Finances, théâtre, vélo… les dossiers du prochain conseil municipal
À quelques jours du conseil municipal du lundi 22 juin 2026, Marc Gricourt a présenté, lors d’un point presse, les principales délibérations qui doivent être soumises aux élus. L’ordre du jour est dense, parfois très technique, mais plusieurs dossiers peuvent attirer l’attention : les finances de la Ville, le coût du futur théâtre, la transformation de Saint-Vincent, la reconquête d’un immeuble du quai Abbé-Grégoire, la sécurisation cyclable du pont Mitterrand. Ou encore la préparation d’un futur « plan sport ». Derrière les tableaux budgétaires, les avenants et les comptes rendus annuels, une ligne politique se dessine : la municipalité veut continuer à investir, quitte à assumer une dégradation mesurée de certains indicateurs financiers, mais sans perdre la maîtrise de sa trajectoire. C’est, en substance, le message porté par Marc Gricourt avant cette séance de début de mandat.
Une situation financière que le maire juge maîtrisée
Le premier bloc important concerne les finances. Le conseil municipal doit examiner le Compte financier unique 2025. Pour Marc Gricourt, l’exercice témoigne d’une situation stable. « C’est même un peu mieux », glisse Marie-Hélène Hamelin, la directrice générale des services. La Ville veut montrer qu’elle conserve une capacité à investir. Marc Gricourt met notamment en avant le niveau d’investissement réalisé : « Sur l’investissement, on réalise plus de 19 millions d’euros, ce qui est très important, parce que depuis des décennies, on était plutôt sur une moyenne de 14 ou 15 millions. Donc là, il y a un bond. »
L’investissement public sert à entretenir, transformer ou créer des équipements, mais aussi à irriguer l’économie locale. « Cela démontre l’utilité d’investir pour la collectivité, et puis derrière, on le répète toujours, c’est aussi du soutien aux entreprises, majoritairement aux entreprises locales », a-t-il insisté. « Et c’est du soutien à l’emploi ».
La dette se situe autour de 44 millions d’euros, mais elle était de 67 millions lors de l’arrivée à la mairie, en 2008, de Marc Gricourt. Pour autant, l’édile prépare les esprits à une possible évolution dans les prochaines années : « Vous verrez au moment des orientations budgétaires, on assumera probablement de dégrader un peu la situation. » Une dégradation qu’il juge acceptable si elle finance des investissements structurants : environnement, théâtre, future halle gourmande, équipements sportifs. « Ce qui compte, c’est la capacité à le rembourser. » Autrement dit, la majorité ne veut pas exclure le recours à l’emprunt, mais entend le rapporter à la capacité de remboursement de la collectivité.
Des économies très concrètes dans la gestion quotidienne
L’autre versant du discours porte sur les dépenses de fonctionnement. Marc Gricourt évoque une baisse de 6,7 % des dépenses courantes, « inflation comprise », en précisant qu’il ne s’agit pas des charges de personnel. Pour le maire, cette maîtrise repose sur une addition d’économies ordinaires, parfois invisibles. Il cite la réduction et la mutualisation de la flotte automobile municipale : moins de véhicules, donc moins de carburant, moins d’entretien, moins d’assurance. La DGS insiste aussi sur le chauffage des bâtiments publics. La Ville dispose d’un patrimoine immobilier considérable, et le pilotage énergétique devient un enjeu budgétaire à part entière. « On pilote au degré près et quasiment à l’heure près », explique Marie-Hélène Hamelin, notamment dans les écoles, où les températures sont abaissées ou relancées selon les usages, les jours et les horaires.
La politique d’achat est également mise en avant. Marc Gricourt illustre le sujet par une image volontairement simple : « Si on a en stock 15 râteaux neufs de l’année précédente, on ne va pas acheter 15 râteaux aux espaces verts. Ce sont de petites économies, mais additionnées les unes aux autres, cela fait des milliers d’euros. » Même logique pour les fournitures, les imprimantes, les photocopieurs ou les impressions couleur. Le maire rappelle qu’en 2008, « il y avait une imprimante sur chaque bureau » et plusieurs photocopieurs par étage. La rationalisation de ces équipements, engagée depuis plusieurs années, se poursuit.
Le futur théâtre, premier gros test budgétaire du mandat
Le dossier le plus politique est sans doute celui de la future salle destinée à l’activité de la Scène nationale. La décision modificative n° 2 du budget principal prévoit d’augmenter l’autorisation de programme, qui passerait de 19,035 millions d’euros TTC à 22,150 millions d’euros TTC. La hausse est de plus de 3 millions d’euros. Marc Gricourt assume ce dépassement. Selon lui, l’excédent dégagé permet de l’absorber. « C’est une bonne opportunité, puisque cela nous permet d’assumer, avec cet excédent, le surcoût du projet de théâtre », a-t-il expliqué. Il ajoute : « Cela démontre qu’on a capacité, sans aucune difficulté, à financer le projet Nouveau Théâtre. ».
Le 3 quai Abbé-Grégoire, symbole de reconquête du cœur de ville
Parmi les dossiers urbains figure la cession de l’immeuble situé au 3 quai Abbé-Grégoire. Le bien, acquis par la Ville après une procédure d’abandon manifeste, doit être vendu à Conserto, porteur d’un projet de réhabilitation. Le programme prévoit environ 30 logements, deux maisons de ville, un centre de santé et un espace de coworking. Le prix de cession proposé est de 350 000 euros net vendeur. Marc Gricourt souligne toutefois que le montant d’achat ne dit pas tout de l’économie du projet. « L’achat n’est pas cher, 350 000. […] On arrive à un projet à plus de 3 millions », a-t-il expliqué, évoquant même un investissement supérieur à 3,5 millions d’euros. Le maire insiste sur l’ampleur du chantier : « Il y a du boulot ! » Mais l’intérêt public du dossier est clair pour lui : « Cela répond toujours à ce qu’on attend en termes de reconquête d’habitat en cœur de ville. »
Saint-Vincent
Le conseil municipal doit aussi examiner le compte rendu annuel de la concession d’aménagement Saint-Vincent-Gare-Médicis. Sur Saint-Vincent, le maire indique que des diagnostics récents imposent des travaux de confortement : « Il va y avoir la réalisation de pieux de confortement. Ce sont des diagnostics tout récents qui ont porté cette exigence, par précaution, pour que le talus ne s’effondre pas. » Ce point technique décale le calendrier d’environ deux mois, avec un démarrage de la construction annoncé « au début de l’automne, juste après l’été ». La Maison de la Région est annoncée pour fin 2027. La Halle Gourmande, elle, s’inscrit dans un horizon plus lointain, fin 2029 ou début 2030.
Pont Mitterrand : le vélo sans supprimer les deux fois deux voies
Le dossier du pont François-Mitterrand parlera directement aux usagers. La Ville et le Département travaillent depuis environ un an et demi sur la sécurisation de la liaison cyclable. Une première expérimentation n’avait pas été concluante. La nouvelle proposition vise à créer une piste cyclable bidirectionnelle, tout en maintenant à l’identique la circulation automobile.
Le projet prévoit une séparation des usages : un trottoir réservé aux piétons, l’autre aux cyclistes. Le maire explique que le côté amont serait conservé pour les piétons, car les observations montrent que « très majoritairement les piétons ou joggeurs choisissent plutôt ce côté », notamment pour la vue sur la ville. Le côté aval serait donc dédié aux cyclistes, avec l’avantage de mieux organiser les traversées et les continuités de parcours.
Un futur « plan sport » à arbitrer
La conclusion du point presse ouvre sur l’un des sujets structurants du mandat : les équipements sportifs. Interrogé sur les grands investissements à venir, Marc Gricourt a confirmé l’idée d’un « plan sport », annoncé pendant la campagne. Les arbitrages doivent être travaillés au début de l’été, dans la perspective du débat d’orientation budgétaire 2027. Le plan sport pourrait donc devenir l’un des marqueurs de cette nouvelle mandature.

