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Une soirée joyeuse à la Galerie Wilson pour soutenir les clowns à l’hôpital de Blois

Mercredi 24 juin, à partir de 18h30, la Galerie Wilson accueillera une soirée festive et solidaire autour des clowns à l’hôpital de Blois. Portée par l’association L’Oiseau Lyre, cette action intervient depuis plus d’un an dans le service de pédiatrie du CH de Blois. La soirée, organisée jusqu’à 21h, permettra de dresser un premier bilan, de remercier les mécènes, de faire connaître le dispositif et de rappeler que cette présence auprès des enfants hospitalisés repose sur des financements à pérenniser.

Au programme : musique live, chant du monde, chant lyrique, mini-sketchs, témoignages de soignants, de parents et des clowns, projection de photos, mise en lumière des œuvres de la Galerie Wilson et possibilité de soutenir l’action par un don (lien ici). « Nous voulions quelque chose qui ne soit pas trop formel, explique Geneviève Emonet. Nous nous sommes dit : nous sommes des clowns, il faut marquer le coup, ne pas faire cela dans un lieu impersonnel, mélanger les arts, et avoir un prétexte à clowner ». À la Galerie Wilson, il sera donc autant question de bilan que de jeu, autant de reconnaissance que de fête.


Crédit photo: Estelle Lesur-Bourgeois / Hans Lucas – tous droits réservés – 2025

Un an de préparation avant d’entrer dans le service

Avant les premières interventions, il a fallu environ un an de préparation. Les clowns ont dû expliquer leur démarche, montrer leurs compétences professionnelles, se former, échanger avec des collègues expérimentés, travailler leurs costumes et construire une charte avec les soignantes. Il ne s’agissait pas seulement d’apporter de la légèreté, mais de s’assurer que cette légèreté trouve sa juste place dans le fonctionnement du service. « Ce n’est pas tout d’apporter quelque chose aux enfants. Il faut aussi que cela ne vienne pas perturber le fonctionnement du service et de l’hôpital », souligne Geneviève Emonet. Les clowns n’interviennent pas comme dans une salle de spectacle. Ils entrent dans des chambres, des couloirs, des salles d’attente, parfois au contact de situations douloureuses.

Le rôle d’Adeline Papon, cadre de santé du service de pédiatrie, a été déterminant. Geneviève Emonet la décrit comme « un pilier » du projet. Elle connaissait déjà ce type d’intervention et savait ce qu’elle pouvait apporter dans un service hospitalier. Elle a contribué à porter le projet auprès de l’administration, avec l’appui du service de pédiatrie. « Nous avons été très bien accueillis, dit Yann Lamesch, un des clowns. Vraiment, on nous a accueillis à bras ouverts là-bas. »

L’hôpital a donné son accord, sans accompagnement financier direct. La convention prévoit toujours que l’action puisse être interrompue si elle ne convenait pas au service. Mais aujourd’hui, les retours semblent aller dans l’autre sens. Les équipes souhaitent que cela continue. « Ils nous disent : “Vous en êtes où au niveau de vos financements ? Est-ce que c’est bon ? Parce que nous, nous ne voulons surtout pas que cela s’arrête” », rapporte Geneviève Emonet.

Six clowns, des duos et une présence régulière

L’équipe des clowns à l’hôpital de Blois est aujourd’hui composée de Jako, Juliette Mantrand, Geneviève Emonet, Fred Martin, Yann Lamesch et Esther Pereira. Au départ, ils étaient trois. Ils sont désormais six, ce qui permet d’élargir les possibilités de jeu, de multiplier les duos et d’apporter plus de souplesse dans les plannings. Les interventions ont lieu un lundi après-midi sur deux. L’objectif, à terme, serait d’intervenir chaque semaine. Pour l’instant, le rythme actuel permet déjà d’installer une régularité. « Quoi qu’il arrive, nous intervenons tous les quinze jours. S’il y a des jours fériés, parfois cela va tomber le 14 juillet ou le 25 décembre : nous sommes là », précise Jako.

Le fonctionnement en duo est important. Les trois clowns les plus anciens accompagnent les nouvelles recrues. Chaque artiste apporte son univers. La musique occupe une place centrale. « Il y a toujours un côté musical, explique Jako. Cela fait partie des piliers de nos interventions. Nous faisons en sorte qu’il y ait toujours au moins l’un ou l’une de nous qui ait un instrument de musique. » Le répertoire mêle berceuses, chants du monde, chansons plus rythmées. Les clowns répètent en amont et disposent de quelques séquences de jeu ou de sketchs, mais celles-ci restent secondaires. Le cœur de l’intervention se joue ailleurs : dans l’improvisation, dans l’adaptation à l’enfant, à la chambre, à l’atmosphère, à ce qui se présente.

L’enfant acteur

Les clowns à l’hôpital ne viennent pas faire un spectacle devant un enfant hospitalisé. Leur démarche repose sur l’improvisation et la relation. « C’est du sur mesure, avec l’enfant », explique Geneviève Emonet. « L’enfant n’est pas au spectacle : il est acteur. »

À l’hôpital, l’enfant subit beaucoup : les examens, les soins, l’attente, les horaires, les décisions des adultes. Le jeu vient lui rendre une part d’initiative. Les clowns entrent dans la chambre, observent l’ambiance, repèrent un dessin, un objet, un regard, un silence, puis tentent de tirer un fil. Si l’enfant le saisit, le jeu se construit avec lui. Il peut alors faire rire ses parents, commander les clowns, décider d’une direction, inventer une règle, challenger les artistes. Geneviève Emonet insiste sur cette dimension : « Commander les clowns, ils adorent ! » Certains enfants trouvent même dans le jeu une forme de défouloir. « Dans le clown, il y a aussi des rapports un peu de force ou de dispute. Pour certains enfants, c’est un exutoire de pouvoir se défouler avec l’un des clowns », dit-elle. Tout cela se fait évidemment dans le cadre du jeu, mais avec une portée réelle.

L’enfant peut aussi refuser. Et ce refus est respecté. « Ils ne peuvent pas dire non aux médecins. Ils ne peuvent pas dire non à leurs parents. Ils peuvent dire non aux clowns », souligne Geneviève Emonet. Dans ce cas, les clowns n’entrent pas. Le refus redonne à l’enfant un pouvoir simple, mais rare dans un contexte hospitalier : celui de décider.

Rire, calmer, consoler

Quand on parle de clowns, on pense d’abord au rire. Il est bien présent. Mais à l’hôpital, l’intervention ne se limite pas à faire rire. Elle peut servir à distraire, apaiser, consoler, accompagner un soin, alléger une attente ou simplement créer une présence moins médicale. En salle d’attente, les clowns peuvent faire des parades, chanter, détourner l’ennui, apporter de la légèreté à des enfants qui patientent depuis longtemps.

Geneviève Emonet évoque les interventions auprès de très jeunes bébés, parfois en néonatalogie, lorsque les clowns chantent à travers les vitres. Elle parle aussi de bébés tendus, installés dans les bras de leurs parents, qui s’apaisent peu à peu. « Le chant polyphonique à deux voix a un effet vraiment très efficace, quasiment systématique : l’enfant va s’arrêter de pleurer », dit-elle. Ces moments touchent aussi les parents. « Il y a des mamans qui pleurent de soulagement, tellement c’est dur, quand on est aux urgences depuis des heures et des heures, d’avoir un bébé qui pleure… » Yann Lamesch souligne l’intensité humaine de ces scènes : « Les relations sont un peu exacerbées. Il y a vraiment des relations humaines très fortes. Tout est un peu intensifié. » Les clowns, dit-il, « ne font que jouer », mais ce jeu devient parfois le support d’une émotion très dense.

Quand les soignantes viennent chercher les clowns

Avec le temps, les clowns ont trouvé une place dans le service. Ils ne remplacent évidemment pas les soignant·e·s. Mais ils peuvent aider au soin. Il arrive désormais que des soignant·e·s viennent les chercher lorsqu’un geste est difficile, qu’un enfant est très agité ou qu’un soin douloureux doit être réalisé. Geneviève Emonet se souvient d’une petite fille brûlée, accompagnée pendant un soin long, d’une demi-heure à trois quarts d’heure. Les clowns sont restés là, en jeu, en chant, en présence. « Nous nous regardions avec les soignantes, qui nous faisaient des petits pouces levés », raconte-t-elle.

La « relation avec les soignantes » s’est construite progressivement. Les clowns parlent volontairement de « soignantes », car comme le souligne Jako, le service est très majoritairement féminin : infirmières, aides-soignantes, internes. Avant chaque intervention, les clowns prennent « la météo » du service. Le service est-il chargé ? Les équipes sont-elles à cran ? Y a-t-il des tensions ? L’ambiance est-elle plus calme ? Cette attention permet d’ajuster leur présence. « Nous venons désordonner un peu tout cela, mais de façon très cadrée aussi. » Un « doux désordre », en somme, dans un univers où le cadre est indispensable.

Des clowns proches, légers, loin de l’image effrayante

Les clowns de l’hôpital de Blois ne ressemblent pas aux clowns très maquillés, aux grosses chaussures et aux visages figés. Leur esthétique est plus légère : un nez rouge, quelques accessoires, des sacoches d’où surgissent des objets, des détails dans les cheveux, une présence décalée mais proche. Ce choix tient au lieu. « Comme nous ne sommes pas sur scène, nous sommes vraiment proches des enfants. Nous n’avons donc pas besoin d’avoir une tonne de maquillage », explique Yann Lamesch. Un maquillage trop marqué pourrait au contraire inquiéter.

La peur des clowns existe d’ailleurs. Elle concerne parfois des enfants, mais aussi des adultes, souvent par crainte d’être mis en interaction. Jako le comprend très bien : elle dit elle-même détester qu’un clown vienne jouer avec elle lorsqu’elle n’en a pas envie. À l’hôpital, cette limite est essentielle. Les refus sont rares, mais ils existent. Geneviève Emonet évoque moins d’une dizaine de refus sur environ 1 000 personnes touchées.

Être clown à l’hôpital

Derrière l’apparente légèreté, l’intervention demande une vraie solidité professionnelle. Les artistes peuvent être confrontés à des situations difficiles. Il peut y avoir de la fatigue, de l’émotion, des chambres où quelque chose serre la gorge. Geneviève Emonet reconnaît que cela lui est déjà arrivé. Dans ces moments, la musique peut aider. Le personnage crée une distance. Il permet d’être là sans s’effondrer, de transformer l’émotion en présence, en jeu, en chant. Jako souligne l’importance du professionnalisme. Les artistes peuvent arriver avec leurs propres soucis, une mauvaise nouvelle, une fatigue, une humeur moins bonne. Mais à l’hôpital, il faut laisser cela de côté. « Nous ne sommes pas là pour nous, nous sommes là pour les autres, nous sommes là pour eux », dit-elle. La liberté du clown est aussi une ressource. Yann Lamesch insiste sur ce point.

Une action reconnue d’intérêt général… mais à financer

La soirée du 24 juin aura aussi une dimension très concrète : faire connaître l’action et trouver de nouveaux soutiens. L’association L’Oiseau Lyre est reconnue d’intérêt général. Les dons ouvrent droit à une déduction fiscale de 66 % pour les particuliers et de 60 % pour les entreprises. Le budget actuel permet d’intervenir un lundi après-midi sur deux. Il représente environ 15 000 euros par an. Pour passer à une intervention chaque semaine, il faudrait environ 30 000 euros par an. Ces chiffres seront présentés lors de la soirée, dans un souci de transparence. « Quand on est une association reconnue d’intérêt général, c’est important d’expliquer ce que nous avons fait de l’argent, combien nous avons collecté », souligne Geneviève Emonet.

L’argent sert d’abord à déclarer les artistes au cachet, « le minimum syndical », précise-t-elle, uniquement les jours d’intervention. Beaucoup de temps reste bénévole : recherche de financements, répétitions, préparation, coordination. Les frais de déplacement ou de repas ne sont pas remboursés. L’argent sert aussi à acheter du matériel de jeu.

Remercier les mécènes et en convaincre d’autres

Plusieurs soutiens ont permis à l’action de naître et de se maintenir : Phinia, premier mécène du projet, les Rotary, dont Blois Loire et Château, et Blois-Sologne, l’État via le FDVA, le Conseil départemental, le cabinet d’architecture LAAAB, JB Group, Saumet Expertise et Conseil, Bertin Peinture et la Fondation Caisse d’Épargne. Certains partenaires soutiennent déjà l’action pour la deuxième année consécutive. L’objectif est maintenant de trouver d’autres entreprises, particuliers ou mécènes prêts à accompagner le projet. La soirée à la Galerie Wilson servira donc à remercier, mais aussi à rendre visible une action qui, par nature, se déroule dans un espace peu accessible au grand public.

Un QR code permettra de faire un don sur place. Mais l’enjeu n’est pas seulement financier. « L’idée, ce n’est pas seulement de récolter des fonds. C’est aussi de faire connaître cette action », insiste Geneviève Emonet. Beaucoup de Blésois·e·s ignorent encore que des clowns interviennent à l’hôpital. La soirée du 24 juin aura donc plusieurs visages. Ce sera un moment festif, avec de la musique, des sketchs et des œuvres. Ce sera aussi un moment de bilan, après plus d’un an d’interventions dans le service de pédiatrie. Ce sera enfin un appel à faire durer cette présence discrète, régulière et désormais attendue.


Informations pratiques

Soirée anniversaire des clowns à l’hôpital de Blois
Mercredi 24 juin
De 18h30 à 21h
Galerie Wilson, Blois

Au programme : verre convivial, musique live, chant du monde, chant lyrique, mini-sketchs, œuvres d’artistes, témoignages de parents, de soignantes et des clowns, projection de photos, présentation du bilan, mise en lumière des mécènes et possibilité de soutenir l’action par un don.


Les clowns à l’hôpital de Blois en quelques chiffres

  • 6 clowns engagés : Jako, Juliette Mantrand, Geneviève Emonet, Fred Martin, Yann Lamesch et Esther Pereira.
  • Des interventions en duo.
  • Une présence un lundi après-midi sur deux.
  • 27 interventions en 2025, hors janvier et février.
  • Environ 1 000 personnes touchées au sens large : enfants, familles, soignantes..
  • Environ 15 000 euros nécessaires par an pour maintenir le rythme actuel.
  • Environ 30 000 euros nécessaires par an pour intervenir chaque semaine.
  • Dons déductibles à 66 % pour les particuliers.
  • Dons déductibles à 60 % pour les entreprises.

>> Faire un don pour soutenir l’action clowns à l’hôpital : helloasso.com/associations/association-l-oiseau-lyre/formulaires/1


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