Violences sexistes et sexuelles : rassemblement samedi à Blois pour une loi-cadre intégrale

Un rassemblement contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants est organisé samedi 4 juillet 2026, à 14h, devant la préfecture de Blois. Il s’inscrit dans une mobilisation nationale pour l’adoption d’une loi-cadre intégrale, portée par une coalition féministe et enfantiste qui demande à la fois un texte ambitieux et des moyens budgétaires. À Blois, le rendez-vous est fixé samedi. Plusieurs organisations locales appellent à la mobilisation. Figurent notamment Solidaires, la FSU, Nous Toutes 41, la CGT Loir-et-Cher, le Collectif féministe 41 et le Planning familial 41.
Cette mobilisation locale prolonge un précédent rassemblement organisé à Saint-Aignan, lundi 29 juin, par la coordination féministe départementale. Dans son appel, celle-ci estimait qu’« une brèche s’ouvrait » après la décision du Premier ministre d’inscrire la proposition de loi intégrale à l’agenda parlementaire, tout en appelant à « transformer les annonces en actes ». L’enjeu, pour les organisations mobilisées, est que le texte ne soit pas réduit à une réponse uniquement répressive, mais conserve une approche globale : prévention, protection des victimes, justice, réparation et lutte contre la récidive.

La journée du 4 juillet entend être une « grande marche citoyenne » organisée partout en France. Cette mobilisation s’est structurée autour d’une coalition féministe et enfantiste réunissant 150 associations, ONG et syndicats.
Le texte auquel se réfèrent les manifestantes et manifestants existe déjà : il s’agit de la proposition de loi n°2169, déposée à l’Assemblée nationale le 2 décembre 2025. Elle vise à lutter « de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants » et a été renvoyée à la commission des lois. La séquence politique s’est accélérée fin juin.
Le 23 juin 2026, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que l’Assemblée pourrait se saisir du texte en commission en septembre, avant un examen en séance au début du mois d’octobre, avant le budget. Il a toutefois précisé que la proposition de loi comprend 78 articles, dont une partie relève selon le gouvernement du domaine réglementaire, d’autres textes en cours ou de mesures nécessitant un travail juridique complémentaire.
Pour les associations, cette annonce constitue une victoire d’étape, mais pas une garantie. La Fondation des Femmes insiste sur la nécessité de préserver l’ambition initiale du texte et d’y associer des moyens. La coalition demande notamment 3 milliards d’euros pour renforcer la prévention, la protection, les soins, les enquêtes, la justice et l’accompagnement des victimes.
Les revendications portent aussi sur l’application effective de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, le renforcement des moyens de la justice, des forces d’enquête et de la protection de l’enfance, la formation obligatoire des professionnels, le repérage des mineurs en danger, le remboursement des soins liés au psychotraumatisme et la lutte contre les contenus pédocriminels. Ces axes figurent dans la pétition nationale déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale.
Les chiffres publics rappellent l’ampleur du phénomène. En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles, en hausse de 8 % par rapport à 2024 ; 76 200 étaient mineures, soit 58 % des victimes enregistrées. Pour les femmes majeures, les données officielles estiment à 277 000 le nombre de victimes de viols, tentatives de viol ou agressions sexuelles en 2023 ; seules 7 % déclarent avoir déposé plainte.
Du côté des enfants, la CIIVISE rappelle que 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, et que 5,4 millions de femmes et d’hommes adultes en ont été victimes dans leur enfance. Ces données donnent tout son sens à la demande d’une réponse « intégrale ».
À Blois, comme ailleurs, le rassemblement de samedi veut donc maintenir la pression jusqu’à l’examen parlementaire annoncé à l’automne. Pour les organisations féministes et syndicales mobilisées, l’enjeu est double : obtenir une loi réellement globale et garantir qu’elle soit accompagnée d’un budget suffisant. Sans moyens, rappellent-elles, une loi-cadre resterait largement symbolique.

