Comment tirer les cartes du Tarot de Blois ?
Le Tarot de Blois se tire avec les 22 arcanes majeurs. Avant de commencer, il faut surtout poser une vraie question. Pas forcément une grande question mystique, mais une question nette, formulée simplement, sans chercher à obtenir à tout prix la réponse que l’on espère déjà.
On mélange les cartes lentement, en gardant cette question en tête. Quand le geste semble terminé, on coupe le jeu, puis on reconstitue le paquet. Le tirage peut alors commencer.
Tirage d’éclairage
Pour une réponse rapide, on peut tirer une seule carte. Elle donne le ton de la situation : ce qui domine, ce qui pèse, ce qui demande à être regardé. Il ne faut pas la lire comme une sentence, mais comme une indication. Une carte difficile peut montrer une tension utile, une rupture nécessaire, une vérité qu’on évite. Une carte favorable peut indiquer une ouverture, mais aussi une responsabilité à prendre.
Le tirage en trois cartes permet d’aller plus loin. La première carte montre ce qui précède la situation, son origine ou son arrière-plan. La deuxième indique ce qui agit maintenant. La troisième suggère l’évolution possible, si les choses suivent leur cours.
L’interprétation ne doit pas se limiter au nom de la carte. Il faut regarder l’image : les gestes, les regards, les directions, les couleurs, les bâtiments, les ouvertures, les ombres, les symboles. Dans ce tarot, la réponse vient autant de la scène que de l’arcane lui-même.
Les cartes renversées ne sont pas indispensables. On peut très bien tirer toutes les cartes à l’endroit. Chaque arcane porte déjà sa part claire et sa part obscure.
Après le tirage, il vaut mieux laisser les cartes reposer un instant sous les yeux. Une réponse trop vite expliquée perd parfois sa force. Le Tarot de Blois donne une orientation, un éclairage, une manière de mieux comprendre ce qui se joue. Il n’enferme pas l’avenir. Il aide à lire le moment.
Notice initiatique du Tarot de Blois
Le Tarot de Blois peut être utilisé comme un éclairage sur son chemin de vie. Dans cette approche initiatique, les cartes ne servent pas seulement à interroger une situation : elles permettent d’observer une étape du parcours humain, une évolution de conscience.
Les 22 (+1) arcanes majeurs composent une traversée symbolique, et un dévoilement. Chaque carte représente une expérience fondamentale : le commencement, le choix, l’épreuve, la chute, la connaissance, la rupture, la reconstruction, l’accomplissement. Le tirage devient alors une manière de situer où l’on se trouve dans ce chemin.
Avant de commencer, il est préférable de s’installer dans le calme. Là aussi la question n’a pas besoin d’être compliquée, mais elle doit être sincère. Le Tarot de Blois répond plus clairement lorsqu’il accompagne une recherche réelle : comprendre une période de changement, traverser une difficulté, sortir d’une impasse, retrouver une direction ou mieux saisir ce qui se transforme intérieurement.
Mélangez lentement les 22 arcanes majeurs en gardant cette réflexion à l’esprit. Lorsque le moment semble juste, coupez le jeu avec la main gauche puis reformez-le. Le tirage initiatique peut se faire en cinq cartes.
La première représente l’origine du chemin actuel : ce qui a conduit à la situation présente, consciemment ou non.
La deuxième montre l’épreuve à traverser. Elle désigne souvent une tension, une peur, une limite ou une habitude qui empêche d’avancer pleinement.
La troisième carte correspond au cœur de la transformation. Elle révèle ce qui cherche à changer, ce qui doit être abandonné ou ce qui commence à émerger.
La quatrième éclaire la compréhension à atteindre. Elle montre le regard nouveau ou la prise de conscience nécessaire pour franchir l’étape en cours.
La cinquième carte indique l’accomplissement possible du mouvement engagé. Elle ne décrit pas une destinée figée, mais un équilibre vers lequel la situation peut tendre.
Dans cette lecture, les cartes doivent être observées dans leur ensemble. Les correspondances entre les symboles, les regards, les directions, les architectures, les couleurs et les contrastes sont aussi importants que les arcanes eux-mêmes. Une carte de rupture ne signifie pas forcément une destruction négative ; elle peut annoncer une libération, une mutation ou la fin d’un cycle devenu stérile.
Les lettres hébraïques présentes sur les cartes évoquent les chemins séphirotiques de la tradition kabbalistique. Elles relient les arcanes majeurs aux différents passages de l’Arbre de Vie, où chaque chemin correspond à une expérience de transformation, de connaissance ou d’évolution intérieure. Dans le Tarot de Blois, ces lettres rappellent que chaque arcane représente un passage entre plusieurs états de conscience et une circulation entre les différents plans de l’existence.
Le Tarot de Blois n’a pas vocation à donner des certitudes. Il accompagne une lecture du chemin et des forces qui façonnent une existence. Certaines réponses apparaissent immédiatement. D’autres demandent du temps avant de révéler pleinement leur sens.
Notice hermétique du Tarot de Blois
Le Tarot de Blois n’a donc pas été conçu comme un simple jeu de cartes. Et si on ose, on découvre qu’il repose aussi sur une idée simple : le réel possède plusieurs niveaux de lecture.
La réalité, c’est ce qui est constaté, mesuré, raconté, organisé par les faits : une rencontre, une rupture, une décision, un retard, un conflit, une réussite, une perte. Le réel, lui, est plus profond. Il n’est pas seulement ce qui arrive. Il est ce qui travaille sous ce qui arrive.
Derrière les faits visibles, les désirs, peurs, répétitions, déséquilibres, mouvements intérieurs, structures invisibles, se trouvent des correspondances cachées, oubliées.
L’hermétisme part de là. Il considère que le monde n’est pas un chaos absurde, mais un ensemble d’éléments reliés entre eux. Le dedans répond au dehors. Le haut est comme le bas. Le « et » se substitue au « ou ». Certaines rencontres, certains événements surgissent au moment exact où une transformation devient nécessaire. Les mêmes situations reviennent jusqu’à ce qu’elles soient comprises autrement.
Le Tarot de Blois ne prétend pas expliquer l’univers. Il propose plutôt un langage pour le connaitre différemment.
Les 22 arcanes majeurs sont les signes de ce langage. Ils ne forment pas une collection d’images mystérieuses, mais une grammaire. Chacun donne une forme visible à une tension du réel : commencement, choix, pouvoir, désir, effondrement, attente, révélation, passage, accomplissement.
Le Mat n’est pas seulement celui qui marche. Il est le point où le clairvoyant accepte de quitter ses sécurités, d’avancer sans garantie, et de faire confiance à ce que le chemin révélera. Le Bateleur n’est pas seulement le début d’une action. Il est l’instant où une force encore dispersée cherche ses outils, son geste, sa parole. La Papesse ne montre pas seulement le secret : elle garde ce qui n’est pas encore prêt à être livré. L’Empereur bâtit, fixe, ordonne, mais il rappelle aussi que toute structure peut devenir prison lorsqu’elle oublie le mouvement.
Dans cette lecture, aucune carte ne se réduit à un mot-clé, et son inverse n’est jamais loin. L’Amoureux ne parle pas d’amour, mais du désir, de l’épreuve du choix, du moment où l’être ne peut plus rester intact dans l’indécision. Le Chariot ne célèbre pas la victoire : il interroge la direction, la maîtrise, la capacité à tenir ensemble des forces contraires. L’Hermite n’est pas forcément la solitude : il est le retrait nécessaire pour voir ce que le bruit du monde rend illisible.
La Roue de Fortune rappelle que tout tourne, revient, bascule. Elle désigne ces cycles que l’on croit subir, alors qu’ils révèlent souvent une loi plus ancienne : lorsque le monde tourne, il faut se tenir dans l’axe. La Force montre que la puissance véritable n’écrase pas : elle gouverne l’instinct sans le nier. Le Pendu suspend l’action pour déplacer le regard. XIII ne détruit pas par goût de la destruction : il coupe ce qui n’a plus de vie. La Tempérance remet en circulation ce qui était séparé.
Le Diable oblige à regarder les chaînes. Non celles que l’on dénonce facilement chez les autres, mais celles que l’on entretient soi-même : attachements, dépendances, pactes silencieux avec la peur, le pouvoir ou le désir. La Maison Dieu ne dit pas seulement la chute. Elle montre le moment où une construction ne peut plus tenir. La Lune fait remonter les images troubles, les mémoires anciennes, les illusions persistantes. Le Soleil expose. Le Jugement appelle. Le Monde rassemble.
Tirer les cartes consiste à comprendre où se situe le nœud d’une situation.
Le Tarot de Blois se consulte avec les 22 arcanes majeurs parce qu’ils donnent accès aux grandes forces qui organisent une situation. Ils ne décrivent pas les détails ordinaires du quotidien. Ils montrent ce qui commande en profondeur. Une seule carte peut suffire. Il faut regarder l’image : le personnage, sa posture, son geste, les couleurs, les symboles, l’environnement, l’arrière plan, ce qui enferme ou ce qui ouvre.
Dans le Tarot de Blois, l’architecture fait partie de la réponse. Une porte indique un passage possible. Un mur peut signaler une limite. Une tour peut montrer une construction mentale, sociale ou spirituelle. Un pont relie deux états. Un escalier indique une montée, une descente ou une étape à franchir. La Loire, lorsqu’elle apparaît, renvoie au mouvement, à la mémoire, au passage du temps et à ce qui circule malgré les résistances. Et bien plus encore.
Le tirage montre un état du réel. À partir de là, quelque chose peut être compris, révisé ou transformé. Il ne dit pas : voilà ce qui sera. Il demande : vois-tu vraiment ce qui est déjà là ? Le Tarot de Blois ne sert pas à prédire la réalité. Il sert à approcher le réel.