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Sur quelles lignes s’ouvre le quatrième mandat de Marc Gricourt

Réélu maire de Blois pour un quatrième mandat, Marc Gricourt a donné samedi dernier – lors d’un conseil municipal dédié – le ton de la nouvelle mandature : celui d’une continuité revendiquée. « Cette quatrième élection m’oblige toujours autant que la première », affirme-t-il, en décrivant un État « qui nous demande toujours plus mais se désengage et met à mal nos ressources » .

L’édile n’a pas éludé le climat de la campagne municipale. Il a évoqué une séquence « longue et difficile », dénonçant « le mensonge, la surenchère, la démagogie, la calomnie » avant d’appeler à « renouer les liens que la violence de cette campagne a pu dénouer. » Cet appel a trouvé un écho, plus tard dans la séance, dans l’intervention de Benjamin Vételé, troisième adjoint chargé de l’urbanisme et des finances, venu parler au nom de la majorité. Celui-ci a lui aussi regretté « la brutalité de la campagne », notamment dans sa dimension numérique, en évoquant les mensonges, les faux comptes, les insultes et les mauvais usages de l’IA.

Au-delà de cette tension politique, Marc Gricourt a surtout cherché à inscrire son mandat dans un cadre plus large. Il a décrit un monde traversé par les crises, une instabilité nationale persistante et une inquiétude diffuse chez les habitants. Dans ce contexte, la ville est pensée comme un point d’appui, un niveau de stabilité, de protection et d’action concrète. « À l’échelle locale, notre responsabilité est de protéger, rassurer et continuer à porter une espérance en l’avenir », a-t-il résumé.

Une continuité revendiquée

Sur le fond, le discours du maire est resté fidèle aux grands marqueurs de son projet municipal. L’éducation, la jeunesse et l’alimentation y occupent une place centrale, avec l’accompagnement des enfants et des jeunes « de la crèche à la vie étudiante », le travail sur les temps scolaire et périscolaire, l’accès aux loisirs et la poursuite du retour à une gestion publique de la restauration scolaire. Même logique sur les solidarités et la santé. Marc Gricourt a insisté sur l’accompagnement des personnes isolées, fragiles ou en perte d’autonomie, sur l’enjeu du bien vieillir à Blois et sur l’accès aux soins, avec l’espoir d’une ouverture prochaine d’un centre de santé à Coty.

L’économie de proximité reste également un pilier du discours. Le maire a confirmé sa volonté d’aller plus loin pour les commerces, en centre-ville comme dans les quartiers, à travers une feuille de route dédiée, l’expérimentation de boutiques « test » et le développement d’animations destinées à recréer des flux. Dont un nouveau festival au printemps. L’édile a aussi réaffirmé le rôle central de la culture dans l’identité blésoise. « La culture, un marqueur fort de l’identité de Blois ! », a-t-il lancé, avant de confirmer que « la Maison de la bd ne bougera pas » et que la construction du nouveau théâtre se poursuivait. Le sport, lui, demeure présenté comme une composante majeure de la ville, avec le soutien au sport pour tous, au sport de haut niveau et l’annonce d’un « plan investissement sport » à partir du budget 2027 .

Sur le terrain écologique, le maire s’est inscrit dans une logique de poursuite et d’amplification. Rénovation énergétique, gestion de l’eau, végétalisation, désimperméabilisation, transports collectifs, plan cyclable et futur plan piéton. Sur la sécurité, Marc Gricourt a repris une ligne qu’il présente comme constante : prévention et répression, partenariat avec l’État, mais aussi adaptation de l’action municipale. Il a annoncé un développement des effectifs de police municipale, une spécialisation sur les rodéos urbains et la police verte, ainsi qu’un recours mesuré à la vidéosurveillance si nécessaire. Quant à la démocratie locale, il a confirmé le maintien du budget participatif et des instances existantes, tout en ouvrant la voie à des « conventions citoyennes » destinées à mieux éclairer certaines décisions.

« Notre ville de Blois ne meurt pas »

Dans la dernière partie de son discours, Marc Gricourt a clairement cherché à contrer les récits de déclin. « Notre ville de Blois ne meurt pas », a-t-il lancé, décrivant au contraire un territoire « dynamique, rayonnant, attractif. » Benjamin Vételé a rejoint ce point lorsqu’il a regretté que trop de choses blessantes aient été dites sur Blois et l’équipe municipale pendant la campagne.

Marc Gricourt
Image Blois.fr

Une majorité qui revendique sa pluralité et son ancrage à gauche

Au nom du groupe Blois en commun, Claire Mollière a apporté une tonalité plus politique à la séquence d’installation, en réaffirmant clairement l’identité de la majorité municipale. Une majorité « de gauche unie », a-t-elle insisté, qui place « la justice sociale et écologique » ainsi que « la participation citoyenne » au cœur de son action. « C’est ensemble, avec la diversité de nos points de vue […] et avec l’association des Blésoises et des Blésois, que nous réussirons », affirme-t-elle, appelant à une gouvernance ouverte, incluant le dialogue avec les oppositions.

Des oppositions qui s’installent entre vigilance et positionnement

Face à la majorité reconduite, les groupes d’opposition ont posé les bases de leur posture pour la mandature à venir, dans des registres distincts mais convergents sur un point : la volonté d’exister politiquement.

Premier groupe d’opposition avec huit élus, la liste Unis pour Blois menée par Malik Benakcha a d’abord tenu à rappeler sa légitimité électorale. Se disant « attaché au respect du vote démocratique », l’élu de droite a acté la fin de la campagne pour mieux installer sa ligne : celle d’une opposition « apaisée, vigilante, ferme, constructive », promettant de proposer « une alternative à chaque désaccord ». Il a exprimé une attente claire : que les élus de la minorité soient, au cours de ce mandat, « davantage écoutés, respectés et associés » aux décisions.

Même volonté d’affirmation du rôle d’opposition du côté du Rassemblement National (deux élus). Marine Bardet s’inscrit dans une ligne axée sur les thématiques régaliennes et économiques. « La sécurité, c’est la première des libertés », a-t-elle déclaré, appelant à une « tolérance zéro » face aux incivilités, violences et trafics, et à un renforcement des effectifs de police municipale.

Elle a également évoqué plusieurs axes programmatiques : soutien au commerce de centre-ville, amélioration de l’accueil touristique, aménagements urbains ciblés, mais aussi vigilance accrue sur la gestion budgétaire. « Nous serons particulièrement attentifs au budget de notre ville », a-t-elle insisté.


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