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Patrick Frampas, un nouveau luthier à Blois

Dans son atelier installé à domicile, à Blois, Patrick Frampas travaille les manches, règle les frettes, reprend des vernis abîmés et démonte des électroniques de guitares électriques. À 61 ans, cet ancien salarié de Lucas Diesel puis de Worldline a choisi, après près de quatre décennies dans l’industrie et l’informatique, de se reconvertir dans la lutherie.

Né à Paris, Patrick Frampas arrive dans le Loir-et-Cher alors qu’il n’a pas encore un an. Son père vient de trouver du travail dans la région. Toute son enfance se déroule ensuite à Fossé, avant un parcours scolaire au collège puis au lycée à Blois. Après des études techniques à Orléans puis au Mans, dans les domaines de la mécanique et de la conception assistée par ordinateur, il revient travailler dans le Blaisois après son service militaire. D’abord chez Lucas Diesel — devenu ensuite Delphi — où il passe douze ans au bureau d’études, puis pendant vingt-cinq ans chez Worldline, encore appelée Atos à l’époque. « J’aimais beaucoup mon travail, j’aimais aussi énormément le contexte humain dans lequel j’étais », explique-t-il aujourd’hui. « Mais il me manquait quelque chose : le besoin de fabriquer, de travailler avec les mains. »

Patrick Frampas

La musique, pourtant, est présente depuis longtemps dans son parcours. D’abord le piano, appris au conservatoire, puis la guitare découverte au collège, de manière entièrement autodidacte. À l’époque, les échanges se font entre amis, sans tutoriels ni vidéos en ligne. « Quand quelqu’un arrivait à trouver une partition ou connaissait un morceau, il le montrait aux autres et on apprenait comme ça », raconte-t-il. Sa première guitare, offerte par ses parents vers l’âge de 17 ans, est toujours chez lui.

Pendant longtemps, cette pratique musicale reste parallèle à sa vie professionnelle. Il joue dans plusieurs groupes, participe à des projets de répétition et d’enregistrement, monte même un studio avec des collègues au sein de l’entreprise où il travaille. Le véritable tournant arrive progressivement, au début des années 2010. À cette période, Patrick Frampas commence à réserver ses vendredis après-midi à des activités personnelles. C’est là qu’apparaissent ses premiers essais de fabrication et de transformation de guitares. « Ma première… c’était vraiment deux planches collées et vissées », sourit-il. « Ce n’était pas très beau, mais c’est là que tout a commencé. »

Au départ, il ne s’agit pas encore de lutherie. Il récupère des manches ou des éléments sur des instruments achetés à bas prix, reconstruit certains corps de guitare électrique et effectue ses premières réparations sur des guitares électro-acoustiques.

Patrick Frampas

En parallèle, il continue la musique sur scène. Il rejoint notamment un groupe de rock progressif entièrement consacré aux compositions originales, avant de multiplier les formations plus petites, entre reprises, duos et trios. Aujourd’hui, il joue dans Forty One Rock, groupe blaisois reprenant des morceaux rock allant des années 1970 à nos jours.

La reconversion professionnelle, elle, prend véritablement forme en 2024. Cette année-là, un plan de départ est annoncé chez Worldline. Patrick Frampas dépose alors un dossier pour intégrer un dispositif de reconversion. Son projet : partir se former pendant un an afin de devenir luthier. Le dossier est accepté. En septembre, il rejoint Fronton, entre Toulouse et Montauban, pour intégrer l’Echo d’Artistes Académie, une école spécialisée où il passe dix mois de formation, complétés par un stage et le passage d’un CAP. « La formation nous apprend à fabriquer des instruments pour comprendre précisément comment ils fonctionnent », explique-t-il. « Et quand on comprend ça, on comprend aussi comment les réparer correctement. »

luthier à Blois

De retour à Blois en juillet 2025, il crée son activité quelques mois plus tard, sous le statut d’auto-entrepreneur. Aujourd’hui, son atelier fonctionne essentiellement sur rendez-vous et par bouche-à-oreille. Ses premiers clients arrivent par son réseau personnel et musical, avant que Google, son site internet ou les Pages Jaunes ne prennent progressivement le relais.

luthier à Blois

Contrairement à l’image parfois fantasmée du luthier fabriquant intégralement des instruments haut de gamme, son activité quotidienne est aujourd’hui centrée sur l’entretien, le réglage et les réparations. « Beaucoup de gens viennent simplement parce qu’une guitare n’a pas été réglée depuis longtemps », explique-t-il. « Le bois travaille, les paramètres bougent, même sur des instruments récents. »

Concrètement, cela peut concerner des changements de cordes, des réglages complets, le remplacement de frettes usées, des reprises de vernis, des réparations de chevalets décollés ou encore des interventions électroniques sur des guitares électriques et des basses. Patrick Frampas intervient plus largement sur les instruments à cordes pincées : guitares acoustiques et électriques, basses, banjos, ukulélés ou encore sitars.

luthier à Blois

Dans l’atelier, le travail repose autant sur l’observation que sur l’écoute. « Une guitare peut présenter des vibrations anormales sans que le problème soit immédiatement visible », explique-t-il. « Parfois, il faut entendre ce qui ne va pas avant même de démonter l’instrument. »

À Blois et dans ses environs, les luthiers restent peu nombreux. Pour le moment, il ne fabrique pas encore entièrement ses propres instruments. Principalement par manque d’espace. Mais le projet existe déjà clairement. Son objectif, à terme, est de transformer complètement son garage afin d’y installer un véritable atelier de fabrication. « Aujourd’hui, je fais surtout de la réparation et du réglage », dit-il. « Mais oui, l’idée est bien, un jour, de fabriquer entièrement mes propres guitares. »

>> Pour en savoir plus et ou le contacter : abclutherie.fr

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