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Albator, Capitaine Flam, Lupin, Saint Seiya, Goldorak… comment Blois mise sur ces héros pour faire bouger son centre-ville

Trente stickers, trente commerces, cinq univers cultes et 2 000 albums à compléter. Du 17 octobre au 22 novembre, Blois va transformer son centre-ville en terrain de collection autour de Goldorak, Albator, Capitaine Flam, Lupin et Saint Seiya. Derrière le jeu gratuit imaginé avec bd BOUM, les éditions Kana et les Vitrines de Blois, l’ambition va beaucoup plus loin : faire circuler les habitants, pousser des portes qu’ils ne poussent pas d’habitude et profiter de la puissance de ces héros populaires pour ramener du monde dans les rues à l’approche de Noël.


À première vue, l’affaire tient dans un album et quelques vignettes autocollantes. On récupère le premier, on cherche les suivantes et l’on tente de remplir les trente emplacements. Une mécanique connue de tous ceux qui ont un jour échangé des images dans une cour d’école. À Blois, elle prendra pourtant une dimension inhabituelle. Pour compléter l’album, impossible d’acheter une pochette contenant cinq stickers au hasard. Il faudra se déplacer. Un commerce, une image. Puis un autre commerce, une autre image. Et ainsi de suite jusqu’à avoir parcouru une bonne partie du centre-ville.

L’opération se déroulera du 17 octobre au 22 novembre 2026. Trente stickers ont été créés à partir de cinq univers : Goldorak, Albator, Capitaine Flam, Lupin et Saint Seiya, à raison de six par série. Chaque commerce participant recevra un seul modèle, tiré à 2 000 exemplaires. Au total, jusqu’à 60 000 stickers pourront donc être distribués. En face, la Ville met en circulation 2 000 albums collectors, gratuits eux aussi (voir ci-dessous). Aucun achat ne sera nécessaire pour obtenir une vignette.

album Goldorak

Sur le papier, c’est une chasse au trésor. Dans l’album, le scénario va même jusqu’à expliquer que les trente stickers ont été dérobés par le petit-fils d’Arsène Lupin. Dans les faits, le parcours a été pensé pour conduire les participants directement chez les commerçants.

L’idée commence avec l’escalier Denis-Papin

Le projet remonte au printemps. Benoît Colin, directeur de la communication de la Ville de Blois, raconte ce moment où, chaque année, les partenaires commencent à réfléchir à ce qu’ils pourraient imaginer de différent autour du festival. Une expérience avait laissé de bons souvenirs : celle menée avec l’univers de Stan Manoukian. À l’époque, trente monstres avaient été répartis dans le centre-ville sous la forme d’un jeu de cartes. Il fallait déjà aller les chercher, commerce après commerce. Le principe avait attiré du monde dès les premiers jours.

Lorsque le prochain habillage de l’escalier Denis-Papin a commencé à se dessiner, le rapprochement s’est fait naturellement. Cette fois, le décor serait consacré à Goldorak, avec une création de Denis Bajram. Les discussions avec les éditions Kana ont alors ouvert une possibilité beaucoup plus large. « On a eu l’opportunité de faire un album Panini entre guillemets », résume Benoît Colin. L’idée était trouvée : partir du personnage installé sur l’escalier et étendre le jeu à plusieurs licences cultes.

Goldorak sur Denis-Papin attire l’œil ; les stickers conduisent dans les commerces ; bd BOUM prolonge l’histoire avec les auteurs et les rencontres du festival. Même si l’association reconnaît que son histoire et sa culture sont à la base davantage ancrées dans la bande dessinée franco-belge. Ainsi, le dimanche 22 novembre à 11 heures, le festival prévoit une rencontre autour de cette collection avec Jérôme Alquié, Denis Bajram, Xavier Dorison et José Luis Munuera.


Derrière trente petites images, des licences qui traversent les frontières

Une vignette de Goldorak, Albator, Saint Seiya ou Lupin ne s’imprime pas comme une photo libre de droits. Le projet a demandé plusieurs mois précisément parce que les œuvres appartiennent à des univers éditoriaux différents et que les validations ne s’arrêtent pas à la France. Jusqu’aux ayants droit japonais, souligne Bruno Génini, directeur de bd BOUM. Le calendrier n’avait donc rien de confortable. Commencer au printemps était presque une nécessité.

Si Goldorak, Albator et Capitaine Flam ont marqué la fin des années 1970 et les années 1980, ils ont continué à vivre. Ils ont été repris, réinterprétés et confiés à des auteurs actuels. La collection « Classics » de Kana s’est précisément construite autour de cette idée : proposer de nouvelles créations à partir de licences emblématiques du manga et de l’animation.

Entrer pour un sticker, revenir pour un cadeau

Du côté des Vitrines de Blois, le projet a très vite trouvé son public du côté des commerçants. Laura Julien, chargée de l’animation de l’association, estime qu’environ quinze commerces supplémentaires auraient pu être ajoutées. Les trente adresses ont été pensées pour éviter de concentrer entièrement le jeu sur quelques rues. La grande majorité se trouve naturellement dans l’hypercentre, mais le parcours descend également vers Blois-Vienne, remonte du côté de la Garenne ou s’étend vers l’avenue du Maréchal-Maunoury. Laura Julien insiste notamment sur cette idée : faire traverser le pont, emmener vers des endroits où le participant ne serait peut-être pas allé spontanément. La carte imprimée dans l’album a donc une fonction très concrète. Elle organise une promenade commerciale.

Le choix des dates mérite également un focus. Le jeu commence le samedi 17 octobre, à l’entrée des vacances d’automne, et s’achève le 22 novembre, au dernier jour de bd BOUM. Il se termine surtout quelques jours avant le Black Friday et juste avant le mois de décembre. Ce calendrier est calibré pour le commerce de centre-ville. « Pendant tout ce mois, les gens vont rentrer dans les boutiques, vont potentiellement découvrir des commerces qu’ils ne connaissaient pas », explique Laura Julien. Exemple : une personne vient chercher une vignette. Elle découvre une boutique. Elle regarde ce qui s’y vend. Quelques semaines plus tard arrivent les cadeaux de Noël. Elle se souvient peut-être de l’adresse.

L’objectif n’est pas que chaque sticker provoque un achat immédiat. L’opération est même explicitement sans obligation d’achat. Elle cherche plutôt à provoquer une première rencontre, une idée de cadeau. Laura Julien voit aussi un autre avantage à terminer avant décembre. Durant les semaines les plus importantes de l’année, un commerçant a besoin de temps pour conseiller ses clients. Une chasse aux stickers en plein rush de Noël risquerait de créer du passage sans forcément créer de chiffre d’affaires, au moment où les boutiques sont déjà très sollicitées. Octobre et novembre offrent davantage d’espace pour jouer ce rôle de découverte.

Le jeu arrive dans un centre-ville qui connaît de vraies difficultés

Cette ambition commerciale ne tombe pas dans un centre-ville exactement serein. Loin de là. Le taux de vacance commerciale atteint 12,9 % avec 85 commerces fermés. Sur une partie de la rue du Commerce, le taux monte à 28,8 %, avec treize cellules vacantes. Et d’autres fermetures sont annoncées. Claire Molliere, adjointe chargée de l’économie de proximité et référente du quartier Centre, ne cherche d’ailleurs pas à présenter les héros japonais comme une solution miracle. « On sait qu’on a des commerces qui ont des difficultés, notamment dans l’hypercentre », dit-elle. Et l’élue pose elle-même la limite de l’exercice : l’initiative ne va pas « changer le visage du cœur de ville en un claquement de doigts ».

La chasse aux stickers prend place parmi plusieurs leviers : animation, événements, stationnement, accessibilité, tourisme, travail avec les commerçants. Depuis septembre, la Ville a par exemple étendu la zone bleue et porté sa durée à trente minutes sur plus de 200 places ; la première heure reste gratuite dans les trois parkings souterrains municipaux et un chèque remis par certains commerçants permet d’atteindre deux heures de gratuité. Pour Claire Molliere, ces dispositifs poursuivent le même objectif : augmenter la fréquentation du cœur de ville. « On a un enjeu à ce que les Blésois, les habitants de l’agglomération et les visiteurs extérieurs puissent déambuler au-delà des espaces d’exposition et venir vraiment pousser la porte de nos commerces », résume l’élue.

Escalier Goldorak
Photomontage à partir d’une photographie de l’escalier Denis-Papin et du visuel du futur habillage consacré à Goldorak, signé Denis Bajram d’après l’œuvre de Go Nagai. | Copyright Go Nagai / Dynamic Planning

L’escalier Denis-Papin comme énorme panneau d’appel

C’est ici que Goldorak prend toute sa place. L’habillage de l’escalier Denis-Papin [lire ici] constituera la partie spectaculaire du dispositif, susceptible d’ « événementialiser » le centre-ville, de créer une forme de happening et de produire une image reprise. Claire Molliere parle d’un « retentissement national et même international ». Et si les 2 000 albums partent trop vite ? Un premier point doit être réalisé après une quinzaine de jours. Si le stock fond beaucoup plus rapidement que prévu, une réimpression est envisagée.

Les 30 commerces partenaires

  1. Daedalus Escape Game, 81 rue de la Garenne ; La Maison des Parapluies, 2 rue des Fossés-du-Château ; L’Hartmonie, 29 rue Saint-Lubin ; Goût du Jeu, 27 rue des Violettes ; Hostaria Del Re, 18 place du Château ; O’Château, 1 rue de la Voûte-du-Château ; Espace Culturel E.Leclerc, 12 rue Porte-Côté ; L’Atelier des Sportifs, 5 rue Porte-Côté ; Agence TUI, 3 rue Porte-Chartraine ; Cookie Crush, 37 rue Porte-Chartraine ; Les Frères Toastés, 20 rue du Palais ; Havas Voyages, 53 rue Denis-Papin ; Entre vous & Blois, 59 rue Denis-Papin ; Quatre May, 63 rue Denis-Papin ; Caroll, 63 rue du Commerce ; Au Bon Laboureur, 3 rue Pardessus ; Max Vauché, 50 rue du Commerce ; Passadena, 35 rue du Commerce ; Clyde, 2 rue des Trois-Clefs ; Optique Lafayette, 40 rue du Commerce ; Eldorada, 7 rue Saint-Martin ; Les Marches Créatives, 3 rue Saint-Martin ; Cabane à Jouets, 18 rue du Commerce ; Maison IMUA, 15 rue du Commerce ; Draco Geek Shop, 16 rue du Commerce ; Pinato Opticien, 16 rue Denis-Papin ; La Passion du Fromage, 6 quai Villebois-Mareuil ; La Collab, 12 avenue du Président-Wilson ; AXA Chene Drubert Braud, 9 rue du Père-Brottier ; Ludotrotter, 28 avenue du Maréchal-Maunoury.

En pratique. La chasse aux stickers se déroulera du 17 octobre au 22 novembre 2026. L’album pourra être retiré gratuitement à l’accueil de l’Hôtel de Ville du mercredi 14 octobre au vendredi 20 novembre, et à la Maison de la bd du mercredi 14 au samedi 31 octobre. Chaque commerce distribue un seul des trente modèles, sans obligation d’achat.


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