prise de conscience.

Ne multipliez pas les tirages sur la même question. Recommencer parce qu’une réponse déplaît revient souvent à chercher non une clarification, mais une validation. Le tarot n’est pas là pour flatter l’attente. Il est là pour déplacer le regard.

Ne réduisez jamais une carte à un mot-clé. Les mots-clés sont utiles pour commencer, mais ils deviennent vite des prisons. La Maison Dieu n’est pas seulement “crise”. Le Diable n’est pas seulement “danger”. Le Pendu n’est pas seulement “blocage”. La Lune n’est pas seulement “illusion”. Chaque arcane possède une polarité, une profondeur, une fonction.

Regardez les détails. Les mains, les regards, les directions, les objets, les couleurs, les rapports de hauteur, les ouvertures, les fermetures. Une carte parle aussi par ce que l’on ne regarde pas d’abord.

Enfin, gardez une règle fondamentale : le tarot n’a pas vocation à décider à votre place. Il aide à voir, à relier, à formuler. Il ne supprime pas le libre arbitre. Il peut au contraire le rendre plus conscient.

Le tirage en croix n’est donc pas une petite technique de divination rapide. C’est une méthode de discernement. Il met une question en espace. Il lui donne une gauche, une droite, un haut, un bas, un centre. Il oblige à comprendre qu’une situation n’est jamais plate. Elle a une surface et une profondeur, une tension et une lumière, une mémoire et une possibilité. Le tarot ne dit pas seulement ce que l’on voudrait savoir. Il demande si l’on est prêt à connaître autrement.


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