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Du Bourg-Neuf à Porte-Chartraine : le GRIFE ouvre une nouvelle page de son histoire

Le Groupe de recherche, d’initiation et de formation esthétique (GRIFE) a inauguré, ce lundi 21 septembre, ses nouveaux locaux au 38 rue Porte-Chartraine. Derrière ce changement d’adresse, il y a plusieurs mois de déménagement, une forte mobilisation des adhérents et une réorganisation des ateliers. Fondé en 1977 dans le prolongement d’expériences artistiques menées dès le début des années 1970 à Blois, le GRIFE s’apprête désormais à fêter un demi-siècle d’existence.

Les cartons ont disparu. Les ouvrages remplissent déjà les rayonnages, quelques bustes dominent la bibliothèque et les travaux des ateliers ont trouvé place dans le décor. Au 38 rue Porte-Chartraine, derrière une large vitrine donnant directement sur la rue, le GRIFE a retrouvé un lieu où dessiner, peindre et graver.

38 rue Porte-Chartraine

« Tout doucement, nous nous implantons au 38 »

Lundi soir, l’association y inaugurait officiellement sa nouvelle adresse autour d’Anne-Marie Piaulet, l’élu Malik Boufatah ou encore Christophe Degruelle, président d’Agglopolys. L’installation est d’abord le résultat de plusieurs mois très concrets. Il a fallu vider le 17 rue du Bourg-Neuf, trier, emballer, transporter le mobilier et le matériel. Et notamment les presses à gravure, qui ne se déplacent pas comme quelques chevalets. « Là se mettent en place chaque semaine les petits groupes qui ont la responsabilité du tri, de la confection des cartons, et ensuite des chargements dans les camions », raconte Anne-Marie Piaulet. Dans le quartier, le ballet des véhicules n’est d’ailleurs pas passé inaperçu. « Les gens de Bourg-Neuf me disent : “Ah ben, c’est une noria !” » Entre mars et juin, Anne-Marie Piaulet chiffre à plus d’une soixantaine le nombre de personnes mobilisées autour de ce transfert. « Ils ont eu à cœur d’apporter leur aide pour que l’aventure se poursuive. Et c’est vraiment extrêmement touchant de sentir qu’il y a ce soutien. » Les objets, les livres, les œuvres et le matériel ont peu à peu rejoint Porte-Chartraine. « Tout doucement, nous nous implantons au 38 », résume-t-elle.

Grife Blois

Un autre espace, d’autres ateliers

Changer de local a aussi amené le GRIFE à revoir son organisation. Le nouvel espace ne reproduit pas celui de Bourg-Neuf. Des adhérents ont proposé de prendre en charge de nouvelles activités. Un atelier destiné aux enfants est désormais animé par Camille, Sylvie travaille davantage sur les bases de l’apprentissage artistique et Jean-Marie a ouvert un atelier consacré au pastel. D’autres propositions viennent compléter les pratiques déjà installées.

Anne-Marie Piaulet résume assez précisément ce que le GRIFE veut faire du 38 rue Porte-Chartraine : « C’est un lieu très différent de celui de la rue du Bourg-Neuf. C’est un lieu pour dessiner, peindre, graver, imprimer, mais aussi un espace où la documentation accompagne tous les instants. » Les nombreux livres et dossiers qui occupent une partie importante des rayonnages appartiennent à cette conception de l’atelier : pratiquer, mais aussi regarder, chercher, confronter son travail à d’autres œuvres et à d’autres techniques.

Grife Blois

Présent lors de cette inauguration, Christophe Degruelle a défendu la place de ces pratiques dans la formation et dans la vie quotidienne. « Le droit à la beauté, le droit aux arts plastiques, à la peinture, à la gravure, au dessin, il faut le défendre. Quelquefois, ce sont des disciplines qui sont un peu oubliées dans le cursus scolaire. Et quand il y a des initiatives associatives comme les vôtres, on doit être à vos côtés. »

Le président de l’agglomération a ensuite quitté le registre institutionnel pour raconter son propre rapport aux arts plastiques. Il a commencé par un souvenir de collège. À l’époque, dit-il, on parlait encore de « professeur de dessin ». Le sien avait une formule destinée à mettre les élèves en confiance : « Qui peut peu, peut mieux. » Une manière, selon lui, de désamorcer ce que peut avoir d’intimidant le fait de créer. Il évoque ensuite une phrase de Marcel Duchamp qui l’accompagne depuis longtemps : « C’est le regardeur qui fait l’œuvre. » Pour Christophe Degruelle, elle dit quelque chose d’essentiel de la relation à l’œuvre : chacun y entre avec son propre regard, qui peut différer de celui de l’artiste comme de celui de son voisin. Enfin, il cite l’historien de l’art Daniel Arasse et son livre On n’y voit rien. Trois références très différentes qu’il relie à une même idée : ne pas se laisser intimider, accepter de ne pas tout comprendre immédiatement et construire son propre rapport à l’art.


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